Les Psaumes
Psaume 150 : le grand Alleluia de louange de l'Église
Le Psaume 150, dernier psaume du Psautier, est le grand Alleluia de louange que l'Église chante aux Laudes ; texte intégral Fillion et latin, sens traditionnel et manière de le prier.

Le Psaume 150 est le dernier psaume du Psautier et le plus pur cri de louange de toute l'Écriture : dix fois il répète « Louez-le », et il s'achève sur le mot qui résume tout le livre, Alleluia. C'est le psaume que l'Église chante chaque matin aux Laudes, l'office qui tire précisément de lui son nom. Nous en donnons d'abord le texte intégral, puis son sens et sa place dans la liturgie traditionnelle.
Le texte intégral du Psaume 150
Voici le psaume dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate.
Psaume 150
Alleluia. Louez le Seigneur dans Son sanctuaire ; louez-Le dans le firmament de Sa puissance.
Louez-Le pour Ses actes éclatants ; louez-Le selon l'immensité de Sa grandeur.
Louez-Le au son de la trompette ; louez-Le sur le luth et la harpe.
Louez-Le avec le tambourin et en chœur ; louez-Le avec les instruments à cordes et avec l'orgue.
Louez-Le avec des cymbales retentissantes ; louez-Le avec des cymbales d'allégresse.
Que tout ce qui respire loue le Seigneur. Alleluia.
Et le même psaume en latin, dans la Vulgate clémentine, tel que l'Église le chante depuis quinze siècles.
Psalmus 150
Alleluia.
Laudate Dominum in sanctis eius : laudate eum in firmamento virtutis eius.
Laudate eum in virtutibus eius : laudate eum secundum multitudinem magnitudinis eius.
Laudate eum in sono tubae : laudate eum in psalterio et cithara.
Laudate eum in tympano et choro : laudate eum in chordis et organo.
Laudate eum in cymbalis benesonantibus : laudate eum in cymbalis iubilationis. Omnis spiritus laudet Dominum. Alleluia.
Psaume 150 : une numérotation pour une fois sans écart
La plupart des psaumes portent deux numéros : celui de la Vulgate latine et de la Septante grecque, que l'Église a suivi durant plus de mille cinq cents ans, et celui, plus récent, de l'hébreu, retenu par les traductions modernes. À partir du Psaume 9, les deux comptes diffèrent d'une unité, parce que la Vulgate joint en un seul deux psaumes que l'hébreu sépare. Mais ce décalage se referme à la fin du Psautier : pour les trois derniers psaumes, 148, 149 et 150, les deux numérotations se rejoignent. Le Psaume 150 porte donc le même chiffre partout — dans la Vulgate comme dans l'hébreu, dans la Bible catholique comme dans la Segond.
C'est pourquoi qui cherche le psaume 150 Louis Segond trouve exactement le même cantique : six versets de louange, la seule différence étant le style de la traduction. Nous donnons ici le texte de l'abbé Fillion (1895), traduit sur la Vulgate reçue par l'Église, mais le psaume est un et identique. Il ferme le livre des Psaumes comme une doxologie finale, de même que chacun des cinq livres du Psautier se clôt sur une bénédiction : ici, c'est le Psautier tout entier qui s'achève dans la louange.
Le sens du psaume selon les Pères
Ce psaume ne demande rien et ne se plaint de rien. Après cent quarante-neuf psaumes où l'homme a supplié, pleuré, combattu et espéré, la voix ne s'élève plus que pour louer. Saint Augustin, dont les commentaires sur les psaumes (les Enarrationes in Psalmos) s'achèvent précisément sur celui-ci, y lit le terme de toute la vie spirituelle : quand tout est dit, il ne reste que la louange de Dieu, qui ne finira pas.
Les instruments énumérés — trompette, harpe, cithare, tambourin, cordes, cymbales — ont reçu des Pères une lecture spirituelle. Augustin y voit non un orchestre, mais la concorde des vertus et la charité des saints : chaque âme fait entendre sa note propre dans une même louange. Et le dernier mot embrasse toute la création : omnis spiritus laudet Dominum, « que tout ce qui respire loue le Seigneur ». La louange, pour la tradition, n'est pas un sentiment mais la fin même pour laquelle l'homme a été fait.
