Les Psaumes
Psaume 39 : texte intégral et sens (Psaume 38 de la Vulgate)
Le Psaume 39 que vous cherchez est le Psaume 38 de la Vulgate, le Dixi custodiam vias meas : texte intégral selon la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, double numérotation, sens traditionnel et usage à l'Office.

Le Psaume 39 est la méditation de David sur la brièveté de la vie et le silence de l'homme devant Dieu : « Faites-moi connaître ma fin, Seigneur... afin que je sache combien peu il m'en reste. » Dans la numérotation traditionnelle de l'Église, celle de la Vulgate, il porte le numéro 38 et commence par « Dixi : Custodiam vias meas » (« Je veillerai sur mes voies »). Nous en donnons ci-dessous le texte intégral.
Psaume 39 ou Psaume 38 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 39 » est, dans la numérotation que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles — celle de la Vulgate de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le Psaume 38. Ce n'est pas une erreur : il existe deux manières de compter les psaumes.
L'écart vient du début du Psautier : la Septante et la Vulgate réunissent en un seul psaume deux psaumes que l'hébreu compte séparément. Au milieu du recueil, le numéro de la Vulgate est donc inférieur d'une unité au numéro hébraïque. Ainsi Psaume 39 (hébreu) = Psaume 38 (Vulgate). La Bible Fillion l'indique de la sorte : « Psaume hébreu 39 = Vulgate 38 ». On peut le lire à côté de ses voisins immédiats, le Psaume 38 et le Psaume 40, et dans l'ensemble du Psautier.
Le texte intégral du Psaume 39 (traduction Fillion, sur la Vulgate)
Nous donnons le texte dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate. Le titre l'attribue à David et le confie à Idithun, l'un des maîtres de chant établis pour le culte.
Psaume 39 (Vulg. XXXVIII)
Pour la fin, à Idithun lui-même, cantique de David.
J'ai dit : je veillerai sur mes voies, pour ne point pécher par ma langue. J'ai mis une garde à ma bouche, pendant que le pécheur s'élevait devant moi.
Je me suis tu, et je me suis humilié, et je me suis abstenu de dire même de bonnes choses ; et ma douleur a été renouvelée.
Mon cœur s'est échauffé au dedans de moi, et tandis que je méditais, un feu s'est embrasé.
La parole est venue sur ma langue : Faites-moi connaître ma fin, Seigneur, et quel est le nombre de mes jours, afin que je sache combien peu il m'en reste.
Voici que Vous avez soumis mes jours à une mesure bornée, et mon être est comme un néant devant Vous. Oui, tout homme vivant n'est qu'entière vanité.
Oui, l'homme passe comme un fantôme, et c'est en vain qu'il se tourmente. Il amasse des trésors, et il ignore pour qui il les aura entassés.
Et maintenant quelle est mon attente ? N'est-ce pas le Seigneur ? Tous mes biens sont en Vous.
Délivrez-moi de toutes mes iniquités. Vous m'avez rendu l'opprobre de l'insensé.
Je me suis tu, et je n'ai pas ouvert la bouche, parce que c'est Vous qui l'avez fait.
Détournez de moi Vos coups.
Sous la puissance de Votre main, j'ai défailli, quand Vous m'avez repris. Vous avez puni l'homme à cause de son iniquité. Et Vous avez fait dessécher son âme comme l'araignée. Oui, c'est en vain que tout homme s'inquiète.
Exaucez, Seigneur, ma prière et ma supplication ; soyez attentif à mes larmes. Ne gardez pas le silence, car je suis auprès de Vous un étranger et un voyageur, comme tous mes pères.
Accordez-moi quelque relâche, afin que je sois rafraîchi avant de partir et de disparaître.
En latin, le psaume s'ouvre par les mots qui lui servent de nom au Bréviaire : « Dixi : Custodiam vias meas, ut non delinquam in lingua mea. »
« Seigneur, viens vite à mon secours » : un psaume que l'on confond
Beaucoup cherchent le Psaume 39 en pensant à l'invocation « Seigneur, viens vite à mon secours ». Cette prière est bien dans le Psautier, mais elle n'appartient pas à ce psaume. Elle ouvre le Psaume 70 (Vulg. 69) : « Ô Dieu, hâte-toi de me délivrer ; Seigneur, hâte-toi de me secourir. » En latin, « Deus, in adjutorium meum intende ; Domine, ad adjuvandum me festina. »
Si cette formule est si familière, c'est qu'elle commence chaque heure de l'Office divin : depuis des siècles, le prêtre ouvre Matines, Laudes, Vêpres et Complies par ce verset. On la trouvera donc au Psaume 70, non au Psaume 39, qui se termine sur une supplication d'un autre ton : « Exaucez, Seigneur, ma prière... soyez attentif à mes larmes. »
Le sens du Psaume 39 selon la tradition
Ce psaume est tout entier une leçon sur la brièveté de la vie. David se tait d'abord devant l'injustice du méchant, de peur de pécher par la langue ; mais le silence n'apaise pas son cœur, et la prière jaillit enfin en une seule demande : que Dieu lui fasse mesurer le peu de jours qu'il a. La réponse est sans détour — nos jours ont « la largeur de la main », l'homme passe « comme une ombre », il amasse sans savoir pour qui.
