Les Psaumes
Psaume 11 : le texte intégral et son sens (Psaume 10 de la Vulgate)
Le Psaume 11 que vous cherchez est le Psaume 10 de la Vulgate, In Domino confido : le psaume de la confiance du juste au milieu de la persécution. Texte intégral en français (Fillion) et en latin, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 11 est le cri de confiance du juste que l'on presse de fuir devant les méchants, et qui refuse : sa seule forteresse est Dieu. Dans la numérotation traditionnelle de l'Église, celle de la Vulgate latine, ce psaume porte le numéro 10 et commence par les mots In Domino confido — « je me confie au Seigneur ». Nous en donnons ci-dessous le texte intégral, puis son sens et son usage dans la prière de l'Église.
Psaume 11 ou Psaume 10 ? La double numérotation
Le psaume que vous trouvez sous le nom de psaume 11 dans la plupart des bibles modernes est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le Psaume 10. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La différence vient du début du Psautier. La Septante et la Vulgate réunissent en un seul psaume (le Psaume 9) ce que le texte hébreu compte comme deux psaumes distincts (les psaumes 9 et 10). À partir de là, toute la suite se trouve décalée d'une unité : le psaume 11 hébreu correspond au psaume 10 grec et latin, et il en va ainsi jusqu'au psaume 147. On écrit parfois « psaumes 11 » au pluriel en cherchant ce chant : il s'agit du même et unique psaume.
Dans cet article, nous suivons le texte tel que l'Église l'a prié pendant plus de quinze siècles, en signalant les deux numéros : Psaume 11 (numérotation hébraïque) = Psaume 10 (Vulgate). Pour l'ensemble de cette question, on lira notre présentation générale des psaumes.
Le texte intégral du Psaume 11
Nous donnons d'abord le texte français dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, puis le latin de la Vulgate clémentine, tel que l'Église le chante.
Psaume 11 (10 de la Vulgate)
Pour la fin, psaume de David.
Je me confie au Seigneur ; comment dites-vous à mon âme : Émigrez sur la montagne comme un passereau ?
Car voici que les pécheurs ont tendu leur arc ; ils ont préparé leurs flèches dans leur carquois, pour tirer dans l'ombre contre ceux qui ont le cœur droit.
Car ce que vous aviez établi, ils l'ont détruit ; mais le juste, qu'a-t-il fait ?
Le Seigneur est dans Son saint temple ; le Seigneur a Son trône dans le Ciel. Ses yeux regardent le pauvre ; Ses paupières examinent les enfants des hommes.
Le Seigneur examine le juste et l'impie ; or celui qui aime l'iniquité hait son âme.
Il fera pleuvoir des pièges sur les pécheurs ; le feu, et le soufre, et le vent des tempêtes, sont la part de leur calice.
Car le Seigneur est juste, et Il aime la justice ; Son visage contemple l'équité.
Et le même psaume en latin, dans la Vulgate clémentine :
Psalmus 10
In finem. Psalmus David.
In Dómino confído ; quómodo dícitis ánimæ meæ : Transmígra in montem sicut passer ?
Quóniam ecce peccatóres intendérunt arcum ; paravérunt sagíttas suas in pháretra, ut sagíttent in obscúro rectos corde.
Quóniam quæ perfecísti destruxérunt ; justus autem, quid fecit ?
Dóminus in templo sancto suo ; Dóminus in cælo sedes ejus. Óculi ejus in páuperem respíciunt ; pálpebræ ejus intérrogant fílios hóminum.
Dóminus intérrogat justum et ímpium ; qui autem díligit iniquitátem, odit ánimam suam.
Pluet super peccatóres láqueos ; ignis et sulphur, et spíritus procellárum, pars cálicis eórum.
Quóniam justus Dóminus, et justítias diléxit : æquitátem vidit vultus ejus.
Le sens du psaume : la confiance du juste
Ce psaume est court, mais tout entier tendu vers un seul acte : la confiance. David y répond à ceux qui, voyant la persécution monter, lui conseillent de fuir comme un passereau vers la montagne, c'est-à-dire de mettre son espérance ailleurs qu'en Dieu. Sa réponse est le premier mot du psaume : je me confie au Seigneur. Attribué au roi David, il est la prière de l'homme droit environné d'ennemis qui « tirent dans l'ombre », quand « les fondements sont renversés » et que tout semble perdu.
Saint Augustin, dans ses Commentaires sur les psaumes, lit ce chant comme la voix de l'âme fidèle au milieu de l'épreuve. À ceux qui pressent le juste de fuir, de désespérer, de chercher un refuge de fortune, l'âme oppose sa confiance en Dieu seul. Car « le Seigneur dans son saint temple » veille : ses yeux sondent les enfants des hommes, il éprouve le juste par la tribulation et connaît le méchant. Le verset central — Dominus interrogat justum et impium — signifie, pour Augustin, que Dieu ne délaisse pas le juste dans la peine : il le scrute pour l'affermir, non pour l'abandonner.
