Les Psaumes
Psaume 31 : texte intégral, sens et prière (Psaume 30 de la Vulgate)
Le Psaume 31 que vous cherchez est le Psaume 30 de la Vulgate, l'In te Domine speravi : texte intégral en français (Fillion, 1895), double numérotation, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 31 que vous cherchez est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le Psaume 30 de la Vulgate : l'In te, Domine, speravi, le grand cri d'abandon confiant. C'est de ce psaume que Notre-Seigneur a tiré ses dernières paroles sur la Croix, « Entre tes mains je remets mon esprit », et c'est sur son premier verset que se clôt le Te Deum. Nous en donnons ci-dessous le texte intégral en français, puis son sens et son usage liturgique.
Psaume 31 ou Psaume 30 ? La double numérotation
Le psaume que vous trouvez sous le numéro 31 dans la plupart des bibles modernes est, dans la numérotation que l'Église catholique a suivie pendant plus de quinze siècles, le Psaume 30. Ce n'est pas une contradiction, mais deux façons de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme, héritée de la Septante grecque, est celle du Bréviaire romain, de la messe et des commentaires des Pères. Elle nomme ce psaume le 30, qui commence en latin par In te, Domine, speravi, non confundar in aeternum. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme le 31. L'écart vient d'un regroupement différent de quelques psaumes au début du Psautier. Retenons donc : Psaume 31 (hébreu) = Psaume 30 (Vulgate). C'est le même psaume, le même In te Domine speravi. Nous suivons ici le texte français de l'abbé Fillion (1895), fait sur la Vulgate, qui porte les deux numéros.
Le texte intégral du Psaume 31 (Fillion)
Voici le Psaume 31 en entier, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate, une version catholique française de référence.
Psaume 31 (Vulgate XXX)
Pour la fin, psaume de David, pour l’extase.
J’ai espéré en Vous, Seigneur ; que je ne sois jamais confondu ; dans Votre justice délivrez-moi.
Inclinez vers moi Votre oreille ; hâtez-Vous de me délivrer. Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, afin que Vous me sauviez.
Car Vous êtes ma force et mon refuge, et à cause de Votre Nom, Vous me conduirez et me nourrirez.
Vous me tirerez de ce piège qu’ils ont caché contre moi, car Vous êtes mon protecteur.
Je remets mon âme entre Vos mains ; Vous m’avez racheté, Seigneur, Dieu de vérité.
Vous haïssez ceux qui s’attachent sans aucun fruit à des choses vaines. Pour moi, j’ai mis mon espérance dans le Seigneur.
Je tressaillirai de joie et d’allégresse dans Votre miséricorde. Car Vous avez regardé mon état humilié ; Vous avez sauvé mon âme des angoisses.
Et Vous ne m’avez pas livré aux mains de l’ennemi ; Vous avez mis mes pieds au large.
Ayez pitié de moi, Seigneur, car je suis très affligé ; mon œil, mon âme et mes entrailles sont troublés par la colère.
Car ma vie se consume dans la douleur, et mes années dans les gémissements. Ma force s’est affaiblie par la pauvreté, et mes os sont ébranlés.
Plus que tous mes ennemis, je suis devenu un objet d’opprobre, surtout à mes voisins, et l’effroi de ceux qui me connaissent. Ceux qui me voyaient dehors fuyaient loin de moi.
J’ai été oublié des cœurs, comme un mort. J’ai été comme un vase brisé ;
car j’ai entendu les propos injurieux de ceux qui demeurent alentour. Quand ils se réunissaient ensemble contre moi, ils ont tenu conseil pour m’ôter la vie.
Mais j’ai espéré en Vous, Seigneur. J’ai dit : Vous êtes mon Dieu ;
mes destinées sont entre Vos mains. Arrachez-moi de la main de mes ennemis et de mes persécuteurs.
Faites luire Votre visage sur Votre serviteur ; sauvez-moi par Votre miséricorde.
Seigneur, que je ne sois pas confondu, car je Vous ai invoqué. Que les impies rougissent, et qu’ils soient conduits dans l’enfer ;
que les lèvres trompeuses deviennent muettes, elles qui profèrent l’iniquité contre le juste, avec orgueil et insolence.
