Les Psaumes
Psaume 70 : Dieu, hâte-toi de me secourir (Psaume 69 de la Vulgate)
Le psaume 70 — psaume 69 dans la Vulgate — est le cri de détresse dont l'Église a fait l'ouverture de chaque heure de l'Office divin. Texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, et en latin, signification traditionnelle et manière de le prier.

Le psaume 70 est le cri de détresse le plus bref de tout le psautier : « O Dieu, hâte-toi de me délivrer. Seigneur, hâte-toi de me secourir. » Dans la numérotation de la Vulgate latine, celle que l'Église suit dans sa liturgie, il porte le numéro 69, et son premier verset — Deus, in adiutórium meum inténde — ouvre chaque heure de l'Office divin depuis plus de quatorze siècles. Nous donnons ici son texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, sa signification traditionnelle et la manière de le prier.
Psaume 70 ou psaume 69 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche sous le numéro 70 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le psaume 69. Il n'y a là ni erreur ni contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes, qui divergent d'une unité sur la plus grande partie du psautier.
La numérotation hébraïque, suivie par les éditions protestantes comme la Bible Louis Segond, le compte comme psaume 70. La numérotation de la Vulgate, celle du Bréviaire, des Pères et de toute la tradition liturgique, le compte comme psaume 69. Dans la Bible catholique, le lecteur français le trouvera dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate : c'est ce texte que nous citons ici. Donc : psaume 70 (numérotation hébraïque) = psaume 69 (Vulgate). C'est le même psaume, le Deus, in adiutórium.
Le texte complet du psaume 70 (Bible de Fillion)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, la grande Bible catholique française.
Psaume 70 (Vulgate 69)
Pour la fin, psaume de David, en souvenir de ce que Dieu l'avait sauvé.
O Dieu, venez à mon aide ; Seigneur, hâtez-Vous de me secourir.
Qu'ils soient confondus et couverts de honte, ceux qui cherchent à m'ôter la vie.
Qu'ils reculent en arrière et soient dans la confusion, ceux qui me veulent du mal. Qu'ils reculent aussitôt, rougissant de honte, ceux qui me disent : Va ! va !
Mais que tous ceux qui Vous cherchent tressaillent d'allégresse et de joie ; et que ceux qui aiment Votre salut disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié !
Pour moi, je suis pauvre et indigent ; ô Dieu, aidez-moi. Vous êtes mon aide et mon libérateur. Seigneur, ne tardez pas.
Et le même psaume en latin, dans la Vulgate Clémentine, tel que l'Église le chante :
Psalmus 69
In finem. Psalmus David in rememoratiónem, quod salvum fécerit eum Dóminus.
Deus, in adiutórium meum inténde : Dómine, ad adiuvándum me festína.
Confundántur, et revereántur, qui quærunt ánimam meam.
Avertántur retrórsum, et erubéscant, qui volunt mihi mala : avertántur statim erubescéntes, qui dicunt mihi : Euge, euge.
Exsúltent et læténtur in te omnes qui quærunt te : et dicant semper : Magnificétur Dóminus, qui díligunt salutáre tuum.
Ego vero egénus et pauper sum : Deus, ádiuva me. Adiútor meus et liberátor meus es tu : Dómine, ne moréris.
La signification du psaume 70
Cinq versets suffisent à ce psaume, et tout y est. David, poursuivi par ses ennemis, n'a plus le temps des longues supplications : il jette vers Dieu un appel nu, deux fois répété — hâte-toi. Le titre porte « pour faire souvenir » (in rememoratiónem) : c'est une prière-mémorial, destinée à remettre sans cesse devant Dieu la détresse de son serviteur. Le texte reprend d'ailleurs presque mot pour mot les derniers versets du psaume 40 (39 de la Vulgate) ; l'Esprit Saint a voulu que ce cri existe aussi à part, détaché, comme une arme que l'on porte sur soi.
Le psaume tient en deux mouvements : la confusion des ennemis — que ceux qui cherchent la perte du juste reculent et rougissent, car la cause du juste est celle de Dieu — et la joie de ceux qui cherchent Dieu, qui disent sans cesse « Gloire à Dieu ». Entre les deux, le psalmiste se définit : « Moi, je suis pauvre et indigent. » La tradition a toujours vu dans ce pauvre la figure de toute âme fidèle, qui n'a rien en propre et attend tout de Dieu — la même prière du persécuté qui, dans le psaume 71, redit « hâte-toi de me secourir » en faisant de Dieu son seul refuge ; elle y a entendu aussi la voix du Christ dans sa Passion, remettant sa cause à son Père, ce cri bref reprenant en cinq versets la longue supplication du Juste englouti que déploie le psaume 69, l'un des grands psaumes de la Passion. Ce cri du pauvre trouve sa réponse dans le psaume 34, l'action de grâces de David délivré, où « ce pauvre a crié, et le Seigneur l'a entendu, et il l'a sauvé de toutes ses angoisses ». C'est la clef de tous les psaumes : la prière de David devient celle du Christ, puis celle de l'Église. Ce psaume enseigne que la prière la plus courte peut être la plus vraie.
