Les Psaumes
Psaume 111 : la louange des œuvres de Dieu (Psaume 110 de la Vulgate)
Le psaume 111 est le Confitebor tibi Domine, le grand cantique de louange des œuvres de Dieu, chanté aux vêpres du dimanche. Texte complet en français (Bible de Fillion), double numérotation, sens traditionnel des Pères et manière de le prier.

Le psaume 111 est un cantique tout entier tourné vers la louange : le fidèle y célèbre de tout son cœur les œuvres de Dieu, sa fidélité à son alliance et la nourriture qu'il donne à ceux qui le craignent. C'est le Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, l'un des psaumes que l'Église chante aux vêpres de chaque dimanche. Nous en donnons le texte complet en français dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, puis le sens que la Tradition lui a reconnu, son usage liturgique et la manière de le prier. Un point de numérotation doit d'abord être précisé.
Psaume 111 ou psaume 110 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 111 » porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine et de la Septante grecque —, le numéro 110 : c'est le Confitebor tibi, Domine. La numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes et donnée en tête par la Bible de Fillion, le compte comme 111. La différence tient à la façon de grouper deux psaumes au début du Psautier.
Donc : psaume 111 (numérotation hébraïque) = psaume 110 (numérotation de la Vulgate). Il faut se garder d'une double confusion. Le psaume qui porte le numéro 110 dans la numérotation hébraïque n'est pas celui-ci, mais le Dixit Dominus, le grand psaume messianique — voir notre article sur le psaume 110. Et le psaume 111 de la Vulgate est encore un autre chant, le Beatus vir, sur le psaume 112. Dans toute cette page, nous parlons du psaume 111 de la numérotation hébraïque, le psaume 110 des Pères et du bréviaire, le Confitebor tibi.
Le texte complet du psaume 111 en français (Bible catholique)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate latine, texte de référence de la liturgie catholique.
Psaume 111 (Vulgate : 110)
Alleluia : Seigneur, je Vous célébrerai de tout mon cœur dans la réunion et dans l'assemblée des justes.
Les œuvres du Seigneur sont grandes, proportionnées à toutes Ses volontés.
Son œuvre est splendeur et magnificence, et Sa justice demeure dans tous les siècles.
Le Seigneur a institué un mémorial de Ses merveilles, Lui qui est miséricordieux et compatissant ;
Il a donné une nourriture à ceux qui Le craignent. Il Se souviendra éternellement de Son alliance.
Il fera connaître à Son peuple la puissance de Ses œuvres,
en leur donnant l'héritage des nations. Les œuvres de Ses mains sont vérité et justice.
Tous Ses préceptes sont immuables, affermis pour les siècles des siècles, fondés sur la vérité et l'équité.
Il a envoyé la délivrance à Son peuple ; Il a établi pour toujours Son alliance. Son Nom est saint et terrible.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. La vraie intelligence est en tous ceux qui agissent selon cette crainte. Sa louange subsiste dans les siècles des siècles.
Dans la liturgie, ce psaume est chanté en latin, et son premier mot lui a donné son nom : Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo — « Je te louerai, Seigneur, de tout mon cœur. »
Psaume 111 signification : un psaume alphabétique de louange
Le psaume 111 est l'un des psaumes alphabétiques du Psautier. Dans l'hébreu, chacune de ses lignes commence par une lettre de l'alphabet, dans l'ordre, d'Aleph à Thav : c'est une forme de louange totale, qui parcourt tout l'alphabet comme pour dire que rien ne manque à l'éloge de Dieu. Il fait paire avec le psaume 112, le Beatus vir, bâti sur le même procédé : le premier chante les œuvres de Dieu, le second l'homme juste qui les imite.
Le sujet du psaume est simple et vaste : les œuvres de Dieu. Grandes, splendides, dignes d'être recherchées, elles portent toutes la marque de sa justice et de sa vérité. Le psalmiste ne s'attarde pas sur telle merveille particulière ; il embrasse l'ensemble du gouvernement divin, cette Providence qui conduit toutes choses et qui, dans l'histoire du peuple élu, a manifesté sa puissance en délivrant Israël et en lui donnant l'héritage des nations. Saint Augustin, commentant ce psaume dans ses Enarrationes sur les psaumes, souligne que ces œuvres ne sont pleinement « recherchées » que par ceux qui les aiment : le psaume est la prière de celui qui prend ses délices dans les ouvrages de Dieu.
« Il a donné une nourriture à ceux qui le craignent »
Deux versets se répondent au cœur du psaume : « Il a laissé un souvenir de ses merveilles » et « Il a donné une nourriture à ceux qui le craignent ». La Tradition y a lu une prophétie de l'Eucharistie. Le mot latin memoriam fecit mirabilium suorum — il a fait un mémorial de ses merveilles — et l'escam dedit, il a donné une nourriture, conviennent au sacrement où le Christ laisse le mémorial de sa Passion et se donne lui-même en nourriture. Saint Augustin, sur ce psaume, rapporte cette nourriture au pain vivant descendu du ciel dont parle l'Évangile.
C'est pourquoi l'Église a fait de ces paroles une prière du culte du Saint-Sacrement, et l'on retrouve naturellement leur écho dans la fête du Corps du Seigneur : voir notre article sur la Fête-Dieu. Le psaume 111 n'est pas d'abord un psaume eucharistique par son sens littéral, qui vise la manne et les bienfaits de l'alliance ; mais la lecture des Pères y voit l'annonce du don plus grand encore que Dieu réservait à ceux qui le craignent.
