Les Dévotions
Neuvaine à saint Georges : le texte complet des 9 jours
La neuvaine à saint Georges, martyr de Lydda et patron des soldats : le texte complet des neuf jours, la prière quotidienne, la collecte du Missel, les variantes pour le travail et les examens, et la vie du saint.
La neuvaine à saint Georges se prie pour obtenir le courage : celui de tenir bon dans une épreuve, de résister à la tentation, de rester loyal quand il en coûte, de combattre le mal sans jamais haïr personne. Elle s'adresse à un officier de l'armée romaine qui, vers l'an 303, confessa le Christ devant Dioclétien et fut décapité à Lydda, en Palestine — le martyr que la chrétienté honore comme patron des soldats, des chevaliers et des scouts. On la commence traditionnellement le 15 avril pour l'achever le 23 avril ; mais elle se prie en tout temps, dès qu'une épreuve réclame force et protection.
Voici le texte intégral des neuf jours, tel qu'il est prié dans l'application Iter Fidei : la prière quotidienne, la méditation et la demande propres à chaque jour, les prières vocales, puis la clôture avec la collecte du Missel romain.
Le texte complet de la neuvaine à saint Georges
La prière de chaque jour
On commence toujours par le signe de la croix.
Au nom du Père,
et du Fils,
et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Recueillez-vous un instant en silence, puis récitez l'invocation quotidienne, que l'on dit chacun des neuf jours avant la méditation propre au jour.
Glorieux saint Georges, fidèle soldat du Christ, vous qui n'avez pas craint de confesser son Nom devant les puissants et qui avez donné votre vie dans le martyre, tournez vers nous votre regard de bonté. Vous que la tradition représente vainqueur du dragon, obtenez-nous de vaincre le péché et les embûches de l'ennemi des âmes ; revêtez-nous de l'armure de la foi, afin que nous combattions le bon combat et demeurions fidèles à Dieu dans toute épreuve. Par les mérites de Jésus-Christ Notre-Seigneur, obtenez-nous le courage de servir le bien, la loyauté dans nos devoirs et la persévérance de l'âme jusqu'à la fin.
Exprimez ici, simplement et clairement, l'intention que vous confiez à saint Georges — la même durant les neuf jours.
Saint Georges, martyr et soldat du Christ, priez pour nous. Ainsi soit-il.
Premier jour — L'enfance chrétienne de saint Georges
Georges naquit vers la fin du IIIe siècle, selon la tradition en Cappadoce, d'une famille chrétienne, et grandit dans la région de Palestine. Ses parents lui transmirent avec le sang la foi de l'Église et l'élevèrent dans la crainte de Dieu et l'amour de Notre-Seigneur. Dès l'enfance il apprit que la première victoire est celle que l'on remporte sur soi-même, et il se prépara, sans le savoir encore, au combat qui ferait de lui un martyr.
Saint Georges, formé dès le berceau à la foi de vos pères et nourri de l'amour de Dieu, obtenez aux enfants de nos familles de recevoir avec docilité l'enseignement chrétien, et à nous tous de garder intacte la foi de notre baptême, afin que nous grandissions en force et en fidélité comme vous avez grandi.
Notre Père, qui êtes aux cieux :
Que votre nom soit sanctifié.
Que votre règne arrive.
Que votre volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui
notre pain quotidien.
Et pardonnez-nous nos offenses,
comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation,
mais délivrez-nous du mal.
Ainsi soit-il.
Puis trois fois le Je vous salue Marie.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce,
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Ainsi soit-il.
Gloire au Père, et au Fils,
et au Saint-Esprit.
Comme il était au commencement,
maintenant et toujours,
et dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Deuxième jour — Le soldat de l'Empire
Devenu homme, Georges entra dans l'armée romaine et s'y distingua par sa valeur, jusqu'à obtenir un grade élevé et l'estime de tous. Il exerça les armes avec honneur, joignant à la bravoure du soldat la droiture du chrétien : loyal envers ses chefs, juste envers ses compagnons, il servit sans jamais rien céder de sa conscience ni de sa foi.
Saint Georges, soldat courageux et loyal, qui avez rempli vos devoirs sans jamais trahir votre conscience, obtenez à ceux qui portent une charge ou un uniforme la droiture et l'honneur, et à nous tous d'accomplir fidèlement le devoir de notre état sous le regard de Dieu.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père — le texte complet en est donné au premier jour.
