Les Dévotions
Neuvaine à la Miséricorde Divine
Le texte complet de la neuvaine à la Miséricorde Divine dictée à sainte Faustine : les neuf jours, la parole du Sauveur et les oraisons, avec le chapelet, le sens de la fête et une note sur cette dévotion moderne.

La neuvaine à la Miséricorde Divine est une prière de neuf jours qui prépare à la fête de la Miséricorde, célébrée le premier dimanche après Pâques : chaque jour, le fidèle amène au Cœur du Sauveur un groupe d'âmes différent pour le plonger dans l'océan de sa miséricorde. Le Seigneur en aurait lui-même dicté le texte à sainte Faustine, qui reçut l'ordre de la réciter à partir du Vendredi Saint. On la prie pour obtenir la conversion des pécheurs, le soulagement des défunts, la grâce d'une bonne mort et toute intention confiée avec confiance à la bonté divine.
Une note sur cette dévotion
Nous voulons être francs, car cette dévotion est récente et son histoire fut mouvementée. Sainte Faustine Kowalska est morte en 1938 ; elle n'a été béatifiée qu'en 1993 et canonisée que le 30 avril 2000, par le pape Jean-Paul II. Bien plus, ses écrits et les images de la Miséricorde Divine firent l'objet d'une notification du Saint-Office du 6 mars 1959, qui en interdisait la diffusion. Cette interdiction ne fut levée qu'en 1978, par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. La dévotion sous sa forme actuelle, de même que la « fête de la Miséricorde » inscrite au calendrier romain, sont donc postérieures à 1962.
Nous la proposons parce qu'elle est aujourd'hui très recherchée, parfaitement orthodoxe dans son fond, et qu'elle ne fait que redire, avec des accents nouveaux, la vérité immémoriale de la miséricorde de Dieu. Le fidèle attaché aux seuls livres liturgiques de 1962 pourra lui préférer son équivalent traditionnel : la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, révélée à sainte Marguerite-Marie, qui adore le même Cœur ouvert d'où jaillissent le sang et l'eau, source de toute grâce. Les deux dévotions se rejoignent et ne s'opposent en rien.
Le texte complet de la neuvaine à la Miséricorde Divine
Voici le texte tel qu'il est reçu, tiré du Petit Journal (§ 1209-1229). Chaque jour comprend la parole du Seigneur, une oraison de sœur Faustine, puis une supplication au Père Éternel. On récite ensuite les prières quotidiennes : un Notre Père, un Je vous salue Marie et le chapelet de la Miséricorde Divine.
« Je désire que, durant ces neuf jours, tu amènes les âmes à la source de Ma miséricorde, afin qu'elles y puisent force et soulagement, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie, et particulièrement à l'heure de la mort. Chaque jour, tu amèneras à Mon Cœur un groupe d'âmes différent et tu les plongeras dans l'océan de Ma miséricorde. »
Premier jour — Vendredi Saint
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi l'humanité entière et particulièrement tous les pécheurs. Immerge-les dans l'océan de Ma miséricorde ; ainsi, tu Me consoleras de cette amère tristesse en laquelle Me plonge la perte des âmes. »
Très Miséricordieux Jésus, dont le propre est d'avoir pitié de nous et de nous pardonner, ne regarde pas nos péchés, mais la confiance que nous avons en Ton infinie bonté. Reçois-nous dans la demeure de Ton Cœur très compatissant et garde-nous-y pour l'éternité. Nous T'en supplions par l'amour qui T'unit au Père et au Saint-Esprit.
Père Éternel, regarde avec miséricorde toute l'humanité qui demeure dans le Cœur très compatissant de Jésus, et en particulier les pauvres pécheurs. Par la douloureuse Passion de Ton Fils, témoigne-nous Ta miséricorde, afin que nous glorifiions Ta toute-puissance pour les siècles des siècles. Amen.
Deuxième jour — Samedi Saint
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes des prêtres, des religieux et des religieuses, et immerge-les dans Mon insondable miséricorde. Ce sont elles qui M'ont donné la force d'endurer Mon amère Passion ; par elles, comme par des canaux, Ma miséricorde se déverse sur l'humanité. »
Très Miséricordieux Jésus, Toi qui es la source de tout bien, accrois en nous Ta grâce, afin que nous puissions accomplir de véritables actes de miséricorde, et qu'ainsi tous ceux qui nous regardent glorifient le Père de miséricorde qui est aux cieux.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les élus de Ta vigne, les âmes des prêtres, des religieux et des religieuses, et comble-les de Ta bénédiction. Par le Cœur de Ton Fils dans lequel elles demeurent, accorde-leur la force de Ta lumière, afin qu'elles puissent conduire les autres sur le chemin du salut, et que tous chantent ensemble la gloire de Ton insondable miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.
