Les Psaumes
Psaume 25 : Vers toi j'élève mon âme (psaume 24 de la Vulgate)
Le psaume 25, « Vers toi, le Seigneur, j'élève mon âme », est le psaume 24 de la Vulgate — le Ad te levavi, prière de confiance et de pardon que l'Église chante à l'ouverture de l'Avent. Texte complet en français (Fillion) et en latin, sens des Pères et manière de le prier.

Le psaume 25, « Vers Vous, Seigneur, j'ai élevé mon âme », est la prière de l'âme qui, consciente de ses fautes, se tourne vers Dieu avec une confiance entière et lui demande d'être conduite dans ses voies. C'est le psaume 24 de la Vulgate, le Ad te levavi, que l'Église chante à l'entrée de l'Avent, au premier jour de son année liturgique. Nous en donnons ici le texte complet en français, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, puis le latin de la Vulgate, avec le sens que la Tradition lui a toujours reconnu. Un point de numérotation demande d'abord d'être éclairci.
Psaume 25 ou psaume 24 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 25 » porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme —, le numéro 24. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate, héritée de la Septante grecque, est celle que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères ; ce psaume y est le 24, qui commence en latin par Ad te, Domine, levavi animam meam. La numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes, le compte comme 25. La différence tient à la façon de grouper deux psaumes au début du Psautier. À ne pas confondre avec le psaume 24, « le Roi de gloire », qui est un autre psaume, plus loin dans la numérotation hébraïque.
Donc : psaume 25 (numérotation hébraïque) = psaume 24 (numérotation de la Vulgate). C'est le même psaume, le même Ad te levavi. Nous suivons ici la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, tout en gardant en tête, comme titre, le chiffre 25 que vous cherchez.
Le texte complet du psaume 25 en français
Voici le psaume de David en entier, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate latine et fidèle au texte que la liturgie a toujours chanté.
Psaume 25 (Vulgate : 24)
Pour la fin, psaume de David. Vers Vous, Seigneur, j'ai élevé mon âme ;
mon Dieu, je mets ma confiance en Vous ; que je n'aie pas à rougir.
Et que mes ennemis ne se moquent point de moi ; car tous ceux qui espèrent en Vous ne seront pas confondus.
Qu'ils soient confondus, tous ceux qui commettent l'iniquité sans raison. Seigneur, montrez-moi Vos voies, et enseignez-moi Vos sentiers.
Conduisez-moi dans Votre vérité, et instruisez-moi, car Vous êtes le Dieu mon Sauveur, et j'ai espéré en Vous tout le jour.
Souvenez-Vous de Vos bontés, Seigneur, et de Vos miséricordes qui datent des siècles passés.
Ne Vous souvenez pas des fautes de ma jeunesse, ni de mes ignorances. Souvenez-Vous de moi selon Votre miséricorde, à cause de Votre bonté, Seigneur.
Le Seigneur est doux et droit ; c'est pour cela qu'Il montrera aux pécheurs leur voie.
Il conduira dans la justice ceux qui sont dociles ; Il enseignera Ses voies à ceux qui sont doux.
Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité, pour ceux qui recherchent Son testament et Ses préceptes.
A cause de Votre Nom, Seigneur, Vous me pardonnerez mon péché ; car il est grand.
Quel est l'homme qui craint le Seigneur ? Il lui fixe une loi dans la voie qu'il a choisie.
Son âme se reposera parmi les biens, et sa race aura la terre en héritage.
Le Seigneur est le ferme appui de ceux qui Le craignent, et Il leur manifestera Son alliance.
Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur ; car c'est Lui qui retirera mes pieds du filet.
Regardez-moi, et ayez pitié de moi ; car je suis délaissé et pauvre.
Les tribulations de mon cœur se sont multipliées ; tirez-moi de mes angoisses.
Voyez mon humiliation et ma peine, et remettez-moi tous mes péchés.
Voyez combien mes ennemis se sont multipliés, et de quelle haine injuste ils me haïssent.
Gardez mon âme, et délivrez-moi ; que je n'ai pas à rougir pour avoir espéré en Vous.
Les hommes innocents et droits se sont attachés à moi, parce que j'ai eu confiance en Vous.
O Dieu, délivrez Israël de toutes ses tribulations.
Le Ad te levavi en latin
Et le même psaume dans la Vulgate Clémentine, tel que l'Église le récite :
Psalmus 24
In finem. Psalmus David. Ad te, Domine, levavi animam meam :
Deus meus, in te confido ; non erubescam.
Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui sustinent te, non confundentur.