Troisième jour — La confession de la foi
Lorsque l'empereur Dioclétien déchaîna, vers l'an 303, la grande persécution contre les chrétiens, Georges ne dissimula pas sa foi. Il distribua ses biens aux pauvres et se présenta ouvertement comme chrétien devant la cour, proclamant que les idoles n'étaient rien et que le Christ était le seul vrai Dieu. En pleine carrière, il choisit de tout perdre plutôt que de renier son Sauveur.
Saint Georges, vous avez confessé le Nom du Christ devant les puissants sans trembler, préférant la vérité à votre carrière et à votre vie : obtenez-nous le courage de professer notre foi en tout lieu, sans respect humain, et de préférer Dieu à tout ce que le monde peut nous ôter ou nous promettre.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Quatrième jour — Le soldat du Christ
Georges fut soldat deux fois : dans les rangs de l'Empire, et plus encore dans les rangs du Christ. L'Apôtre exhorte à combattre le bon combat de la foi et à revêtir l'armure de Dieu : le bouclier de la foi, le casque du salut et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. Ce n'est pas contre la chair et le sang que nous luttons, mais contre les puissances des ténèbres ; et Georges nous montre le vrai champ de bataille.
Saint Georges, vaillant soldat du Christ, qui avez revêtu l'armure de Dieu pour combattre non la chair et le sang, mais l'esprit du mal, obtenez-nous de prendre le bouclier de la foi et le glaive de la parole de Dieu, afin de tenir ferme au jour mauvais et de ne jamais déserter le combat de notre salut.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Cinquième jour — La constance dans les tourments
Pour le contraindre à l'apostasie, les persécuteurs infligèrent à Georges des tourments cruels et prolongés ; mais en chacun d'eux il demeura inébranlable, confessant le Nom du Christ. La grâce de Dieu le soutint si visiblement que plusieurs témoins de son supplice se convertirent, et la tradition rapporte que l'impératrice elle-même embrassa la foi. Sa fermeté prêchait plus haut que toutes ses paroles.
Saint Georges, que ni les menaces ni les supplices n'ont pu détourner de votre Dieu, obtenez-nous la patience dans la souffrance et la constance dans l'épreuve, afin que, soutenus par la grâce, nous ne cédions jamais à la douleur ni à la peur, mais demeurions fermes dans la foi jusqu'au bout.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Sixième jour — Le martyre à Lydda
N'ayant pu le vaincre, ses juges le firent enfin décapiter, vers l'an 303, à Lydda, l'antique Diospolis, en Palestine. Georges scella ainsi de son sang la fidélité qu'il avait gardée jusqu'à l'extrême, accomplissant la parole de l'Écriture : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » Sur son tombeau s'éleva bientôt une basilique, et l'Église le vénéra comme l'un des grands martyrs.
Saint Georges, fidèle jusqu'à la mort, qui avez reçu la couronne de vie promise aux martyrs, obtenez-nous de tenir bon dans la foi jusqu'à notre dernier souffle, et d'aimer Notre-Seigneur plus que notre propre vie, afin de mériter d'être un jour couronnés avec vous dans la gloire du Ciel.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Septième jour — La victoire sur le dragon
La célèbre image de saint Georges terrassant le dragon n'appartient pas à la chronique de sa vie, mais à la tradition qui a voulu peindre sa sainteté. Le dragon est la figure antique du démon : l'Écriture nomme l'ennemi « le grand dragon, le serpent ancien, celui qu'on appelle le diable et Satan ». Georges perçant le monstre, c'est le chrétien qui, armé de la foi et de la grâce, terrasse le péché et le prince de ce monde ; et la vierge délivrée est l'âme, ou l'Église, arrachée à la servitude du mal.
Saint Georges, que la piété chrétienne montre victorieux du dragon, image de l'ennemi vaincu par la foi, obtenez-nous de terrasser en nous le péché et les ruses du serpent ancien, et de délivrer par la prière les âmes captives du mal, afin que la victoire du Christ resplendisse dans nos vies.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Huitième jour — Le combat spirituel contre la tentation
Le vrai combat de saint Georges ne fut pas celui du fer, mais celui de la foi confessée devant l'empereur. Le véritable ennemi du chrétien n'est jamais le prochain — ni le voisin, ni le rival, ni celui qui nous a nui —, mais le démon et le péché. À l'exemple de Georges, qui vainquit en pardonnant à ses bourreaux comme le Christ en croix, nous sommes appelés à vaincre le mal par le bien, et à ne jamais rendre le mal pour le mal.
