Les Psaumes
Psaume 48 : le chant de la cité de Dieu (Psaume 47 de la Vulgate)
Le Psaume 48, grand cantique de la cité de Dieu, est le Psaume 47 de la Vulgate. Texte intégral en Fillion (1895), sens traditionnel selon saint Augustin et usage liturgique.

Le Psaume 48 est le grand chant de la cité de Dieu : « Le Seigneur est grand et digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur Sa sainte montagne. » C'est une hymne à Jérusalem, figure de l'Église et de la Jérusalem céleste, où Dieu se montre comme le refuge inébranlable de son peuple. Un point doit être précisé d'emblée, car il déroute beaucoup de lecteurs : le Psaume 48 que vous cherchez porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le numéro 47.
Psaume 48 ou Psaume 47 ? La double numérotation
Le psaume que la plupart des bibles modernes appellent 48 est, dans la numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque, le Psaume 47. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux façons de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate est celle que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son Bréviaire et les commentaires des Pères. La numérotation hébraïque, plus récente, avance d'une unité à partir du psaume 10 environ, parce qu'elle sépare deux psaumes que la Vulgate compte comme un seul. Ainsi : Psaume 48 (numérotation hébraïque) = Psaume 47 (Vulgate). C'est le même psaume, dont l'incipit latin est « Magnus Dóminus et laudábilis nimis ». Nous suivons ici le texte que l'Église a toujours prié, et vous le retrouverez parmi les Psaumes sous ces deux chiffres.
Le texte intégral du Psaume 48
Nous donnons le texte dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, la version catholique française classique. Le psaume porte pour titre, non le nom de David, mais celui des fils de Coré, la corporation de chantres lévites du Temple.
Psaume 48 (47)
Psaume, cantique des fils de Coré, pour le second jour de la semaine.
Le Seigneur est grand et digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur Sa sainte montagne.
C'est pour l'allégresse de toute la terre qu'a été fondé le mont Sion, le côté de l'aquilon, la cité du grand Roi.
Dieu Se fera connaître dans ses maisons, lorsqu'Il la défendra.
Car voici que les rois de la terre se sont ligués et se sont avancés ensemble.
Eux-mêmes, en la voyant, ont été dans la stupeur, troublés et vivement émus ;
un tremblement les a saisis. Il y a eu là des douleurs comme celles de la femme qui enfante.
Par un vent impétueux Vous briserez les vaisseaux de Tharsis.
Ce que nous avions entendu dire, nous l'avons vu dans la cité du Seigneur des armées, dans la cité de notre Dieu. Dieu l'a établie à jamais.
Nous avons reçu, ô Dieu, Votre miséricorde au milieu de Votre temple.
Comme Votre Nom, ô Dieu, ainsi Votre louange s'étend jusqu'aux extrémités de la terre. Votre droite est pleine de justice.
Que le mont Sion se réjouisse, et que les filles de Juda soient dans l'allégresse, à cause de Vos jugements, Seigneur.
Faites le tour de Sion, et environnez-la ; racontez ces merveilles du haut de ses tours.
Appliquez-vous à considérer sa force, et faites le dénombrement de ses maisons, pour en faire le récit à la génération future.
Car c'est là notre Dieu, notre Dieu pour l'éternité et les siècles des siècles ; Il régnera sur nous à jamais.
Le sens du psaume : la cité de Dieu
Ce psaume chante une ville : Jérusalem, bâtie sur le mont Sion, autour du Temple. Mais les Pères de l'Église n'y ont pas vu d'abord une place forte de pierre. Pour saint Augustin, dont les Enarrationes in Psalmos commentent verset après verset ce psaume 47, la cité de Dieu est l'Église, et au-delà d'elle la Jérusalem céleste. Le titre même de son grand ouvrage, La Cité de Dieu, est né de cette lecture des psaumes de Sion.
Tout le psaume se comprend alors. Les rois qui « s'étaient réunis » et qui, saisis d'effroi, « ont pris la fuite », ce sont les puissances qui assaillent l'Église et se brisent contre elle, comme les vaisseaux de Tharsis brisés par le vent d'Orient. Aux rois de la terre mis en déroute s'oppose le vrai « grand Roi », celui dont le Psaume 47 chante le règne sur toutes les nations. Le verset « Ce que nous avions entendu dire, nous l'avons vu » dit le passage de la promesse à son accomplissement : ce que les prophètes avaient annoncé, les fidèles le contemplent dans l'Église que « Dieu affermit pour toujours ». Et la dernière parole ouvre sur l'éternité : Dieu « sera notre guide dans tous les siècles », conduisant sa cité jusqu'au ciel. Ce Psaume 48 appartient à la même famille que le Psaume 46, l'autre grand chant de Sion — « Dieu est notre refuge » —, et que le Psaume 84, également des fils de Coré, qui soupire après les parvis du Seigneur.
