Les Psaumes
Psaume 112 : texte complet et sens (Psaume 111 de la Vulgate)
Le psaume 112 est le portrait du juste qui craint Dieu — Beatus vir qui timet Dominum. Texte complet en français (Bible de Fillion), sens des Pères, usage aux vêpres du dimanche et manière de le prier.

Le psaume 112 est le portrait de l'homme juste, celui qui craint Dieu et met sa joie dans ses commandements : « Heureux l'homme qui craint le Seigneur. » La tradition de l'Église le connaît sous son premier mot latin, Beatus vir qui timet Dominum, et le chante chaque dimanche aux vêpres. Nous en donnons ci-dessous le texte complet en français dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, puis le sens que les Pères lui ont reconnu, son usage au bréviaire et la manière de le prier. Un point de numérotation doit d'abord être précisé.
Psaume 112 ou psaume 111 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 112 » porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine et de la Septante grecque —, le numéro 111 : c'est le Beatus vir qui timet Dominum. La numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes et donnée en tête par la Bible de Fillion, le compte comme 112. La différence tient à la façon de grouper deux psaumes au début du Psautier.
Donc : psaume 112 (numérotation hébraïque) = psaume 111 (numérotation de la Vulgate). Gardons-nous de la confusion inverse : le psaume qui porte le numéro 112 dans la Vulgate est le Laudate pueri Dominum, un autre psaume des vêpres du dimanche. Nous parlons ici du psaume 112 hébraïque, le psaume 111 des Pères et du bréviaire.
Le texte complet du psaume 112 en français (Bible catholique)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (La Sainte Bible, 1895), établie sur la Vulgate latine avec approbation ecclésiastique.
Psaume 112 (Vulgate : 111)
Alleluia, au retour d'Aggée et de Zacharie : Heureux l'homme qui craint le Seigneur, et qui met ses délices dans Ses commandements.
Sa race sera puissante sur la terre ; la postérité des justes sera bénie.
La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans tous les siècles.
Une lumière s'est levée dans les ténèbres pour les hommes droits ; il est miséricordieux, et compatissant, et juste.
Heureux l'homme qui compatit et qui prête, qui règle ses discours avec jugement,
car il ne sera jamais ébranlé.
Le souvenir du juste sera éternel ; il ne craindra pas d'entendre rien d'affligeant. Son cœur est disposé à espérer au Seigneur.
Son cœur est affermi ; il ne sera point ébranlé, jusqu'à ce qu'il contemple ses ennemis avec mépris.
Il répand ses largesses, il donne aux pauvres. Sa justice demeure dans tous les siècles. Sa puissance sera élevée dans la gloire.
Le pécheur le verra et s'irritera ; il grincera des dents et séchera de dépit ; le désir des pécheurs périra.
Dans le texte hébreu, ce psaume est un poème alphabétique : chacune de ses lignes commence par une lettre de l'alphabet, d'aleph à thav — la forme de la sagesse ancienne, qui embrasse tout d'un bout à l'autre. Il forme une paire avec le psaume qui le précède, le Confitebor (110 de la Vulgate), également alphabétique : l'un chante les œuvres de Dieu, l'autre les œuvres de l'homme qui craint Dieu.
Le sens du psaume 112 : le portrait du juste
Le psaume ne raconte rien ; il décrit. Trait après trait, il dresse le portrait de l'homme droit : il craint Dieu, il aime ses commandements, il prête à l'indigent, son cœur est ferme dans l'épreuve, sa justice demeure. Et à ce portrait répond, au dernier verset, l'ombre du méchant qui voit tout cela, s'irrite et se consume — car « le désir des méchants périra ». C'est le même contraste qui ouvre et ferme tout le Psautier, dès le psaume 1 : la voie du juste qui porte du fruit et celle de l'impie qui passe comme la paille.
Saint Augustin, commentant ce psaume dans ses Enarrationes in Psalmos, s'arrête sur le verset : « La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits. » Cette lumière qui point dans la nuit, c'est le Christ, consolation de l'homme droit au milieu des ténèbres de ce monde. Le juste du psaume n'est pas un sage qui se suffirait à lui-même : sa fermeté vient de la foi, « son cœur est ferme, confiant dans le Seigneur », et de cette confiance naît la paix qui lui fait ne pas craindre « les funestes nouvelles ».
Un verset a une postérité particulière : « Il sème l'aumône, il donne à l'indigent ; sa justice subsiste à jamais. » Saint Paul le cite (2 Corinthiens 9, 9) pour exhorter les fidèles à la générosité envers les pauvres. La justice qui « subsiste à jamais » n'est pas la richesse amassée, mais l'aumône répandue : ce que le juste donne, il le garde ; ce qu'il thésaurise, il le perd — un des sommets de la charité que couronnent les Béatitudes.
