Les Psaumes
Psaume 32 : Heureux celui dont le péché est pardonné (psaume 31 de la Vulgate)
Le psaume 32 est le psaume du pardon — le psaume 31 dans la Vulgate, deuxième des sept psaumes de la pénitence. Texte complet dans la Bible de Fillion, le verset 8, sens traditionnel et place dans la liturgie de 1962.

Le psaume 32 est le psaume du pardon : le cri de bonheur de l'homme dont la faute a été remise et à qui Dieu n'impute plus son iniquité. Dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine —, il porte le numéro 31, et c'est le deuxième des sept psaumes de la pénitence. Nous en donnons ici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, son verset le plus cherché, son sens traditionnel et sa place dans la liturgie.
Psaume 32 ou psaume 31 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 32 » porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le numéro 31. Il existe deux manières de compter les psaumes, à cause du découpage de deux psaumes au début du Psautier : la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes et par le abbé Fillion, a une unité d'avance sur celle de la Vulgate. Donc : psaume 32 (hébreu) = psaume 31 (Vulgate). C'est le même psaume, qui commence en latin par Beati quorum remissæ sunt iniquitates. Ce qui vaut ici vaut pour l'ensemble des psaumes.
Il faut lever une confusion fréquente. Beaucoup cherchent « psaume 32 » avec le refrain « Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espérance est en toi ». Ce verset n'appartient pas à notre psaume : c'est le dernier verset du psaume 33 (que les lectionnaires modernes notent parfois « psaume 32 (33) »). Si c'est ce refrain que vous cherchez, allez au psaume 33. Le psaume 32 dont il est question ici est celui du pardon.
Le texte complet du psaume 32 (traduction Fillion, sur la Vulgate)
Voici le psaume dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate latine, la version de référence de l'Église. Son titre inscrit dans l'Écriture est : « De David, instruction. »
Psaume 32 (31 de la Vulgate)
De David, instruction : Heureux ceux dont les iniquités ont été remises, et dont les péchés sont couverts.
Heureux l'homme à qui le Seigneur n'a pas imputé de péché, et dont l'esprit est exempt de fraude.
Parce que je me suis tu, mes os ont vieilli, tandis que je criais tout le jour.
Car jour et nuit Votre main s'est appesantie sur moi ; je me suis retourné dans ma douleur, pendant que l'épine s'enfonçait.
Je Vous ai fait connaître mon péché, et je n'ai pas caché mon injustice. J'ai dit : Je confesserai au Seigneur contre moi-même mon injustice ; et Vous m'avez remis l'impiété de mon péché.
C'est pour cela que tout homme saint Vous priera au temps favorable. Et quand les grandes eaux fondront comme un déluge, elles n'approcheront pas de lui.
Vous êtes mon refuge dans la tribulation qui m'a entouré ; Vous qui êtes ma joie, délivrez-moi de ceux qui m'environnent.
Je vous donnerai l'intelligence, et Je vous enseignerai la voie par où vous devez marcher ; J'arrêterai Mes yeux sur vous.
Ne soyez pas comme le cheval et le mulet, qui n'ont pas d'intelligence. Resserrez leur bouche avec le mors et le frein, quand ils ne veulent point s'approcher de Vous.
Le pécheur sera exposé à des peines nombreuses ; mais celui qui espère au Seigneur sera environné de miséricorde.
Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, et soyez dans l'allégresse ; et glorifiez-vous en Lui, vous tous qui avez le cœur droit.
Le sens du psaume : le bonheur du pardon
Le psaume ne dit pas heureux l'homme sans faute, mais heureux le pécheur pardonné. C'est là toute sa doctrine, et c'est pourquoi saint Paul le cite pour prouver que l'homme est justifié par la grâce de Dieu et non par ses seules œuvres : « David proclame la béatitude de l'homme à qui Dieu impute la justice sans les œuvres » (Épître aux Romains, IV, 6-8, citant nos deux premiers versets).
Le cœur du psaume est le passage du silence à l'aveu. Tant que le pécheur se tait — « tant que je me suis tu » —, la faute cachée le ronge : ses os se consument, la main de Dieu pèse sur lui jour et nuit. Puis vient l'aveu : « Je t'ai fait connaître mon péché. » Et à peine la confession commencée, le pardon est déjà là : « et toi, tu as remis l'iniquité de mon péché. » Saint Augustin, dans ses commentaires sur les psaumes, s'arrête sur cette rapidité de la miséricorde : Dieu remet la faute au moment même où l'homme cesse de la cacher. Le silence orgueilleux tue, l'aveu humble sauve — c'est ce que l'Église enseigne de la confession : la faute avouée avec un cœur contrit est remise. Le pardon reçu, le pécheur se réfugie tout entier en Dieu — « Tu es mon asile, tu me préserveras de la détresse » —, du même mouvement de confiance que le psaume 31, l'In te, Domine, speravi, où le juste cerné remet ses jours à Dieu comme à son rocher.
