Les Psaumes
Psaume 38 : le psaume de la pénitence (Psaume 37 de la Vulgate)
Le Psaume 38 que vous cherchez est le Psaume 37 de la Vulgate, l'un des sept psaumes pénitentiels : la prière du pécheur accablé sous la main de Dieu. Texte intégral, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 38 est l'une des grandes prières de la contrition : la voix d'un homme accablé sous le poids de ses fautes, blessé jusqu'aux os, qui n'attend son relèvement que de la miséricorde de Dieu. Il commence par ce cri : Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, et ne me punissez pas dans votre colère. Avant tout, un point de numérotation doit être éclairci, car il déroute beaucoup de lecteurs.
Psaume 38 ou Psaume 37 ? La double numérotation
Le psaume que vous cherchez en tapant « psaume 38 » est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le Psaume 37. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate est celle que l'Église catholique a suivie pendant plus de mille cinq cents ans dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères. Elle y compte ce psaume comme le 37. La numérotation hébraïque, plus récente et retenue par la plupart des bibles modernes, le compte comme le 38. L'écart vient d'une manière différente de regrouper certains psaumes au début du Psautier. Il s'agit donc du même psaume : Psaume 38 (hébreu) = Psaume 37 (Vulgate). Vous trouverez la même double numérotation dans l'ensemble des psaumes.
Le texte intégral du Psaume 38
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion sur la Vulgate, la bible catholique française classique. Le titre hébreu porte : « pour faire souvenir » — un mémorial que le pénitent dresse devant Dieu.
Psaume 37 (38)
Psaume de David, pour faire souvenir, pour le sabbat.
Seigneur, ne me reprenez dans Votre fureur, et ne me punissez pas dans Votre colère.
Car j’ai été percé de Vos flèches, et Vous avez appesanti sur moi Votre main.
Il n’est rien resté de sain dans ma chair à la vue de Votre colère ; il n’y a plus de paix dans mes os à la vue de mes péchés.
Car mes iniquités se sont élevés au-dessus de ma tête, et comme un lourd fardeau elles se sont appesanties sur moi.
Mes plaies ont été remplies de corruption et de pourriture, par l’effet de ma folie.
Je suis devenu misérable, et continuellement tout courbé ; je marchais triste tout le jour.
Car mes reins ont été remplis d’illusions, et il n’y a rien de sain dans ma chair.
J’ai été affligé et humilié outre mesure, et le gémissement de mon cœur m’arrachait des rugissements.
Seigneur, tout mon désir est devant Vous, et mon gémissement ne Vous est point caché.
Mon cœur est troublé, ma force m’a quitté, et la lumière même de mes yeux n’est plus avec moi.
Mes amis et mes proches se sont avancés jusqu’à moi, et se sont arrêtés. Ceux qui étaient près de moi se sont arrêtés à distance.
Et ceux qui en voulaient à ma vie usaient de violence. Ceux qui cherchaient à me faire du mal ont proféré des mensonges, et tout le jour ils méditaient la tromperie.
Mais moi, comme si j’eusse été sourd, je n’entendais pas ; et comme si j’eusse été muet, je n’ouvrais pas la bouche.
Je suis devenu comme un homme qui n’entend pas, et qui n’a pas de répliques dans sa bouche.
Car c’est en Vous, Seigneur, que j’ai espéré ; Vous m’exaucerez, Seigneur mon Dieu.
Car j’ai dit : Que mes ennemis ne se réjouissent pas à mon sujet, eux qui, ayant vu mes pieds ébranlés, ont parlé insolemment de moi.
Car je suis préparé aux châtiments, et ma douleur est toujours devant mes yeux.
Car je proclamerai mon iniquité, et je serai toujours occupé de la pensée de mon péché.
Cependant mes ennemis vivent, et sont devenus plus puissants que moi, et ceux qui me haïssent injustement se sont multipliés.
Ceux qui rendent le mal pour le bien me décriaient, parce que je m’attachais au bien.
Ne m’abandonnez pas, Seigneur mon Dieu ; ne Vous éloignez pas de moi.
Hâtez-Vous de me secourir, Seigneur, Dieu de mon salut.
Le latin de la Vulgate ouvre par les mots que la tradition a retenus : Domine, ne in furore tuo arguas me, neque in ira tua corripias me.
L'un des sept psaumes de la pénitence
Le Psaume 38 appartient au groupe des sept psaumes pénitentiels, que l'Église a réunis très tôt comme l'échelle du repentir : les psaumes 6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142 selon la Vulgate — soit, en numérotation hébraïque, les psaumes 6, 32, 38, 51, 102, 130 et 143. Ce sont les prières que l'âme coupable élève quand elle veut rentrer en grâce.
Deux d'entre eux ouvrent par le même cri que notre psaume. Le Psaume 6 commence exactement de même : Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur. Le sommet du groupe reste le Psaume 51, le Miserere, la grande confession de David après son péché, et le Psaume 130, le De profundis, qui monte des profondeurs. Le Psaume 38 tient sa place propre parmi eux : il est le psaume du pécheur non seulement contrit, mais physiquement écrasé par le poids de sa faute, et abandonné des hommes.