La fin du psaume est le revers de cette confiance : sur les méchants, Dieu « fera pleuvoir du feu et du soufre » — l'image même de Sodome, et la figure du jugement dernier. La coupe des impies est un vent brûlant ; celle des justes, la contemplation de la face de Dieu : « les hommes droits contempleront sa face. » Le psaume ne promet pas au juste d'échapper au combat, mais de tenir, parce que le juge est juste.
L'usage liturgique dans l'Office
L'Église n'a jamais laissé ce psaume de côté. Dans le Bréviaire romain tel qu'il est fixé après la réforme de saint Pie X et en usage en 1962, le Psaume 10 (In Domino confido) se chante aux Matines du dimanche, au troisième nocturne, aux côtés des psaumes voisins, dont le cri de l'affligé « Pourquoi, Seigneur, te tiens-tu éloigné ». C'est l'office de la nuit et du petit matin, celui où l'Église veille et médite l'Écriture avant l'aurore du jour du Seigneur.
Le choix est juste : la nuit est l'heure où l'on sent le mieux que « les fondements sont renversés », et le dimanche, jour de la Résurrection, est celui où le juste chante que le Seigneur reste sur son trône. Pour comprendre la place de ce psaume dans la prière quotidienne des clercs et des moines, on lira notre article sur le Bréviaire.
Comment et quand prier le Psaume 11
Ce psaume convient à tout fidèle éprouvé par l'injustice ou pressé de perdre courage. On peut le prier :
- Quand tout semble s'effondrer. Lorsque « les fondements sont renversés » — dans l'épreuve, la calomnie, la persécution —, ce psaume redit que Dieu voit et qu'il est juste. C'est l'un des chants de confiance que la tradition met aux lèvres du chrétien, comme le Psaume 3, la prière de David poursuivi.
- Contre la tentation de fuir Dieu. Devant le conseil du monde — « transmigre à ta montagne comme l'oiseau », mets ton espérance ailleurs —, ce psaume enseigne à ne se réfugier qu'en Dieu. Il rejoint ainsi l'esprit de toute prière de protection, comme le cri du juste contre les lèvres trompeuses, qui s'en remet à la seule parole pure de Dieu.
- En union avec l'Office. Priez-le comme l'Église, aux Matines du dimanche, en le laissant s'ouvrir sur l'espérance de contempler un jour la face de Dieu.
Priez-le sans hâte, en pesant chaque image. Terminez, comme fait l'Église, par le Gloire au Père. La force de ce psaume ne tient pas aux mots, mais à Celui à qui ils s'adressent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 11 est-il aussi appelé Psaume 10 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 10 parce qu'elles réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. La numérotation hébraïque, reprise par la plupart des bibles modernes, le compte comme Psaume 11. C'est le même psaume, In Domino confido.
Qui a écrit le Psaume 11 ?
Le titre du psaume l'attribue à David : « Au maître de chant. De David. » C'est la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie « fuyez à votre montagne, comme l'oiseau » ?
C'est le conseil que des voix adressent au juste : fuir, se cacher, désespérer devant les méchants. Le psalmiste le rapporte pour le refuser aussitôt : sa réponse est je me confie au Seigneur. Saint Augustin y voit la tentation de mettre son espérance ailleurs qu'en Dieu.
Le Psaume 11 est-il un psaume de protection ?
C'est surtout un psaume de confiance dans l'épreuve. Il ne promet pas d'échapper au danger, mais affirme que Dieu, du haut de son temple, voit le juste, l'éprouve et lui fera contempler sa face, tandis que les méchants recevront le feu et le soufre. C'est la protection de la foi, non une formule magique.
Où se trouve le Psaume 11 dans la Bible ?
Dans le Livre des Psaumes (le Psautier), au milieu de l'Ancien Testament. Dans les bibles à numérotation hébraïque, c'est le Psaume 11 ; dans les bibles catholiques traditionnelles, comme la Vulgate, c'est le Psaume 10, qui commence par In Domino confido — « je me confie au Seigneur ».
Quand l'Église chante-t-elle le Psaume 11 ?
Dans le Bréviaire romain en usage en 1962, le Psaume 10 se chante aux Matines du dimanche, au troisième nocturne. C'est l'office de la nuit, où l'Église veille avant le jour du Seigneur.
L'application Iter Fidei rassemble la Bible de Fillion, les psaumes, les prières et le calendrier de 1962, en français et en latin, avec l'audio pour prier. Téléchargez-la ici.
Sources. Texte français du Psaume 11 (10 Vulgate) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 10, 1-8). Texte latin : Vulgate clémentine, Psalmus 10. Sens traditionnel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 10. Usage liturgique : Breviarium Romanum, Matines du dimanche (psautier de saint Pie X, Divino afflatu, 1911, en usage en 1962). Attribution à David : titre du psaume (Fillion).