« La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse »
Le psaume s'achève sur l'une des sentences les plus célèbres de toute l'Écriture : Initium sapientiae timor Domini — « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. » La même parole ouvre le livre des Proverbes et l'Ecclésiastique ; ici, elle couronne le cantique. Après avoir chanté les œuvres de Dieu, le psalmiste dit comment l'homme y répond : par la crainte, non celle de l'esclave, mais celle du fils qui redoute d'offenser un Père qu'il aime.
Cette crainte est appelée « commencement » parce qu'elle est la porte de toute vie droite : « ceux-là sont vraiment intelligents, qui observent sa loi ». Le Catéchisme de saint Pie X range la crainte de Dieu parmi les dons du Saint-Esprit, celui qui nous fait respecter Dieu et fuir le péché. Le psaume 111 met ainsi la louange et l'obéissance dans un même mouvement : on ne loue vraiment les œuvres de Dieu qu'en gardant ses commandements.
Le psaume 111 aux vêpres du dimanche
Dans l'Office divin selon les livres de 1962, le psaume 110 de la Vulgate est l'un des cinq psaumes des vêpres du dimanche : il vient en second, aussitôt après le Dixit Dominus, et précède, parmi les cinq psaumes de l'heure, le Laudate pueri, autre grande louange du soir. L'Église, au soir du jour du Seigneur, chante d'abord la royauté du Christ, puis, avec ce psaume, la louange des œuvres de Dieu et la fidélité de son alliance. Celui qui récite les vêpres rencontre donc le Confitebor tibi chaque dimanche, dans le fil des psaumes de l'heure.
Ce rang convient au dimanche. Le jour de la Résurrection est celui où Dieu a manifesté la plus grande de ses œuvres et envoyé « la délivrance à son peuple » ; le psaume, chanté ce soir-là, devient l'action de grâces de l'Église rachetée.
Comment prier le psaume 111
On le prie comme un cantique d'action de grâces. C'est d'abord un psaume de louange : il ne demande rien, il célèbre, et l'on s'y unit à la reconnaissance de toute l'Église pour les bienfaits de Dieu. C'est ensuite un psaume de confiance : puisque Dieu a établi son alliance « pour toujours » et que ses commandements sont « immuables », l'âme s'appuie sur une fidélité qui ne change pas. C'est enfin un psaume de crainte filiale : son dernier verset enseigne que la sagesse commence par le respect de Dieu.
On le récite lentement, en le concluant, comme fait l'Église, par le Gloria Patri. Il prend sa place dans la prière de tout le Psautier, aux côtés des autres psaumes de louange que la tradition catholique met chaque jour sur les lèvres du fidèle.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 111 est-il aussi appelé psaume 110 ?
À cause des deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église dans sa liturgie, le comptent comme psaume 110 ; la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes et par la Fillion, le compte comme 111. C'est le même psaume, le Confitebor tibi. Il ne faut pas le confondre avec le psaume 110 de la numérotation hébraïque, qui est le Dixit Dominus.
Que signifie le psaume 111 ?
C'est une louange des œuvres de Dieu. Le fidèle célèbre de tout son cœur la grandeur, la justice et la fidélité de Dieu, qui a laissé un mémorial de ses merveilles, nourri son peuple et établi pour toujours son alliance. Le psaume conclut que la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse.
Qui a écrit le psaume 111 ?
Le psaume ne porte pas de nom d'auteur ; la tradition l'attribue à David, comme la plus grande partie du Psautier. Il s'ouvre par l'Alleluia et compte parmi les psaumes alphabétiques. Comme pour tout le Psautier, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint.
Que veut dire « la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse » ?
C'est le dernier verset du psaume. Il enseigne que la vraie sagesse commence par le respect de Dieu et la fuite du péché — non la peur de l'esclave, mais la crainte du fils qui redoute d'offenser un Père qu'il aime. La même sentence ouvre le livre des Proverbes et l'Ecclésiastique.
Quand chante-t-on le psaume 111 dans la liturgie ?
Dans le bréviaire romain de 1962, le Confitebor tibi est le deuxième psaume des vêpres du dimanche, chanté aussitôt après le Dixit Dominus. L'Église loue ainsi, au soir du jour du Seigneur, les œuvres de Dieu et la fidélité de son alliance.
Le psaume 111 parle-t-il de l'Eucharistie ?
Par son sens littéral, il chante les bienfaits de l'alliance et la nourriture donnée au peuple. Mais la Tradition et les Pères ont lu dans ses paroles — « il a laissé un souvenir de ses merveilles », « il a donné une nourriture à ceux qui le craignent » — une annonce de l'Eucharistie, mémorial de la Passion où le Christ se donne en nourriture.
L'application Iter Fidei réunit les prières catholiques traditionnelles, les psaumes en français et en latin avec audio, et le calendrier liturgique de 1962. Télécharger ici.
Sources. Psaume 111 en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 110 [hébr. 111], 1-10). Texte latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 110, Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo ; verset final, Initium sapientiae timor Domini. Sens des œuvres de Dieu et de la nourriture donnée : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 110. La crainte de Dieu, don du Saint-Esprit : Catéchisme de saint Pie X. Le commencement de la sagesse : Proverbes 9, 10 ; Ecclésiastique 1, 16 (Fillion). Usage liturgique : Breviarium Romanum (1962), vêpres du dimanche.