L'Année liturgique
L'Épiphanie : définition, date du 6 janvier, les Rois mages et la galette
L'Épiphanie, célébrée le 6 janvier, commémore la manifestation du Christ aux nations dans la personne des Mages : définition, signification, date 2026, galette des rois et bénédiction de la craie.

L'Épiphanie est la fête de la manifestation de Notre-Seigneur Jésus-Christ aux nations, dans la personne des Mages venus d'Orient l'adorer à Bethléem ; sa date traditionnelle est le 6 janvier. En 2026, le 6 janvier tombe un mardi ; le calendrier traditionnel de l'Église maintient la fête à ce jour, tandis que le calendrier moderne, dans les pays où le 6 janvier n'est pas férié, en reporte la célébration au dimanche 4 janvier 2026.
Le mot vient du grec epiphaneia, « manifestation », « apparition ». Après l'Avent qui prépare la venue du Sauveur et Noël qui montre l'Enfant-Dieu aux bergers d'Israël, l'Épiphanie le montre aux Gentils : c'est la vocation de toutes les nations à la foi. Dom Guéranger l'appelle, avec toute la tradition, la fête des Rois, et rappelle qu'elle est l'une des plus anciennes et des plus solennelles de l'année chrétienne.
Épiphanie : définition et signification
La définition est simple : l'Épiphanie est la fête qui célèbre la manifestation du Christ au monde. La liturgie romaine y unit trois mystères, que l'antienne des secondes Vêpres énumère : l'adoration des Mages, le baptême du Christ dans le Jourdain, et le changement de l'eau en vin aux noces de Cana. Trois manifestations d'un même Dieu fait homme : aux nations par l'étoile, au peuple assemblé par la voix du Père, aux disciples par le premier miracle. Dom Guéranger développe ce triple mystère dans L'Année liturgique (Le Temps de Noël).
La signification spirituelle de la fête tient dans ce mouvement : Dieu ne s'est pas manifesté pour Israël seul, mais pour tous les peuples, et les Mages sont les prémices de la gentilité appelée à la foi. Saint Léon le Grand, dans ses sermons pour l'Épiphanie, voit dans leur adoration le commencement de la vocation de tous les païens — c'est-à-dire la nôtre.
Que veut dire « avoir une épiphanie » ?
Le mot est passé dans la langue courante et littéraire : « avoir une épiphanie » y désigne une prise de conscience soudaine, une révélation intérieure — sens que l'écrivain James Joyce a fixé dans la littérature au début du XXe siècle. Les dictionnaires donnent pour synonymes manifestation, révélation, théophanie ; l'anglais dit Epiphany. Cet usage dérivé procède du sens religieux, qui demeure le sens premier : la manifestation de Dieu aux hommes.
La date de l'Épiphanie : le 6 janvier
La date traditionnelle de l'Épiphanie est fixe : le 6 janvier, douze jours après Noël. Cette date est attestée en Orient dès le IIIe siècle et reçue à Rome au IVe ; elle n'a jamais varié dans le calendrier traditionnel.
| Année | 6 janvier (date traditionnelle) | Dimanche de célébration (calendrier moderne, France) |
|---|---|---|
| 2025 | lundi 6 janvier | dimanche 5 janvier |
| 2026 | mardi 6 janvier | dimanche 4 janvier |
| 2027 | mercredi 6 janvier | dimanche 3 janvier |
| 2028 | jeudi 6 janvier | dimanche 2 janvier |
L'Épiphanie 2026 tombe donc le mardi 6 janvier 2026 ; les paroisses qui suivent le calendrier moderne la célèbrent le dimanche 4 janvier. Le 6 janvier n'est pas un jour férié en France ; il l'est en Espagne — où le día de los Reyes demeure le jour des étrennes des enfants —, en Italie, en Autriche, en Pologne et dans plusieurs Länder allemands. C'est précisément pour les pays où il n'est pas chômé que la réforme moderne du calendrier a déplacé la célébration au dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier ; le missel traditionnel de 1962, lui, garde le 6 janvier.
Les Rois mages dans l'Évangile (Matthieu 2)
L'histoire de l'Épiphanie est dans la Bible, au chapitre 2 de saint Matthieu : « Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem, disant : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer » (Matthieu 2, 1-2, Crampon). Conduits par l'étoile jusqu'au lieu où était l'Enfant, « ils trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11).
Les Pères ont lu dans ces trois dons une confession de foi : saint Léon le Grand enseigne que les Mages offrent l'or au roi, l'encens à Dieu, la myrrhe à l'homme mortel — la royauté, la divinité et la Passion du Christ annoncées dès la crèche. L'Évangile ne donne ni leur nombre ni leurs noms ; la tradition, à partir du nombre des dons, en compte trois et les nomme depuis les premiers siècles Gaspard, Melchior et Balthazar. Leurs reliques sont vénérées à Cologne depuis 1164. C'est en mémoire de leur adoration que les santons des Mages rejoignent la crèche de Noël le 6 janvier.
