Les Psaumes
Psaume 125, « Ceux qui se confient en le Seigneur » (Psaume 124 de la Vulgate)
Le psaume 125, cantique des montées, chante l'inébranlable confiance de ceux qui s'appuient sur Dieu, fermes comme la montagne de Sion : texte complet dans la Bible de Fillion, double numérotation, sens des Pères et place aux vêpres du mardi dans le Bréviaire de 1962.

Le psaume 125 — « Ceux qui se confient dans le Seigneur sont comme la montagne de Sion » — chante l'inébranlable assurance de l'âme qui s'appuie sur Dieu : elle tient bon comme la montagne où fut bâtie Jérusalem, que rien ne fait chanceler. Nous en donnons ici le texte complet en français, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, puis le latin de la Vulgate, avec le sens que la Tradition lui a toujours reconnu. Un point de numérotation demande d'abord d'être éclairci.
Psaume 125 ou psaume 124 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 125 » porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le numéro 124. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux manières de compter les psaumes, qui divergent à partir du psaume 9 selon la façon de grouper certains cantiques.
La numérotation de la Vulgate est celle que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères : ce psaume y est le 124, qui s'ouvre en latin par Qui confidunt in Domino. La numérotation hébraïque, adoptée par les bibles modernes, le compte comme 125. Donc : psaume 125 (numérotation hébraïque) = psaume 124 (Vulgate). C'est le même psaume, le même Qui confidunt. La traduction de l'abbé Fillion (1895), que nous suivons, est faite sur la Vulgate et porte donc le numéro 124 ; nous rappelons en tête le chiffre hébraïque 125 que vous cherchez.
Le texte complet du psaume 125 (traduction Fillion)
Voici le psaume en entier, du premier au cinquième verset, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate latine de saint Jérôme — l'une des grandes traductions catholiques françaises, fidèle au texte que l'Église a toujours prié. Ceux qui le cherchent dans la version Louis Segond trouveront ici le même psaume dans une traduction catholique, faite par un prêtre de l'Église.
Psaume 125 (124 de la Vulgate)
Cantique des degrés. Ceux qui se confient dans le Seigneur sont comme la montagne de Sion. Il ne sera jamais ébranlé, celui qui habite
dans Jérusalem. Des montagnes sont autour d'elle ; et le Seigneur est autour de Son peuple, dès maintenant et à jamais.
Car le Seigneur ne laissera pas toujours la verge des pécheurs sur l'héritage des justes, de peur que les justes n'étendent leurs mains vers l'iniquité.
Faites du bien aux bons, Seigneur, et à ceux dont le cœur est droit.
Quant à ceux qui se détournent en des voies tortueuses, le Seigneur les emmènera avec ceux qui commettent l'iniquité. Que la paix soit sur Israël !
Et le même psaume dans le latin de la Vulgate, tel que l'Église le chante :
Psalmus 124
Canticum graduum. Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem.
Montes in circúitu ejus : et Dóminus in circúitu pópuli sui, ex hoc nunc et usque in sǽculum.
Quia non relínquet Dóminus virgam peccatórum super sortem justórum : ut non exténdant justi ad iniquitátem manus suas.
Bénefac, Dómine, bonis, et rectis corde.
Declinántes autem in obligatiónes, addúcet Dóminus cum operántibus iniquitátem. Pax super Israël.
« Comme la montagne de Sion » : le sens du psaume
Tout le psaume tient dans une image : la stabilité de la montagne. Celui qui se confie en Dieu n'est pas un roseau que le vent plie, mais un mont que rien n'ébranle. Sion, la colline où s'élevait le Temple, ne bouge pas ; ainsi l'âme fondée sur Dieu demeure ferme au milieu des secousses — non par ses propres forces, mais parce qu'elle s'appuie sur un autre que soi. Le psaume 125 est ainsi, avec le psaume 121, « Je lève les yeux vers les montagnes », l'un des grands chants de la confiance : là où le psaume 121 regarde les monts d'où vient le secours, le psaume 125 déclare le fidèle lui-même devenu inébranlable comme la montagne, parce qu'il s'est remis à celui qui la tient.
