Les Psaumes
Psaume 40 : texte intégral, sens et prière (Vulgate 39)
Le Psaume 40 que vous cherchez est le Psaume 39 de la Vulgate, l'Expectans expectavi : un chant de confiance et d'action de grâce dont saint Paul lit le coeur en Jésus-Christ. Texte intégral Fillion, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 40 est un chant de confiance et d'action de grâce : celui qui a longtemps attendu le Seigneur le voit enfin se pencher vers lui, le retirer de la fosse et mettre sur ses lèvres un cantique nouveau. C'est le psaume de l'attente exaucée, mais aussi l'un des grands psaumes messianiques, car son verset central, Voici que je viens... je veux faire ta volonté, l'Église l'a toujours entendu de la bouche de Notre-Seigneur. Un point mérite d'être fixé d'emblée pour lever une confusion fréquente.
Psaume 40 ou Psaume 39 ? La double numérotation
Le psaume que vous cherchez en tapant "psaume 40" porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le numéro 39. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme, héritée de la Septante grecque, est celle que l'Église a suivie pendant plus de mille cinq cents ans dans sa liturgie, son Bréviaire et les commentaires des Pères. Elle appelle ce psaume le 39, qui commence en latin par Exspectans exspectavi Dominum. La numérotation hébraïque, plus récente et retenue par les bibles modernes, le compte comme 40. L'écart vient de la façon de regrouper certains psaumes au début du Psautier.
Donc : Psaume 40 (numérotation hébraïque) = Psaume 39 (Vulgate et grec). C'est le même psaume. Nous en donnons ci-dessous le texte selon la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, en conservant l'équivalence.
Le texte intégral du Psaume 40 (Fillion)
Voici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate, référence catholique française pour l'Écriture.
Psaume 40 (Vulgate 39)
Pour la fin, Psaume de David lui-même.
J'ai attendu, et encore attendu le Seigneur, et Il a fait attention à moi.
Il a exaucé mes prières, et Il m'a tiré de l'abîme de misère et de la boue profonde. Et Il a placé mes pieds sur la pierre, et Il a conduit mes pas.
Et Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, un hymne à notre Dieu. Beaucoup Le verront, et craindront, et espéreront dans le Seigneur.
Heureux l'homme qui a mis son espérance dans le Nom du Seigneur, et qui n'a point arrêté son regard sur des vanités et des folies mensongères.
Vous avez fait, Seigneur mon Dieu, un grand nombre d'œuvres admirables, et il n'y a personne qui Vous soit semblable dans Vos pensées. J'ai voulu les annoncer et en parler, mais leur multitude est sans nombre.
Vous n'avez voulu ni sacrifice ni oblation, mais Vous m'avez façonné des oreilles. Vous n'avez pas demandé d'holocauste ni de sacrifice pour le péché ;
alors j'ai dit : Voici que je viens. En tête de Son livre il est écrit de Moi
que je dois faire Votre volonté. Mon Dieu, je l'ai voulu, et Votre loi est au fond de mon cœur.
J'ai publié Votre justice dans une grande assemblée : je ne fermerai pas mes lèvres, Seigneur, Vous le savez.
Je n'ai pas caché Votre justice dans mon cœur ; j'ai proclamé Votre vérité et Votre salut. Je n'ai point caché Votre miséricorde et Votre vérité devant l'assemblée nombreuse.
Pour Vous, Seigneur, n'éloignez pas de moi Vos miséricordes ; Votre bonté et Votre vérité m'ont toujours soutenu.
Car des maux sans nombre m'environnent ; mes iniquités m'ont saisi, et je n'ai pu les voir toutes. Elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête, et mon cœur m'a manqué.
Qu'il Vous plaise, Seigneur, de me délivrer ; Seigneur, regardez vers moi pour me secourir.
Qu'ils soient confondus et couverts de honte, ceux qui cherchent ma vie pour me l'ôter. Qu'ils reculent en arrière et soient dans la confusion, ceux qui me veulent du mal.
Qu'ils soient à l'instant couverts de honte, ceux qui me disent : Va ! va !
Mais que tous ceux qui Vous cherchent tressaillent en Vous d'allégresse et de joie, et que ceux qui aiment Votre salut disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié !
Pour moi, je suis pauvre et indigent ; mais le Seigneur prend soin de moi. Vous êtes mon aide et mon protecteur. Mon Dieu, ne tardez pas.
Le sens du psaume : l'attente exaucée et le « Voici que je viens »
Le psaume se compose de deux mouvements. Il s'ouvre sur une action de grâce : David a attendu, longuement, et le Seigneur l'a tiré du bourbier pour l'établir sur le roc. De cette délivrance naît le "cantique nouveau", et une leçon offerte à tous : Heureux l'homme qui a mis son espérance dans le Nom du Seigneur. Puis, à partir du treizième verset, le ton change et devient supplication, car les maux reviennent et l'âme pécheresse crie de nouveau : Seigneur, regardez vers moi pour me secourir. Confiance et détresse s'y répondent, comme dans toute vie chrétienne.
