Les Psaumes
Psaume 29 : la voix du Seigneur sur les eaux (psaume 28 de la Vulgate)
Le psaume 29, la voix du Seigneur qui tonne au-dessus des eaux, chante la majesté de Dieu. Texte complet dans la Bible de Fillion, sens traditionnel et place dans la liturgie de 1962.

Le psaume 29 est le grand psaume de la majesté divine : sept fois y retentit « la voix du Seigneur », qui tonne au-dessus des eaux, brise les cèdres et ébranle le désert, jusqu'à ce que dans le temple tout dise : « Gloire ». Il s'ouvre sur un ordre adressé au ciel — « Offrez au Seigneur gloire et honneur » — et s'achève sur la paix donnée au peuple de Dieu. Nous en donnons ici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, son sens traditionnel, et sa place dans la liturgie de l'Église.
Un mot d'abord sur la numérotation, car elle déroute beaucoup de lecteurs.
Psaume 29 ou psaume 28 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 29 » porte le numéro 28 dans la Vulgate latine, la Bible de l'Église. Il n'y a là ni erreur ni contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate — celle de la Septante grecque — est celle que l'Église romaine a suivie dans son bréviaire, sa messe et les commentaires des Pères ; ce psaume y est le psaume 28, Afferte Domino filii Dei. La numérotation hébraïque, adoptée par les bibles modernes, le compte comme 29 ; la différence vient de la fusion de deux psaumes au début du psautier. C'est le même texte : psaume 29 (numérotation hébraïque) = psaume 28 (Vulgate). Pour situer ce chant dans l'ensemble du psautier, nous renvoyons à notre guide des psaumes.
Le texte complet du psaume 29 (traduction Fillion)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), La Sainte Bible établie sur la Vulgate Sixto-Clémentine, la Bible latine de l'Église. Fillion rend le nom divin par « le Seigneur », là où la Vulgate dit Dominus.
Psaume 29 (Vulg. 28)
Pour la fin de la fête des tabernacles. Offrez au Seigneur, enfants de Dieu, offrez au Seigneur les petits des béliers.
Offrez au Seigneur la gloire et l'honneur ; offrez au Seigneur la gloire due à Son Nom ; adorez le Seigneur dans Son saint parvis.
La voix du Seigneur est au-dessus des eaux ; le Dieu de majesté a tonné ; le Seigneur est au-dessus des grandes eaux.
La voix du Seigneur est puissante ; la voix du Seigneur est majestueuse.
La voix du Seigneur brise les cèdres, et le Seigneur brisera les cèdres du Liban.
Il les mettrez en pièces comme un jeune taureau du Liban, et le bien-aimé est comme le petit des licornes.
La voix du Seigneur fait jaillir des flammes de feu.
La voix du Seigneur ébranle le désert, et le Seigneur fera tressaillir le désert de Cadès.
La voix du Seigneur prépare les cerfs, et découvre les lieux sombres ; et dans Son temple, tous publieront Sa gloire.
Le Seigneur fait persister le déluge, et le Seigneur siège en Roi à jamais.
Le Seigneur donnera la force à Son peuple ; le Seigneur bénira Son peuple dans la paix.
La Vulgate ajoute au premier verset, d'après la Septante, l'appel « et les fils des béliers » (afferte Domino filios arietum) : c'est le tribut d'adoration que tout ce qui vit doit rendre à Dieu. Le sens demeure entier : rien dans la création n'est dispensé de la louange.
La voix du Seigneur : le sens traditionnel
Ce psaume est une théophanie, une manifestation de Dieu dans l'orage. Le poète voit la nuée monter de la mer, franchir le Liban, courir jusqu'au désert, et il ne nomme qu'une chose dans le tonnerre : la voix du Seigneur. Sept fois elle revient, comme les sept dons de l'Esprit-Saint, et chaque fois elle fait une œuvre : elle gronde, elle brise, elle embrase, elle ébranle. La création tremble ; le fidèle, lui, se tient dans le temple et répond : « Gloire ». On rejoint ici le psaume 19, où les cieux eux-mêmes racontent la gloire de Dieu : dans l'orage comme dans le silence des astres, c'est la même majesté du Créateur qui se donne à contempler.
Les Pères ont lu sous l'orage une réalité plus haute. Saint Augustin, commentant ce psaume, entend dans « la voix du Seigneur sur les grandes eaux » la voix de l'Évangile portée par les Apôtres au-dessus des peuples — car les « grandes eaux », dans l'Écriture, figurent la multitude des nations. Les cèdres du Liban que cette voix brise sont l'orgueil du siècle, abattu par la grâce ; les flammes de feu, la charité qu'elle allume, comme au jour de la Pentecôte. Le psaume ne s'arrête pas sur le fracas : il s'achève sur un trône. « Le Seigneur siège, roi pour l'éternité », et sa dernière parole n'est pas la foudre mais la paix donnée à son peuple.