Le sens traditionnel : la voix du pécheur repentant
Rien n'est édulcoré dans ce psaume. Le péché y est décrit comme une blessure du corps entier : il n'est rien resté de sain dans ma chair, mes plaies ont été remplies de corruption et de pourriture, par l'effet de ma folie. Saint Augustin, dans ses commentaires sur les Psaumes, y voit l'aveu d'une âme qui reconnaît que ses maux ne viennent pas du dehors mais de sa propre faute : la souffrance du pénitent est médicinale, elle est la main de Dieu qui opère pour guérir. Le fardeau qui dépasse la tête (mes iniquités se sont élevées au-dessus de ma tête) est l'accumulation des péchés que l'homme seul ne peut plus soulever.
La tradition a lu aussi ce psaume comme une figure de la Passion. Au moment où le juste est frappé, ses amis et ses proches se sont arrêtés à distance ; ses ennemis trament le mensonge ; et lui se tait, comme si j'eusse été muet, je n'ouvrais pas la bouche. Les Pères ont reconnu dans ce silence l'image du Christ muet devant ses accusateurs, portant sur lui, innocent, le châtiment des coupables. Le pénitent qui récite le psaume s'unit ainsi à Celui qui a pris nos fautes sur sa chair. C'est pourquoi il aboutit non au désespoir mais à l'espérance : c'est en vous, Seigneur, que j'ai espéré. Le psaume 40 prolonge ce même mouvement, où l'attente longtemps portée est enfin exaucée et se change en action de grâce.
L'usage liturgique dans l'Office et le Carême
Comme psaume pénitentiel, le Psaume 38 tient une place de choix dans les temps de pénitence. L'Église a de longue date prescrit la récitation des sept psaumes pénitentiels durant le Carême, en particulier les vendredis, et dans les prières pour les mourants et pour les défunts, où l'âme demande grâce devant le jugement. On les récite à genoux, avec les litanies des saints, comme un acte public de contrition.
Dans la récitation hebdomadaire du bréviaire romain de 1962, ce psaume trouve par ailleurs sa place à l'Office de Matines, au fil du Psautier distribué sur la semaine, de sorte que le clerc et le fidèle qui suivent l'Office le prient régulièrement, hors même du Carême. Il y voisine avec le psaume 39, autre chant de Matines où l'homme se reconnaît fragile et périssable devant Dieu. Il s'accorde naturellement avec l'esprit de la confession, dont il est comme la prière préparatoire : reconnaître sa faute, la proclamer, et s'en remettre à la miséricorde.
Quand et comment prier le Psaume 38
Ce psaume convient à tout moment, mais la tradition le réserve surtout à certaines heures de l'âme :
- Avant la confession. Il dispose le cœur à la contrition : je proclamerai mon iniquité. Le prier lentement aide à voir le péché comme Dieu le voit.
- Dans l'épreuve de la maladie ou de l'accablement. Quand le corps souffre et que les forces manquent, le psaume met des mots sur la détresse sans jamais quitter l'espérance.
- Quand on est abandonné ou calomnié. Le fidèle injustement délaissé de ses proches y apprend le silence du juste, qui remet sa cause à Dieu plutôt que de se défendre par la colère.
- En temps de Carême. Récité avec les autres psaumes pénitentiels, il est l'un des meilleurs exercices de la pénitence chrétienne.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque verset peser son poids. Terminez, comme le fait l'Église, par le Gloria Patri. La force du psaume ne tient pas aux mots eux-mêmes, mais à Celui vers qui ils montent : le Dieu de miséricorde qui ne méprise pas un cœur contrit.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 38 est-il aussi appelé Psaume 37 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de mille cinq cents ans, le comptent comme le Psaume 37. La numérotation hébraïque, reprise par les bibles modernes, le compte comme le 38. C'est le même psaume.
Le Psaume 38 est-il un psaume pénitentiel ?
Oui. Il fait partie des sept psaumes pénitentiels (6, 31, 37, 50, 101, 129, 142 dans la Vulgate). C'est la prière du pécheur accablé sous le poids de ses fautes, qui reconnaît sa misère et implore la miséricorde de Dieu.
Qui a écrit le Psaume 38 ?
Le titre du psaume l'attribue à David : « Psaume de David, pour faire souvenir. » C'est la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour tous les psaumes, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie « ne me reprenez pas dans votre fureur » ?
Le pénitent ne demande pas à échapper à toute correction, mais à être corrigé dans la miséricorde plutôt que dans la seule justice. Il reconnaît mériter le châtiment (je suis préparé aux châtiments) et supplie que la main de Dieu le guérisse au lieu de le condamner.
Le Psaume 38 est-il le même que le Psaume 6 ?
Non, ce sont deux psaumes distincts, mais ils ouvrent par les mêmes mots : Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur. Tous deux appartiennent aux sept psaumes pénitentiels et expriment la même contrition ; le Psaume 6 est plus bref, le Psaume 38 plus développé.
Quand faut-il prier le Psaume 38 ?
L'Église le prie surtout pendant le Carême, avec les autres psaumes pénitentiels, et dans les prières pour les mourants. On peut le réciter avant la confession, dans la maladie, ou dans l'épreuve de l'abandon et de la calomnie, comme un acte de contrition remis à la miséricorde de Dieu.
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Sources. Texte du Psaume 37 (38) en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé L.-Cl. Fillion sur la Vulgate (corpus Iter Fidei, bible-fillion, Psaumes 37, 1–23). Incipit latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 37, 2. Rangement parmi les sept psaumes pénitentiels et usage pénitentiel : tradition du Bréviaire romain (psaumes pénitentiels du Carême et des prières pour les défunts). Sens du péché comme blessure et silence du juste : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 37.