Confundantur omnes iniqua agentes supervacue. Vias tuas, Domine, demonstra mihi, et semitas tuas edoce me.
Dirige me in veritate tua, et doce me, quia tu es Deus salvator meus, et te sustinui tota die.
Reminiscere miserationum tuarum, Domine, et misericordiarum tuarum quæ a sæculo sunt.
Delicta juventutis meæ, et ignorantias meas, ne memineris. Secundum misericordiam tuam memento mei tu, propter bonitatem tuam, Domine.
Dulcis et rectus Dominus ; propter hoc legem dabit delinquentibus in via.
Diriget mansuetos in judicio ; docebit mites vias suas.
Universæ viæ Domini, misericordia et veritas, requirentibus testamentum ejus et testimonia ejus.
Propter nomen tuum, Domine, propitiaberis peccato meo ; multum est enim.
Quis est homo qui timet Dominum ? legem statuit ei in via quam elegit.
Anima ejus in bonis demorabitur, et semen ejus hæreditabit terram.
Firmamentum est Dominus timentibus eum ; et testamentum ipsius ut manifestetur illis.
Oculi mei semper ad Dominum, quoniam ipse evellet de laqueo pedes meos.
Respice in me, et miserere mei, quia unicus et pauper sum ego.
Tribulationes cordis mei multiplicatæ sunt : de necessitatibus meis erue me.
Vide humilitatem meam et laborem meum, et dimitte universa delicta mea.
Respice inimicos meos, quoniam multiplicati sunt, et odio iniquo oderunt me.
Custodi animam meam, et erue me : non erubescam, quoniam speravi in te.
Innocentes et recti adhæserunt mihi, quia sustinui te.
Libera, Deus, Israël ex omnibus tribulationibus suis.
Le sens du psaume 25 : la prière de l'âme qui espère
Dans l'original hébreu, ce psaume est un acrostiche alphabétique : chaque verset commence par une lettre suivant l'ordre de l'alphabet, de l'aleph au tav. La Tradition y a lu le signe d'un don total : l'âme s'offre à Dieu de la première à la dernière lettre, tout entière, sans rien retenir. Ce n'est pas un exercice littéraire, mais l'image d'un cœur qui se remet sans réserve.
Le mouvement du psaume est celui de la confiance mêlée à l'humilité. Le fidèle « élève son âme » vers Dieu — il la soulève de la terre, des choses passagères, pour la porter vers celui en qui il espère. Saint Augustin, commentant ce psaume, voit dans ce geste l'acte même de la prière : élever son âme, c'est cesser de ramper vers le bas, cesser de mettre sa confiance dans les hommes, pour la placer tout entière en Dieu. Celui qui espère ainsi « ne sera pas confondu » ; celui qui s'appuie sur lui-même sera déçu.
Deux demandes reviennent, et elles résument toute la vie spirituelle. La première : Seigneur, montrez-moi Vos voies, et enseignez-moi Vos sentiers. L'homme ne sait pas de lui-même le chemin qui mène à Dieu ; il faut qu'il soit instruit, conduit, redressé. Les Pères ont vu dans ces « voies » et ces « sentiers » les commandements et les conseils par lesquels Dieu ramène le pécheur ; la même supplication revient au psaume 26, « enseigne-moi ta voie ; dirige-moi dans un sentier uni. » La seconde : Ne te souviens pas des péchés de ma jeunesse. C'est la prière du pénitent qui, sûr de la miséricorde, ne cache pas sa faute mais la confie. Le psaume ne nie pas le péché — il dit même mon iniquité est grande — ; il l'expose à la bonté de Dieu, qui pardonne à cause de son nom. Là est la note propre de ce psaume : la grandeur du péché n'éloigne pas de Dieu, elle est précisément le motif que le fidèle présente à sa miséricorde.
Ce psaume tient donc sa place parmi les grandes prières de la componction et de la confiance, tout près de l'esprit du psaume 51, le Miserere, et de l'acte de contrition que l'Église met sur les lèvres du pénitent.
Le psaume 25 dans la liturgie : l'Introït de l'Avent
Il y a un jour où toute l'Église commence par ce psaume : le premier dimanche de l'Avent. L'Introït de la messe de ce jour, qui ouvre l'année liturgique tout entière, est tiré du psaume 25 : Ad te levavi animam meam ; Deus meus, in te confido, non erubescam — « Vers toi j'ai élevé mon âme ; mon Dieu, je me confie en toi, je ne rougirai pas. » L'Offertoire du même dimanche reprend les mêmes versets. Ce n'est pas un hasard : l'Église fait commencer l'attente du Sauveur par ce cri de désir et de confiance.