Le psaume 29 dans la liturgie traditionnelle
L'Église n'a pas seulement conservé ce psaume : elle l'a placé au cœur de sa prière du matin. Dans le bréviaire de 1962, selon le psautier de saint Pie X, le psaume 28 de la Vulgate se chante à Laudes du lundi, sous l'antienne tirée de son propre verset 3 : Deus majestátis intónuit, afférte glóriam nómini ejus — « le Dieu de la majesté a tonné, rendez gloire à son nom ». Ce même lundi, la nuit avait déjà porté à Matines l'action de grâces du psaume 30, où un homme relevé de la mort chante lui aussi la louange de Dieu : de l'office de nuit à l'aube, le lundi s'ouvre tout entier sur la gloire rendue au Seigneur. Ouvrir la semaine par ce chant, c'est reconnaître dès l'aube que toute puissance appartient à Dieu seul.
À la messe traditionnelle, le dernier verset du psaume couronne une fête entière. La communion de la messe du Christ-Roi est faite des versets 10 et 11 : Sedébit Dóminus Rex in ætérnum ; Dóminus benedícet pópulo suo in pace — « Le Seigneur, Roi, siégera pour l'éternité ; le Seigneur bénira son peuple en lui donnant la paix ». Ce que le psaume annonçait dans l'orage de l'Ancien Testament — le règne éternel de Dieu et la paix de son peuple — l'Église le chante accompli dans le Christ Roi de l'univers. Le psaume 29 rejoint ainsi les grands chants de la royauté divine, à la suite du psaume 28 qui le précède dans le psautier, dont il partage la note finale de force et de bénédiction sur le peuple de Dieu.
Comment et quand prier le psaume 29
On peut faire de ce psaume sa prière du matin, avec l'Église qui le chante à Laudes du lundi, pour placer la journée sous la souveraineté de Dieu. Il convient aussi à l'heure de l'orage — celui du ciel comme celui de l'âme —, quand tout tremble : sa voix nous rappelle que la tempête elle-même est dans la main de Celui qui « siège, roi pour l'éternité ». On le récite lentement, en entier, et l'on conclut, comme l'Église, par le Gloria Patri. Sa force n'est pas dans les images du tonnerre, mais dans Celui qu'elles annoncent : le Dieu de la gloire, dont la dernière parole à ce peuple est la paix.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 29 est-il aussi appelé psaume 28 ?
À cause des deux numérotations du psautier. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par la liturgie de l'Église, le comptent comme psaume 28, Afferte Domino ; la numérotation hébraïque des bibles modernes le compte comme 29. C'est le même psaume, la voix du Seigneur sur les eaux.
Qui a écrit le psaume 29 ?
Son titre l'attribue à David : « Psaume de David », dit la Bible de Fillion. C'est la lecture traditionnelle de l'Église, qui tient l'auteur humain pour l'instrument de l'auteur véritable de toute l'Écriture, l'Esprit-Saint.
Que signifie « la voix du Seigneur » dans le psaume 29 ?
C'est d'abord le tonnerre de l'orage, image de la puissance de Dieu qui gouverne la création. Les Pères y ont vu la voix de Dieu qui parle aux hommes : pour saint Augustin, la voix de l'Évangile portée par les Apôtres sur les nations, qui brise l'orgueil et allume la charité.
Pourquoi la voix du Seigneur revient-elle sept fois ?
Le psaume nomme sept fois « la voix du Seigneur ». La tradition a rapproché ce nombre des sept dons de l'Esprit-Saint et de la plénitude de l'action divine : rien dans la création, du ciel au désert, n'échappe à cette parole souveraine.
Où l'Église prie-t-elle le psaume 29 ?
Dans le bréviaire de 1962, l'Église le chante à Laudes du lundi, selon le psautier de saint Pie X. À la messe, ses deux derniers versets forment la communion de la fête du Christ-Roi : « Le Seigneur, Roi, siégera pour l'éternité. »
Le psaume 29 parle-t-il vraiment de l'orage ?
Oui. Le poète décrit une tempête qui monte de la mer, franchit les montagnes du Liban et court jusqu'au désert. Mais il ne s'arrête pas au phénomène : à travers le fracas, il adore la majesté de Dieu et conclut sur son règne éternel et sur la paix donnée à son peuple.
Pour prier le psaume 29 chaque jour, l'application Iter Fidei réunit les psaumes, les prières catholiques et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio : télécharger ici.
Sources. La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 29 (Vulg. 28). Vulgate Clémentine, Psalmus 28, Afferte Domino filii Dei. Breviarium Romanum (psautier de saint Pie X, 1911, conservé en 1962) : psaume 28 à Laudes du lundi, antienne Deus majestatis intonuit. Missale Romanum (1962) : communion de la messe de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi (Ps 28, 10-11, Sedebit Dominus Rex in aeternum), fête instituée par Pie XI, Quas primas, 1925. Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, in Ps. 28.