Les Neuvaines
Qu'est-ce qu'une neuvaine ? Origine, grandes neuvaines
La neuvaine est une prière de neuf jours adressée à Dieu, à la Vierge ou à un saint pour une intention précise. Nous expliquons ce qu'est une neuvaine, d'où elle vient, comment la faire, et quand prier les grandes neuvaines traditionnelles (saint Joseph, sainte Rita, saint Michel, l'Immaculée Conception…), selon la tradition de l'Église.

Parmi les prières que la tradition de l'Église nous a transmises, la neuvaine tient une place bien à elle. Le mot nous est familier —« faire une neuvaine », « la neuvaine à saint Joseph », « la neuvaine à sainte Rita »—, et pourtant tous ne savent pas d'où il vient ni ce qu'il désigne au juste. Voyons donc dans l'ordre ce qu'est une neuvaine, d'où elle naît, combien de temps elle dure et comment la faire, en restant fidèles à ce que nous ont légué ceux qui nous ont précédés dans la foi.
Qu'est-ce qu'une neuvaine ?
Une neuvaine est une prière de neuf jours adressée à Dieu —directement ou par l'intercession de la Vierge ou d'un saint— pour une seule et précise intention. Le nom vient du latin novem, c'est-à-dire « neuf ». On la récite neuf jours de suite, en répétant jour après jour les mêmes prières ou méditations, pour demander une grâce, se préparer à une fête ou confier un défunt à Dieu. L'essence de la neuvaine est la persévérance : non pas une seule supplication ardente, mais neuf jours de patiente insistance au cœur de Dieu, comme le Seigneur lui-même nous l'a enseigné, « qu'il faut toujours prier et ne jamais se lasser » (Lc 18, 1).
D'où vient la neuvaine ?
La première neuvaine, ce sont les Apôtres eux-mêmes qui l'ont faite. Après l'Ascension du Seigneur, sur son ordre, ils se réunirent au Cénacle avec la très sainte Vierge Marie et « persévéraient d'un seul cœur dans la prière » (Ac 1, 14) pendant neuf jours —de l'Ascension jusqu'à la venue du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. Ces neuf jours d'attente et de prière, l'Église les a toujours regardés comme le modèle de toute neuvaine.
C'est pourquoi la neuvaine au Saint-Esprit demeure la neuvaine par excellence : le pape Léon XIII, dans l'encyclique Divinum illud munus (1897), a prescrit qu'elle soit faite chaque année dans toutes les églises paroissiales, du vendredi après l'Ascension à la veille de la Pentecôte. Avec le temps, la piété des fidèles développa cette pratique : naquirent les neuvaines de préparation aux grandes fêtes, les neuvaines à la Vierge et aux saints, et le Saint-Siège enrichit beaucoup d'entre elles d'indulgences.
Combien de temps dure une neuvaine ?
La neuvaine, par son nom même, dure neuf jours. On la récite d'ordinaire dans les neuf jours qui précèdent une fête, ou bien neuf jours de suite à n'importe quel moment, lorsqu'on a une intention à confier à Dieu.
Il existe une exception connue : la neuvaine de Pompéi, dite aussi « irrésistible », qui dure cinquante-quatre jours —vingt-sept de supplication et vingt-sept d'action de grâces—, en récitant chaque jour le Rosaire. C'est toutefois une forme particulière ; la neuvaine classique reste de neuf jours.
Les types de neuvaines
La tradition a connu plusieurs types de neuvaines, toutes unies par la même structure de neuf jours :
- Neuvaine de préparation à une fête —elle dispose l'âme à la solennité, par exemple les neuf jours avant Noël, la Pentecôte ou la fête d'un saint patron.
- Neuvaine de supplication —adressée à une intention précise : pour la santé, pour une conversion, dans les causes difficiles et humainement désespérées.
- Neuvaine pour les défunts —neuf jours de prière pour l'âme d'une personne décédée.
