Les Neuvaines
Neuvaine à Marie qui défait les nœuds
La neuvaine complète à Marie qui défait les nœuds : la prière quotidienne exacte, les neuf jours, l'histoire du tableau d'Augsbourg et de la Nouvelle Ève, la version courte, le PDF à imprimer et les réponses à vos questions.

Il est des situations qui semblent inextricables : un mariage qui se défait, un enfant qui s'éloigne, une brouille qui dure, une dépendance dont on n'arrive pas à sortir, une angoisse qui étouffe. La neuvaine à Marie qui défait les nœuds s'adresse précisément à ces liens que nous ne parvenons plus à dénouer seuls : pendant neuf jours, nous confions un « nœud » précis à la Très Sainte Vierge pour qu'elle intercède auprès de son Fils. On la commence n'importe quel jour, de préférence en la faisant s'achever le jour d'une fête mariale, et l'on garde du début à la fin la même intention entre les mains de notre Mère.
Vous trouverez ci-dessous le texte exact de la prière quotidienne, le déroulement des neuf jours, les variantes les plus demandées (cause désespérée, version courte, texte à imprimer), la manière de la réciter et l'histoire véritable de cette dévotion.
Une note sur cette dévotion
Cette dévotion mérite une parole de vérité, car nous refusons de présenter comme immémorial ce qui ne l'est pas. La racine théologique de « Marie qui défait les nœuds » est, elle, très ancienne et parfaitement traditionnelle : elle remonte à saint Irénée de Lyon, au IIe siècle, qui écrivait dans son traité Contre les hérésies que « le nœud de la désobéissance d'Ève a été dénoué par l'obéissance de Marie ». Marie est la Nouvelle Ève, celle qui défait le nœud que la première Ève avait noué. Le tableau qui a fixé cette image date, lui, du tournant de 1700 : il est donc ancien, mais non médiéval.
En revanche, la diffusion mondiale de cette dévotion sous sa forme actuelle — l'image reproduite, la prière et la neuvaine telle qu'on la connaît — est récente : elle date de la fin du XXe siècle. Nous la proposons ici parce qu'elle est très recherchée, doctrinalement saine et enracinée dans la plus pure tradition mariale ; mais nous la présentons pour ce qu'elle est, sans en faire un charme ni une recette magique. Marie ne « défait les nœuds » qu'en nous obtenant la grâce de son Fils ; la neuvaine est une prière de confiance et de conversion, non une formule automatique. Celui qui suit strictement les livres de 1962 trouvera dans le chapelet et dans la consécration à Marie le même trésor sous une forme immémoriale.
La prière quotidienne à Marie qui défait les nœuds
Voici la prière que l'on récite chaque jour de la neuvaine, une fois la méditation du jour achevée. C'est le texte reçu et diffusé dans les paroisses de langue française :
Vierge Marie, Mère du bel Amour, Mère qui n'as jamais abandonné un enfant qui crie au secours, Mère dont les mains travaillent sans cesse pour tes enfants bien-aimés, car elles sont poussées par l'Amour divin et l'infinie Miséricorde qui déborde de ton cœur, tourne ton regard plein de compassion vers moi.
Vois le paquet de « nœuds » qui étouffent ma vie. Tu connais mon désespoir et ma douleur. Tu sais combien ces nœuds me paralysent.
Marie, Mère que Dieu a chargée de défaire les « nœuds » de la vie de tes enfants, je dépose le ruban de ma vie dans tes mains. Personne, pas même le Malin, ne peut le soustraire à ton aide miséricordieuse. Dans tes mains, il n'y a pas un seul nœud qui ne puisse être défait.
Mère toute-puissante, par ta grâce et ton pouvoir d'intercession auprès de ton Fils Jésus, mon Libérateur, reçois aujourd'hui ce « nœud »… (le nommer si possible). Pour la gloire de Dieu, je te demande de le défaire, et de le défaire pour toujours. J'espère en toi.
Tu es l'unique Consolatrice que Dieu m'a donnée, tu es la forteresse de mes forces fragiles, la richesse de mes misères, la délivrance de tout ce qui m'empêche d'être avec le Christ. Accueille mon appel. Garde-moi, guide-moi, protège-moi. Tu es mon refuge assuré.