Troisième jour — Dimanche de la Résurrection
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi toutes les âmes pieuses et fidèles et immerge-les dans l'océan de Ma miséricorde. Ces âmes M'ont consolé sur le Chemin de la Croix, elles furent cette goutte de consolation au milieu d'un océan d'amertume. »
Très Miséricordieux Jésus, Toi qui accordes à tous avec surabondance les grâces de Ta miséricorde, reçois-nous dans la demeure de Ton Cœur très compatissant, et garde-nous-y pour l'éternité. Nous T'en supplions par l'inconcevable amour dont brûle Ton Cœur pour le Père céleste.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes fidèles, héritage de Ton Fils, et, par Sa douloureuse Passion, accorde-leur Ta bénédiction. Entoure-les de Ta constante protection, afin qu'elles ne perdent ni l'amour ni le trésor de la sainte foi, mais qu'avec le chœur des anges et des saints, elles glorifient Ton infinie miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.
Quatrième jour — Lundi de Pâques
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi tous les païens et ceux qui ne Me connaissent pas encore. Je pensais également à eux durant Mon amère Passion, et leur zèle futur a consolé Mon Cœur. Immerge-les dans l'océan de Ma miséricorde. »
Très compatissant Jésus, Toi qui es la lumière du monde, reçois dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes des païens qui ne Te connaissent pas encore. Que les rayons de Ta grâce les illuminent, afin qu'elles aussi glorifient avec nous les merveilles de Ta miséricorde, et garde-les pour toujours dans la demeure de Ton Cœur très compatissant.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes des païens et de ceux qui ne Te connaissent pas encore, mais qui demeurent dans le Cœur très compatissant de Jésus. Attire-les vers la lumière de l'Évangile. Ces âmes ne savent pas combien est grand le bonheur de T'aimer. Fais qu'elles aussi glorifient Ton immense miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.
Cinquième jour — Mardi de Pâques
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes des hérétiques et des apostats et immerge-les dans l'océan de Ma miséricorde. Pendant Ma douloureuse Passion, elles ont déchiré Mon Corps et Mon Cœur, c'est-à-dire Mon Église. Lorsqu'elles reviennent à l'unité de l'Église, les plaies se cicatrisent, et ainsi elles soulagent les douleurs de Ma Passion. »
Très Miséricordieux Jésus, Toi qui es la bonté même, Tu ne refuses pas la lumière à ceux qui Te la demandent. Reçois dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes des hérétiques et des apostats, et attire-les par Ta lumière à l'unité de l'Église. Garde-les pour l'éternité dans la demeure de Ton Cœur très compatissant, et fais qu'elles aussi glorifient Ton infinie miséricorde.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes des hérétiques et des apostats qui, persistant obstinément dans leurs erreurs, ont gaspillé Tes bontés et ont abusé de Tes grâces. Ne regarde pas leurs fautes, mais l'amour de Ton Fils et la douloureuse Passion qu'Il a acceptée pour elles, car elles aussi demeurent dans le Cœur très compatissant de Jésus. Fais qu'elles aussi glorifient Ton immense miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.
Sixième jour — Mercredi de Pâques
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants, et immerge-les dans Ma miséricorde. Ce sont elles qui ressemblent le plus à Mon Cœur. Elles M'ont réconforté dans Mon amère agonie. Je les voyais comme des anges terrestres veiller sur Mes autels. Sur elles, Je verse des torrents de grâces. Seule une âme humble est capable de recevoir Ma grâce. En ces âmes-là, Je mets Ma confiance. »
Très Miséricordieux Jésus, Toi qui as dit : « Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur », reçois dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants. Ces âmes ravissent le ciel tout entier ; elles ont la préférence du Père céleste, elles sont un bouquet de fleurs au pied du trône divin dont Dieu Lui-même se délecte du parfum. Ces âmes demeurent pour toujours dans le Cœur très compatissant de Jésus et chantent sans cesse l'hymne de l'amour et de la miséricorde.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes douces et humbles, et les âmes des petits enfants, qui demeurent dans le Cœur très compatissant de Jésus. Ces âmes ressemblent le plus à Ton Fils et leur parfum s'élève de la terre jusqu'à Ton trône. Père de miséricorde et de toute bonté, je T'en supplie, par l'amour et la préférence que Tu as pour elles, bénis le monde entier, afin que toutes les âmes puissent chanter ensemble la gloire de Ta miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.