Qu’elle est grande, Seigneur, l’abondance de Votre douceur, que Vous avez mise en réserve pour ceux qui Vous craignent ! Vous l’exercez envers ceux qui espèrent en Vous, à la vue des enfants des hommes.
Vous les cacherez dans le secret de Votre face, à l’abri du tumulte des hommes. Vous les protégerez dans Votre tabernacle contre les langues qui les attaquent.
Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde dans une ville fortifiée.
Pour moi j’ai dit dans le transport de mon esprit : J’ai été rejeté de devant Vos yeux. C’est pour cela que Vous avez exaucé la voix de ma prière, lorsque je criais vers Vous.
Aimez le Seigneur, vous tous Ses saints ; car le Seigneur recherchera la vérité, et Il châtiera largement ceux qui se livrent à l’orgueil.
Agissez avec courage, et que votre cœur s’affermisse, vous tous qui espérez au Seigneur.
« Entre tes mains je remets mon esprit » : le sens du psaume
Le Psaume 31 est un psaume de David, et l'un des grands psaumes de confiance dans la détresse. Le juste y est cerné : calomnié, oublié « comme un vase brisé », menacé de mort par ceux qui tiennent conseil contre lui. Mais d'un bout à l'autre, une seule réponse monte de sa bouche : « Et moi, je me confie en toi, le Seigneur ; je dis : Tu es mon Dieu. Mes destinées sont dans ta main. » La confiance n'attend pas que le péril s'éloigne ; elle remet tout entre les mains de Dieu au cœur même du péril. Le priant confesse d'ailleurs sa part de faute — « ma force est épuisée à cause de mon iniquité » —, ce qui rapproche ce psaume du psaume 32, où le même David, la faute remise, fait de Dieu son « asile » et l'entoure de « chants de délivrance ».
C'est pourquoi la Tradition a toujours lu ce psaume comme la prière du Christ. Saint Augustin, dans ses commentaires sur les psaumes (Enarrationes in Psalmos), y entend la voix du Christ tout entier, tête et Corps : c'est le Sauveur souffrant qui parle, et avec lui l'Église persécutée de tous les âges. Le verset central le confirme : « Entre tes mains je remets mon esprit » (en latin In manus tuas commendo spiritum meum). Ce sont les dernières paroles de Notre-Seigneur en croix, rapportées par saint Luc : « Père, je remets mon esprit entre vos mains » (Luc 23, 46). En expirant, le Christ a fait sienne cette ligne du Psautier de David. Le juste du psaume était la figure ; le Christ en est la vérité, et il nous apprend à mourir comme à vivre : en nous abandonnant au Père. On retrouve ce même mouvement de remise entre les mains de Dieu dans d'autres psaumes de David, comme le Psaume 30, qui chante la délivrance après l'épreuve.
L'usage liturgique du Psaume 31 dans le rite romain
Ce psaume marque profondément la prière de l'Église. Deux usages sont particulièrement célèbres et remontent bien au-delà des réformes récentes.
D'abord, le Te Deum, la grande action de grâce chantée aux jours de fête, s'achève sur le premier verset de ce psaume : In te, Domine, speravi : non confundar in aeternum — « En toi, Seigneur, j'ai espéré : que je ne sois jamais confondu. » Toute l'hymne de louange se conclut ainsi sur un acte de confiance tiré du Psaume 30. À ce verset l'Église a joint, parmi les versicules qui ferment le Te Deum, le dernier verset du psaume 33, Fiat misericordia tua, Domine, super nos, quemadmodum speravimus in te — « Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, comme nous avons espéré en toi » : deux psaumes de David réunis dans la même espérance.
Ensuite, le verset In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum forme le répons bref des Complies, la dernière heure de l'Office divin que l'Église récite chaque soir avant le repos. Au moment de s'endormir — image de la mort —, le chrétien remet son esprit à Dieu avec les paroles mêmes du Christ mourant. Ce même verset accompagne l'agonie des mourants dans la recommandation de l'âme. Le Psaume 30 est ainsi le psaume du soir, du dernier souffle et de l'espérance qui ne meurt pas. Vous trouverez le déroulement de cette heure du soir dans notre article sur la prière du soir. Sur la Croix, ce verset appartient aussi à la méditation du Vendredi Saint.