Marie, toi qui défais les nœuds, prie pour moi. Amen.
Le déroulement de chaque jour
Chacun des neuf jours suit le même ordre. On commence par choisir une seule intention — le nœud que l'on veut confier — et l'on s'y tient jusqu'au bout :
- Le signe de croix : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen. »
- L'acte de contrition : on demande pardon à Dieu de ses péchés, avec la ferme résolution de se corriger.
- Les trois premières dizaines du chapelet (trois « Notre Père », trente « Je vous salue Marie »).
- La méditation du jour (voir ci-dessous), portée dans le silence du cœur.
- Les deux dernières dizaines du chapelet.
- La prière à Marie qui défait les nœuds (le texte donné plus haut).
- Le signe de croix pour conclure.
Les neuf jours de la neuvaine
La neuvaine gravite tout entière autour du chapelet : chaque jour, on médite l'un des visages de la Sainte Vierge et l'on Lui remet un peu plus du « ruban » de sa vie. Voici l'intention et le thème propres à chacun des neuf jours, que l'on unira à sa demande personnelle.
Jour 1 — Marie, Nouvelle Ève et Vierge très pure
On confie à Marie, celle dont l'obéissance a dénoué le nœud de la désobéissance d'Ève, le premier nœud de notre vie, en Lui demandant la grâce d'un cœur pur et docile à Dieu.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 2 — les vertus qui délient
On demande à la Sainte Vierge la pureté, le détachement et l'humilité qui, seuls, permettent de défaire nos liens intérieurs.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 3 — le pardon
On dépose le nœud de la rancune et de l'amertume, en implorant la grâce de pardonner comme nous voulons être pardonnés.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 4 — la foi guérie
On présente à Marie une foi lasse ou blessée, pour qu'elle la ranime et rende à notre âme la confiance en la Providence.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 5 — la sagesse et la douceur
On demande de traverser l'épreuve avec paix et douceur, sans se raidir ni se révolter.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 6 — la patience et la persévérance
On confie le nœud du découragement, en priant pour tenir bon dans l'attente, car la neuvaine est une prière persévérante.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 7 — la délivrance du mal
On remet à Marie tout ce qui, en nous ou autour de nous, subit l'emprise du Malin, afin d'en être délivré par sa protection.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 8 — le don total
À l'image de la Visitation, on se donne tout entier à Marie, ne gardant plus rien pour soi, remettant la totalité du ruban de sa vie entre ses mains.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 9 — l'action de grâce
On rend grâce à la Mère de Dieu, notre Mère, pour tout ce qu'elle a déjà obtenu, avec la certitude qu'aucun nœud n'est trop serré pour ses mains.
Le neuvième jour, il est bon d'ajouter un Magnificat ou un Souvenez-vous en action de grâce, et, si l'on peut, de s'approcher des sacrements de confession et de l'Eucharistie.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Les variantes de la neuvaine
Pour une cause désespérée ou une intention précise
Beaucoup viennent à cette neuvaine avec un nœud qui paraît impossible à défaire : un couple au bord de la rupture, un procès, une maladie, une addiction, un enfant éloigné de la foi. C'est précisément l'esprit de cette dévotion. Au moment de nommer le nœud dans la prière quotidienne, on peut le formuler ainsi :
Marie, Mère que Dieu a chargée de défaire les nœuds, je te confie aujourd'hui cette cause qui me semble sans issue (nommer la situation). Je sais que dans tes mains il n'y a pas un seul nœud qui ne puisse être défait. Obtiens-moi de ton Fils, si telle est sa volonté, la grâce que j'implore, et, quoi qu'il advienne, la paix de m'abandonner à Lui.
Pour une cause désespérée, on peut aussi joindre à cette neuvaine celle à saint Jude, patron des causes désespérées, ou celle à sainte Rita, avocate des causes impossibles.
La version courte
Lorsque le temps manque, on peut réciter la neuvaine sous une forme brève : le signe de croix, une seule dizaine de chapelet à l'intention du jour, puis la prière à Marie qui défait les nœuds. L'essentiel n'est pas la longueur, mais la fidélité des neuf jours et la sincérité du cœur.
