L'Office divin
Le Bréviaire : le livre de l'Office divin
Définition du bréviaire, structure du Breviarium Romanum (psautier, propre, commun), les huit heures de l'Office divin, qui y est tenu et comment un laïc peut le prier selon les livres de 1962.

Le bréviaire est le livre liturgique qui contient l'Office divin, c'est-à-dire la prière publique et quotidienne de l'Église : psaumes, antiennes, hymnes, leçons et oraisons, distribués sur les heures du jour et de la nuit. Prêtres, religieux et clercs dans les ordres majeurs sont tenus de le réciter chaque jour ; par lui, l'Église entière obéit à la parole du Psalmiste : « Sept fois le jour je te loue, à cause de tes justes ordonnances » (Psaume 118 [119], 164, Crampon).
Bréviaire : définition et origine du mot
Le mot vient du latin breviarium, « abrégé ». Au Moyen Âge, l'Office divin exigeait plusieurs livres distincts — psautier, antiphonaire, hymnaire, lectionnaire, collectaire. À partir du XIe siècle, on compila ces livres en un seul volume abrégé, commode pour le clerc en voyage : le bréviaire. Les frères mineurs de saint François, toujours en chemin, adoptèrent au XIIIe siècle le bréviaire de la Curie romaine et le répandirent dans toute la chrétienté ; c'est de lui que descend le bréviaire romain.
Le mot a gardé ce sens premier d'abrégé. C'est pourquoi l'histoire connaît aussi un « bréviaire d'Alaric » : promulgué en 506 par Alaric II, roi des Wisigoths, ce Breviarium Alaricianum est un abrégé de droit romain, sans aucun rapport avec la liturgie. Quand on parle du bréviaire sans autre précision, on entend le bréviaire catholique romain, le livre de l'Office.
Les huit heures de l'Office divin
L'Office divin sanctifie le cours entier de la journée. Le bréviaire distribue la prière en huit heures canoniales :
- Matines, l'office de la nuit, le plus long, avec ses psaumes et ses leçons tirées de l'Écriture, des Pères et des vies des saints ;
- Laudes, la louange de l'aurore ;
- Prime, Tierce, Sexte, None, les « petites heures » du jour ;
- Vêpres, l'office du soir, avec le Magnificat ;
- Complies, la prière avant le repos de la nuit.
Saint Benoît, au VIe siècle, a fixé cette ordonnance dans sa Règle et donné à l'Office son nom le plus juste : l'Œuvre de Dieu, à laquelle « on ne préférera rien » (Règle, ch. 43). Les Vêpres sont l'heure que les fidèles ont le plus longtemps chantée dans les paroisses ; Complies, avec le psaume 91 et le cantique de Siméon, est la prière de l'Église au seuil de la nuit.
La structure du bréviaire : psautier, propre, commun
Le bréviaire romain n'est pas un recueil de prières à lire d'affilée ; c'est un mécanisme liturgique dont il faut combiner les parties. Il en compte quatre principales.
Le psautier. Les 150 psaumes sont le fond de l'Office : le bréviaire les distribue sur la semaine, chacun à son heure, si bien que le clerc fidèle prie le psautier entier en sept jours. Saint Pie X, par la constitution Divino afflatu (1911), a réordonné cette distribution pour rendre effective la récitation hebdomadaire intégrale.
Le propre du temps (Proprium de Tempore) suit le cycle de l'année liturgique — Avent, Noël, Septuagésime, Carême, Temps pascal, temps après la Pentecôte — et fournit pour chaque jour les antiennes, leçons et oraisons propres à la saison.
Le propre des saints (Proprium Sanctorum) donne les textes particuliers aux fêtes des saints, jour par jour, selon le calendrier.
Le commun des saints (Commune Sanctorum) fournit les offices types — commun des martyrs, des confesseurs, des vierges — pour les saints qui n'ont pas d'office entièrement propre.
À quoi s'ajoutent l'ordinaire, squelette invariable de chaque heure, et les rubriques, qui règlent la combinaison du tout selon le rang du jour. Cette architecture explique le volume du livre : le bréviaire complet paraît d'ordinaire en plusieurs tomes, selon les saisons.
Le Breviarium Romanum de 1962
Le bréviaire romain, dans sa forme codifiée, procède du concile de Trente : saint Pie V le promulgua en 1568 par la bulle Quod a nobis, en l'imposant à toute l'Église latine, sauf aux Églises et aux ordres pouvant se prévaloir d'un usage de plus de deux cents ans. Clément VIII puis Urbain VIII en donnèrent des éditions revues ; saint Pie X en réforma le psautier en 1911 ; Pie XII en simplifia les rubriques en 1955. L'édition typique de 1962 fixe l'état du bréviaire romain traditionnel ; c'est elle que suivent les communautés attachées à la liturgie traditionnelle, comme elles suivent le missel de 1962 pour la messe tridentine — même calendrier, mêmes fêtes, mêmes oraisons.