Septième jour — Jeudi de Pâques
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui honorent et glorifient Ma miséricorde de manière spéciale et immerge-les dans Ma miséricorde. Ce sont ces âmes qui ont le plus vivement compati aux souffrances de Ma Passion et qui ont pénétré le plus profondément en Mon âme. Ces âmes brilleront d'un éclat particulier dans l'autre vie ; aucune d'elles n'ira dans le feu de l'enfer. Je défendrai chacune d'elles en particulier à l'heure de la mort. »
Très Miséricordieux Jésus dont le Cœur est l'amour même, reçois dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes qui vénèrent et glorifient d'une façon particulière Ton immense miséricorde. Ces âmes sont fortes de la puissance de Dieu Lui-même. Malgré tous les tourments et les obstacles, elles vont de l'avant, confiantes en Ta miséricorde. Ces âmes sont unies à Jésus et portent l'humanité entière sur leurs épaules. Elles ne seront pas jugées avec sévérité, car Ta miséricorde les entourera à l'heure de la mort.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes qui vénèrent et glorifient Ton plus grand attribut, c'est-à-dire Ton insondable miséricorde. Ces âmes qui demeurent dans le Cœur très compatissant de Jésus sont un Évangile vivant. Les mains pleines d'actes de miséricorde, débordantes de joie, elles chantent au Très-Haut un hymne à la gloire de Sa miséricorde. Je T'en supplie, mon Dieu, témoigne-leur Ta miséricorde selon l'espérance et la confiance qu'elles ont mises en Toi. Que s'accomplisse en elles la promesse de Jésus qui a dit : « Les âmes qui vénéreront Mon insondable miséricorde, Je les défendrai Moi-même durant leur vie, et surtout à l'heure de la mort, comme Ma propre gloire. » Amen.
Huitième jour — Vendredi de Pâques
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes de ceux qui sont dans la prison du Purgatoire et immerge-les dans l'abîme de Ma miséricorde. Que les flots de Mon Sang rafraîchissent leurs brûlures ! Toutes ces âmes Me sont très chères. Elles s'acquittent envers Ma justice. Il est en ton pouvoir de les soulager. Puise dans le trésor de Mon Église toutes les indulgences, et offre-les en leur nom. »
Très Miséricordieux Jésus, Tu as dit Toi-même que Tu veux la miséricorde. Voici que j'amène dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes du purgatoire, âmes qui Te sont très chères, mais qui doivent rendre des comptes à Ta justice. Que les flots de sang et d'eau qui ont jailli de Ton Cœur éteignent les flammes du purgatoire, afin que là aussi soit glorifiée la puissance de Ta miséricorde.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes qui souffrent au purgatoire, et qui demeurent dans le Cœur très compatissant de Jésus. Je T'en supplie par la douloureuse Passion de Jésus, Ton Fils, et par l'amertume qui a envahi Son âme très sainte, témoigne Ta miséricorde aux âmes qui sont face à Ta justice. Ne les regarde pas autrement qu'à travers les plaies de Jésus, Ton Fils bien-aimé, car nous croyons que Ta bonté et Ta pitié sont infinies. Amen.
Neuvième jour — Samedi in albis
Parole du Seigneur : « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes froides et immerge-les dans l'abîme de Ma miséricorde. Ce sont ces âmes-là qui blessent le plus douloureusement Mon Cœur. Ce sont ces âmes froides qui, au Jardin des Oliviers, M'inspirèrent la plus grande aversion. C'est à cause d'elles que Je Me suis écrié : "Père, éloigne de Moi ce calice, si telle est Ta volonté." Pour elles, l'ultime planche de salut est de recourir à Ma miséricorde. »
Très compatissant Jésus, Toi qui es la pitié même, je fais entrer dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes froides. Que ces âmes glaciales, qui ressemblent à des cadavres et qui T'emplissent d'un tel dégoût, se réchauffent dans ce feu de Ton pur amour. Ô Jésus très compatissant, use de Ta miséricorde toute-puissante, attire-les dans le brasier de Ton amour et donne-leur la grâce d'un amour divin, car Tu peux tout.
