Les Psaumes
Psaume 28 : Le Seigneur est ma force et mon bouclier (Psaume 27 de la Vulgate)
Le psaume 28, le cri du fidèle exaucé, s'achève sur le verset le plus cherché : Le Seigneur est ma force et mon bouclier. Texte complet dans la Bible de Fillion, sens traditionnel et place dans la liturgie de 1962.

Le psaume 28 est le cri d'un homme en danger qui devient action de grâces : « Je crierai vers Vous, Seigneur ; mon Dieu, ne gardez pas le silence à mon égard. » Commencé dans l'angoisse, il se retourne à mi-course en une confiance qui a donné son verset le plus célèbre : « Le Seigneur est ma force et mon bouclier. » Nous en donnons ici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, son sens traditionnel, et sa place dans la liturgie de l'Église.
Un mot d'abord sur la numérotation, car elle déroute beaucoup de lecteurs.
Psaume 28 ou psaume 27 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 28 » porte le numéro 27 dans la Vulgate latine, la Bible de l'Église. Il n'y a là ni erreur ni contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate — reçue de la Septante grecque — est celle que l'Église romaine a suivie dans son bréviaire, sa messe et les commentaires des Pères ; ce psaume y est le psaume 27, Ad te, Dómine, clamábo. La numérotation hébraïque, adoptée par les bibles modernes, le compte comme 28 ; l'écart d'une unité vient de la fusion de deux psaumes au début du psautier. C'est le même texte : psaume 28 (numérotation hébraïque) = psaume 27 (Vulgate). Pour se repérer dans l'ensemble, nous renvoyons à notre guide des psaumes.
Le texte complet du psaume 28 (traduction Fillion, sur la Vulgate)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate latine, la Bible de l'Église (La Sainte Bible commentée). Là où l'hébreu emploie le nom divin, la Vulgate dit Dóminus, que Fillion rend par « le Seigneur ».
Psaume 28 (Vulg. 27)
Je crierai vers Vous, Seigneur ; mon Dieu, ne gardez pas le silence à mon égard, de peur que, si Vous ne me répondez pas, je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse.
Exaucez, Seigneur, la voix de ma supplication, quand je Vous prie, quand je lève mes mains vers Votre saint temple.
Ne m'entraînez pas avec les pécheurs ; et ne me perdez pas avec ceux qui commettent l'iniquité ; qui parlent de paix avec leur prochain, et qui ont la méchanceté dans leurs cœurs.
Rendez-leur selon leurs œuvres, et selon la malignité de leurs desseins. Traitez-les selon les œuvres de leurs mains ; donnez-leur le salaire qu'ils méritent.
Car ils n'ont pas compris les œuvres du Seigneur et les œuvres de Ses mains ; Vous les détruirez, et ne les rétablirez pas.
Béni soit le Seigneur, car Il a exaucé la voix de ma supplication.
Le Seigneur est mon aide et mon protecteur ; mon cœur a espéré en Lui, et j'ai été secouru. Et ma chair a refleuri ; aussi Le louerai-je de tout mon cœur.
Le Seigneur est la force de Son peuple, et le protecteur qui ménage les délivrances à Son oint.
Sauvez Votre peuple, Seigneur, et bénissez Votre héritage ; conduisez-les, et exaltez-les à jamais.
En latin, la Vulgate ouvre ainsi : « Ad te, Dómine, clamábo, Deus meus, ne síleas a me : nequándo táceas a me, et assimilábor descendéntibus in lacum. » C'est sous ce nom, Ad te, Domine, clamabo, que la tradition désigne ce psaume.
Psaume 28 signification : du cri à l'action de grâces
Le psaume est de David, comme l'indique son titre. Il se déploie en deux mouvements que sépare le verset 6. D'abord la supplication (versets 1 à 5) : un homme menacé, entouré d'hommes doubles qui « parlent de paix » tout en portant « la malice dans le cœur », se tourne vers Dieu, son unique rocher, et redoute par-dessus tout d'être livré au silence de Dieu, « comme ceux qui descendent dans la fosse ». Puis, à partir du verset 6, tout change de ton : la prière est exaucée, et le cri devient louange. « Béni soit le Seigneur, car il a entendu la voix de mes supplications. » Ce passage du cri à l'action de grâces est celui-là même du psaume 30, « Je t'exalte, Seigneur, car tu m'as relevé », où l'homme arraché à la fosse change ses larmes en allégresse.
Saint Augustin, dans ses Commentaires sur les psaumes (psaume 27), entend ici la voix du Christ et de son Corps l'Église : celui qui prie redoute d'être compté « avec les méchants » et de descendre dans la fosse, c'est-à-dire de partager le sort des impies. La délivrance demandée n'est pas d'abord celle d'un péril passager, mais le salut de l'âme. Les deux derniers versets (8 et 9) élargissent la prière : de l'homme seul on passe au peuple entier et à « son Oint » — en latin *Christi sui —, que la tradition lit comme une prophétie du Christ, force et salut de son peuple. Cette bénédiction finale sur le peuple de Dieu, le psaume 29 la reprend presque mot pour mot : « Le Seigneur donnera la force à son peuple ; le Seigneur bénira son peuple en lui donnant la paix. »
Psaume 28:7 — « Le Seigneur est ma force et mon bouclier »
C'est le verset que l'on cherche en tapant « psaume 28 7 » ou « psaume 28:7 », et le cœur de tout le psaume : « Le Seigneur est ma force et mon bouclier ; en lui s'est confié mon cœur. J'ai été secouru. » La Vulgate dit « Dóminus adjútor meus et protéctor meus : in ipso sperávit cor meum, et adjútus sum. » Le mouvement du verset est décisif : d'abord la confiance (« en lui s'est confié mon cœur »), puis le secours reçu (« j'ai été secouru »), enfin la louange (« je le louerai par mes cantiques »). L'ordre importe : le cœur s'appuie sur Dieu avant même d'être exaucé, et c'est cette confiance que le secours vient récompenser. Le verset n'est pas une formule à réciter pour obtenir, mais l'acte de foi d'une âme qui a déjà tout remis entre les mains de Dieu.
