Les Psaumes
Psaume 86 : texte, sens et prière (Vulgate 85)
Le Psaume 86, que vous cherchez sous la numérotation hébraïque, est le Psaume 85 de la Vulgate, la prière de David qui implore la miséricorde de Dieu. Texte intégral de Fillion, double numérotation, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 86 est la prière du pauvre qui n'a d'autre recours que Dieu : "Penchez, Seigneur, Votre oreille, et exaucez-moi, car je suis indigent et pauvre." C'est un psaume de David, une supplication confiante en la miséricorde du Seigneur. Un point mérite d'être clarifié d'emblée : le psaume que vous cherchez sous le numéro 86 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le Psaume 85.
Le texte intégral du Psaume 86
Voici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, version catholique de référence pour l'Écriture en français. Nous suivons ici la numérotation des versets telle qu'elle se présente dans l'original hébreu.
Psaume 86 (Vulgate 85)
Prière de David.
Penchez, Seigneur, Votre oreille, et exaucez-moi, car je suis indigent et pauvre.
Gardez mon âme, car je suis saint ; sauvez, mon Dieu, Votre serviteur qui espère en Vous.
Ayez pitié de moi, Seigneur, car j'ai crié vers Vous tout le jour ;
réjouissez l'âme de Votre serviteur, car j'ai élevé mon âme vers Vous, Seigneur.
Car Vous êtes, Seigneur, suave et doux, et plein de miséricorde pour tous ceux qui Vous invoquent.
Prêtez l'oreille, Seigneur, à ma prière, et soyez attentif à la voix de ma supplication.
Au jour de ma tribulation j'ai crié vers Vous, parce que Vous m'avez exaucé.
Seigneur, parmi les dieux nul ne Vous est semblable, et rien n'est comparable à Vos œuvres.
Toutes les nations que Vous avez créées viendront, et se prosterneront devant Vous, Seigneur, et elles rendront gloire à Votre Nom.
Car Vous êtes grand, et Vous faites des prodiges ; Vous seul êtes Dieu.
Conduisez-moi, Seigneur, dans Votre voie, et faites que j'entre dans Votre vérité ; que mon cœur mette sa joie à craindre Votre Nom.
Je Vous louerai, Seigneur mon Dieu, de tout mon cœur, et je glorifierai éternellement Votre Nom ;
car Votre miséricorde est grande envers moi, et Vous avez retiré mon âme de l'enfer le plus profond.
O Dieu, les méchants se sont élevés contre moi, et une troupe d'hommes puissants en a voulu à ma vie, sans qu'ils Vous aient eu présent devant leurs yeux.
Mais Vous, Seigneur Dieu, Vous êtes compatissant et clément, patient, plein de miséricorde, et fidèle.
Regardez-moi, et ayez pitié de moi ; donnez Votre force à Votre serviteur, et sauvez le fils de Votre servante.
Opérez un signe en ma faveur, afin que ceux qui me haïssent le voient et soient confondus ; car c'est Vous, Seigneur, qui m'avez aidé et consolé.
Psaume 86 ou Psaume 85 ? La double numérotation
Le décalage d'un numéro n'est ni une erreur ni une contradiction : il vient de deux façons de compter les psaumes. La numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme, elle-même héritée de la Septante grecque, est celle que l'Église a employée pendant plus de mille cinq cents ans dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères. Elle appelle ce psaume le 85, qui commence en latin par "Inclína, Dómine, aurem tuam". La numérotation hébraïque, retenue par la plupart des Bibles modernes, le compte comme le 86. L'écart tient à la manière de regrouper certains psaumes au début du Psautier.
Retenons donc : Psaume 86 (hébreu) = Psaume 85 (Vulgate). C'est un seul et même psaume. L'abbé Fillion lui-même le titre "Psaume 86 (Vulgate 85)", en indiquant les deux comptes.
Ceux qui cherchent le Psaume 86 dans la version Louis Segond trouveront le même texte : cette traduction protestante suit la numérotation hébraïque, si bien que son Psaume 86 correspond exactement à celui-ci. Pour l'Écriture, nous donnons ici la traduction catholique de l'abbé Fillion, faite sur la Vulgate et de tradition sûre, plutôt qu'une version issue de la Réforme. La différence de numérotation avec la Vulgate demeure : le psaume reste le 85 dans le bréviaire latin. Ce psaume appartient au grand ensemble des psaumes de la Sainte Écriture, dont l'Église a toujours fait le cœur de sa prière.
Le sens du Psaume 86 : la prière du pauvre
Tout le psaume tient dans un mot : miséricorde. David ne s'appuie sur aucun mérite ; il se présente devant Dieu comme un "malheureux et indigent", et c'est précisément cette pauvreté qui fait sa force. Sept fois il nomme le Seigneur, et deux fois il rappelle ce qui fonde son espérance : "tu es un Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité" — la même parole que Dieu adressa à Moïse sur le Sinaï. Cette bonté et cette fidélité sont celles que le Psaume 85 voit se rencontrer et s'embrasser dans l'attente du salut. La supplication ne reste pas repliée sur la détresse : elle s'élève jusqu'à la louange, "Je te louerai de tout mon cœur", et jusqu'à l'annonce prophétique que "toutes les nations viendront se prosterner devant toi".