Le deuxième verset achève l'image : « Des montagnes sont autour d'elle ; ainsi le Seigneur entoure son peuple. » Saint Augustin, commentant ce psaume dans ses Enarrationes in Psalmos, s'arrête sur ce rempart. Les montagnes qui environnent la ville figurent, dit-il, la protection dont Dieu entoure les siens ; mais il avertit aussitôt de ne pas s'arrêter aux montagnes elles-mêmes — c'est-à-dire aux hommes grands et saints qui protègent l'Église — car ce n'est pas d'elles que vient le salut : « le Seigneur est autour de son peuple ». La garde véritable n'est pas la hauteur des monts, mais celui qui les a faits. Le fidèle qui met sa foi dans un protecteur humain se fonde sur la montagne ; celui qui la met en Dieu se fonde sur l'auteur de la montagne. C'est le même appui que chante toute prière de confiance de l'Église.
Le sceptre des méchants et la mesure de l'épreuve
Le troisième verset ouvre une autre promesse : « Le sceptre des méchants ne restera pas sur l'héritage des justes, afin que les justes ne portent pas aussi leurs mains vers l'iniquité. » L'Église lit ici une loi de la Providence : Dieu permet que les bons soient éprouvés, parfois durement, sous la domination des méchants ; mais il ne le permet pas sans mesure ni sans terme. Il abrège l'épreuve de peur qu'elle n'accable la faiblesse des justes et ne les pousse, à bout de forces, à imiter le mal qu'ils subissent. La tentation n'est jamais laissée plus longtemps que l'âme fidèle ne peut porter. Ainsi le psaume ne promet pas au juste une vie sans persécution, mais une persécution bornée par la bonté de Dieu, qui connaît la faiblesse de ceux qu'il aime.
Les deux derniers versets partagent alors les hommes en deux : « les bons, ceux qui ont le cœur droit », sur qui le psalmiste appelle les bontés de Dieu, et « ceux qui se détournent en des voies tortueuses », rangés avec les artisans d'iniquité. Le psaume se ferme sur un seul mot, comme sa signature : Pax super Israël, « Paix sur Israël ». Non la paix du monde, mais celle du peuple de Dieu affermi dans la confiance — la paix de qui ne chancelle pas.
Un cantique des montées : le psaume des pèlerins
Le titre du psaume, « Cantique des montées » (Canticum graduum dans la Vulgate, d'où le nom de psaumes graduels), le range dans la collection des quinze psaumes (119 à 133 de la Vulgate) que les pèlerins d'Israël chantaient en gravissant la route de Jérusalem pour les grandes fêtes. On montait vers la Ville sainte, bâtie sur sa montagne, et l'on chantait la fermeté de qui met en Dieu son appui. L'Église a reçu ces cantiques et y a lu la figure de sa propre marche : la vie chrétienne est une montée vers la Jérusalem céleste, et le psaume 125 en est le chant de l'assurance tranquille. Il appartient à la même famille que le psaume 124, « Si le Seigneur n'eût été pour nous », action de grâces du peuple délivré, et que le psaume 123, le regard du serviteur levé vers son maître ; et le psaume 126, qui le suit dans la montée, chantera le retour des captifs et les larmes changées en joie. Son titre ne porte pas le nom de David : la Tradition le range parmi les chants du pèlerinage, dans ce Psautier qu'elle attribue globalement à David comme à son auteur principal, l'auteur véritable de toute l'Écriture étant l'Esprit-Saint.
Le psaume 125 dans la liturgie traditionnelle
Le Qui confidunt occupe une place précise dans l'Office divin. Dans le Bréviaire romain issu de la réforme de saint Pie X (1911), en vigueur dans les livres de 1962, le psaume 124 de la Vulgate se chante aux vêpres du mardi, où il figure parmi les cinq psaumes du jour, à la suite des autres cantiques des montées. L'Église proclame ainsi, au déclin du jour, la fermeté de qui s'appuie sur Dieu, avant de remettre la nuit à sa garde. Court et d'une image facile à retenir, ce psaume fut de tout temps l'un de ceux que le fidèle redisait de mémoire.
