Les Psaumes
Psaume 26 : Jugez-moi, Seigneur (psaume 25 de la Vulgate)
Le psaume 26, « Jugez-moi, Seigneur, car j'ai marché dans mon innocence », est le psaume 25 de la Vulgate, le Judica me : un psaume de David tout de confiance et de protestation d'innocence. Texte complet en français (Fillion) et en latin, sens des Pères, usage liturgique de 1962 et manière de le prier.

Le psaume 26 que vous cherchez est le Judica me, Domine : « Jugez-moi, Seigneur, parce que j'ai marché dans mon innocence. » C'est un psaume de David, tout entier de confiance, où l'âme, loin de redouter le jugement de Dieu, l'appelle, sûre de sa droiture et remettant sa cause entre les mains du Seigneur. Dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine —, il porte le numéro 25 ; c'est ce point qu'il faut d'abord éclaircir. Nous donnons ensuite le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, puis le latin, le sens qu'en ont dégagé les Pères et sa place dans la liturgie de 1962.
Psaume 26 ou psaume 25 ? La double numérotation
Il existe deux manières de compter les psaumes, et elles diffèrent d'une unité au milieu du Psautier. La numérotation grecque et latine — celle de la Septante et de la Vulgate de saint Jérôme, que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères — appelle ce psaume le 25, qui commence en latin par Judica me, Domine. La numérotation hébraïque, adoptée par la plupart des bibles récentes, le compte comme le 26. L'écart tient à la façon de grouper deux psaumes au début du Psautier.
Donc : psaume 26 (numérotation hébraïque) = psaume 25 (numérotation de la Vulgate). C'est le même chant, le même Judica me. On prendra garde de ne pas le confondre avec le psaume voisin, « Le Seigneur est ma lumière et mon salut », que la liturgie appelle psaume 26 (Vulgate) et l'hébreu psaume 27 : ce sont deux psaumes différents. Nous suivons ici la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, tout en gardant en titre le chiffre 26 que vous cherchez.
Le texte complet du psaume 26 (traduction de l'abbé Fillion)
Voici le psaume de David en entier, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate, le texte latin de la liturgie.
Psaume 26
Pour la fin, psaume de David.
Jugez-moi, Seigneur, parce que j'ai marché dans mon innocence ; et comme j'espère au Seigneur, je ne serai point affaibli.
Éprouvez-moi, Seigneur, et sondez-moi ; passez au feu mes reins et mon cœur.
Car Votre miséricorde est devant mes yeux, et je me suis complu dans Votre vérité.
Je ne me suis point assis dans l'assemblée de la vanité, et je n'entrerai pas avec les artisans d'iniquité.
Je hais l'assemblée des méchants, et je ne m'assoirai point avec les impies.
Je laverai mes mains parmi les innocents ; et je me tiendrai autour de Votre autel, Seigneur,
pour entendre la voix de Vos louanges, et pour raconter toutes Vos merveilles.
Seigneur, j'ai aimé la beauté de Votre maison, et le lieu où habite Votre gloire.
Ne perdez pas, ô Dieu, mon âme avec les impies, ni ma vie avec les hommes de sang ;
qui ont l'iniquité dans les mains, et dont la droite est remplie de présents.
Pour moi j'ai marché dans mon innocence ; délivrez-moi et ayez pitié de moi.
Mon pied s'est tenu dans le droit chemin ; je Vous bénirai, Seigneur, dans les assemblées.
Le psaume 26 en latin (Vulgate)
Et le même psaume dans la Vulgate, tel que l'Église le prie depuis des siècles :
Psalmus 25
In finem. Psalmus David.
Judica me, Domine, quoniam ego in innocentia mea ingressus sum, et in Domino sperans non infirmabor.
Proba me, Domine, et tenta me ; ure renes meos et cor meum.
Quoniam misericordia tua ante oculos meos est, et complacui in veritate tua.
Non sedi cum concilio vanitatis, et cum iniqua gerentibus non introibo.
Odivi ecclesiam malignantium, et cum impiis non sedebo.
Lavabo inter innocentes manus meas, et circumdabo altare tuum, Domine :
ut audiam vocem laudis, et enarrem universa mirabilia tua.