La galette des rois : l'origine religieuse de la tradition
La galette des rois est la coutume domestique attachée à la fête des Rois : puisque l'Épiphanie est le jour où les rois d'Orient trouvèrent le Roi des rois, la France chrétienne a « tiré les rois » ce jour-là dès le Moyen Âge. Un gâteau est partagé entre les convives ; celui qui trouve la fève cachée dans sa part est proclamé roi et reçoit la couronne. L'usage ancien voulait qu'une part fût mise à côté — la « part du Bon Dieu » ou « part du pauvre » —, donnée au premier indigent qui se présentait : l'aumône couronnait la fête.
La galette n'est pas un rite liturgique ; c'est une coutume de la maison, née de la fête et ordonnée à elle. Elle garde son sens si elle le garde tout entier : on tire les rois parce que des rois se sont agenouillés devant Dieu fait enfant. Détachée de l'Épiphanie, la galette n'est plus qu'une pâtisserie de janvier ; rattachée à elle, elle est une leçon de foi donnée à table.
La bénédiction de la craie et de l'eau de l'Épiphanie
Le Rituel romain attache à l'Épiphanie des bénédictions propres. La bénédiction de la craie se fait ce jour-là : les fidèles emportent la craie bénite et inscrivent au linteau de leur porte les initiales traditionnelles des Mages encadrées du millésime — pour 2026 : 20 + C + M + B + 26 (Caspar, Melchior, Balthazar ; les mêmes lettres se lisent Christus Mansionem Benedicat, « que le Christ bénisse cette maison »). La maison est ainsi placée pour l'année sous la protection du Christ manifesté aux nations.
Le Rituel contient de même la bénédiction solennelle de l'eau de l'Épiphanie, à la vigile, en mémoire du baptême du Christ dans le Jourdain, ainsi que la bénédiction des maisons. Enfin, à la messe du jour, après l'Évangile, le chant du Noveritis proclame les fêtes mobiles de l'année qui s'ouvre, et d'abord la date de Pâques : l'Épiphanie, manifestation du Seigneur, annonce la Pâque du Seigneur.
L'Épiphanie dans la liturgie traditionnelle
Dans le calendrier traditionnel, l'Épiphanie est une fête de première classe, précédée d'une vigile et longtemps prolongée par une octave, que la réforme de 1955 a supprimée ; le 13 janvier demeure au calendrier de 1962 la Commémoraison du baptême de Notre-Seigneur. Les dimanches qui suivent se comptent « après l'Épiphanie », jusqu'à la Septuagésime. À la messe traditionnelle du 6 janvier, l'Église chante l'introït Ecce advenit : « Voici que vient le Souverain Maître » ; à l'offertoire, le psaume 71 : « Les rois de Tharsis et des îles offriront des présents ; tous les rois se prosterneront devant lui. »
Le cycle de la Nativité s'achève quarante jours après Noël, le 2 février, à la Chandeleur, où le même Enfant manifesté aux Mages est présenté au Temple comme « lumière pour éclairer les nations ».
Questions Fréquentes
Qu'est-ce que l'Épiphanie ?
L'Épiphanie est la fête de la manifestation du Christ aux nations, dans la personne des Mages venus d'Orient l'adorer à Bethléem (Matthieu 2). La liturgie y joint deux autres manifestations : le baptême du Christ dans le Jourdain et le miracle des noces de Cana. Elle est célébrée le 6 janvier.
C'est quand l'Épiphanie 2026 ?
La date traditionnelle de l'Épiphanie 2026 est le mardi 6 janvier 2026. Dans le calendrier moderne appliqué en France, la célébration est reportée au dimanche 4 janvier 2026. Le calendrier traditionnel de 1962 garde le 6 janvier.
Quel jour est l'Épiphanie ?
Le 6 janvier, douze jours après Noël ; cette date est fixe dans le calendrier traditionnel. Là où le 6 janvier n'est pas férié, le calendrier moderne déplace la célébration au dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier.
Que veut dire épiphanie ?
Le mot vient du grec epiphaneia, « manifestation ». Il désigne la manifestation de Dieu fait homme au monde ; par dérivation, la langue littéraire appelle « épiphanie » une révélation intérieure soudaine. Le sens religieux est le sens premier.
Quand fête-t-on l'Épiphanie ?
Le 6 janvier, au terme des douze jours de Noël. C'est ce jour-là que se tirent les rois, que les santons des Mages rejoignent la crèche, et que se font les bénédictions de la craie et des maisons.
L'Épiphanie est-elle un jour férié ?
Non, le 6 janvier n'est pas férié en France. Il l'est en Espagne, en Italie, en Autriche, en Pologne et dans certains Länder allemands, où la fête demeure chômée à sa date traditionnelle.
L'application Iter Fidei donne le calendrier liturgique traditionnel de 1962 — l'Épiphanie et toutes les fêtes de l'année à leur date —, avec les prières, les psaumes et leur audio. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 2 (La Sainte Bible, traduction Crampon) ; saint Léon le Grand, Sermons pour l'Épiphanie (le sens des trois dons, la vocation des nations) ; Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Le Temps de Noël (l'Épiphanie, le triple mystère, la fête des Rois) ; Missel romain traditionnel (messe Ecce advenit du 6 janvier, vigile, proclamation Noveritis des fêtes mobiles) ; Rituel romain (bénédictions de la craie, de l'eau de l'Épiphanie et des maisons).