Comment et quand prier le psaume 125
Ce psaume convient à toute heure, mais la Tradition lui reconnaît des moments propres :
- Dans l'inquiétude et l'instabilité. Quand tout semble vaciller — la santé, le travail, l'âme même —, il donne les mots de la confiance : se tenir ferme comme la montagne, parce qu'on s'appuie sur Dieu et non sur soi.
- Sous l'épreuve ou la persécution injuste. Il assure que le sceptre des méchants ne durera pas toujours, et que Dieu mesure la tentation à la faiblesse des siens.
- Le soir, à l'exemple de l'Église. C'est son usage liturgique aux vêpres du mardi ; on le prie au déclin du jour, en confiant à Dieu ce qui reste incertain.
On le prie sans hâte, verset par verset, et l'on conclut, comme fait l'Église, par le Gloria Patri. Sa force ne tient pas aux mots mais à la foi qui les porte : le Catéchisme de saint Pie X enseigne que nous devons tout attendre de la bonté de Dieu, qui par sa Providence conserve et gouverne toutes choses. Le psaume 125 est cette doctrine devenue prière. Pour situer ce cantique dans l'ensemble du Psautier, voir notre guide sur les psaumes.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 125 est-il aussi appelé psaume 124 ?
À cause des deux numérotations du Psautier. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par la liturgie traditionnelle de l'Église, le comptent comme psaume 124 ; la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes dont la Fillion, le compte comme 125. C'est le même psaume, le Qui confidunt in Domino.
Quel est le sens du psaume 125 ?
C'est un cantique des montées, une prière de confiance. Celui qui s'appuie sur Dieu tient ferme comme la montagne de Sion, que rien n'ébranle ; Dieu entoure son peuple comme les montagnes entourent Jérusalem. Le psaume promet en outre que l'épreuve des justes sous la main des méchants aura son terme, et se ferme sur ces mots : « Paix sur Israël. »
Que signifie « comme la montagne de Sion » ?
Sion est la colline de Jérusalem où s'élevait le Temple, image de stabilité. Dire que le fidèle est « comme la montagne de Sion », c'est dire qu'il demeure inébranlable — non par ses propres forces, mais parce qu'il se confie en Dieu, qui le tient ferme au milieu des épreuves.
Le psaume 125 est-il un psaume de David ?
Son titre ne porte pas le nom de David : il dit seulement « Cantique des montées ». Il appartient à la collection des quinze psaumes graduels chantés par les pèlerins montant à Jérusalem. La Tradition attribue le Psautier dans son ensemble à David comme auteur principal, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint.
Où trouver le psaume 125 en Louis Segond ?
La version Louis Segond est une traduction protestante du même psaume. Nous en donnons ici le texte dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate latine avec l'approbation de l'Église : c'est le même psaume, dans la version que suit la Tradition catholique.
Quand l'Église prie-t-elle le psaume 125 ?
Dans le Bréviaire romain de saint Pie X, en usage dans les livres de 1962, il se chante aux vêpres du mardi, parmi les cantiques des montées. On peut le prier au déclin du jour, dans l'inquiétude ou sous l'épreuve, pour affermir sa confiance en Dieu.
L'application Iter Fidei réunit les psaumes, les prières catholiques, le calendrier liturgique de 1962 et l'audio pour prier — le psaume 125 s'y trouve en français et en latin. Télécharger l'application.
Sources. Psaume 125 : La Sainte Bible traduite par l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 124 de la Vulgate (125 hébreu). Texte latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 124 (Qui confidunt in Domino). Sens spirituel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 124. Usage liturgique : Breviarium Romanum (psautier de saint Pie X, 1911, en vigueur dans les livres de 1962), vêpres du mardi. Doctrine de la Providence et de la confiance en Dieu : Catéchisme de saint Pie X ; Catéchisme du concile de Trente.