Une invocation à répéter dans la journée
Pour garder son nœud présent devant Marie tout au long du jour, on peut redire souvent cette courte jaculatoire :
Marie, toi qui défais les nœuds, prie pour moi.
Le texte à imprimer ou en PDF
Beaucoup cherchent un « livret » ou un « PDF » de la neuvaine à emporter. Le plus simple est d'imprimer cette page : vous y trouverez la prière quotidienne, le déroulement et les neuf jours réunis. Vous pouvez aussi retrouver ce texte, mis en forme pour la prière quotidienne, dans notre application, qui vous accompagne jour après jour sans qu'aucune feuille ne se perde.
Mieux qu'un PDF : l'application Iter Fidei vous présente chaque jour le bon texte et vous rappelle de le prier, même sans connexion. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Comment réciter cette neuvaine
Quand la commencer ? Une neuvaine se prie sur neuf jours consécutifs, aussi peut-on la débuter n'importe quel jour de l'année. Il est beau de la faire s'achever le jour d'une grande fête de la Sainte Vierge, en comptant neuf jours en arrière depuis la fête. On la commence donc, par exemple, le 7 décembre pour l'achever le 8, jour de l'Immaculée Conception ; le 7 septembre pour la Nativité de la Vierge ; le 15 août pour l'Assomption ; ou encore autour du Rosaire en octobre. Ce n'est pas une obligation : le nœud pressant se confie sans attendre.
Comment la réciter ? Chaque jour, au même moment si possible, on reprend le déroulement en sept étapes donné plus haut, en gardant du premier au dernier jour la même intention. On médite le thème du jour, on prie le chapelet, on récite la prière à Marie qui défait les nœuds en nommant son nœud. La régularité vaut mieux que la ferveur intermittente : mieux vaut prier neuf jours de suite avec simplicité que de tout dire une seule fois avec emphase.
Dans quel esprit ? Une neuvaine n'est jamais une formule qui contraindrait le Ciel. Nous prions avec confiance, mais aussi avec abandon : Marie obtient toujours une grâce, quand ce ne serait pas celle que nous demandons, ce sera celle de porter notre croix en paix. Si vous découvrez cette forme de prière, notre article qu'est-ce qu'une neuvaine en explique tout le sens.
L'histoire de la dévotion à Marie qui défait les nœuds
Cette dévotion a un lieu, une date et une histoire précis. Tout part d'un tableau conservé dans l'église Saint-Pierre-au-Perlach (Sankt Peter am Perlach), à Augsbourg, en Bavière. La toile, intitulée Maria Knotenlöserin — « Marie qui défait les nœuds » —, fut peinte vers 1700 par Johann Georg Melchior Schmidtner. On y voit la Vierge, entourée d'anges, dénouant patiemment de ses doigts les nœuds d'un long ruban blanc que lui présente un ange, tandis qu'elle en tend l'autre extrémité, lissée et libre, à un second ange. Sous ses pieds, elle écrase la tête du serpent.
Le tableau fut commandé par un prêtre d'Augsbourg, Hieronymus Ambrosius Langenmantel, en mémoire d'un événement survenu dans sa propre famille. Son aïeul, Wolfgang Langenmantel, marié à Sophie Rentz, était au bord de la séparation. Désespéré, il alla trouver à Ingolstadt un jésuite réputé pour sa dévotion mariale, le Père Jakob Rem. Celui-ci pria pour ce ménage devant une image de la Vierge et, dit la tradition, éleva vers elle le ruban du mariage en la suppliant de le « dénouer », c'est-à-dire d'en défaire les nœuds. Le foyer fut sauvé et resta uni. C'est en souvenir de cette grâce que le petit-fils fit peindre le tableau, près d'un siècle plus tard.
Mais Schmidtner ne fit qu'illustrer une intuition bien plus ancienne. La composition traduit en images une phrase de saint Irénée de Lyon, Père de l'Église du IIe siècle. Dans son traité Contre les hérésies, méditant le parallèle entre Ève et Marie, il écrivait : « Le nœud de la désobéissance d'Ève a reçu son dénouement par l'obéissance de Marie ; ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l'a délié par sa foi. »
Voilà le cœur de la dévotion : Marie est la Nouvelle Ève. Là où la première femme avait, par son péché, serré le nœud qui étranglait l'humanité, la Vierge de l'Annonciation, par son fiat, a commencé de le défaire, en donnant au monde le Rédempteur. Cette dévotion n'est donc pas une nouveauté sentimentale : elle prolonge la doctrine mariale la plus antique, celle de la communion des saints et de l'Incarnation et de la Rédemption.