Saint Georges, invincible dans la foi, qui n'avez pas craint les ennemis de la vérité, obtenez-nous la force de résister aux tentations et de vaincre le mal par le bien ; que nulle malice ne nous sépare du Christ, et que nous ne combattions que le seul véritable ennemi, qui est le démon, sans jamais haïr aucun de nos frères.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Neuvième jour — Patron des soldats et des chevaliers
Le culte de saint Georges se répandit avec une rapidité prodigieuse en Orient et en Occident, tant qu'on l'appela le grand Martyr. L'Église le donne pour patron des soldats et des chevaliers, dont il fut au Moyen Âge le modèle, et des scouts, qui trouvent en lui les vertus du service, de la loyauté et du courage au service du bien. À tous ceux qui doivent combattre, visiblement ou invisiblement, il enseigne que la vraie victoire appartient à Dieu.
Saint Georges, patron des soldats, des chevaliers et des scouts, modèle de courage et de loyauté, protégez tous ceux qui luttent pour le bien, et présentez à Dieu la supplication que nous vous avons confiée ; obtenez-nous de combattre le bon combat jusqu'à la fin et de recevoir, avec vous, la couronne de la vie.
Récitez ici un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
La clôture de la neuvaine
Chaque jour, on achève la prière par le verset et la collecte du Missel romain de saint Georges, martyr, au 23 avril.
V. Priez pour nous, saint Georges.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
Prions.
Ô Dieu, qui nous réjouissez par les mérites et l'intercession du bienheureux Georges, votre Martyr : accordez-nous, dans votre bonté, que nous qui implorons par lui vos bienfaits, les obtenions par le don de votre grâce. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit, Dieu, dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Au nom du Père,
et du Fils,
et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Les variantes de la neuvaine à saint Georges
Le texte des neuf jours ne change pas. Ce qui change, c'est l'intention que l'on formule chaque jour, après l'invocation quotidienne. Voici les demandes que l'on confie le plus souvent à saint Georges.
La neuvaine à saint Georges pour trouver du travail
C'est l'une des demandes les plus fréquentes, et elle est à sa place. Saint Georges fut officier : il a connu la charge et le devoir de son état — et il a tout perdu d'un coup, carrière comprise, le jour où il a préféré le Christ. Qui cherche un emploi ou redoute un licenciement reconnaîtra en lui un intercesseur proche.
Au moment de l'intention, on formule sa demande sans détour : « Saint Georges, obtenez-moi de trouver un travail où je puisse servir Dieu et nourrir les miens. » Deux précautions : la neuvaine ne dispense d'aucune démarche, et l'on demande un travail honnête, non pas seulement un travail. Le troisième jour rappelle qu'un chrétien préfère perdre sa place plutôt que sa conscience. On y joindra volontiers la neuvaine à saint Joseph, patron des travailleurs.
La neuvaine à saint Georges pour les examens
Un examen est un combat, et le trac en est l'ennemi. On confie à saint Georges non pas le résultat, mais le courage : la fermeté au moment d'entrer dans la salle, la clarté de l'esprit, l'honnêteté de l'épreuve. On la commence neuf jours avant la date, de sorte que le dernier jour tombe la veille ou le jour même. Elle ne remplace pas les révisions : elle les soutient. On pourra la doubler de la prière avant un examen, à dire sur place.
La neuvaine à saint Georges pour une demande particulière
Toute intention légitime peut lui être confiée : une épreuve de famille, une tentation tenace, une maladie, une injustice subie, un proche à protéger. Une seule règle : la même intention pendant les neuf jours. Ce n'est pas une insistance superstitieuse, c'est une pédagogie — il arrive qu'au neuvième jour on ne demande plus tout à fait ce que l'on demandait au premier.
Quand la demande touche la protection contre le mal, saint Georges est chez lui : c'est le sens du septième jour. On lira ce que l'Église enseigne sur le diable et son action, et l'on pourra y joindre une prière de protection.
Les autres prières à saint Georges
La neuvaine n'est pas la seule manière de recourir à lui. On peut s'en tenir à l'invocation quotidienne donnée plus haut, dite seule un jour de combat ; à l'oraison du Missel, qui est la prière de l'Église elle-même ; ou au simple verset « Priez pour nous, saint Georges ». Les manuels de prière français joignent d'ordinaire ces pièces à la neuvaine : c'est le même fonds.
La neuvaine à saint Georges en PDF à imprimer
Beaucoup cherchent un PDF pour prier sans écran ou pour distribuer le texte ; ceux qui circulent sont de qualité inégale, souvent tronqués. Cette page s'imprime telle quelle depuis votre navigateur, et le texte des neuf jours y est complet, dans l'ordre : glissez-en les feuilles dans votre missel. Les jours pressés, on peut n'en garder que l'ossature — l'invocation, l'intention, la demande du jour et un Notre Père : mieux vaut une neuvaine brève achevée qu'une longue abandonnée au quatrième jour.