Saint Augustin, dans son commentaire des Psaumes, lit ce psaume comme la prière du Christ total, la Tête et les membres. Le Christ, écrit-il, prie pour nous comme notre prêtre, prie en nous comme notre Chef, et est prié par nous comme notre Dieu. Quand le fidèle dit "je suis malheureux et indigent", c'est le Christ qui, ayant pris notre pauvreté, met ces mots sur nos lèvres. Ainsi ce cri de David devient la prière de toute l'Église, et de chaque âme unie à saint Augustin dans la lecture spirituelle de l'Écriture. La demande du verset 11, "attache mon cœur à la crainte de ton nom", résume le fruit du psaume : que le cœur divisé soit rassemblé et fixé en Dieu seul.
Le Psaume 86 dans la liturgie de 1962
L'Église fait chanter ce psaume à deux moments que le fidèle attaché au rite traditionnel reconnaîtra.
D'abord à Complies du vendredi. Dans le psautier du bréviaire romain tel qu'il est disposé depuis saint Pie X et conservé en 1962, l'office de Complies varie selon les jours ; le vendredi soir, il comprend le Psaume 85 (notre Psaume 86), joint au Psaume 76. Au terme de la journée, l'Église confie son sommeil à la miséricorde de Dieu par la voix même de David. Qui prie les heures du bréviaire retrouve ce psaume à sa place.
Ensuite à la messe du seizième dimanche après la Pentecôte, dont l'introït est tiré de ce psaume : "Miserére mihi, Dómine, quóniam ad te clamávi tota die" — "Aie pitié de moi, Seigneur, car j'ai crié vers toi tout le jour" (versets 3 et 5), avec le verset "Inclína, Dómine, aurem tuam mihi, et exáudi me" (verset 1). Ce jour-là, toute l'Église latine entre dans la messe par la supplication du Psaume 86.
Quand et comment prier le Psaume 86
Ce psaume convient à tout moment de détresse, mais la tradition en suggère quelques usages particuliers.
- Le soir, avant le sommeil. C'est son usage liturgique propre. On peut le prier comme l'Église le prie à Complies, en remettant la nuit et l'âme à la garde de Dieu.
- Dans l'épreuve et l'angoisse. Quand on se sent "malheureux et indigent" — maladie, injustice, tourment intérieur —, ce psaume met des mots justes sur la pauvreté de l'âme et la tourne vers la seule miséricorde qui sauve. Il tient sa place parmi les prières que le chrétien élève au jour du danger. Quand la nuit se fait plus noire encore, le Psaume 88 prolonge ce cri jusqu'au fond de la détresse.
- Pour implorer le pardon. Proche par son esprit du Psaume 51, le grand Miserere, il convient à l'âme qui, consciente de sa faute, s'appuie sur la bonté de Dieu "riche en fidélité". On le prie volontiers en préparation de la confession, en s'abandonnant à la miséricorde divine.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque demande se poser. La force du psaume n'est pas dans les mots eux-mêmes, mais en Celui à qui ils s'adressent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 86 est-il aussi appelé Psaume 85 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme le Psaume 85. La numérotation hébraïque, plus récente et retenue par la plupart des Bibles modernes, l'appelle 86. C'est le même psaume.
Qui a écrit le Psaume 86 ?
Le psaume porte dans son titre l'attribution à David : "Prière de David." C'est la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour toute l'Écriture, l'auteur humain, le roi David, est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint qui a inspiré le texte sacré.
Que signifie le Psaume 86 ?
C'est la supplication d'un homme pauvre et éprouvé qui n'espère qu'en la miséricorde de Dieu. Il implore la pitié, confesse que le Seigneur est "bon, clément et plein de compassion", puis s'élève à la louange et à la promesse que toutes les nations adoreront Dieu.
Le Psaume 86 est-il le même dans la Bible Louis Segond ?
Oui. La version Louis Segond suit la numérotation hébraïque : son Psaume 86 est bien celui-ci. Pour l'Écriture, nous citons la traduction catholique de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate et de tradition sûre.
Quel est le verset le plus connu du Psaume 86 ?
Le verset 15 : "Mais toi, Seigneur, tu es un Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité." Il reprend la révélation que Dieu fit à Moïse et résume tout le psaume. Le premier verset, "Inclína, Dómine, aurem tuam", est également célèbre par la liturgie.
Quand l'Église chante-t-elle le Psaume 86 ?
Dans la liturgie de 1962, il est chanté à Complies le vendredi soir, et il fournit l'introït "Miserere mihi, Domine" de la messe du seizième dimanche après la Pentecôte. On peut donc le prier tout particulièrement le soir et au temps de l'épreuve.
L'application Iter Fidei rassemble les psaumes, les prières et l'office selon le calendrier de 1962, en français et en latin, avec l'audio pour prier. Télécharger l'application.
Sources. Texte du Psaume 86 (Vulg. 85) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 85. Sens traditionnel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 85 (le Christ priant en sa Tête et ses membres). Usage liturgique : Breviarium Romanum, office de Complies du vendredi (psautier de saint Pie X, en vigueur en 1962) ; Missale Romanum, introït du seizième dimanche après la Pentecôte (Ps 85, 3 ; 5 ; 1).