- Neuvaine d'action de grâces —par laquelle on rend grâce à Dieu pour une grâce reçue.
Comment faire une neuvaine ?
La manière est simple, et son efficacité ne vient pas de la forme, mais de la foi et de la persévérance :
- Choisissez l'intention. Une seule demande, claire, que vous confierez à Dieu pendant neuf jours.
- Choisissez la neuvaine. Au Saint-Esprit, à Notre-Dame du Perpétuel Secours, au saint patron de cette cause —ou la neuvaine de la fête qui approche. Si la neuvaine n'a pas de prière propre, un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père récités chaque jour avec l'invocation du saint y suffisent.
- Priez neuf jours de suite, sans en sauter aucun. De préférence à la même heure, dans le recueillement, en récitant les prières et méditations prévues pour chaque jour.
- Joignez-y les sacrements. La confession et la communion pendant la neuvaine —souvent requises pour gagner les indulgences que l'Église a attachées à certaines neuvaines— en sont la meilleure part ; on peut y ajouter librement quelque acte de vertu ou de mortification.
- Terminez par l'action de grâces. Que la demande ait été exaucée comme nous le souhaitions ou non —car Dieu répond toujours, même s'il ne répond pas toujours comme nous le voudrions.
La neuvaine est une dévotion privée : aucune règle de l'Église n'oblige à quoi que ce soit si l'on saute un jour par oubli. On reprend simplement là où l'on s'était arrêté ; recommencer au premier jour est une pieuse pratique que certains choisissent, non une obligation. C'est la sincérité et la persévérance du cœur qui comptent, non le scrupule angoissé.
Faut-il une bougie de neuvaine ?
On appelle souvent bougie de neuvaine un cierge qui brûle plusieurs jours, que l'on allume près d'une image sainte pendant qu'on récite sa neuvaine. Ce cierge n'a rien de magique et n'est nullement obligatoire : il est le signe visible d'une prière qui se prolonge, une flamme qui « veille » quand nos lèvres se taisent. Ce qui prie, ce n'est pas la bougie, c'est le cœur ; le cierge n'en est que l'humble accompagnement. Une neuvaine faite sans aucune bougie vaut donc exactement autant.
De quoi dépend l'efficacité d'une neuvaine ?
La neuvaine n'est pas une formule magique ni un moyen de « forcer » Dieu. Sa force vient de ce que le Seigneur lui-même a promis : « Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira » (Mt 7, 7). Nous prions avec persévérance non pour changer Dieu, mais pour qu'il change et prépare notre cœur à recevoir la grâce. C'est pourquoi le plus beau fruit de toute neuvaine n'est pas tant que la demande soit exaucée, que l'abandon plus profond et la paix qui naissent de remettre sa cause entre les mains de Dieu.
On cherche beaucoup la « neuvaine irrésistible », une prière au Sacré-Cœur bâtie sur les promesses mêmes du Christ. La confiance qu'elle exprime est juste, mais le mot demande d'être bien compris : aucune neuvaine ne force la main de Dieu. Attendre l'exaucement d'un nombre de jours, d'une formule exacte ou d'une flamme ininterrompue, et non de Dieu, c'est la superstition que le Catéchisme du concile de Trente condamne dans l'explication du premier commandement. Ce qui est « irrésistible », si l'on tient au mot, c'est la promesse du Christ : toute prière faite avec foi, humilité et persévérance est exaucée, selon la sagesse de Dieu, qui donne ce qu'il sait meilleur au moment qu'il sait meilleur. Le neuvième jour se conclut donc par la parole de Notre-Seigneur à Gethsémani : non pas ma volonté, mais la vôtre.
Les grandes neuvaines de l'année
Toute fête peut être préparée par neuf jours de prière, mais certaines neuvaines ont traversé les siècles, approuvées et souvent enrichies d'indulgences, et se font à date fixe :
- Saint Joseph, du 10 au 18 mars, avant la fête du 19 mars : on invoque saint Joseph, patron de l'Église universelle, pour les familles, pour le travail et pour la bonne mort, dont il est le patron.