« Heureux l'homme qui craint le Seigneur » : la crainte de Dieu
Tout le psaume tient dans son premier mot, heureux, et dans sa première condition, qui craint le Seigneur. Cette crainte n'est pas la terreur de l'esclave devant le fouet, mais la crainte filiale du fils qui redoute d'offenser un père aimé. Le Catéchisme de saint Pie X l'enseigne parmi les sept dons du Saint-Esprit : elle nous fait révérer Dieu et fuir le péché comme le seul mal véritable. Ce n'est pas le contraire de l'amour, c'en est la garde.
Le lien avec le psaume précédent n'est pas fortuit. Le Confitebor (110 de la Vulgate) s'achève sur cette sentence : « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse » ; et aussitôt le Beatus vir commence : « Heureux l'homme qui craint le Seigneur. » Le second psaume est la démonstration du premier — voici, en actes, l'homme qui a fait de la crainte de Dieu le commencement de tout. Cette sagesse, l'Église la met chaque jour sur les lèvres de ceux qui prient les psaumes.
Le psaume 112 au bréviaire : les vêpres du dimanche
Dans l'Office divin selon les livres de 1962, le psaume 111 de la Vulgate est chanté chaque semaine aux vêpres du dimanche, où il tient la troisième place, entre le Confitebor et le Laudate pueri. C'est là qu'on le chante : ceux qui cherchent le « psaume 112 chanté » le trouvent dans cette prière du soir de l'Église, entonné sur le ton grégorien, encadré de son antienne et conclu par le Gloria Patri. Le dimanche, jour de la Résurrection, l'Église contemple ainsi au déclin du jour la figure du juste béni de Dieu — figure du Christ, le Juste par excellence.
Celui qui récite le bréviaire rencontre donc ce psaume tous les dimanches, à l'heure des vêpres. On peut aussi le prier seul, le soir, lentement, en le concluant comme le fait l'Église par le Gloria Patri : c'est en priant les psaumes avec l'Église, et non en les isolant, qu'on entre dans leur sens.
Fillion ou Louis Segond : quelle traduction du psaume 112 ?
Beaucoup cherchent le « psaume 112 Louis Segond » : la Segond est une traduction protestante du XIXe siècle, sans les livres deutérocanoniques ni l'approbation de l'Église. Pour le fidèle attaché à la Tradition, la référence française est la Bible de Fillion, traduction traditionnelle établie sur la Vulgate avec approbation ecclésiastique, ou celle de l'abbé Fillion (1895) sur la Vulgate — c'est cette dernière que nous citons plus haut — et, pour la prière liturgique, le latin de la Vulgate, où ce psaume commence par Beatus vir qui timet Dominum.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 112 est-il aussi appelé psaume 111 ?
À cause des deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église dans sa liturgie, le comptent comme psaume 111 ; la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes et par la Fillion, le compte comme 112. C'est le même psaume, le Beatus vir qui timet Dominum.
Que signifie le psaume 112 ?
C'est le portrait de l'homme juste qui craint Dieu : miséricordieux, généreux envers les pauvres, ferme dans l'épreuve, il ne craint pas les mauvaises nouvelles car son cœur est confiant en Dieu, et sa justice subsiste à jamais. Le psaume oppose son bonheur à la ruine du méchant, dont « le désir périra ».
Qui a écrit le psaume 112 ?
Le psaume ne porte aucun nom d'auteur, seulement le mot Alleluia en tête ; c'est un poème alphabétique de sagesse. Comme pour tout le Psautier, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint, qui inspire l'Écriture.
Quand chante-t-on le psaume 112 ?
Dans le bréviaire romain de 1962, le psaume 111 de la Vulgate est chanté chaque dimanche aux vêpres, où il occupe la troisième place. C'est son usage liturgique propre : la prière du soir de l'Église, le jour de la Résurrection.
Que signifie « craindre le Seigneur » dans ce psaume ?
Il s'agit de la crainte filiale, la révérence du fils qui redoute d'offenser son père, non de la terreur servile. Le Catéchisme de saint Pie X la compte parmi les sept dons du Saint-Esprit : elle nous attache à Dieu et nous fait fuir le péché. Elle est, dit le psaume précédent, « le commencement de la sagesse ».
Où se trouve le psaume 112 dans la Bible ?
Dans le Livre des Psaumes, à l'Ancien Testament. Il porte le numéro 112 dans les bibles de numérotation hébraïque, comme la Fillion, et le numéro 111 dans celles de numérotation traditionnelle de la Vulgate, où il commence par Beatus vir qui timet Dominum.
L'application Iter Fidei réunit les prières catholiques traditionnelles, les psaumes en français et en latin avec audio, et le calendrier liturgique de 1962. Télécharger ici.
Sources. Psaume 112 en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 111, 1-10). Texte latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 111, Beatus vir qui timet Dominum. Sens du juste et de la lumière dans les ténèbres : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 111. L'aumône du juste : deuxième épître de saint Paul aux Corinthiens 9, 9 (Fillion). La crainte de Dieu, don du Saint-Esprit, et « le commencement de la sagesse » : Catéchisme de saint Pie X ; psaume 110 (Vulg.), verset 10. Usage liturgique : Breviarium Romanum (1962), vêpres du dimanche.