Les Psaumes
Psaume 58 : le Dieu qui juge la terre (Psaume 57 de la Vulgate)
Le Psaume 58 que vous cherchez est le Psaume 57 de la Vulgate, le cri de David vers le Dieu qui juge la terre. Texte intégral dans la Bible de Fillion, double numérotation, sens traditionnel et usage à l'office de Sexte.

Le Psaume 58 est le cri de David vers le Dieu qui juge la terre, adressé aux juges iniques qui trahissent la justice et vendent la violence de leurs mains. Un mot doit être dit d'emblée pour éviter toute confusion : le psaume que vous cherchez sous le numéro 58 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le Psaume 57 de la Vulgate. C'est le même psaume, celui qui commence en latin par Si vere utique justitiam loquimini.
Le texte du Psaume 58 (traduction Fillion)
Nous donnons d'abord le texte intégral, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, texte de référence de la tradition catholique latine.
Psaume 58 (Vulgate 57)
n'exterminez pas ; de David, inscription du titre.
Parlez-vous vraiment selon la justice ? Jugez avec droiture, fils des hommes.
Mais dans votre cœur vous formez des desseins d'iniquité ; dans le pays vos mains ourdissent des injustices.
Les pécheurs sont pervertis dès le sein maternel, ils se sont égarés dès leur naissance ; ils ont dit des choses fausses.
Leur fureur est semblable à celle du serpent, et de l'aspic sourd, qui ferme ses oreilles,
et qui n'entend pas la voix des enchanteurs, et du magicien qui use d'adresse pour le charmer.
Dieu brisera leurs dents dans leur bouche ; le Seigneur mettra en pièces les mâchoires des lions.
Ils seront réduits à rien, comme une eau qui s'écoule ; Il a tendu Son arc jusqu'à ce qu'ils devinssent impuissants.
Comme la cire qui coule, ils seront enlevés ; le feu est tombé d'en haut sur eux, et ils n'ont plus vu le soleil.
Avant qu'ils connaissent que leurs épines sont devenues un buisson, Il les engloutit comme tout vivants dans Sa colère.
Le juste se réjouira en voyant la vengeance ; il lavera ses mains dans le sang du pécheur.
Et les hommes diront : Oui, il y a une récompense pour le juste ; oui, il y a un Dieu qui les juge sur la terre.
Psaume 58 ou Psaume 57 ? La double numérotation
Le numéro que vous tapez dépend de la Bible que vous ouvrez. Il existe deux manières de compter les psaumes, et la différence n'est ni une erreur ni une contradiction.
La numérotation hébraïque, suivie par la plupart des éditions modernes, compte ce psaume comme le 58. La numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque, que l'Église a employée pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères, le compte comme le 57. L'écart vient de la manière de grouper certains psaumes au début du Psautier : à partir du Psaume 9, la numérotation latine reste d'une unité en retard sur l'hébraïque.
Retenez donc : Psaume 58 (hébreu) = Psaume 57 (Vulgate). C'est le même texte, celui dont le latin commence par Si vere utique justitiam loquimini, recta judicate, filii hominum. Sur l'ensemble du Psautier et cette double numérotation, voir notre présentation générale des Psaumes.
Le sens du psaume : « il y a un Dieu qui juge sur la terre »
Le Psaume 58 est l'un des psaumes dits imprécatoires : David y appelle sur les méchants le jugement de Dieu. Il forme couple, à cet égard, avec le psaume 59, autre supplication imprécatoire de David poursuivi qui remet à Dieu seul le soin de juger. Il faut le lire tel que l'Église l'a toujours lu, non comme une bouffée de haine personnelle, mais comme la proclamation prophétique de la justice divine. Le psaume s'ouvre par une interpellation aux juges de la terre, les fils des hommes établis pour rendre le droit et qui le pervertissent. Contre leur corruption, David en appelle au seul Juge dont la sentence ne se vend pas.
Le titre porte l'indication Ne détruis pas, une notation mélodique que ce psaume partage avec d'autres cantiques de David, tel le psaume 57, le cri de David réfugié dans la caverne. Les images sont dures et concrètes : le venin de la vipère sourde qui ferme ses oreilles, les dents des lionceaux, les flèches qui s'émoussent. Saint Augustin, dans ses commentaires sur les psaumes, lit la vipère sourde comme le pécheur obstiné qui se bouche volontairement les oreilles à la parole de vérité, et les imprécations comme l'annonce du châtiment que la malice attire sur elle-même. La joie du juste à la vue de la vengeance n'est pas celle de la cruauté : c'est la joie de voir enfin manifestée la justice de Dieu, quand tout jugement humain a failli.