Le Psaume 31 dans la traduction Louis Segond
Beaucoup cherchent le « psaume 31 Louis Segond ». La version Segond (1880) est une traduction protestante ; elle numérote le psaume selon l'hébreu, donc 31, et son premier verset s'y lit « Éternel, je cherche en toi mon refuge ». Le texte est proche, car il vient du même original, mais l'autorité et le vocabulaire diffèrent. Pour la prière catholique, nous nous en tenons à la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate et donnée plus haut, où le même psaume porte les deux numéros, 31 et 30.
Quand et comment prier le Psaume 31
Ce psaume convient à tous les moments, mais la Tradition en suggère quelques-uns en particulier.
- Le soir, avant de dormir. C'est son usage liturgique propre, aux Complies. Confiez votre nuit et votre âme à Dieu par le verset « Entre tes mains je remets mon esprit ».
- Dans la détresse, la calomnie ou la persécution. Quand on est accablé, oublié, attaqué, ce psaume donne les mots de la confiance : « Mes destinées sont dans ta main. » C'est l'une des grandes prières de protection du Psautier.
- À l'heure de l'épreuve et de la mort. Le priant du psaume s'abandonne au Père comme le Christ en croix. C'est la prière de l'agonisant et de tous ceux qui veillent auprès des mourants.
- En action de grâce. Le psaume ne s'arrête pas à la plainte : il finit dans la joie, « Béni soit le Seigneur, car il a signalé sa grâce envers moi. »
Priez-le sans hâte, en laissant chaque verset descendre dans le cœur. Terminez, comme le fait l'Église, par le Gloire au Père (Gloria Patri). La force du psaume n'est pas dans les mots, mais dans Celui à qui ils s'adressent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 31 est-il aussi appelé Psaume 30 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 30. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 31. C'est le même psaume, l'In te Domine speravi.
Qui a écrit le Psaume 31 ?
Le titre du psaume l'attribue à David (« Psaume de David »), selon la lecture constante de l'Église. Comme pour tout le Psautier, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie « Entre tes mains je remets mon esprit » ?
C'est le verset central du psaume, un acte d'abandon total à Dieu. Notre-Seigneur l'a prononcé en mourant sur la Croix (Luc 23, 46). Le prier, c'est remettre sa vie, sa nuit et sa mort entre les mains du Père, à l'exemple du Christ.
Quand l'Église prie-t-elle le Psaume 31 ?
Son premier verset clôt le Te Deum, et le verset In manus tuas forme le répons bref des Complies, récité chaque soir. Le même verset accompagne la recommandation de l'âme des mourants. C'est par excellence le psaume du soir et du dernier abandon.
Existe-t-il une version du Psaume 31 en Louis Segond ?
Oui, la version Segond (1880) est une traduction protestante qui le numérote 31 selon l'hébreu. Le texte est proche du nôtre, mais pour la prière catholique nous suivons la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate et donnée dans cet article.
Le Psaume 31 est-il une prière de protection ?
Oui. C'est un psaume de confiance où le juste, cerné par le danger, se réfugie en Dieu : « Sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse. » La Tradition l'a toujours prié comme une demande de secours dans la détresse et la persécution.
Où se trouve le Psaume 31 dans la Bible ?
Dans le Livre des Psaumes (le Psautier), à l'Ancien Testament. Il porte le numéro 31 dans les bibles à numérotation hébraïque, et le numéro 30 dans les bibles catholiques traditionnelles suivant la Vulgate.
L'application Iter Fidei réunit la Bible de Fillion, les psaumes, les prières et le calendrier liturgique de 1962, avec l'audio pour prier chaque jour. Télécharger ici.
Sources. Texte du psaume : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 31 (Vulgate XXX), versets 1–25. Paroles du Christ en croix : Évangile selon saint Luc 23, 46 (Fillion). Lecture christologique et sens traditionnel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 30. Usage liturgique : conclusion du Te Deum et répons bref des Complies, Breviarium Romanum (rite romain traditionnel).