Le coeur du psaume est ailleurs. Aux versets où David déclare que Dieu ne veut ni sacrifice ni holocauste, mais un coeur qui dit Voici que je viens... je veux faire ta volonté, l'Épître aux Hébreux met ces paroles dans la bouche de Jésus-Christ entrant dans le monde : les sacrifices anciens ne suffisaient pas, et le Fils s'offre lui-même en obéissance parfaite (cf. Hébreux 10, 5-7). De même le Psaume 41 met d'avance sur les lèvres du Christ l'annonce de la trahison de Judas. Ce que le Psautier ébauchait, l'Incarnation l'accomplit. Saint Augustin, commentant ce psaume, y entend la voix du Christ et celle de son Corps, l'Église, qui attend son Seigneur dans la patience et proclame sa justice au milieu de la grande assemblée. Ce psaume tient sa place parmi les psaumes de confiance, aux côtés des grands chants de délivrance comme le Psaume 22, que Notre-Seigneur récita sur la Croix.
Le Psaume 40 dans la liturgie de 1962
Dans le Bréviaire romain, dont le calendrier de 1962 conserve le psautier férial, le Psaume 39 de la Vulgate se chante aux Matines du mardi (Feria III), avec le Psaume 38, le Dixi custodiam vias meas, sous l'antienne Ut non delinquam in lingua mea. C'est à l'office de nuit, le grand office de la louange et de la lecture, que l'Église fait monter cette attente confiante avant le lever du jour. Prier ce psaume dans le cadre de l'office divin, c'est l'unir à la voix de toute l'Église qui, chaque semaine, redit J'ai attendu, et encore attendu le Seigneur.
Les versets 14 à 18 forment presque à eux seuls un autre psaume, le Psaume 70 (Vulgate 69), que l'Église a détaché comme prière de secours dans l'urgence : c'est le Deus, in adjutorium meum intende qui ouvre chaque heure du Bréviaire. Qui prie le Psaume 70 prie déjà la fin du Psaume 40.
Quand et comment prier le Psaume 40
Ce psaume convient à plusieurs états de l'âme, et la tradition en suggère quelques-uns.
- En action de grâce après une délivrance. Sortie d'une épreuve, d'une maladie, d'un péril, l'âme reconnaît que c'est Dieu qui l'a tirée de la fosse, et lui rend le "cantique nouveau" en action de grâce.
- Dans l'attente et l'épreuve. Quand la délivrance tarde, la première parole du psaume, J'ai attendu, attendu le Seigneur, enseigne la patience de l'espérance.
- En temps de contrition. Le verset mes iniquités m'ont saisi, elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête fait de ce psaume une prière du pécheur qui met sa faute sous la miséricorde de Dieu, dans l'esprit des grands psaumes pénitentiels.
- En union au sacrifice de Notre-Seigneur. En redisant Voici que je viens, je veux faire ta volonté, le fidèle offre sa propre obéissance avec celle du Christ.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque verset se poser. Terminez, comme le fait l'Église à chaque psaume, par le Gloria Patri.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 40 est-il appelé Psaume 39 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant des siècles, le comptent comme le 39. La numérotation hébraïque, retenue par les bibles modernes, le compte comme le 40. C'est le même psaume, l'Exspectans exspectavi.
Où trouver le Psaume 40 catholique ?
Le texte catholique est celui de la Vulgate, ici donné dans la traduction française de l'abbé Fillion (1895). Dans une bible catholique à numérotation traditionnelle, il faut le chercher au numéro 39 ; dans une bible à numérotation hébraïque, au numéro 40. C'est toujours le psaume qui commence par J'ai attendu, et encore attendu le Seigneur.
Le Psaume 40 est-il le même dans la Bible Louis Segond ?
Oui, c'est le même texte hébreu. La Bible Louis Segond, protestante, suit la numérotation hébraïque et l'appelle donc aussi Psaume 40. La différence n'est pas le contenu mais la traduction : nous donnons ici la version catholique de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate et conforme à la lecture de l'Église.
Qui a écrit le Psaume 40 ?
Le titre l'attribue à David : Du maître de chant. De David. C'est la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour tout psaume, l'auteur humain reste l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie « Voici que je viens » dans le Psaume 40 ?
C'est la parole de celui qui offre à Dieu, plus que des sacrifices d'animaux, l'obéissance de son coeur. L'Épître aux Hébreux la rapporte à Jésus-Christ entrant dans le monde pour accomplir la volonté du Père (Hébreux 10, 5-7). Le psaume annonçait ainsi le sacrifice parfait du Sauveur.
Quand prier le Psaume 40 ?
L'Église le chante chaque semaine aux Matines du mardi. On peut le prier en action de grâce après une délivrance, dans l'attente d'un secours, en temps de contrition, ou en union au sacrifice de Notre-Seigneur. Il a sa place naturelle dans les prières catholiques de chaque jour.
L'application Iter Fidei rassemble les psaumes, les prières et le calendrier de 1962, en latin et en français, avec l'audio pour prier chaque jour. Téléchargez-la ici.
Sources. Psaume 40 (Vulgate 39) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine (Psaume 40, versets 1-18). Sens messianique du psaume : Épître aux Hébreux 10, 5-7 (Fillion) ; saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, commentaire du Psaume 39. Usage liturgique aux Matines du mardi : Breviarium Romanum, psautier férial (Feria III, ad Matutinum), calendrier de 1962. Doctrine sur l'inspiration de l'Écriture et la Providence : Catéchisme du concile de Trente et Catéchisme de saint Pie X.