Les Psaumes
Psaume 47 : Battez des mains, tous les peuples (Psaume 46 de la Vulgate)
Le Psaume 47 est le grand chant du règne de Dieu sur toutes les nations, et le psaume de l'Ascension : Dieu est monté au milieu des acclamations. Texte complet dans la Bible de Fillion, le sens des Pères et sa place dans la liturgie traditionnelle.

Le Psaume 47 est le grand chant du règne de Dieu sur toutes les nations : « Vous tous, peuples, battez des mains ; célébrez Dieu par des cris d'allégresse. » C'est le psaume que la tradition chrétienne a toujours lu comme celui de l'Ascension, parce qu'il chante Dieu qui monte à son trône au milieu des acclamations. Nous donnons ici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, la double numérotation expliquée, le sens que les Pères y ont lu et sa place dans la liturgie traditionnelle.
Psaume 47 ou Psaume 46 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche sous le numéro 47 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine et de la Septante grecque —, le Psaume 46, qui commence par « Omnes gentes, plaudite manibus ». La numérotation hébraïque, suivie par la plupart des Bibles modernes, le compte comme 47 ; la différence vient du regroupement de deux psaumes au début du Psautier, qui décale d'une unité toute la partie centrale. Psaume 47 (numérotation hébraïque) = Psaume 46 (Vulgate) : c'est le même psaume. La Bible de Fillion, faite sur la Vulgate, suit la numérotation hébraïque en indiquant l'équivalence latine — nous faisons de même. Pour comprendre l'ensemble du Psautier et ses deux numérotations, voir notre guide des psaumes.
Le titre l'attribue aux fils de Coré, la famille de chantres du temple, à qui l'on doit aussi le Psaume 46, « Dieu est notre refuge et notre force ». Les deux se répondent : l'un chante la cité que Dieu défend, l'autre le Roi qui règne sur toute la terre.
Le texte complet du Psaume 47 (traduction Fillion, 1895)
Psaume 47 (Vulgate 46)
Pour la fin, des fils de Coré, Psaume.
Nations, frappez toutes des mains ; célébrez Dieu par des cris d'allégresse.
Car le Seigneur est très haut et terrible, Roi suprême sur toute la terre.
Il nous a assujetti les peuples, et a mis les nations sous nos pieds.
Il nous a choisis pour Son héritage ; la beauté de Jacob qu'Il a aimée.
Dieu est monté au milieu des cris de joie, et le Seigneur au son de la trompette.
Chantez à notre Dieu, chantez ; chantez à notre Roi, chantez.
Car Dieu est le Roi de toute la terre ; chantez avec sagesse.
Dieu régnera sur les nations ; Dieu est assis sur Son saint trône.
Les princes des peuples se sont unis au Dieu d'Abraham ; car les dieux puissants de la terre ont été extraordinairement élevés.
En latin, la Vulgate ouvre le psaume par « Omnes gentes, plaudite manibus : jubilate Deo in voce exsultationis » — le verset que l'Église a chanté pendant plus de quinze siècles.
Le psaume de l'Ascension
Un verset a fait la fortune liturgique de ce psaume, le verset 6 : « Dieu monte à son trône au milieu des acclamations ; le Seigneur, au son de la trompette. » En latin, « Ascendit Deus in jubilatione, et Dominus in voce tubæ ». Les Pères y ont lu, au-delà de la montée du roi vers le sanctuaire de Sion, la montée de Notre-Seigneur au ciel le jour de l'Ascension. Ce n'est pas une lecture forcée : c'est l'un des textes que la liturgie de l'Ascension elle-même place dans la bouche de l'Église.
Saint Grégoire le Grand, dans l'homélie que le Bréviaire romain lit à l'Ascension, applique directement ce verset au Christ montant vers son Père : « De cette solennité le Psalmiste dit : Dieu est monté au milieu des acclamations, et le Seigneur au son de la trompette. » Ce que le psaume chantait de loin — Dieu qui monte à son trône, roi de toute la terre —, l'Ascension l'a accompli à la lettre : le Christ, vrai Dieu et vrai homme, est monté au ciel et s'est assis à la droite du Père, d'où il règne sur toutes les nations.
Le règne de Dieu sur toutes les nations
Tout le psaume est un chant de royauté universelle. Il ne convoque pas seulement Israël, mais « tous les peuples » : battez des mains, célébrez Dieu, car il est « grand roi sur toute la terre ». Le Psaume 48, autre chant des fils de Coré, célèbre la cité de ce grand Roi, la montagne de Sion. Cette universalité déborde les frontières du peuple élu et annonce l'Église, rassemblée de toutes les nations. Le dernier verset le dit expressément : « Les princes des peuples se réunissent pour former un peuple du Dieu d'Abraham. » Les nations qui, un jour, se liguaient contre Dieu, viennent maintenant former avec Israël un seul peuple — celui de la promesse faite à Abraham, accomplie dans le Christ.