Le Psaume 48 dans la liturgie de 1962
L'Église n'a jamais laissé ce psaume au silence. Dans le psautier de saint Pie X, tel que le prie encore le Bréviaire romain de 1962, le Psaume 47 se chante à Matines du mercredi (feria IV), sous l'antienne « Magnus Dóminus et laudábilis nimis in civitáte Dei nostri », aux côtés des psaumes voisins de Sion.
Deux versets de ce psaume tiennent une place plus visible encore. Les paroles « Ô Dieu, nous rappelons la mémoire de ta bonté, au milieu de ton temple » — en latin « Suscépimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui » — forment l'Introït de la fête de la Purification, la Chandeleur, le 2 février, jour où l'Enfant Jésus est présenté au Temple. Ce même verset sert aussi de Graduel à plusieurs fêtes. Le fidèle qui assiste à la messe de la Chandeleur prie donc le Psaume 48 sans toujours le savoir.
Quand et comment prier le Psaume 48
Ce psaume est d'abord une action de grâces. On le prie pour louer Dieu dans sa maison, avant ou après la messe, en contemplant l'Église qu'il a fondée et qu'aucune puissance n'abattra. Il convient au temps de l'épreuve, lorsque les « rois » du monde semblent se liguer : le psaume enseigne que devant Dieu ils se dispersent. Il convient enfin à qui médite sur l'Église elle-même — « parcourez Sion, comptez ses forteresses » —, invitation à considérer, non des murailles, mais la solidité de la foi transmise. Priez-le sans hâte, laissez chaque image se poser, puis achevez, comme le fait l'Église, par le Glória Patri. La force du psaume n'est pas dans ses mots, mais dans le Dieu grand et digne de toute louange auquel ils s'adressent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 48 est-il aussi appelé Psaume 47 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 47. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 48. C'est le même psaume, dont l'incipit latin est « Magnus Dóminus ».
Qui a écrit le Psaume 48 ?
Le titre du psaume l'attribue aux fils de Coré, une corporation de chantres lévites attachés au service du Temple, et non à David. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain reste l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Quel est le sens du Psaume 48 ?
C'est un chant de la cité de Dieu, Jérusalem bâtie sur le mont Sion. Les Pères, saint Augustin en tête, y ont lu une image de l'Église et de la Jérusalem céleste : la cité que Dieu affermit pour toujours et contre laquelle les puissances ennemies se brisent.
Que signifie « la cité de Dieu » dans le Psaume 48 ?
Au sens littéral, c'est Jérusalem, la ville du Temple. Au sens spirituel, que retient toute la Tradition, c'est l'Église fondée par le Christ, et sa consommation dans la Jérusalem céleste. Saint Augustin a tiré de ce psaume le titre et le cœur de son ouvrage La Cité de Dieu.
Où trouve-t-on le Psaume 48 dans la liturgie ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, il se chante à Matines du mercredi. Deux de ses versets, « Suscépimus, Deus, misericórdiam tuam », forment l'Introït de la fête de la Purification, la Chandeleur, le 2 février.
Que veut dire « les vaisseaux de Tharsis » ?
Tharsis désignait une contrée lointaine dont les grands navires de commerce étaient l'image de la puissance humaine. Dire que Dieu les brise « par le vent d'Orient », c'est proclamer que la force la plus imposante des hommes n'est rien devant lui.
Quand prier le Psaume 48 ?
On le prie en action de grâces, pour louer Dieu dans son Église, et au temps de l'épreuve, quand les puissances du monde paraissent l'emporter. Il a sa place naturelle parmi les prières de louange, achevé par le Glória Patri.
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Sources. Texte du Psaume 48 (47) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 47). Incipit latin « Magnus Dóminus » et « Suscépimus, Deus, misericórdiam tuam » : Vulgata Clementina, Psalmus 47. Usage à Matines du mercredi : Breviarium Romanum, psautier de saint Pie X (feria IV ad Matutinum). Introït de la Purification : Missale Romanum, In Purificatione Beatæ Mariæ Virginis. Sens spirituel de la cité de Dieu : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 47. Commentaire de la fête de la Purification : Dom Guéranger, L'Année liturgique.