Domine, dilexi decorem domus tuæ, et locum habitationis gloriæ tuæ.
Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam, et cum viris sanguinum vitam meam :
in quorum manibus iniquitates sunt ; dextera eorum repleta est muneribus.
Ego autem in innocentia mea ingressus sum ; redime me, et miserere mei.
Pes meus stetit in directo ; in ecclesiis benedicam te, Domine.
Le sens du psaume selon la tradition
Le psaume s'ouvre par une demande qui surprend : « Jugez-moi, Seigneur. » On attendrait le contraire — que le pécheur implore d'échapper au jugement, comme au psaume 6, premier des psaumes de la pénitence. Ici, l'âme appelle au contraire l'examen divin, non par présomption, mais parce qu'elle a mis toute son espérance dans le Seigneur : « comme j'espère au Seigneur, je ne serai point affaibli. » Ce n'est pas l'innocence de qui se croit sans faute, c'est la droiture de qui a choisi le parti de Dieu et refuse celui des méchants. Le psalmiste ne se compare pas aux autres hommes ; il expose sa cause et demande à Dieu lui-même de la sonder : « passez au feu mes reins et mon cœur. »
Saint Augustin, dans ses Commentaires sur les psaumes, entend cette voix comme celle du Christ et de son Corps, l'Église. Seul le Christ peut dire en toute vérité « j'ai marché dans mon innocence » ; et le chrétien, greffé sur lui, le dit à son tour, non de sa propre justice, mais de celle qu'il reçoit. Demander à Dieu de « juger » sa cause, c'est lui demander de la distinguer de celle des impies, de ne pas « perdre son âme avec les hommes de sang ». C'est donc, sous des mots de tribunal, une pure prière de confiance : l'âme se met à découvert devant Dieu parce qu'elle sait n'avoir de refuge qu'en lui.
Le cœur du psaume est au verset central : « Je laverai mes mains parmi les innocents ; et je me tiendrai autour de Votre autel, Seigneur. » La pureté demandée n'est pas repli sur soi mais désir du sanctuaire : l'innocence conduit à l'autel, et l'amour de Dieu s'y dit en un cri que la Tradition a retenu entre tous, « Seigneur, j'ai aimé la beauté de Votre maison, et le lieu où habite Votre gloire. » Comme au psaume 25, « Vers Vous, Seigneur, j'ai élevé mon âme », la protestation d'innocence n'est jamais séparée de la supplication : elle s'achève sur « délivrez-moi et ayez pitié de moi ». C'est un des grands textes de la prière de protection que l'Écriture met sur nos lèvres : non une formule contre le mal, mais l'acte d'une âme qui remet toute sa cause à Dieu.
Le psaume 26 dans la liturgie de 1962
Ce psaume a laissé dans la liturgie une trace que tout fidèle de la messe traditionnelle connaît sans toujours la nommer. À l'Offertoire de la messe selon le missel de 1962, au moment où le prêtre se lave les doigts — le Lavabo —, il récite précisément les versets 6 à 12 de ce psaume : « Lavabo inter innocentes manus meas… », « Je laverai mes mains parmi les innocents, et je me tiendrai autour de Votre autel, Seigneur. » Le rite tire son nom même du premier mot de ce verset. Avant de monter à l'autel pour le sacrifice, le prêtre demande la pureté du cœur en empruntant la voix de David : le psaume 26 est ainsi prié, en latin, à chaque messe basse et à chaque messe chantée.
La tradition a d'ailleurs donné à ce psaume, dans les anciens psautiers, le titre de préparation à la sainte communion : l'âme qui va s'approcher du sacrement se lave les mains parmi les innocents et déclare son amour de la maison de Dieu. Dans le Bréviaire romain selon les livres de 1962 (psautier disposé par saint Pie X), il prend en outre sa place dans la récitation hebdomadaire du Psautier à Matines, l'office de nuit, où le clerc parcourt en une semaine l'ensemble des psaumes de David. Sur la structure de cet office, on lira notre article sur le bréviaire.