- Notre-Dame de Lourdes, du 2 au 10 février, avant la fête des apparitions du 11 février : on y demande la guérison des âmes d'abord, des corps ensuite, dans l'ordre que la Vierge a montré à Bernadette par la pénitence et la prière.
- Sainte Rita, du 13 au 21 mai, avant sa fête du 22 mai —ou à tout moment, quand une cause paraît humainement perdue.
- Saint Michel archange, du 20 au 28 septembre, avant la fête du 29 : pour la protection contre le démon, la défense de l'Église et l'assistance à l'heure de la mort.
- Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, avant sa fête, le 3 octobre au calendrier traditionnel ; beaucoup la prient sous la forme des vingt-quatre Gloire au Père, en mémoire de ses vingt-quatre années de vie.
- Les âmes du purgatoire, au début de novembre.
- L'Immaculée Conception, du 29 novembre au 7 décembre, avant la fête du 8 décembre. Elle rejoint la dévotion de la médaille miraculeuse, frappée à la demande de la Sainte Vierge après les apparitions de la rue du Bac en 1830, et fêtée le 27 novembre.
- Sainte Lucie, avant le 13 décembre, et saint Antoine de Padoue, avant le 13 juin ou les neuf mardis consécutifs.
La neuvaine à la Miséricorde Divine, qui va du Vendredi saint au samedi de l'octave de Pâques, demande une remarque : elle est issue des écrits de sœur Faustine Kowalska (†1938), dont le Saint-Office interdit la diffusion en 1959. Nous en présentons le dossier, avec la pratique traditionnelle de la confiance en la miséricorde de Dieu, dans notre article sur la miséricorde divine.
Quant à la neuvaine à Marie qui défait les nœuds, très recherchée aujourd'hui, elle se rattache à un tableau vénéré depuis le début du XVIIIe siècle dans l'église Saint-Pierre am Perlach, à Augsbourg : la Vierge y dénoue un long ruban chargé de nœuds. L'image traduit une parole de saint Irénée, au IIe siècle : le nœud de la désobéissance d'Ève a été dénoué par l'obéissance de Marie (Contre les hérésies, III, 22). Le fondement est ancien et sûr ; la neuvaine elle-même, sous sa forme actuelle, s'est répandue récemment. Aucune date n'est prescrite : on la fait à tout moment, en confiant chaque jour à la Sainte Vierge les « nœuds » d'une vie —discordes, situations inextricables, péchés dont on ne sort pas— pour qu'elle les porte à son Fils.
Quelles neuvaines réciter ?
L'Église en connaît beaucoup. Parmi les plus aimées des fidèles figurent la neuvaine au Saint-Esprit —la plus ancienne de toutes—, la neuvaine de l'Immaculée Conception, la neuvaine à la Miséricorde Divine, la neuvaine à saint Joseph, la neuvaine à saint Jude dans les causes désespérées, la neuvaine à sainte Rita pour l'impossible, la neuvaine à saint Expédit pour les causes urgentes et la neuvaine à Marie qui défait les nœuds pour les situations inextricables.