Saint Augustin, commentant ce psaume, voit dans ce rassemblement des peuples la vocation même de l'Église catholique, c'est-à-dire universelle : le Dieu d'un seul peuple se révèle Roi de tous, et l'Ascension du Christ est le moment où ce règne se manifeste. Le battement de mains et le cri d'allégresse sont l'exultation des nations qui reconnaissent enfin leur Roi ; nous reprenons cette lecture dans notre étude de saint Augustin.
Une remarque sur les numéros de versets. Dans les Bibles françaises comme la Fillion, le titre compte pour le verset 1 ; plusieurs traductions ne le comptent pas, si bien que chaque verset y recule d'une unité. Le « Psaume 47, 6 » que l'on cherche désigne donc, selon les versions, le « Dieu monte à son trône » de la Fillion ou son verset voisin. Nous suivons ici la numérotation de Fillion.
Le Psaume 47 dans la liturgie traditionnelle
Dans le Bréviaire romain de 1962, le Psaume 46 de la Vulgate est chanté aux matines du mercredi, au cœur de la semaine, avec les psaumes voisins des fils de Coré — les psaumes 45, 47 et 48 de la Vulgate. Ceux qui prient le bréviaire redisent ainsi chaque semaine que Dieu est roi de toute la terre. Dans l'office monastique, la Règle de saint Benoît le place aux vigiles du mardi.
Mais c'est à l'Ascension que ce psaume trouve son sommet. Le verset « Ascendit Deus in jubilatione » traverse l'office et la messe de la fête, où l'Église contemple le Christ élevé au ciel. Le psaume qui chantait la montée du Roi vers Sion devient le chant de l'Église regardant son Chef monter à la droite du Père.
Comment prier le Psaume 47
La tradition en suggère les moments : au temps de l'Ascension, pour s'unir à la joie de l'Église devant le Christ monté au ciel ; dans l'action de grâces, quand l'âme veut simplement reconnaître que Dieu règne, sans rien demander ; dans l'épreuve des nations, pour redire que le Roi de toute la terre gouverne l'histoire, même quand les peuples s'agitent. Prier le psaume lentement, en s'arrêtant sur le « Dieu monte à son trône », et l'achever par le Gloria Patri, comme fait l'Église, pour rapporter au Père, au Fils et au Saint-Esprit la royauté que le psaume proclame.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 47 est-il numéroté 46 dans certaines Bibles ?
Parce qu'il existe deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par la liturgie de l'Église, le comptent comme Psaume 46 ; la numérotation hébraïque, suivie par la plupart des Bibles modernes, le compte comme 47. C'est le même psaume, l'Omnes gentes plaudite manibus.
Le Psaume 47 est-il le psaume de l'Ascension ?
Oui. La tradition chrétienne a toujours lu le verset 6, « Dieu monte à son trône au milieu des acclamations » (Ascendit Deus in jubilatione), comme l'annonce du Christ montant au ciel. Saint Grégoire le Grand l'applique à l'Ascension dans l'homélie que le Bréviaire lit ce jour-là, et la liturgie de la fête reprend ce verset.
Que signifie « Battez des mains, tous les peuples » ?
C'est un appel à la joie sacrée devant Dieu. Battre des mains et pousser des cris d'allégresse, dans l'Écriture, est le geste des peuples qui acclament leur roi. Le psaume convoque non seulement Israël mais toutes les nations, parce que Dieu est « grand roi sur toute la terre » — annonce de l'Église rassemblée de tous les peuples.
Qui a écrit le Psaume 47 ?
Le titre l'attribue aux fils de Coré, famille de chantres du temple, à qui l'on doit plusieurs psaumes du Psautier. Comme pour toute l'Écriture, l'auteur principal est l'Esprit Saint, qui a inspiré l'écrivain sacré.
Quand le Psaume 47 est-il chanté dans la liturgie traditionnelle ?
Au Bréviaire romain de 1962, il est chanté aux matines du mercredi, avec les autres psaumes des fils de Coré. Dans l'office monastique, la Règle de saint Benoît le place aux vigiles du mardi. Son usage le plus célèbre reste l'Ascension, où le verset « Ascendit Deus in jubilatione » est chanté à l'office et à la messe.
Quand faut-il prier le Psaume 47 ?
Il convient tout particulièrement au temps de l'Ascension et à l'action de grâces, quand l'âme veut louer Dieu pour sa royauté. On peut le prier aussi dans l'épreuve, pour redire que le Roi de toute la terre gouverne l'histoire. Il a sa place parmi les grands psaumes de louange que le fidèle reprend chaque jour.
Pour prier le Psaume 47 et tout le Psautier, l'application Iter Fidei donne les psaumes, les prières traditionnelles et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio pour prier. Télécharger ici.
Sources. Psaume 47 : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine (Vulg. xlvi ; Ps. hébr. xlvii). Texte latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 46 (Omnes gentes plaudite manibus). Lecture de l'Ascension et du rassemblement des nations : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Ps. 46. Application du verset Ascendit Deus in jubilatione à l'Ascension : saint Grégoire le Grand, homélie sur l'Évangile lue aux matines de l'Ascension (Breviarium Romanum). Usage liturgique : Breviarium Romanum (1962), matines du mercredi, psaumes des fils de Coré ; Règle de saint Benoît, répartition du Psautier (vigiles du mardi).