Le tableau resta longtemps une dévotion locale bavaroise. Sa diffusion mondiale date des années 1980 : un jeune prêtre argentin, de passage en Allemagne, en rapporta une reproduction et répandit largement l'image et la prière en Amérique latine, d'où elle gagna le monde entier. C'est ce qui explique que cette dévotion, ancienne par sa toile et immémoriale par sa théologie, soit devenue si populaire de nos jours.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine à Marie qui défait les nœuds ?
On choisit un « nœud » — une difficulté précise — et on le confie à Marie pendant neuf jours consécutifs. Chaque jour : signe de croix, acte de contrition, trois dizaines de chapelet, la méditation du jour, deux dernières dizaines, puis la prière à Marie qui défait les nœuds, en nommant son intention. On garde la même intention du premier au dernier jour.
Quand faut-il faire cette neuvaine ?
À tout moment de l'année : une neuvaine se prie sur neuf jours de suite, sans date imposée. Il est beau de la faire s'achever le jour d'une fête mariale (Immaculée Conception le 8 décembre, Assomption le 15 août, Nativité de la Vierge le 8 septembre) en comptant neuf jours en arrière. Mais un besoin pressant ne se remet pas au lendemain.
Combien de temps dure la neuvaine ?
Neuf jours consécutifs, comme toute neuvaine. Le déroulement complet d'une journée demande une vingtaine de minutes, à cause du chapelet ; la version courte, quelques minutes seulement. L'important est la fidélité des neuf jours d'affilée.
Quelle demande peut-on présenter à Marie qui défait les nœuds ?
Tout nœud qui étouffe la vie : difficulté conjugale, brouille familiale, maladie, dépression, addiction, recherche d'emploi ou de logement, enfant éloigné de la foi, angoisse. On confie une intention principale, en la nommant au moment prévu dans la prière.
Faut-il allumer une bougie de neuvaine ?
Non, ce n'est nullement nécessaire. Une bougie peut soutenir la prière comme un signe de la lumière que l'on veut garder allumée devant Dieu, mais la neuvaine ne vaut ni par la cire ni par aucun objet : elle vaut par la foi et la persévérance du cœur. Aucun objet n'a de pouvoir en lui-même ; se fier à un objet serait de la superstition.
Peut-on faire cette neuvaine pour quelqu'un d'autre ?
Oui, et c'est un très bel acte de charité. On peut confier à Marie le nœud d'un proche — un couple, un malade, un enfant — exactement comme un nœud personnel. La prière d'intercession pour autrui est au cœur de la communion des saints.
Cette dévotion est-elle approuvée par l'Église ?
Le tableau d'Augsbourg (vers 1700) est vénéré dans l'église Saint-Pierre-am-Perlach, mais ce vocable n'a ni fête ni office dans le calendrier de 1962, et la neuvaine elle-même est une composition récente, sans texte liturgique. Sa doctrine — Marie Nouvelle Ève, médiatrice de la grâce de son Fils — est parfaitement conforme à la foi catholique.
Que faire si je n'obtiens pas ce que je demande ?
Il faut se rappeler qu'une neuvaine n'est pas une formule magique qui contraindrait Dieu. Marie obtient toujours une grâce à qui la prie : parfois celle qu'on demandait, parfois une meilleure — la force de porter sa croix, la paix, la conversion d'un cœur. Persévérez dans la confiance ; l'abandon à la volonté de Dieu est déjà une victoire sur le plus dur des nœuds.
Pour prier chaque jour la neuvaine à Marie qui défait les nœuds, le chapelet et les grandes prières de la tradition, guidé pas à pas, notre application vous accompagne. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies (livre III) ; Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (l'Annonciation, Luc I) ; prière à Marie qui défait les nœuds, texte approuvé diffusé dans les diocèses de langue française ; tradition mariale de l'Église touchant Marie Nouvelle Ève et médiatrice de toutes grâces.