Saint Augustin, dans son commentaire du psaume (Enarratio in Psalmum XXXVIII), y entend la voix du juste qui apprend à se taire sous la langue des méchants et à ne plus mettre son espérance dans les biens qui passent. Tout se résume dans la dernière strophe : « je suis un étranger chez toi, un voyageur, comme tous mes pères ». L'homme n'est ici-bas qu'un pèlerin. La tradition a donc rangé ce psaume parmi ceux qui préparent l'âme à la mort et au jugement, et sa supplication « délivre-moi de toutes mes transgressions » est celle d'un cœur qui se tourne vers la confession. Le psaume 41 unit de même l'épreuve du corps à l'aveu de la faute, quand le malade demande : « guéris mon âme, car j'ai péché contre toi ».
L'usage liturgique du Psaume 39 dans l'Office 1962
Au Bréviaire romain suivi dans la liturgie de 1962, le Psaume 38 (Vulgate) est chanté à Matines du mardi (Feria III), dans la répartition du Psautier établie sous saint Pie X. L'Église en a tiré deux formules qui font écho à son sens : l'antienne du nocturne, « Amove, Domine, a me plagas tuas » (« Détourne de moi tes coups, Seigneur »), et le verset qui suit la psalmodie, « Quoniam advena ego sum apud te et peregrinus » (« Car je suis chez toi un étranger et un voyageur »). Ainsi la prière de l'Église conserve, jusque dans ses rubriques, l'âme du psaume : l'aveu de notre fragilité et de notre condition de pèlerins. Sa méditation sur la mort le rend proche des psaumes de la prière pour les défunts et de ceux que l'on récite auprès de qui reçoit l'extrême-onction.
Quand et comment prier le Psaume 39
Ce psaume convient à tous les temps, mais la tradition le prie surtout dans trois circonstances :
- Devant l'épreuve ou l'injustice. Quand la langue voudrait se plaindre, il enseigne d'abord le silence, puis remet la cause à Dieu : « Maintenant, que puis-je attendre, Seigneur ? Mon espérance est en toi. »
- Pour méditer la mort et se convertir. Le prier lentement, sur « fais-moi connaître le terme de ma vie », prépare le cœur à la pénitence.
- Pour les défunts et les mourants, dont il exprime la confiance en un Dieu qui reçoit le pèlerin.
On le termine, comme toute prière de l'Église, par le Gloria Patri ; pour prier les psaumes avec fruit, on lira nos conseils sur la manière de prier. La force de ce psaume n'est pas dans ses mots, mais dans Celui à qui ils s'adressent, et dont la Providence tient nos jours comptés dans sa main.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 39 est-il aussi appelé Psaume 38 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 38 ; la numérotation hébraïque le compte comme 39. C'est le même psaume, le Dixi custodiam vias meas.
Qui a écrit le Psaume 39 ?
Le titre l'attribue à David et le confie à Idithun, l'un de ses maîtres de chant. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, le Saint-Esprit qui a inspiré l'Écriture.
Le Psaume 39 dit-il « Seigneur, viens vite à mon secours » ?
Non. Cette invocation ouvre le Psaume 70 (Vulg. 69) : « Ô Dieu, hâte-toi de me délivrer ; Seigneur, hâte-toi de me secourir. » C'est le verset par lequel commence chaque heure de l'Office divin.
Quel est le sens du Psaume 39 ?
Il médite la brièveté de la vie et le silence de l'homme devant Dieu. David demande à connaître le terme de ses jours et se reconnaît « étranger et voyageur » sur la terre. C'est une prière de détachement, de pénitence et de confiance.
Quand l'Église chante-t-elle le Psaume 39 ?
Au Bréviaire romain de 1962, le Psaume 38 (Vulgate) est chanté à Matines du mardi, avec l'antienne « Amove, Domine, a me plagas tuas » et le verset « Quoniam advena ego sum apud te et peregrinus. »
Que signifie « je suis un étranger et un voyageur » ?
Que l'homme n'a pas ici-bas de demeure permanente : il est de passage, en chemin vers Dieu. Les Pères y ont vu l'image de la vie chrétienne comme un pèlerinage dont la mort est le retour à la vraie patrie.
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Sources. Texte français du Psaume 39 : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine (Psaume 38, Vulg. XXXVIII). Incipit latin « Dixi : Custodiam vias meas » et « Deus in adjutorium meum intende » : Vulgate Sixto-Clémentine (Ps. XXXVIII et LXVIII). Usage liturgique (Matines du mardi, antienne Amove, Domine et verset Quoniam advena ego sum) : Breviarium Romanum, Psalterium de saint Pie X. Sens traditionnel : saint Augustin, Enarratio in Psalmum XXXVIII. Doctrine des fins dernières : Catéchisme de saint Pie X.