La bougie de neuvaine à saint Georges
Allumer une bougie devant une image de saint Georges est un usage ancien et légitime : la flamme qui brûle pendant que nous vaquons à nos travaux figure la prière qui continue. Mais disons-le nettement, car le commerce entretient la confusion : la bougie n'agit pas. Une neuvaine faite sans bougie vaut exactement autant ; la couleur, le jour, la disposition des objets n'ajoutent rien, et leur prêter un effet relève de la superstition, que le premier commandement défend.
Comment faire la neuvaine à saint Georges
Une neuvaine est une prière de neuf jours consécutifs, à l'image des neuf jours que les Apôtres passèrent au Cénacle avec la Sainte Vierge entre l'Ascension et la Pentecôte. On ne compte pas des jours pour forcer le Ciel : on persévère parce que Notre-Seigneur nous a commandé de prier sans nous lasser. Notre article sur la neuvaine l'expose en détail.
Quand la commencer. La coutume la fait débuter le 15 avril, afin que le neuvième jour tombe le 23 avril : les neuf jours montent alors vers la fête comme une préparation. Mais rien n'oblige à attendre le printemps ; d'autres la commencent neuf jours avant l'événement redouté — l'examen, l'opération, l'entretien, le départ.
Comment la prier. Chaque jour, dans l'ordre : le signe de la croix, un instant de silence, l'invocation quotidienne, l'intention — la même du premier au neuvième jour —, la méditation et la demande propres au jour, puis un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père, enfin le verset et la collecte. Le tout demande une dizaine de minutes, à l'heure qui vous convient, pourvu que ce soit la même chaque jour : la régularité est la moitié de la neuvaine.
Si vous manquez un jour. Reprenez le lendemain au jour manqué, sans scrupule. La neuvaine n'est pas une formule dont un oubli casserait la mécanique : une prière n'échoue pas parce qu'un jour a été rude. Ce serait retomber dans le calcul superstitieux que ce saint aide précisément à combattre.
Après la neuvaine. Il est excellent de faire célébrer une messe à l'intention que l'on a portée, ou d'y assister le 23 avril : le sacrifice de Notre-Seigneur est infiniment au-dessus de toute prière privée. Si la grâce est obtenue, on revient dire merci.
Qui était saint Georges ?
Le martyr de Lydda
Il faut le dire avec la sobriété des historiens de l'Église : de saint Georges, on sait peu, et ce peu est solide. Il fut un martyr réel, qui souffrit à Diospolis — c'est-à-dire Lydda — en Palestine, très probablement avant le temps de Constantin. Au-delà, disent les meilleurs auteurs, on ne peut guère rien affirmer avec certitude.
Le culte, lui, est ancien et incontestable : le nom de Georges figure au Martyrologe hiéronymien, rattaché à Diospolis, et les pèlerins qui parcoururent la Terre sainte du VIe au VIIIe siècle — Théodose, l'Antonin, Arculfe — désignent tous Lydda comme le siège de sa vénération et le lieu de ses reliques. La tradition qui le fait naître en Cappadoce vient probablement d'une confusion ancienne avec un homonyme, Georges de Cappadoce, l'intrus arien du siège d'Alexandrie, adversaire de saint Athanase. Notre neuvaine retient l'usage traditionnel ; l'honnêteté demande seulement de savoir ce qui est certain et ce qui est reçu.
Un mot sur le rang liturgique : le code des rubriques de 1960 n'a plus retenu au 23 avril, dans le calendrier universel, qu'une commémoraison de saint Georges — c'est ce que porte le Missel de 1962, avec l'oraison donnée plus haut. Le Martyrologe romain garde la date, et la piété n'a jamais cessé de l'honorer.
Le dragon : une allégorie, non une chronique
L'Occident médiéval a connu saint Georges surtout par la Légende dorée du bienheureux Jacques de Voragine : la cité de Silène, le dragon dont l'haleine empoisonnait le pays, le sort tombant sur la fille du roi, et Georges perçant le monstre de sa lance. Ce récit est une addition tardive, sans trace assurée avant le XIIe siècle.
Loin d'être une gêne, cette clarté est un service — car elle rend au dragon son vrai sens, qui n'est pas anecdotique mais spirituel. Le dragon est le démon : l'Apocalypse nomme l'ennemi « le grand dragon, le serpent ancien, celui qu'on appelle le diable et Satan, qui séduit tout l'univers » (Ap 12, 9). Georges le perçant, c'est le chrétien revêtu de l'armure de Dieu qui terrasse le péché ; la vierge délivrée, c'est l'âme arrachée à la servitude du mal. La piété médiévale n'a pas inventé un fait, elle a peint une doctrine — la même que celle de saint Michel Archange, dont l'iconographie est sœur de la sienne.