Dom Guéranger, ouvrant le volume de l'Avent de L'Année liturgique, s'arrête sur ce premier chant. L'âme qui entre dans l'Avent reprend la voix de tout l'Ancien Testament attendant le Messie : elle élève son âme vers Celui qui doit venir, elle se confie en lui, elle demande de connaître ses voies pour aller à sa rencontre. Le psaume de David devient ainsi la prière du peuple qui attend, puis la nôtre, chaque année, quand l'Église rouvre le cycle de son culte. Celui qui prie le psaume 25 en décembre ne fait que rejoindre ce que la liturgie chante depuis des siècles.
Quand et comment prier le psaume 25
Ce psaume convient à tous les temps, mais la Tradition en suggère quelques usages :
- Au temps de l'Avent. C'est son heure liturgique propre. Le prier durant les quatre semaines de préparation, c'est unir sa voix à celle de l'Église qui attend Noël.
- Après une faute, avec le désir du pardon. Le psaume 25 est la prière de l'âme qui demande à Dieu de ne pas se souvenir des péchés de sa jeunesse. Il prépare bien le cœur à la confession, où ce pardon est donné réellement.
- Aux jours de peur ou d'abandon. Regarde-moi, car je suis délaissé et malheureux : quand tout appui humain manque, ce psaume tourne les yeux vers le seul qui « tire nos pieds du filet ».
- Pour demander la lumière. Quand on ne sait plus quel chemin prendre, la demande fais-moi connaître tes voies est une prière que Dieu se plaît à exaucer.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque verset se poser. Terminez, comme le fait l'Église pour chaque psaume, par le Gloria Patri. Ceux qui suivent l'office trouveront ce psaume et bien d'autres dans le bréviaire, qui distribue le Psautier tout au long de la semaine, et parmi l'ensemble des psaumes que la Tradition met chaque jour sur les lèvres du chrétien.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 25 est-il aussi appelé psaume 24 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque — suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles — le comptent comme psaume 24. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 25. C'est le même psaume, le Ad te levavi.
Qui a écrit le psaume 25 ?
Le titre du psaume l'attribue à David (« De David »). C'est la lecture constante de l'Église. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré toute l'Écriture.
Que vaut le psaume 25 en version Louis Segond ?
La traduction Louis Segond est une version protestante du XIXᵉ siècle. Le texte du psaume y est le même quant au fond, et la numérotation identique (psaume 25). Pour la prière catholique, nous suivons la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate et reçue dans l'Église, ainsi que le latin de la Vulgate que la liturgie a toujours chanté.
Quand l'Église prie-t-elle le psaume 25 ?
Elle le chante solennellement au premier dimanche de l'Avent, dont l'Introït et l'Offertoire — Ad te levavi animam meam — sont tirés de ce psaume. C'est par lui que s'ouvre l'année liturgique. Le fidèle peut le reprendre durant tout l'Avent, et aux jours où il demande le pardon ou la lumière.
Quel est le sens du psaume 25 ?
C'est la prière de l'âme qui élève son cœur vers Dieu, se confie en lui, demande à connaître ses voies et à être délivrée de ses péchés. La grandeur même de la faute y devient un motif de confiance en la miséricorde divine. Les Pères y ont vu le modèle de la prière humble et persévérante.
Le psaume 25 est-il un psaume de confiance ou de pénitence ?
Les deux, unis. Il exprime la confiance (« en toi je me confie, je ne rougirai pas ») et la componction (« ne te souviens pas des péchés de ma jeunesse »). C'est précisément cette union — un pécheur qui espère — qui en fait l'une des prières les plus justes du Psautier.
L'application Iter Fidei donne les psaumes, les prières et le calendrier liturgique de 1962, en français et en latin, avec l'audio pour prier. Téléchargez-la ici.
Sources. Psaume 25 en français : La Sainte Bible commentée par l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine (Psaume 24 [héb. 25], 1-22). Texte latin : Vulgate Sixto-Clémentine, Psalmus 24. Lecture patristique de l'élévation de l'âme et de la prière du pénitent : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos (sur le psaume 24). Usage liturgique de l'Avent (Introït et Offertoire Ad te levavi) : Dom Guéranger, L'Année liturgique (tome de l'Avent, premier dimanche) ; Missale Romanum, Dominica prima Adventus. Sur la miséricorde et le pardon des péchés : Catéchisme de saint Pie X (de la pénitence).