Les Psaumes
Psaume 68 : Que Dieu se lève (psaume 67 de la Vulgate)
Le psaume 68 que vous cherchez est le psaume 67 de la Vulgate, le grand cantique Exsurgat Deus. Texte complet dans la Bible de Fillion, double numérotation, sens traditionnel et usage liturgique.

Le psaume 68 s'ouvre par l'un des versets les plus célèbres du Psautier : « Que Dieu se lève, et que ses ennemis soient dispersés. » C'est le grand cantique de la victoire de Dieu, que la tradition latine connaît sous son incipit Exsurgat Deus. Un mot d'abord, pour lever une confusion fréquente : le psaume que vous cherchez sous le numéro 68 porte, dans la Bible et la liturgie de l'Église, le numéro 67.
Psaume 68 ou psaume 67 ? La double numérotation
Le psaume que vous trouvez sous le numéro 68 dans la plupart des bibles récentes est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le psaume 67. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate est celle que l'Église catholique a suivie pendant plus de mille cinq cents ans dans sa liturgie, son Bréviaire et les commentaires des Pères. Elle procède d'un découpage légèrement différent de quelques psaumes du début du Psautier. La numérotation hébraïque, reprise par les bibles modernes, avance d'un chiffre sur presque tout le Psautier.
Ainsi : psaume 68 (numérotation hébraïque) = psaume 67 (Vulgate et Septante). C'est le même chant, le même Exsurgat Deus. Sur ce point comme sur d'autres, notre présentation des psaumes suit ici le texte de la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, qui suit la numérotation latine tout en indiquant la correspondance avec l'hébreu.
Le texte complet du psaume 68
Voici le psaume dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate. Le titre du psaume l'attribue à David.
Psaume 68 (Vulg. 67)
Pour la fin, Psaume, cantique de David lui-même.
Que Dieu Se lève, et que Ses ennemis soient dissipés : et que ceux qui Le haïssent fuient devant Sa face.
Comme la fumée disparaît, qu'ils disparaissent ; comme la cire se fond devant le feu, qu'ainsi périssent les pécheurs devant la face de Dieu.
Mais que les justes soient comme dans un festin, et qu'ils tressaillent en la présence de Dieu, et qu'ils soient dans des transports de joie.
Chantez à Dieu, célébrez Son Nom par un cantique ; frayez le chemin à Celui qui monte vers le couchant. Le Seigneur est Son Nom. Tressaillez de joie en Sa présence. On tremblera devant Lui.
Il est le père des orphelins et le juge des veuves. Dieu est dans Son lieu saint.
C'est le Dieu qui fait habiter dans une même maison ceux qui ont un même esprit ; qui délivre les captifs par Sa puissance, aussi bien que ceux qui L'irritent, qui habitent dans les sépulcres.
O Dieu, quand Vous marchiez à la tête de Votre peuple, quand Vous traversiez le désert,
la terre fut ébranlée, les cieux eux-mêmes se fondirent devant le Dieu du Sinaï, devant le Dieu d'Israël.
Vous avez mis en réserve une pluie toute volontaire, ô Dieu, pour Votre héritage ; et lorsqu'il a été affaibli, Vous l'avez réconforté.
Vos animaux y habiteront : Vous avez dans Votre bonté, ô Dieu, préparé de la nourriture pour le pauvre.
Le Seigneur donne Ses ordres à Ses messagers avec une grande puissance.
Le roi des armées est au pouvoir du bien-aimé, du bien-aimé ; et celle qui est l'ornement de la maison partage les dépouilles.
Quand Vous dormez au milieu de Vos héritages, les ailes de la colombe sont argentées, et l'extrémité de son dos a le pâle éclat de l'or.
Lorsque le Très-Haut disperse les rois dans le pays, tout est blanchi par les neiges sur le Selmon.
La montagne de Dieu est une grasse montagne. C'est une montagne massive, une grasse montagne.
Pourquoi regardez-vous avec admiration les montagnes massives ? Il est une montagne où il a plu à Dieu d'habiter ; et le Seigneur y habitera à jamais.
Le char de Dieu est environné de plus de dix mille ; ce sont des milliers d'Anges qui se réjouissent ; le Seigneur est au milieu d'eux dans Son sanctuaire, comme au Sinaï.
Vous êtes monté en haut ; Vous avez emmené des captifs ; Vous avez reçu des présents parmi les hommes, et même de ceux qui ne croient pas que le Seigneur Dieu habite avec nous.