Le patron des soldats, des chevaliers et des scouts
Son culte se répandit en Orient et en Occident avec une rapidité prodigieuse, tant qu'on l'appela simplement le grand Martyr ; les croisés en revinrent avec une haute idée de son intercession, et l'Angleterre devait en faire son protecteur. De là vient sa charge de patron des soldats et des chevaliers : non pas le patron de la guerre, mais celui de l'honneur des armes et de la loyauté du service. Les scouts l'ont pris pour patron dans le même esprit — servir, tenir parole, être fort pour protéger, non pour dominer.
C'est pourquoi le huitième jour dit une chose qu'il ne faut jamais perdre de vue : le véritable ennemi du chrétien n'est jamais le prochain, mais le démon et le péché. Georges, qui pardonna à ses bourreaux comme le Christ en croix, n'a jamais vaincu que le mal. En cela il est le frère de sainte Jeanne d'Arc, qui portait les armes sans haïr l'ennemi.
Questions Fréquentes
Quand commencer la neuvaine à saint Georges ? Faut-il attendre le 23 avril ?
La coutume la commence le 15 avril, pour l'achever le 23 avril, jour de saint Georges au calendrier romain. Mais il ne faut pas attendre : une neuvaine se commence le jour où le besoin se présente, ou neuf jours avant l'échéance qui vous inquiète. Ni le calendrier ni la date n'ont de vertu propre.
Peut-on faire la neuvaine à saint Georges pour trouver du travail ?
Oui, et l'intention est à sa place : Georges fut officier et connut le devoir de son état, avant de tout perdre pour le Christ. On priera cependant en continuant à chercher, et l'on demandera un travail honnête, où l'on puisse servir Dieu — non n'importe quelle place à n'importe quel prix.
Saint Georges a-t-il vraiment tué un dragon ?
Non : le récit du dragon est une addition tardive, sans trace assurée avant le XIIe siècle. Ce qui est certain, c'est son martyre à Lydda, vers l'an 303. Le dragon est une allégorie — celle du démon, « le serpent ancien » de l'Apocalypse — et elle est vraie de la meilleure façon : elle dit ce que fut le combat de Georges, et ce que doit être le nôtre.
Saint Georges de Lydda et saint Georges de Cappadoce sont-ils le même saint ?
Non. Le martyr honoré le 23 avril est celui de Lydda, l'antique Diospolis. La tradition qui le fait naître en Cappadoce est probablement née d'une confusion avec un homonyme, Georges de Cappadoce, l'intrus arien du siège d'Alexandrie et l'adversaire de saint Athanase — qui, lui, ne fut pas un saint.
Que faire des témoignages de grâces attribuées à cette neuvaine ?
Les recevoir avec reconnaissance et prudence. La piété populaire rapporte quantité de faveurs obtenues par son intercession, et il n'y a nulle raison d'en douter par principe ; mais ces récits privés ne sont pas garantis par l'Église et ne sont pas une promesse. Dieu exauce toujours — à sa manière, à son heure, et pour notre vrai bien.
Faut-il faire célébrer une messe après la neuvaine ?
Ce n'est pas une obligation, mais c'est excellent : le saint sacrifice est infiniment au-dessus de toute prière privée. Faire célébrer une messe à l'intention portée, ou y assister le 23 avril, couronne les neuf jours.
Priez les neuf jours de saint Georges avec les rappels quotidiens et l'audio dans l'application Iter Fidei, du premier jour jusqu'au neuvième. Téléchargez-la ici.
Sources. Le Missel romain, collecte de saint Georges, martyr, au 23 avril ; le Martyrologe romain et le Martyrologe hiéronymien (Diospolis) ; Les Vies des Saints de Butler (23 avril) ; la Légende dorée du bienheureux Jacques de Voragine ; la Sainte Écriture selon la traduction de l'abbé Fillion (Apocalypse 2, 10 et 12, 9 ; Épître aux Éphésiens 6, 11-17 ; Première épître à Timothée 6, 12 ; Épître aux Romains 12, 21 ; Évangile selon saint Matthieu 6, 9-13 ; Évangile selon saint Luc 1, 28 et 1, 42) ; le texte traditionnel de la neuvaine à saint Georges tel qu'il se transmet dans les manuels de prière français approuvés.