Comment et quand prier le psaume 26
- Avant de communier, ou avant la messe. C'est son usage propre : demander la pureté des mains et du cœur pour s'approcher de l'autel. Le prier en préparant sa communion prolonge le geste même du prêtre au Lavabo.
- Quand on est accusé ou calomnié à tort. Le psaume apprend à ne pas se défendre par ses propres armes, mais à remettre sa cause à Dieu : « Jugez-moi, Seigneur… éprouvez-moi et sondez-moi. » Il désarme la tentation de la vengeance.
- Pour aimer la maison de Dieu. Le verset « Seigneur, j'ai aimé la beauté de Votre maison » est la prière de qui trouve sa joie à l'église, dans la liturgie et devant le tabernacle.
- Comme examen de conscience. Demander à Dieu de « passer au feu ses reins et son cœur », c'est s'offrir à sa lumière avant de se présenter, le cas échéant, à la confession.
On le récite sans hâte, verset après verset, et l'on conclut comme le fait l'Église — comme le fait le prêtre au Lavabo — par le Gloria Patri. Pour situer ce psaume dans l'ensemble du Psautier, voir notre guide sur les psaumes.
Questions Fréquentes
Le psaume 26 est-il le même que le psaume 25 de la Vulgate ?
Oui. La numérotation hébraïque des bibles modernes l'appelle psaume 26 ; la numérotation grecque et latine de la Vulgate, suivie par l'Église pendant plus de quinze siècles, le compte comme psaume 25. C'est le même texte, le Judica me, Domine, « Jugez-moi, Seigneur, car j'ai marché dans mon innocence ».
Pourquoi le psalmiste demande-t-il à Dieu de le juger ?
Non par orgueil, mais par confiance. Il ne prétend pas être sans péché : il déclare avoir choisi le parti de Dieu contre celui des méchants, et il demande au Seigneur lui-même de sonder son cœur et de distinguer sa cause de celle des impies. Appeler le jugement de Dieu, ici, c'est se remettre entièrement à sa justice et à sa miséricorde.
Quel est le lien entre le psaume 26 et le Lavabo de la messe ?
À l'Offertoire de la messe traditionnelle, le prêtre se lave les doigts en récitant les versets 6 à 12 de ce psaume : « Lavabo inter innocentes manus meas », « Je laverai mes mains parmi les innocents ». Le rite tire son nom de ce premier mot. Le psaume 26 est donc prié à chaque messe selon le missel de 1962.
Qui a écrit le psaume 26 ?
Le titre l'attribue à David (« psaume de David »), et c'est la lecture constante de l'Église. Le psaume ne nomme aucune circonstance précise : il est la prière de tout fidèle qui veut s'approcher de Dieu d'un cœur droit. Comme pour tout le Psautier, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint qui a inspiré l'Écriture.
Quel est le verset le plus connu du psaume 26 ?
Le sixième, « Je laverai mes mains parmi les innocents, et je me tiendrai autour de Votre autel, Seigneur », à cause du Lavabo de la messe, et le huitième, « Seigneur, j'ai aimé la beauté de Votre maison, et le lieu où habite Votre gloire », que la Tradition a retenu comme l'expression parfaite de l'amour du sanctuaire.
Quelle traduction du psaume 26 faut-il lire ?
La version « Louis Segond » répandue en ligne est une traduction protestante. Le catholique dispose de la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate ; c'est elle que nous citons ici, avec le latin de la Vulgate qui demeure le texte de la liturgie.
L'application Iter Fidei donne les psaumes et les prières traditionnelles en français et en latin, avec l'audio et le calendrier liturgique de 1962, pour prier le psaume 26 comme l'Église le prie. Télécharger l'application.
Sources. Psaume 26 en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé L.-C. Fillion (1895), sur la Vulgate (Ps 25). Texte latin : Vulgate, Psalmus 25 (Judica me, Domine). Sens spirituel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 25. Usage liturgique : Missale Romanum (missel de 1962), Lavabo de l'Offertoire (Ps 25, 6-12) ; Breviarium Romanum, psautier disposé par saint Pie X (Divino afflatu, 1911), récitation du Psautier à Matines. Attribution davidique et inspiration de l'Écriture : Catéchisme de saint Pie X.