Le psaume des Laudes
Il existe un office où l'Église chante ce psaume chaque jour : les Laudes, la prière du matin de l'Office divin. Le nom même de cet office vient des trois derniers psaumes du Psautier — 148, 149 et 150 —, appelés les psaumes Laudate parce qu'ils commencent tous par ce mot. Dans le cursus romain, ces trois psaumes de louange couronnaient chaque jour les Laudes, si bien que l'office tout entier a pris leur nom.
La logique en est limpide. Au lever du jour, avant toute chose, le chrétien loue Dieu ; il ne commence pas sa journée par ses besoins mais par la gloire de son Créateur. Le Psaume 150, pur élan de louange, est le sommet naturel de cette prière du matin. Qui récite les Laudes du bréviaire romain prie ce psaume sans le savoir, uni à l'Église de tous les siècles. On peut le rapprocher de son voisin immédiat, le Psaume 148, où le ciel, la terre et toutes les créatures sont convoqués à la même louange.
Quand et comment prier le Psaume 150
Ce psaume convient à tous les moments de joie et d'action de grâces, mais la tradition en suggère quelques-uns.
- Le matin, comme l'Église. C'est son usage liturgique propre. Priez-le au réveil, en union avec les Laudes, pour ouvrir la journée par la louange avant toute demande.
- En action de grâces. Après un bienfait reçu, une prière exaucée, une joie donnée, le Psaume 150 est le chant tout prêt de la reconnaissance.
- Aux grandes fêtes. Sa jubilation convient à Pâques et aux solennités, quand l'Alleluia résonne sans retenue.
- En latin, au moins le premier verset. Retenir le Laudate Dominum in sanctis eius joint votre voix à celle de la liturgie de toujours.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque « louez-le » retentir. Achevez, comme le fait l'Église après chaque psaume, par le Gloire au Père (Gloria Patri), qui n'est rien d'autre que ce psaume ramassé en une phrase. La force de la louange ne tient pas aux mots, mais à Celui vers qui ils montent.
Questions Fréquentes
Le Psaume 150 est-il le même que dans la Bible Louis Segond ?
Oui. Contrairement à d'autres psaumes, le Psaume 150 porte le même numéro dans toutes les Bibles, catholiques comme protestantes, car les numérotations hébraïque et latine se rejoignent pour les trois derniers psaumes. La Segond et la Fillion donnent donc le même cantique de six versets, à la seule différence de la traduction.
Combien de versets compte le Psaume 150 ?
Six versets. C'est un psaume très court, entièrement fait de louange : dix fois y revient l'appel « Louez-le », encadré au début et à la fin par le mot Alleluia.
Pourquoi le Psaume 150 énumère-t-il des instruments de musique ?
Les Pères de l'Église, saint Augustin en tête, y voient une image spirituelle : la variété des instruments figure la concorde des vertus et des âmes qui, chacune à sa manière, s'unissent dans une seule louange de Dieu. Ce n'est pas d'abord une description de concert, mais de l'harmonie des saints.
Où se trouve le Psaume 150 dans la Bible ?
Il est le tout dernier psaume du livre des Psaumes, dans l'Ancien Testament. Il clôt le Psautier comme une doxologie finale, portant à son terme les cent cinquante psaumes de David et des autres auteurs inspirés.
Quand l'Église prie-t-elle le Psaume 150 ?
Aux Laudes, l'office du matin de l'Office divin, qui tire son nom des psaumes Laudate (148, 149, 150). Le fidèle peut le prier chaque matin dans le même esprit, ainsi qu'en action de grâces et aux grandes fêtes.
Que signifie « Que tout ce qui respire loue le Seigneur » ?
C'est le dernier verset, qui élargit la louange à toute la création : tout être vivant est appelé à glorifier Dieu. La tradition y lit la fin pour laquelle l'homme a été créé, et l'annonce de la louange éternelle du ciel.
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Sources. Texte français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 150 (corpus Iter Fidei). Texte latin : Vulgate clémentine, Psalmus 150. Commentaire spirituel des instruments et fin de la vie spirituelle dans la louange : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 150. Usage liturgique et psaumes Laudate aux Laudes : rubriques du Breviarium Romanum (Office des Laudes) ; Dom Guéranger, L'Année liturgique (sens de la louange matinale). Doxologie finale du Psautier : disposition traditionnelle des cinq livres des Psaumes.