Les Psaumes
Psaume 93 : le Seigneur règne (psaume 92 de la Vulgate)
Le psaume 93 que vous cherchez est le psaume 92 de la Vulgate, le Dominus regnavit qui proclame la royauté de Dieu. Texte intégral en français (Fillion) et en latin, sens traditionnel et usage aux Laudes du dimanche.

Le psaume 93 proclame en cinq versets la royauté éternelle de Dieu : le Seigneur règne, revêtu de majesté et de force, et son trône est établi depuis toujours. Un point mérite d'être éclairci d'emblée, car il déroute souvent : le psaume que vous cherchez sous le numéro 93 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le psaume 92 de la Vulgate, celui qui commence en latin par Dominus regnavit, decorem indutus est.
Psaume 93 ou psaume 92 ? La double numérotation
Il existe deux manières de numéroter les psaumes, et c'est la seule cause de cette confusion. La numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme, héritée de la Septante grecque, est celle que l'Église a suivie pendant plus de mille cinq cents ans dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères. Elle compte ce psaume comme le 92. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme le 93. L'écart d'une unité vient de la façon de regrouper deux psaumes au début du Psautier.
Donc : psaume 93 (numérotation hébraïque) = psaume 92 (numérotation de la Vulgate). C'est un seul et même psaume, le Dominus regnavit. Vous le retrouverez parmi tous les psaumes sous l'un ou l'autre chiffre selon l'édition : les bibles modernes impriment 93, les livres liturgiques traditionnels impriment 92.
Le texte intégral du psaume 93
Voici d'abord le texte en français, dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, puis le latin de la Vulgate, ancre canonique de toute prière de l'Église.
Psaume 93 (92)
Cantique de louange, de David, pour le jour qui précède le sabbat, lorsque la terre fut entièrement créée. Le Seigneur a régné, et a été revêtu de gloire ; le Seigneur a été revêtu et S'est ceint de force.
Car Il a affermi le globe de la terre, qui ne sera point ébranlé.
Votre trône, ô Dieu, est établi depuis longtemps ; Vous êtes de toute éternité. Les fleuves, Seigneur, ont élevé, les fleuves ont élevé leur voix. Les fleuves ont élevé leurs flots,
plus retentissants que la voix des grandes eaux. Les soulèvements de la mer sont admirables ; plus admirable est le Seigneur dans les hauteurs des cieux.
Vos témoignages sont tout à fait dignes de créance. La sainteté convient à Votre maison, Seigneur, dans toute la durée des jours.
Et le même psaume en latin, dans la Vulgate clémentine, tel que l'Église le chante :
Psalmus 92
Dóminus regnávit, decórem indútus est : indútus est Dóminus fortitúdinem, et præcínxit se. Étenim firmávit orbem terræ, qui non commovébitur.
Paráta sedes tua ex tunc : a sǽculo tu es.
Elevavérunt flúmina, Dómine, elevavérunt flúmina vocem suam. Elevavérunt flúmina fluctus suos,
a vócibus aquárum multárum. Mirábiles elatiónes maris ; mirábilis in altis Dóminus.
Testimónia tua credibília facta sunt nimis ; domum tuam decet sanctitúdo, Dómine, in longitúdinem diérum.
Le titre grec et latin ajoute une indication précieuse que l'hébreu ne porte pas : in die ante sábbatum, quando fundáta est terra — « pour le jour d'avant le sabbat, lorsque la terre fut fondée ». Le psaume chante Dieu comme Roi et Créateur, celui qui a affermi le monde de sorte qu'il ne chancelle pas.
« Le Seigneur règne » : le sens du psaume
Tout le psaume tient dans son premier mot : regnavit, il règne. Dieu n'est pas conquérant d'un jour ; il est Roi de toute éternité, et sa royauté n'est pas fragile comme celle des hommes. Son trône est établi dès l'origine, et sa majesté tient le monde en équilibre. C'est le psaume de la souveraineté divine, cousin des autres psaumes du règne qui chantent le Roi de gloire entrant dans son temple. Parmi eux, le psaume 99 reprend le même Dominus regnavit pour proclamer la sainteté de Celui qui siège au-dessus des chérubins.
Les Pères y ont lu davantage encore. Pour saint Augustin, qui a commenté tout le Psautier dans ses Enarrationes in Psalmos, ce psaume proclame le règne du Christ ressuscité : le Seigneur s'est « revêtu de beauté » en prenant notre chair et en la glorifiant, et il règne désormais sur toute la terre. Les fleuves qui « élèvent leur voix » sont, dans la lecture des Pères, les persécuteurs et les puissances tumultueuses de ce monde qui se dressent contre l'Église : ils grondent, mais le Seigneur, « magnifique dans les hauteurs », est plus fort que le fracas des grandes eaux. Ce Roi qui domine le tumulte des grandes eaux est celui-là même que le juste opprimé, au psaume 94, appelle à se lever comme « juge de la terre » contre l'orgueil des méchants. Cette royauté paisible et victorieuse est celle que la liturgie célèbre sous le nom du Christ-Roi.