Le psaume 28 dans la liturgie traditionnelle
L'Église n'a pas seulement conservé ce psaume : elle l'a placé au cœur de sa prière publique. Dans le bréviaire de 1962, selon le psautier de saint Pie X, le psaume 27 de la Vulgate se chante à Tierce du lundi, aussitôt après les deux parties du psaume 26, sous l'antienne Illuminátio mea et salus mea Dóminus. Il ouvre ainsi la semaine de travail sous le signe de la confiance. Dans le psautier antérieur, il appartenait à la longue série des psaumes chantés aux Matines du lundi. Le prier le matin, c'est se joindre à cette voix de l'Église.
À la messe traditionnelle, le missel de 1962 tire de ce psaume deux propres. L'introït du sixième dimanche après la Pentecôte est fait des versets 8 et 9 — Dóminus fortitúdo plebis suæ — avec le verset 1 pour psaume : l'Église chante Dieu comme la force de son peuple avant d'entendre l'épître sur le baptême dans la mort du Christ. Et le mercredi de la seconde semaine de Carême, le graduel reprend le verset 9, Salvum fac pópulum tuum, Dómine, avec le verset 1. Ce même verset 9 se retrouve dans le Te Deum — « Sauve ton peuple, Seigneur, et bénis ton héritage » —, preuve que l'Église a fait de cette supplication sa prière de tous les âges.
Comment et quand prier le psaume 28
La tradition en suggère les moments d'élection :
- Dans l'angoisse et le danger, avec le verset 1 : quand la détresse presse au point que l'on redoute le silence même de Dieu, ce psaume met le cri dans la bouche du fidèle.
- Face à la duplicité des hommes, avec le verset 3 : contre ceux qui « parlent de paix » et cachent la malice, le psaume remet le jugement à Dieu plutôt qu'à la vengeance.
- En action de grâces, avec le verset 7 : lorsque le secours est venu, il fournit les mots de la reconnaissance — « mon cœur est dans l'allégresse, et je le louerai par mes cantiques ».
- Pour l'Église et pour tous, avec les versets 8 et 9 : élargir sa prière au peuple de Dieu tout entier, comme le fait la liturgie.
On le récite lentement, en entier, et l'on conclut, comme l'Église, par le Gloria Patri. Il tient sa place parmi les grands psaumes de confiance, aux côtés du psaume 27, « Le Seigneur est ma lumière et mon salut », qui le précède à Tierce du lundi, et du psaume 91, la prière de protection que l'Église chante à Complies. L'essentiel est que le cœur prononce ce que la bouche dit.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 28 est-il aussi appelé psaume 27 ?
À cause des deux numérotations du psautier. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par la liturgie de l'Église, le comptent comme psaume 27, Ad te, Domine, clamabo ; la numérotation hébraïque des bibles modernes le compte comme 28. C'est le même psaume.
Que dit le psaume 28 verset 7 ?
« Le Seigneur est ma force et mon bouclier ; en lui s'est confié mon cœur. J'ai été secouru ; aussi mon cœur est dans l'allégresse, et je le louerai par mes cantiques. » La Vulgate dit Dóminus adjútor meus et protéctor meus. C'est le verset central du psaume : la confiance précède le secours, et le secours appelle la louange.
Qui a écrit le psaume 28 ?
Son titre l'attribue à David : « De David ». C'est la lecture traditionnelle de l'Église, qui tient l'auteur humain pour l'instrument de l'auteur véritable de toute l'Écriture, l'Esprit-Saint.
Que signifie « ceux qui descendent dans la fosse » ?
La fosse désigne le tombeau et le séjour des morts. Le fidèle redoute d'être livré au silence de Dieu et de partager le sort des impies. Saint Augustin y lit moins la mort du corps que la ruine de l'âme séparée de Dieu, dont le psaume demande d'être préservé.
Quand l'Église prie-t-elle le psaume 28 ?
L'Église le chante à Tierce du lundi dans le bréviaire de 1962. À la messe, elle en tire l'introït du sixième dimanche après la Pentecôte et le graduel du mercredi de la seconde semaine de Carême. Le fidèle peut le prier le matin, dans le danger, ou en action de grâces après une délivrance.
Le psaume 28 est-il une prière de protection ?
Il est d'abord une prière de supplication et de confiance : l'appel d'un homme menacé qui trouve en Dieu son rocher, son bouclier et sa force. À ce titre il rejoint les psaumes de confiance de l'Église, sans être une formule magique — sa force est celle d'un acte de foi.
Pour prier le psaume 28 chaque jour, l'application Iter Fidei réunit les psaumes, les prières catholiques et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio : télécharger ici.
Sources. La Sainte Bible commentée, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 28 (Vulg. 27). Vulgate Clémentine, Psalmus 27, Ad te, Domine, clamabo. Breviarium Romanum (psautier de saint Pie X, 1911, conservé en 1962) : psaume 27 à Tierce du lundi. Missale Romanum (1962) : introït du sixième dimanche après la Pentecôte (Ps 27, 8-9 et 1, Dominus fortitudo plebis suae) et graduel du mercredi de la deuxième semaine de Carême (Ps 27, 9 et 1, Salvum fac populum tuum). Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, in Ps. 27.