Père Éternel, regarde avec miséricorde les âmes froides, qui demeurent dans le Cœur très compatissant de Jésus. Père de miséricorde, je T'en supplie, par l'amertume de la Passion de Ton Fils et par Son agonie de trois heures sur la Croix, permets qu'elles aussi glorifient Ton insondable miséricorde. Amen.
Le chapelet de la Miséricorde Divine
Chaque jour de la neuvaine se termine par le chapelet, qui se récite sur un rosaire ordinaire.
Au commencement : un Notre Père, un Je vous salue Marie, le Je crois en Dieu.
Sur les gros grains (une fois avant chaque dizaine) : « Père Éternel, je T'offre le Corps et le Sang, l'Âme et la Divinité de Ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier. »
Sur les dix petits grains de chaque dizaine : « Par Sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. »
À la fin (trois fois) : « Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. » On peut ajouter : « Jésus, j'ai confiance en Toi » (trois fois) et « Ô Marie, Mère de Miséricorde, priez pour nous qui avons recours à vous. »
Les variantes que l'on cherche
Pour une cause désespérée ou une intention précise. La neuvaine se prie parfaitement pour un besoin urgent. Après les oraisons du jour, on ajoute simplement : « Ô Jésus, dont la miséricorde est sans mesure, je Te confie avec une entière confiance cette intention (l'exposer) : exauce-la si elle sert au salut de mon âme. Jésus, j'ai confiance en Toi. » On la recommande spécialement pour la conversion d'un pécheur endurci et pour la grâce d'une bonne mort.
Pour les malades. À l'intention d'un malade, on récite le chapelet à son chevet, en particulier à l'heure de la mort : le Seigneur a promis d'entourer de sa miséricorde ceux pour qui on le récite. On peut y joindre une prière de guérison.
Version courte. Qui manque de temps peut se contenter, chaque jour, de la parole du Seigneur propre au jour, de la supplication au Père Éternel, et du chapelet. L'essentiel est d'amener le groupe d'âmes du jour au Cœur du Sauveur avec confiance.
Texte à imprimer ou en PDF. Beaucoup cherchent la neuvaine « en PDF » ou « à imprimer » pour la suivre en famille. Le texte donné ci-dessus est complet et fidèle au Petit Journal ; il suffit de le copier pour l'avoir sous les yeux les neuf jours. La formule à retenir pour ouvrir chaque journée reste : « Aujourd'hui, amène-Moi… »
Comment réciter cette neuvaine
La neuvaine se prie traditionnellement du Vendredi Saint au samedi suivant (le samedi in albis), pour s'achever la veille de la fête de la Miséricorde, célébrée le premier dimanche après Pâques. En 2026, Pâques tombant le 5 avril, elle commence le Vendredi Saint 3 avril et s'achève le samedi 11 avril ; la fête est le dimanche 12 avril.
Chaque jour, on lit la parole du Seigneur, on récite l'oraison de sœur Faustine et la supplication au Père Éternel, puis un Notre Père, un Je vous salue Marie et le chapelet. On garde présente à l'esprit l'intention du jour — les pécheurs, les prêtres, les fidèles, les païens, les hérétiques, les humbles, les dévots de la miséricorde, les âmes du purgatoire, les tièdes. Rien n'interdit, du reste, de faire cette neuvaine à un autre moment de l'année pour une intention pressante : elle garde alors toute sa valeur de prière, indépendamment de la fête. Sur le sens et les règles de toute neuvaine, on lira notre article : qu'est-ce qu'une neuvaine ?
Qui était sainte Faustine, et l'histoire de cette dévotion
Hélène Kowalska naquit le 25 août 1905 à Głogowiec, en Pologne, troisième d'une famille de dix enfants, dans un foyer paysan pauvre et pieux. Attirée dès l'enfance vers la vie religieuse, elle entra en 1925 chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, à Varsovie, où elle reçut le nom de sœur Marie-Faustine. Simple religieuse converse, elle servit humblement à la cuisine, au jardin et à la porterie de plusieurs couvents, à Varsovie, Płock, Vilnius et Cracovie.
À partir de 1931, elle rapporta avoir reçu des visions du Sauveur, lui demandant de faire peindre l'image du Christ miséricordieux, deux rayons — l'un pâle, l'autre rouge — jaillissant de son Cœur, avec l'inscription « Jésus, j'ai confiance en Toi », et de propager la dévotion à la Miséricorde Divine. C'est à cette période que se rattachent la composition du chapelet et de la neuvaine, consignés dans son journal spirituel, le Petit Journal. Épuisée par la tuberculose, elle mourut à Cracovie le 5 octobre 1938, à trente-trois ans, avec une réputation de sainteté.
