Les Psaumes
Psaume 19 : Les cieux racontent la gloire de Dieu (Psaume 18 de la Vulgate)
Le Psaume 19 que vous cherchez est le Psaume 18 de la Vulgate, le Cæli enarrant : texte intégral de Fillion, sens des Pères et usage dans l'office de 1962.

Le Psaume 19 est le grand cantique de la création et de la Loi de Dieu : il s'ouvre sur les mots célèbres Les cieux racontent la gloire de Dieu, et il s'achève sur la prière Que les paroles de ma bouche te soient agréables. Le psaume que vous cherchez sous le numéro 19 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le Psaume 18 de la Vulgate, celui que la liturgie appelle le Cæli enarrant. Nous donnons d'abord son texte intégral, puis sa double numérotation, son sens selon les Pères et son usage dans l'office et la messe de 1962.
Le texte intégral du Psaume 19
Voici le psaume dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate et fidèle à la tradition catholique.
Psaume 19 (18 selon la Vulgate)
Pour la fin, psaume de David.
Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de Ses mains.
Le jour proclame ce message au jour, et la nuit en donne connaissance à la nuit.
Ce ne sont point des paroles, ce n'est pas un langage dont la voix ne soit pas entendue.
Leur bruit s'est répandu dans toute la terre, et leurs accents jusqu'aux extrémités du monde.
Il a établi Sa tente dans le soleil, qui est lui-même semblable à un époux sortant de sa chambre nuptiale. Il s'est élancé comme un géant pour fournir sa carrière.
Il sort de l'extrémité du ciel, et sa course va jusqu'à l'autre extrémité, et il n'y a personne qui se dérobe à sa chaleur.
La loi du Seigneur est sans tache, elle restaure les âmes ; le témoignage du Seigneur est fidèle, il donne la sagesse aux petits.
Les justices du Seigneur sont droites, elles réjouissent les cœurs ; le précepte du Seigneur est lumineux, il éclaire les yeux.
La crainte du Seigneur est sainte, elle subsiste à jamais ; les jugements du Seigneur sont vrais, ils se justifient par eux-mêmes.
Ils sont plus désirables que l'or et que beaucoup de pierres précieuses ; ils sont plus doux que le miel, et qu'un rayon plein de miel.
Aussi Votre serviteur les observe ; à les garder, on trouve une grande récompense.
Qui connaît ses fautes ? Purifiez-moi de celles qui sont cachées en moi,
et préservez Votre serviteur de la corruption des étrangers. S'ils ne me dominent point, alors je serai sans tache, et purifié d'un très grand péché.
Et alors les paroles de ma bouche pourront Vous plaire, et la méditation de mon cœur sera toujours en Votre présence. Seigneur, Vous êtes mon secours et mon rédempteur.
Psaume 19 ou Psaume 18 ? La double numérotation
Le psaume que l'on désigne par « psaume 19 » ou « psaumes 19 » porte, dans le psautier latin, le numéro 18. Ce n'est pas une erreur, mais une différence ancienne entre deux façons de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate de saint Jérôme, héritée de la Septante grecque, est celle dont l'Église s'est servie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères ; elle nomme ce psaume le 18, qui commence en latin par Cæli enarrant gloriam Dei. La numérotation hébraïque, plus tardive, le compte comme le 19. L'écart vient d'un regroupement de psaumes au début du Psautier. C'est le même psaume, le même Cæli enarrant : nous suivons ici la numérotation hébraïque la plus cherchée aujourd'hui, tout en donnant l'équivalence traditionnelle. On retrouve ce décalage sur l'ensemble du recueil, comme nous l'expliquons dans notre présentation générale des psaumes.
Un mot sur les versets. Les éditions latine et de Fillion comptent la suscription (Au maître de chant. Chant de David) comme premier verset ; le vers Les cieux racontent la gloire de Dieu y porte donc le numéro 2, et la prière finale le numéro 15. Dans les éditions qui ne comptent pas le titre, Les cieux racontent devient le verset 1 et Accueille avec faveur les paroles de ma bouche le verset 14. C'est pourquoi une même parole se cite tantôt en 19, 1 tantôt en 19, 2.
« Les cieux racontent la gloire de Dieu » (psaume 19, 1)
C'est le verset le plus connu du psaume, et le plus cherché. David regarde le ciel, le jour et la nuit, le soleil qui parcourt sa course, et il y lit un langage : la création tout entière proclame son Auteur. Le jour crie au jour la louange, la nuit l'apprend à la nuit. Ce n'est pas une parole articulée, et pourtant leur son parcourt toute la terre : le monde visible est le premier livre où Dieu se donne à connaître.
La tradition catholique a toujours vu là le fondement de la connaissance naturelle de Dieu. Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que la beauté et l'ordre de l'univers conduisent la raison à reconnaître un Créateur ; saint Paul le dira aux Romains : les perfections invisibles de Dieu se laissent voir dans ses œuvres. Le Psaume 19 met ce raisonnement en cantique. Il fait pendant au Psaume 8, l'autre grand chant de la création, où l'homme contemple les cieux, la lune et les étoiles pour mesurer sa petitesse et la bonté de Dieu.
Les deux livres de Dieu : la création et la Loi
Le psaume se partage en deux moitiés qui n'en font qu'une. La première (versets 1 à 6) chante la gloire de Dieu dans la création ; la seconde (versets 7 à 10) chante la même gloire dans sa Loi : La loi du Seigneur est parfaite, elle restaure l'âme. Les Pères y ont reconnu les deux livres par lesquels Dieu parle à l'homme, celui de la nature et celui de la Révélation. Le second est plus haut que le premier, car la Loi donne la sagesse aux simples et éclaire les yeux ; elle est plus précieuse que l'or et plus douce que le miel. Ce même amour de la Loi divine emplit à lui seul tout le Psaume 119, le plus long du Psautier.