Que le Seigneur soit béni chaque jour ! Le Dieu qui nous a si souvent sauvés rendra notre voie prospère.
Notre Dieu est le Dieu qui a la vertu de sauver ; au Seigneur, au Seigneur appartiennent les issues de la mort.
Mais Dieu brisera la tête de Ses ennemis, le front superbe de ceux qui marchent dans leurs iniquités.
Le Seigneur a dit : Je les ramènerai de Basan, et Je les ramènerai du fond de la mer ;
afin que ton pied trempe dans le sang, et que la langue de tes chiens ait aussi sa part des ennemis.
Ils ont vu Votre entrée, ô Dieu, l'entrée de mon Dieu, de mon Roi, qui réside dans le sanctuaire.
En avant marchaient les princes, associés aux chanteurs, au milieu des jeunes filles qui jouaient du tambourin.
Bénissez le Seigneur Dieu dans les assemblées, vous qui sortez des sources d'Israël.
Là est Benjamin, le plus jeune, en de saints transports ; là sont les princes de Juda, leurs chefs ; les princes de Zabulon, les princes de Nephthali.
O Dieu, commandez à Votre puissance ; affermissez, ô Dieu, ce que Vous avez fait parmi nous.
Dans Votre temple de Jérusalem, les rois Vous offriront des présents.
Réprimez les bêtes sauvages des roseaux, la troupe des taureaux et les troupeaux des peuples, pour chasser ceux qui ont été éprouvés comme l'argent. Dissipez les nations qui veulent la guerre.
Des ambassadeurs viendront de l'Égypte ; l'Éthiopie s'empressera de tendre ses mains vers Dieu.
Royaumes de la terre, chantez à Dieu ; célébrez le Seigneur, célébrez Dieu,
qui S'élève au plus haut des cieux, vers l'orient. Voici qu'Il va donner à Sa voix un puissant éclat.
Rendez gloire à Dieu au sujet d'Israël. Sa magnificence et Sa force paraissent dans les nuées.
Dieu est admirable dans Ses saints ; le Dieu d'Israël donnera Lui-même à Son peuple la puissance et la force. Dieu soit béni !
Que signifie « Que Dieu se lève » ?
Le premier verset reprend le cri que Moïse poussait chaque fois que l'arche se levait pour la marche au désert : « Lève-toi, Seigneur, et que tes ennemis soient dispersés » (Nombres 10, 35). Le psaume est donc un chant de marche et de victoire : Dieu s'avance à la tête de son peuple, et devant sa face le mal se dissipe comme la fumée, fond comme la cire au feu. Ce n'est pas une formule magique, mais l'affirmation que la seule présence de Dieu suffit à mettre en fuite ses ennemis. C'est pourquoi la tradition chrétienne a toujours entendu ce verset comme une prière de protection et de combat contre les puissances mauvaises, celles-là mêmes que saint Michel Archange précipite hors du ciel.
Le sens traditionnel : le psaume de l'Ascension
Les Pères ont lu ce psaume comme l'annonce de la victoire du Christ. Saint Augustin, dans son commentaire sur les psaumes, y voit le récit de toute l'histoire du salut, depuis la sortie d'Égypte jusqu'au triomphe de l'Église répandue chez les nations. Le sommet de cette lecture est le verset central : « Tu montes sur la hauteur emmenant la foule des captifs ; tu reçois les présents des hommes. »
Ce verset, saint Paul l'applique expressément à l'Ascension de Notre-Seigneur : « C'est pourquoi il est dit : Il est monté dans les hauteurs, il a emmené des captifs, et il a fait des largesses aux hommes » (Éphésiens 4, 8, Fillion). Le Christ, en montant au ciel, emmène captive la captivité — il délivre les âmes des justes retenues aux enfers — et répand ses dons sur les hommes. Ce triomphe suppose la descente dans la souffrance et la mort dont le psaume 69, grand psaume de la Passion, donne le cri : le même Christ qui s'est enfoncé dans les eaux profondes monte maintenant sur la hauteur. Ces dons, la tradition les reconnaît dans l'effusion de l'Esprit à la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit descend sur l'Église. Le psaume 68 relie ainsi les deux grands mystères : le Christ monte, l'Esprit descend, et l'Église part en mission chez toutes les nations, comme le chant l'avait prophétisé. Cette bénédiction du salut porté à toutes les nations est l'objet même de la prière du psaume 67, le Deus misereatur, qui supplie « afin que l'on connaisse sur la terre ta voie, et parmi toutes les nations ton salut ».