L'histoire de la dévotion fut ensuite éprouvée. En raison de traductions défectueuses de ses écrits et d'un examen prudent, le Saint-Office publia le 6 mars 1959 une notification interdisant la diffusion des images et des textes liés aux « révélations » de sœur Faustine. L'interdiction demeura près de vingt ans, jusqu'à ce que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi la lève en 1978, après un nouvel examen appuyé notamment par le cardinal-archevêque de Cracovie. Sœur Faustine fut béatifiée le 18 avril 1993 et canonisée le 30 avril 2000, jour où fut instituée, pour l'Église universelle, la fête de la Miséricorde le second dimanche de Pâques.
Cette dévotion, on le voit, est récente et son cœur est ancien. Elle ne fait que chanter en termes neufs ce que l'Église a toujours cru de la miséricorde de Dieu et ce que la Passion du Christ a scellé une fois pour toutes : le sang et l'eau du Cœur ouvert, source intarissable de grâce. Elle prolonge ainsi la grande tradition de l'adoration du Sacré-Cœur de Jésus.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine de la Miséricorde Divine ?
Chaque jour, pendant neuf jours, on lit la parole du Seigneur propre au jour, on récite l'oraison de sœur Faustine et la supplication au Père Éternel, puis un Notre Père, un Je vous salue Marie et le chapelet de la Miséricorde Divine. On amène ainsi chaque jour au Cœur du Sauveur le groupe d'âmes qu'Il désigne.
Comment prier la neuvaine avec le chapelet ?
La neuvaine et le chapelet vont de pair : la neuvaine fournit l'intention et les oraisons du jour, le chapelet en est la prière quotidienne. On récite les oraisons du jour, puis le chapelet dans son entier, sur un rosaire ordinaire, en terminant par le triple « Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel ».
Quand commence la neuvaine de la Miséricorde Divine ?
Traditionnellement, elle commence le Vendredi Saint et s'achève le samedi de la semaine de Pâques, la veille de la fête de la Miséricorde. En 2026, elle commence le 3 avril et s'achève le 11 avril.
Quand faut-il faire cette neuvaine ?
Le moment propre est la semaine qui va du Vendredi Saint au dimanche de la Miséricorde. Mais on peut la réciter à tout moment de l'année pour une intention pressante : elle garde alors toute sa force de prière, sans plus se rattacher à la fête.
Quelle est la date de la fête de la Miséricorde ?
La fête tombe toujours le premier dimanche après Pâques, appelé aussi dimanche in albis ou de Quasimodo. En 2026, ce sera le dimanche 12 avril.
Que demande-t-on au septième jour ?
Le septième jour, on amène au Sauveur les âmes qui honorent et glorifient sa miséricorde de manière spéciale. Le Seigneur promet de les défendre lui-même à l'heure de la mort et de les faire briller d'un éclat particulier dans l'autre vie.
Peut-on faire cette neuvaine pour un défunt ou un malade ?
Oui. Le huitième jour est consacré aux âmes du purgatoire, et la dévotion est particulièrement recommandée pour les mourants : le chapelet récité au chevet d'un malade attire sur lui la miséricorde divine. On peut confier au Cœur du Sauveur, chaque jour, l'intention d'un défunt ou d'un malade précis.
En quoi diffère-t-elle de la dévotion au Sacré-Cœur ?
Elle n'en diffère pas dans le fond : les deux adorent le même Cœur ouvert du Christ, source de miséricorde. La dévotion au Sacré-Cœur, révélée à sainte Marguerite-Marie au XVIIe siècle, est plus ancienne et pleinement traditionnelle ; celle de la Miséricorde Divine, du XXe siècle, en est comme un écho moderne.
Priez la neuvaine à la Miséricorde Divine et retrouvez le chapelet, les oraisons et le calendrier des fêtes dans l'application Iter Fidei. Téléchargez-la ici.
Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion ; Petit Journal de sainte Faustine (§ 1209-1229, texte de la neuvaine et du chapelet) ; Notification du Saint-Office du 6 mars 1959 (Acta Apostolicae Sedis 51, 1959) et décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (1978) ; actes de béatification (1993) et de canonisation (2000) de sainte Faustine Kowalska.