Saint Augustin, dans ses commentaires sur les psaumes, lit plus loin. Pour lui, « les cieux qui racontent la gloire de Dieu » sont les prédicateurs de l'Évangile, les Apôtres, dont le son parcourt toute la terre. Le psaume passe ainsi du firmament visible à l'Église qui annonce le Christ à toutes les nations.
« Que les paroles de ma bouche te soient agréables » (psaume 19, 14)
Le dernier verset, souvent cherché sous la forme « psaumes 19 14 », est devenu l'une des plus belles prières de purification : Accueille avec faveur les paroles de ma bouche, et les sentiments de mon cœur, devant toi, le Seigneur, mon rocher et mon libérateur. Ce dernier titre est celui-là même que déploie le psaume 18, où David nomme Dieu son rocher, sa forteresse et son libérateur au jour où il fut délivré de tous ses ennemis. Après avoir loué la Loi parfaite, l'orant se sait pécheur : Qui connaît ses égarements ? Pardonne-moi ceux que j'ignore. Il demande à Dieu de garder non seulement ses actes, mais ses paroles et jusqu'aux pensées de son cœur.
La tradition en a fait une prière avant la prédication et avant l'étude de l'Écriture, pour que la bouche ne dise rien qui déplaise à Dieu.
L'usage liturgique dans l'office et la messe de 1962
Dans l'office divin, le Psaume 18 fait partie du psautier hebdomadaire que le clergé et les religieux récitent au fil de la semaine. Saint Benoît, dans sa Règle, l'assigne à l'office de Prime, au long des jours qui vont du lundi au dimanche, de sorte qu'il accompagne le lever du soleil dont il chante la course. Ce cadre est celui du bréviaire traditionnel maintenu dans le rite de 1962.
C'est à la messe que ce psaume a laissé sa marque la plus visible. Son verset central, In omnem terram exivit sonus eorum, et in fines orbis terræ verba eorum — « Leur son parcourt toute la terre, leurs accents vont jusqu'aux extrémités du monde » — fournit le graduel du Commun des Apôtres dans le Missel romain. Saint Paul l'avait appliqué à la prédication des Apôtres ; l'Église en a fait le chant propre de ceux qui ont porté l'Évangile jusqu'au bout du monde. Les « cieux » qui racontent la gloire de Dieu sont ainsi devenus, dans la liturgie, la voix même des Apôtres.
Quand et comment prier le Psaume 19
Ce psaume convient à tout moment, mais la tradition en suggère quelques-uns :
- Le matin, comme à Prime, en regardant la lumière qui se lève et en confiant à Dieu la journée qui s'ouvre.
- Devant la création — le ciel, la mer, la montagne — pour laisser le monde visible ramener le cœur à son Auteur plutôt qu'à lui-même.
- Avant de lire l'Écriture ou d'étudier la Loi de Dieu, en reprenant la seconde moitié du psaume, qui chante la douceur des préceptes divins.
- Avant de parler en public ou d'enseigner, avec le dernier verset : Accueille avec faveur les paroles de ma bouche.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque image se poser. Terminez, comme le fait l'Église, par le Gloria Patri, qui rapporte au Dieu trois fois saint la gloire que les cieux racontent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 19 est-il appelé Psaume 18 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 18. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 19. C'est le même psaume, le Cæli enarrant.
Que signifie « Les cieux racontent la gloire de Dieu » ?
Que la création tout entière proclame son Créateur : le ciel, le jour, la nuit et le soleil sont un langage sans paroles par lequel Dieu se fait connaître. C'est le fondement de la connaissance naturelle de Dieu, que la Loi révélée vient ensuite parfaire.
Où trouver le Psaume 19 dans la Bible ?
Dans le Livre des Psaumes, au premier livre du Psautier. La plupart des bibles modernes le nomment Psaume 19 ; les bibles catholiques de numérotation traditionnelle, comme la Vulgate, le nomment Psaume 18, commençant par Cæli enarrant gloriam Dei.
Que dit le verset 14 du Psaume 19 ?
Il dit : Accueille avec faveur les paroles de ma bouche, et les sentiments de mon cœur, devant toi, le Seigneur, mon rocher et mon libérateur. C'est une prière de purification, par laquelle l'orant demande que sa parole et ses pensées plaisent à Dieu.
Qui a écrit le Psaume 19 ?
Le titre l'attribue à David (Chant de David), selon la lecture constante de l'Église. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint, qui a inspiré l'Écriture.
À quel moment l'Église chante-t-elle le Psaume 19 ?
Dans l'office monastique, saint Benoît l'assigne à Prime, l'office du matin. À la messe, son verset « Leur son parcourt toute la terre » sert de graduel au Commun des Apôtres dans le Missel romain.
L'application Iter Fidei donne les psaumes dans la traduction de Fillion, avec le latin, le calendrier de 1962 et l'audio pour prier. Télécharger l'application.
Sources. Texte du Psaume 19 (18) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 18, versets 1 à 15). Sens des deux livres de Dieu et connaissance naturelle du Créateur : Catéchisme du concile de Trente (Symbole, article premier). Lecture des « cieux » comme les Apôtres : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 18. Usage à Prime : Règle de saint Benoît, chapitre XVIII. Graduel du Commun des Apôtres (In omnem terram) : Missel romain, Commun des Apôtres.