L'usage liturgique dans l'Office et la messe
Dans la liturgie romaine traditionnelle, le psaume 67 de la Vulgate appartient au Psautier ferial du Bréviaire, chanté au fil de la semaine à l'Office de Matines. Mais c'est surtout son incipit qui a marqué la prière de l'Église. Exsurgat Deus et dissipentur inimici eius revient dans les bénédictions et les prières de combat spirituel, où l'Église invoque le Dieu qui met en fuite le mal par sa seule présence.
Aux jours de l'Ascension et de la Pentecôte, la lecture patristique du verset « Tu montes sur la hauteur » donne à ce psaume toute sa lumière : il chante le Roi qui monte en son sanctuaire et répand ses dons. Le prier en ce temps liturgique, c'est s'unir à la joie de l'Église pour la victoire de son Chef.
Quand et comment prier le psaume 68
Ce psaume convient à plusieurs moments de la vie chrétienne :
- Au temps de l'Ascension et de la Pentecôte. C'est le chant de la victoire du Christ qui monte et de l'Esprit qui descend. Priez-le pour vous unir au triomphe du Seigneur et demander la force d'en haut.
- Dans le combat spirituel. Quand l'ennemi presse — tentation, découragement, épreuve —, le premier verset est une arme éprouvée : « Que Dieu se lève, et que ses ennemis soient dispersés. » On ne le récite pas pour agir par soi-même, mais pour remettre le combat à Celui qui seul disperse le mal.
- Comme action de grâces. Le psaume déborde de reconnaissance envers le Dieu qui porte chaque jour notre fardeau et nous sauve. Il s'accorde à toute prière de remerciement.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque image se poser. Achevez, comme le fait l'Église, par le Gloire au Père (Gloria Patri). La force du psaume ne tient pas aux mots, mais à Celui qu'ils appellent : le Dieu qui se lève et devant qui le mal ne tient pas.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 68 est-il aussi appelé psaume 67 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme psaume 67. La numérotation hébraïque, reprise par la plupart des bibles récentes, le compte comme 68. C'est le même psaume, l'Exsurgat Deus.
Que signifie « Que Dieu se lève » ?
C'est le cri par lequel Moïse invoquait Dieu au départ de l'arche dans le désert (Nombres 10, 35). Il exprime que la seule présence de Dieu suffit à disperser ses ennemis. Le psaume en fait le thème de tout un chant de victoire.
Le psaume 68 parle-t-il de l'Ascension du Christ ?
Oui. Saint Paul applique le verset « Tu montes sur la hauteur emmenant la foule des captifs » à l'Ascension de Notre-Seigneur (Éphésiens 4, 8). La tradition lit tout le psaume comme l'annonce du Christ montant au ciel et répandant ses dons à la Pentecôte.
Le psaume 68 est-il une prière de protection ?
Sa tradition en fait une prière de combat. Le verset d'ouverture, « Que Dieu se lève, et que ses ennemis soient dispersés », a toujours été invoqué contre les puissances du mal. Ce n'est pas une formule magique, mais un acte de confiance en Dieu qui seul disperse ses ennemis.
Qui a écrit le psaume 68 ?
Le titre du psaume l'attribue à David (« Psaume de David. Cantique »), et c'est la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain n'est que l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint qui a inspiré l'Écriture.
Où trouver le psaume 68 dans la Bible ?
Il se trouve dans le Livre des Psaumes, dans l'Ancien Testament. Dans les bibles de numérotation traditionnelle, comme la Vulgate et la Bible de Fillion, c'est le psaume 67, qui commence par « Que Dieu se lève » (Exsurgat Deus). C'est l'un des chants majeurs du Psautier.
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Sources. Texte du psaume 68 (Vulg. 67) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 67. Le cri de Moïse au départ de l'arche : Nombres 10, 35 (Fillion). L'application à l'Ascension : Épître de saint Paul aux Éphésiens 4, 8 (Fillion). Sens traditionnel du psaume : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 67. Doctrine sur l'inspiration de l'Écriture et l'Office divin : Catéchisme du concile de Trente et Bréviaire romain (Psautier ferial, tradition du rite romain).