Deus, in adiutórium : le verset qui ouvre tout l'Office divin
Nul psaume n'a reçu dans la liturgie une place comparable. Son premier verset — Deus, in adiutórium meum inténde. Dómine, ad adiuvándum me festína : « O Dieu, viens à mon aide. Seigneur, hâte-toi de me secourir » — ouvre chacune des heures de l'Office divin, des Laudes aux Complies, suivi du Glória Patri. Dans le bréviaire romain encore en usage en 1962, ce verset se dit en tête de toutes les heures, aux vêpres comme aux petites heures ; il ne se tait que les trois derniers jours de la Semaine sainte et à l'Office des morts. Celui qui suit l'office traditionnel, par exemple avec Divinum Officium, le prononce donc plusieurs fois par jour.
Cette place n'est pas un hasard. Jean Cassien, au Ve siècle, rapporte dans ses Conférences (Xe conférence, de l'abbé Isaac) que les anciens moines d'Égypte se transmettaient ce verset comme formule d'oraison continuelle : il convient à tous les états de l'âme, à la tentation comme à la prospérité, car il confesse à la fois notre misère et notre confiance. Saint Benoît, vers 530, l'a inscrit dans sa Règle (chapitres 17 et 18) en tête des heures de l'office ; de là il a passé dans tout l'Occident, et dans la distribution bénédictine du psautier le psaume entier se chantait aux Matines du mercredi. Chaque fois que l'Église commence à prier, elle commence par avouer qu'elle ne peut pas prier sans Dieu.
Comment et quand prier le psaume 70
Ce psaume est bref à dessein : il est fait pour être su par cœur et jailli au moment du besoin.
- Dans la tentation. C'est son usage le plus ancien. Au premier assaut — colère, découragement, pensée mauvaise —, redire intérieurement « O Dieu, hâte-toi de me délivrer » : la tradition monastique n'a pas connu d'arme plus prompte.
- Dans le danger et l'angoisse. Quand l'épreuve presse et que les mots manquent, ce psaume dit tout en cinq versets. On peut le joindre au psaume 91, le grand psaume de la garde divine, et aux autres prières de protection de l'Église.
- Pour commencer la prière. Faire comme l'Église : ouvrir son oraison du matin ou du soir par le Deus, in adiutórium suivi du Glória Patri, c'est s'unir à la voix du Bréviaire.
- En latin, au moins le premier verset. Retenir Deus, in adiutórium meum inténde est à la portée de tous, et c'est prier avec tous les siècles chrétiens.
On le récite posément, et on le conclut, comme à l'office, par le Glória Patri. Sa force ne tient pas au nombre des mots, mais à la foi de celui qui les dit et à Celui qui les écoute.
Questions Fréquentes
Quel est le psaume 70 dans la Bible catholique ?
C'est le psaume qui commence par « O Dieu, hâte-toi de me délivrer », psaume 69 dans la numérotation de la Vulgate. En français, le texte catholique de référence est la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, donnée intégralement ci-dessus.
Pourquoi le psaume 70 porte-t-il le numéro 69 dans la Vulgate ?
Parce qu'il existe deux numérotations des psaumes. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par la liturgie de l'Église, le comptent comme psaume 69 ; la numérotation hébraïque, suivie notamment par la Bible Louis Segond, le compte comme psaume 70. C'est le même texte.
Que signifie le psaume 70 ?
C'est un appel au secours immédiat : David, entouré d'ennemis, demande à Dieu de se hâter. La tradition y entend la voix de toute âme « pauvre et indigente » qui attend tout de Dieu, et celle du Christ dans sa Passion. Il enseigne que la prière la plus courte, dite avec foi, suffit.
Qui a écrit le psaume 70 ?
Le titre du psaume l'attribue à David : « psaume de David, en souvenir de ce que Dieu l'avait sauvé » (traduction de l'abbé Fillion, 1895, sur la Vulgate). Comme pour tout le psautier, l'auteur humain est l'instrument de l'auteur véritable, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Quelle différence entre le psaume 70 et le psaume 40 ?
Le psaume 70 reprend presque mot pour mot les derniers versets du psaume 40 (39 de la Vulgate). Il en est comme le détachement : le même cri de détresse, isolé pour servir de prière propre, ainsi que l'indique son titre « pour faire souvenir ».
Quand prier le psaume 70 ?
À l'heure de la tentation, du danger ou de l'angoisse, et au début de toute prière : l'Église elle-même ouvre chaque heure de son Office par son premier verset, Deus, in adiutórium meum inténde. Il se prête à être su par cœur et redit au long du jour.
L'application Iter Fidei donne les psaumes, les prières traditionnelles et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio pour prier. Télécharger ici.
Sources. Psaume 70 en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 69, 1–6. Texte latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 69. Usage liturgique : Breviarium Romanum (le verset Deus, in adiutórium en tête de chaque heure de l'Office, sauf aux trois derniers jours de la Semaine sainte et à l'Office des morts) ; Règle de saint Benoît, chapitres 17–18. Tradition monastique du verset : Jean Cassien, Conférences, Xe conférence (de l'abbé Isaac, sur la prière).