Le dernier verset donne la clé de tout le psaume : « il y a une récompense pour le juste ; il y a un Dieu qui juge sur la terre. » Le mal des puissants n'a pas le dernier mot. Cette certitude est celle du jugement dernier, où sera rendu à chacun selon ses œuvres, et elle n'exclut pas la miséricorde divine offerte à qui se convertit avant l'heure. L'attribution à David, portée par le titre même du psaume, est la lecture constante de l'Église ; sur sa figure, voir le roi David.
L'usage liturgique : le Psaume 58 à l'office de Sexte
Dans l'office divin selon les livres de 1962, le Psaume 57 de la Vulgate est chanté à l'heure de Sexte, l'office du milieu du jour, le mercredi (feria quarta), avec les Psaumes 55 et 56 sous l'antienne In Deo speravi, non timebo quid faciat mihi homo — « en Dieu j'ai espéré, je ne craindrai pas ce que l'homme peut me faire. »
Ce cadre en éclaire le sens. Sexte est l'heure de la pleine lumière, celle où le jour a livré ses combats et ses injustices. Placer alors sur les lèvres du clerc et du moine ce cri vers le Dieu qui juge la terre, c'est remettre entre les mains de Dieu tout ce que l'iniquité des hommes a pu tramer. Le fidèle qui prie l'office ne réclame pas sa propre vengeance : il confesse que le jugement appartient à Dieu seul. Sur les heures que rythme cette prière de l'Église, voir notre présentation de l'office divin.
Quand et comment prier le Psaume 58
Ce psaume est d'abord une prière de confiance dans la justice de Dieu. La tradition le met sur les lèvres du fidèle en plusieurs circonstances :
- Devant l'injustice subie. Quand le droit est bafoué, quand les puissants oppriment, ce psaume apprend à ne pas se venger soi-même mais à remettre sa cause au Juge qui ne se laisse pas corrompre.
- Contre les assauts de l'ennemi des âmes. Les Pères ont lu les lionceaux et la vipère sourde comme les puissances du mal et les tentations. Le prier, c'est demander à Dieu de briser leur pouvoir, dans l'esprit de toute prière de protection.
- Comme acte de foi au jugement de Dieu. Le prier lentement, en s'arrêtant au dernier verset, c'est raviver la certitude que rien de l'injustice ne restera impuni ni de la fidélité sans récompense.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque image porter. Terminez, comme le fait l'Église, par le Gloria Patri. La force du psaume ne tient pas aux mots eux-mêmes mais à Celui à qui ils s'adressent : le Dieu vivant qui juge sur la terre.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 58 est-il aussi appelé Psaume 57 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 57. La numérotation hébraïque, retenue par la plupart des Bibles modernes, le compte comme 58. C'est le même psaume, Si vere utique justitiam loquimini.
Qui a écrit le Psaume 58 ?
Le titre du psaume l'attribue à David : « Au maître de chant. Ne détruis pas. Hymne de David. » C'est la lecture constante de l'Église. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint qui a inspiré l'Écriture.
Le Psaume 58 est-il un psaume de malédiction ?
Il fait partie des psaumes imprécatoires, où le juste appelle sur les méchants le jugement de Dieu. La tradition ne le lit pas comme une haine personnelle, mais comme l'annonce prophétique du châtiment que la malice attire sur elle-même, et comme la remise de toute vengeance entre les mains de Dieu, seul juge.
Que signifie la « vipère sourde qui ferme ses oreilles » ?
C'est l'image du pécheur obstiné. Saint Augustin y voit celui qui se bouche volontairement les oreilles pour ne pas entendre la parole de vérité, comme le serpent qui refuse la voix du charmeur. Le psaume dénonce ainsi l'endurcissement volontaire du cœur.
Quand l'Église prie-t-elle le Psaume 58 ?
Dans l'office divin de 1962, le Psaume 57 de la Vulgate est chanté à l'heure de Sexte, l'office du milieu du jour, le mercredi, avec les Psaumes 55 et 56. Le fidèle peut le prier à ce moment, et dans toute circonstance où l'injustice appelle la confiance au Dieu qui juge la terre.
Où se trouve le Psaume 58 dans la Bible ?
Il se trouve dans le Livre des Psaumes (le Psautier), dans l'Ancien Testament. Les Bibles de numérotation moderne le donnent comme Psaume 58 ; les Bibles catholiques de numérotation traditionnelle, comme la Vulgate, le donnent comme Psaume 57, celui qui commence par « Est-ce donc en restant muets que vous rendez la justice ? »
L'application Iter Fidei donne la Bible de Fillion, les psaumes, les prières et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio pour prier au fil des heures. Télécharger l'application.
Sources. Texte du psaume : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 57 (hébreu 58), versets 1 à 12. Sens traditionnel et lecture de la vipère sourde : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 57. Usage liturgique à Sexte du mercredi, sous l'antienne In Deo speravi : distribution du Psautier selon le Breviarium Romanum (office de Sexte, feria quarta). Attribution à David : titre du psaume dans la Vulgate.