« Je t'instruirai et te montrerai la voie » : le verset 8
Le verset le plus cherché de ce psaume est le huitième : « Je t'instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre ; je serai ton conseiller, mon œil sera sur toi » (en latin : Intellectum tibi dabo, et instruam te in via hac qua gradieris). Après le pardon, Dieu ne renvoie pas l'homme à lui-même : il se fait son maître et son guide. Le pécheur relevé est un pécheur conduit. Beaucoup prient ce verset seul, comme une demande de lumière pour un choix, une vocation, un chemin incertain. Le verset suivant en pose la condition : ne pas être « comme le cheval ou le mulet sans intelligence » qu'il faut mener de force par le mors, mais se laisser conduire librement, par docilité.
Un des sept psaumes de la pénitence
Le psaume 32 (31 de la Vulgate) est le deuxième des sept psaumes de la pénitence, avec les psaumes 6, 38, 51, 102, 130 et 143. L'Église les a réunis très tôt comme l'échelle du repentir, et elle les fait prier ensemble, spécialement pendant le Carême, au temps où le chrétien revient à Dieu par la contrition et la confession. Dom Guéranger, dans L'Année liturgique, les présente comme la voix de l'âme pécheresse cherchant le pardon de Dieu.
La tradition en garde un témoignage célèbre. Possidius, dans sa Vie de saint Augustin, raconte que l'évêque d'Hippone, dans sa dernière maladie, fit écrire les psaumes de la pénitence de David et placer les feuilles sur le mur en face de son lit ; il les lisait en pleurant, jusqu'à sa mort. Avec le psaume 51, le grand Miserere, notre psaume 32 forme le couple que tout pénitent apprend d'abord : l'un demande le pardon, l'autre en chante le bonheur. Là où le psaume 102, cinquième de la même série, gémit sous l'accablement de l'épreuve, notre psaume 32 dit déjà la joie de la faute remise.
Comment et quand prier le psaume 32
On peut prier ce psaume à tout moment, mais la tradition en suggère quelques-uns.
- Avant ou après la confession. C'est son usage propre : le psaume dit d'avance la peine de la faute cachée, puis la joie du pardon reçu. Prié après l'absolution, il devient une action de grâces.
- En temps de faute ou de remords. Quand le péché pèse, ce psaume enseigne le seul remède : sortir du silence, avouer, se confier à la miséricorde de Dieu. Il prépare bien à l'acte de contrition.
- Pour demander la lumière. Le verset 8 se prie seul, quand on cherche la voie à suivre.
- Pendant le Carême. Prié avec les six autres psaumes de la pénitence, il est la prière du temps du retour à Dieu.
Sur le chant : dans la liturgie traditionnelle, ce psaume ne se chante pas sur une mélodie propre, mais sur l'un des huit tons psalmodiques, cette récitation grave et égale qui laisse le texte porter la prière. Les paroles à chanter sont celles données plus haut. On termine, comme le fait toujours l'Église, par le Gloire au Père (Gloria Patri). Priez-le sans hâte, car sa force n'est pas dans les mots mais en Celui à qui ils s'adressent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 32 est-il aussi appelé psaume 31 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque — suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles — le comptent comme le psaume 31. La numérotation hébraïque, reprise par les bibles modernes et par Fillion, le compte comme le 32. C'est le même psaume, Beati quorum remissæ sunt iniquitates.
Que dit le psaume 32, 8 ?
Le verset 8 dit : « Je t'instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre ; je serai ton conseiller, mon œil sera sur toi. » C'est la promesse de Dieu au pécheur pardonné : après lui avoir remis sa faute, il se fait son guide. On le prie comme une demande de lumière pour discerner le bon chemin.
Le psaume 32 est-il un psaume de la pénitence ?
Oui. Il est le deuxième des sept psaumes de la pénitence (psaumes 6, 32, 38, 51, 102, 130 et 143 en numérotation hébraïque). L'Église les prie ensemble, surtout au Carême, comme l'expression du repentir et du retour à Dieu.
Qui a écrit le psaume 32 ?
Le titre du psaume l'attribue à David (« De David »), et c'est la lecture constante de l'Église. Saint Paul lui-même l'introduit en disant « David proclame la béatitude de l'homme… » Comme pour tout l'Écriture, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint.
Quelle est la différence entre le psaume 32 et le refrain « Que ton amour, Seigneur, soit sur nous » ?
Ce refrain n'appartient pas au psaume 32, mais au dernier verset du psaume 33, que certains lectionnaires notent « psaume 32 (33) » selon la numérotation grecque. Si vous cherchez « Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espérance est en toi », c'est le psaume 33 qu'il vous faut.
Quand faut-il prier le psaume 32 ?
On le prie particulièrement autour de la confession — avant, pour raviver la contrition ; après, comme action de grâces pour le pardon reçu. Il convient aussi en temps de remords, pour demander la lumière (verset 8), et pendant le Carême avec les autres psaumes de la pénitence.
L'application Iter Fidei contient les psaumes dans la Bible de Fillion, les prières et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio pour prier chaque jour. Télécharger l'application.
Sources. Texte du psaume : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 31 (hébr. 32), versets 1-11. Saint Paul citant le psaume : Épître aux Romains, IV, 6-8 (Fillion). Sens de la confession et de la contrition : Catéchisme du Concile de Trente, partie II, du sacrement de Pénitence. Commentaire patristique : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 31. La mort de saint Augustin avec les psaumes de la pénitence : Possidius, Vie de saint Augustin, ch. 31. Usage liturgique des sept psaumes de la pénitence au Carême : Dom Guéranger, L'Année liturgique (le Carême).