Après 1970, le Breviarium Romanum a été remplacé dans l'usage courant par un livre nouveau, la « liturgie des Heures », dont les traductions françaises officielles (diffusées par l'AELF) suivent une structure différente : psautier sur quatre semaines, offices réduits, suppression de Prime. Nous décrivons ici le bréviaire traditionnel, celui qu'a fixé saint Pie V et que transmet l'édition de 1962.
Qui est tenu de réciter le bréviaire
L'obligation du bréviaire n'est pas une dévotion facultative. Le droit de l'Église (Code de 1917, canon 135) tient les clercs dans les ordres majeurs — sous-diacres, diacres, prêtres, évêques — à la récitation quotidienne et intégrale des heures canoniales ; les religieux à vœux solennels y sont tenus au chœur. Les théologiens moralistes enseignent communément que l'omission volontaire d'une partie notable de l'Office est matière grave. La raison en est simple : l'Office divin n'est pas la prière privée du clerc, mais la prière publique de l'Église ; celui qui récite son bréviaire prête sa voix à l'Épouse du Christ.
Comment un laïc peut prier le bréviaire
Le laïc n'est tenu à rien ; mais rien ne lui est fermé. Dom Guéranger, qui ouvre L'Année liturgique par ces mots — « La prière est pour l'homme le premier des biens » —, a consacré son œuvre à ramener les fidèles à la prière même de l'Église. Quelques conseils éprouvés :
- Commencer petit. Prime ou Complies, courtes et presque invariables, sont les portes d'entrée classiques ; puis Laudes et Vêpres, les deux gonds de l'Office.
- Suivre le bréviaire du jour. La difficulté du bréviaire est la combinaison des parties selon le calendrier. Le site Divinum Officium présente chaque heure de l'office du jour déjà assemblée, en latin et en traduction, selon les rubriques de 1962 : le moyen le plus simple, et gratuit, de prier le bréviaire du jour.
- Ne pas viser l'intégralité. Le laïc qui prie chaque jour Prime et Complies prie davantage avec l'Église que celui qui tente tout et abandonne. L'Angélus, trois fois le jour, est la forme la plus ancienne de cette sanctification des heures offerte à tous.
- Prier lentement. L'Office est psalmodie, non lecture ; la valeur de l'heure ne se mesure pas à sa vitesse.
Questions Fréquentes
Quelle est la définition du bréviaire ?
Le bréviaire est le livre liturgique contenant l'Office divin de l'Église romaine : psaumes, antiennes, hymnes, leçons et oraisons, répartis sur les huit heures canoniales de chaque jour. Le mot vient du latin breviarium, « abrégé », parce qu'il réunit en un volume ce qui exigeait autrefois plusieurs livres de chœur.
Qu'est-ce que le bréviaire d'Alaric ?
Le bréviaire d'Alaric (Breviarium Alaricianum) est un abrégé de droit romain promulgué en 506 par Alaric II, roi des Wisigoths, à l'usage de ses sujets romains. Il n'a rien de liturgique ; il ne partage avec le bréviaire catholique que le sens latin du mot, « abrégé ».
Quelle différence entre le bréviaire et la liturgie des Heures ?
Le bréviaire romain traditionnel, issu de saint Pie V (1568) et fixé dans l'édition de 1962, distribue les 150 psaumes sur une semaine en huit heures, dont Prime. La liturgie des Heures, introduite après 1970 et diffusée en français par l'AELF, étale le psautier sur quatre semaines, supprime Prime et abrège les offices. Les communautés traditionnelles conservent le bréviaire de 1962.
Un laïc peut-il prier le bréviaire ?
Oui, sans aucune obligation. L'usage constant recommande de commencer par une ou deux heures — Prime, Complies, puis Laudes ou Vêpres — plutôt que de viser l'Office entier. En le priant, le laïc s'unit à la prière publique de l'Église, ce que Dom Guéranger regardait comme la première des prières.
Où trouver le bréviaire du jour ?
Le site Divinum Officium donne gratuitement, jour après jour, chaque heure de l'office selon les rubriques de 1962, en latin avec traduction, textes déjà assemblés selon le calendrier. C'est l'équivalent en ligne du bréviaire ouvert à la bonne page.
Peut-on télécharger un bréviaire catholique gratuitement ?
Oui. Le texte du bréviaire romain de 1962 est accessible gratuitement via Divinum Officium, et les éditions anciennes du Breviarium Romanum, tombées dans le domaine public, se trouvent numérisées. Une application peut aussi donner psaumes, prières et calendrier traditionnel sans frais.
L'application Iter Fidei donne les psaumes et les prières traditionnelles en latin et en français avec audio, ainsi que le calendrier liturgique de 1962 pour suivre l'office du jour. Téléchargez-la ici.
Sources. Psaume 118 (119), traduction Crampon ; Règle de saint Benoît, ch. 43 ; saint Pie V, bulle Quod a nobis (1568) ; saint Pie X, constitution Divino afflatu (1911) ; Code de droit canonique de 1917, canon 135 ; Dom Guéranger, L'Année liturgique, Préface générale, et Institutions liturgiques.