Le dernier verset scelle le tout : domum tuam decet sanctitúdo — « la sainteté convient à ta maison ». Le Dieu qui règne veut un peuple saint ; ses témoignages, sa loi, sont immuables « pour la durée des jours ». La royauté de Dieu appelle la sainteté de son temple, hier celui de Jérusalem, aujourd'hui l'Église.
Le psaume des Laudes du dimanche
L'Église ne réserve pas ce psaume aux grandes occasions : elle le chante chaque semaine. Dans le bréviaire romain, le psaume 92 Dominus regnavit ouvre les Laudes du dimanche. Ce choix est lumineux : le dimanche est le jour de la Résurrection, le jour où le Christ, sorti vainqueur du tombeau, manifeste son règne. Au lever du soleil, l'Église commence sa journée en proclamant que le Seigneur est Roi. La veille, aux mêmes Laudes du matin, elle avait chanté le cantique du sabbat, qui confessait déjà un Dieu « élevé pour l'éternité » ; ce trône que le samedi devinait, le dimanche le proclame établi « dès l'origine ».
Dom Guéranger, dans L'Année liturgique, explique que ce psaume s'accorde parfaitement au dimanche parce qu'il unit la création et la rédemption : Dieu a « fondé la terre » le sixième jour, et il a refondé le monde en ressuscitant le premier jour de la semaine. Prier le Dominus regnavit au matin du dimanche, c'est saluer le Roi ressuscité au seuil de son propre jour. C'est aussi pourquoi il a toute sa place dans la prière du matin, comme premier acte de foi de la journée.
Comment prier le psaume 93
Ce psaume est bref : cinq versets, appris en quelques jours. La tradition en suggère quelques usages :
- Au matin, surtout le dimanche. C'est son usage liturgique propre. Récitez-le comme l'Église le récite aux Laudes, pour ouvrir le jour en confessant la royauté de Dieu.
- Dans le trouble et le tumulte. Quand « les fleuves élèvent leur voix » — épreuves, oppositions, agitation du monde —, ce psaume rappelle que Dieu demeure « magnifique dans les hauteurs », au-dessus du fracas.
- En latin, au moins le premier verset. Retenir le Dóminus regnávit, decórem indútus est, c'est s'unir à la voix de l'Église de tous les siècles.
Récitez-le sans hâte, et terminez comme le fait l'Église, par le Gloria Patri — « Gloire au Père » —, qui rapporte au Dieu trois fois saint la royauté que le psaume vient de chanter.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 93 est-il aussi appelé psaume 92 ?
À cause des deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme psaume 92. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 93. C'est le même psaume, le Dominus regnavit.
Qui a écrit le psaume 93 ?
L'hébreu ne porte pas de titre ; la tradition, avec la Septante, le rattache au recueil de David et des psaumes de la royauté divine. Comme pour tout le Psautier, l'auteur humain, dans la lignée du roi David, n'est que l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie « le Seigneur règne » (Dominus regnavit) ?
C'est la proclamation que Dieu est Roi de toute éternité, et non seulement Créateur du monde. Les Pères y ont vu la royauté du Christ ressuscité, revêtu de gloire, régnant sur toute la terre et sur son Église.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 93 ?
Dans le bréviaire romain, le psaume 92 Dominus regnavit ouvre les Laudes du dimanche, parce que le dimanche est le jour de la Résurrection, où le Christ manifeste son règne.
Que veulent dire « les fleuves ont élevé leur voix » ?
C'est une image du tumulte des puissances de ce monde qui grondent comme des torrents en crue. Le psaume répond que Dieu, « magnifique dans les hauteurs », est plus fort que le fracas des grandes eaux : rien ne renverse son trône.
Peut-on prier le psaume 93 en latin ?
Oui, et c'est louable. Le réciter en latin, en commençant par le Dóminus regnávit, decórem indútus est, unit le fidèle à la prière de l'Église de tous les siècles, telle qu'elle l'a chantée au long de sa tradition.
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Sources. Psaume 93 en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 92, 1-5). Texte latin : Vulgate clémentine, Psalmus 92. Usage liturgique aux Laudes du dimanche : Breviarium Romanum (Office de Laudes du dimanche). Commentaire spirituel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 92 ; Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique (offices du dimanche).