Toutes nos neuvaines, par intention
Pour les causes urgentes et difficiles
- saint Expédit
- saint Jude
- sainte Rita
- Notre-Dame du Perpétuel Secours
- Marie qui défait les nœuds
- la neuvaine de l'abandon
Au Seigneur et à l'Esprit Saint
- le Saint-Esprit
- la Sainte Trinité
- le Sacré-Cœur
- la Miséricorde Divine
- le Saint-Sacrement
- le Précieux Sang
- la Sainte Face
- la Croix glorieuse
- l'Enfant-Jésus de Prague
- la neuvaine de Noël
À la Vierge Marie
- l'Immaculée Conception
- le Cœur Immaculé de Marie
- l'Assomption
- Notre-Dame du Rosaire
- la neuvaine de Pompéi
- Notre-Dame des Sept Douleurs
- Notre-Dame du Mont-Carmel
- la Médaille miraculeuse
- Notre-Dame de Lourdes
- Notre-Dame de La Salette
- Notre-Dame de Fatima
- Notre-Dame de Guadalupe
Aux anges et aux saints
-
sainte Jeanne d'Arc
-
sainte Bernadette
-
le saint curé d'Ars
-
saint Gérard Majella
-
saint Pérégrin
-
saint Charbel
-
Carlo Acutis
-
Pour les défunts et le cours de l'année : les âmes du purgatoire, la neuvaine de janvier.
Questions Fréquentes
Qu'est-ce qu'une neuvaine ?
Une neuvaine est une prière de neuf jours adressée à Dieu pour une seule intention. Le nom vient du latin novem, « neuf ». Le modèle en sont les neuf jours que les Apôtres passèrent avec Marie en prière au Cénacle, dans l'attente du Saint-Esprit.
Combien de temps dure une neuvaine ?
La neuvaine classique dure neuf jours. L'exception est la neuvaine de Pompéi, qui dure cinquante-quatre jours.
Que signifie le mot « neuvaine » ?
Il vient du numéral latin novem, c'est-à-dire « neuf », et désigne les neuf jours de prière.
Comment faire une neuvaine ?
Choisissez une seule intention et une seule neuvaine, puis priez neuf jours de suite sans en sauter aucun, de préférence à la même heure. À la fin, rendez grâce à Dieu.
Peut-on faire une neuvaine à n'importe quel moment ?
Oui. La neuvaine de préparation à une fête se récite dans les neuf jours qui la précèdent, mais une neuvaine de supplication pour une intention précise peut se commencer à tout moment.
Que faire si l'on saute un jour de la neuvaine ?
La neuvaine est une dévotion privée : aucune règle de l'Église n'oblige à quoi que ce soit si l'on saute un jour par oubli. On reprend simplement là où l'on s'était arrêté ; recommencer au premier jour est une pieuse pratique que certains choisissent, non une obligation. C'est la sincérité et la persévérance du cœur qui comptent, non le scrupule angoissé.
Peut-on éteindre une bougie de neuvaine ?
Oui. On l'éteint quand on quitte la maison ou pour la nuit, et on la rallume ensuite : la prudence interdit de laisser une flamme sans surveillance. La grâce demandée ne dépend pas de la continuité de la flamme, et l'on peut aussi bien faire toute la neuvaine sans bougie.
Peut-on faire l'amour pendant une neuvaine ?
Oui. Une neuvaine n'impose par elle-même aucune abstinence : dans le mariage, l'union des époux reste licite et bonne pendant les neuf jours. Une mortification volontaire peut être librement jointe à une neuvaine, mais elle relève du conseil, jamais de l'obligation ; hors du mariage, c'est la loi de Dieu, non la neuvaine, qui commande la continence.
L'application Iter Fidei rassemble les prières, les psaumes et les dévotions, en latin et en français, avec l'audio : vous récitez chaque neuvaine jour après jour, avec un rappel qui vous accompagne jusqu'au dernier jour. Voyez nos neuvaines dans l'application, et, pour choisir parmi les autres outils, notre comparatif des applications catholiques. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Écriture selon la traduction de l'abbé Fillion (Ac 1, 14 ; Lc 18, 1 ; Mt 7, 7). Catéchisme de saint Pie X et manuels de prière traditionnels sur la prière et les neuvaines ; recueil des indulgences Raccolta approuvé par le Saint-Siège ; Catéchisme du concile de Trente (le premier commandement, la prière) ; saint Irénée, Contre les hérésies, III, 22 ; Léon XIII, encyclique Divinum illud munus (1897).