Les Saints
Sainte Geneviève, patronne de Paris
Sainte Geneviève, patronne de Paris — sa vie à Nanterre et à Paris, Attila en 451, le siège des Francs, sa châsse à Saint-Étienne-du-Mont, son patronage de la gendarmerie et sa fête du 3 janvier.

Sainte Geneviève est la patronne de Paris, vierge consacrée née à Nanterre vers 422 et morte à Paris au début du VIe siècle ; sa fête se célèbre le 3 janvier. Deux faits ont fixé son patronage dans la mémoire de l'Église : en 451, sa prière détourna Attila et les Huns de Paris ; pendant le blocus de la ville par les Francs, elle ravitailla par la Seine une population affamée. Sa châsse se vénère aujourd'hui à Saint-Étienne-du-Mont, et la gendarmerie nationale l'honore comme patronne.
Qui est sainte Geneviève
Geneviève naquit à Nanterre, près de Paris, vers 422, de Sévère et de Géronce. En 429, saint Germain d'Auxerre, faisant halte à Nanterre sur la route de la Grande-Bretagne où il allait combattre l'hérésie pélagienne, distingua cette enfant dans la foule, l'interrogea, et apprit d'elle qu'elle voulait n'appartenir qu'à Dieu. Il la consacra au Seigneur et lui remit une pièce de cuivre marquée d'une croix, qu'elle porta au cou en mémoire de sa promesse. Butler rapporte qu'elle reçut le voile des vierges vers sa quinzième année, des mains de l'évêque de Paris. Elle entrait ainsi dans la longue lignée des vierges consacrées que l'Église honore, telle sainte Cécile, vierge et martyre romaine des premiers siècles.
Sa vie fut d'une austérité que la Vie de sainte Geneviève, écrite environ dix-huit ans après sa mort, décrit sans complaisance : elle ne mangeait que deux fois la semaine, du pain d'orge et des fèves ; elle veillait, priait, et gouvernait ses œuvres de charité avec un jugement que les évêques mêmes consultaient. Cette union de l'humilité et de la charité envers les pauvres se retrouvera chez d'autres humbles de France, telle sainte Germaine Cousin, la bergère de Pibrac qui partageait avec plus dénués qu'elle le pain qu'elle s'ôtait. Nanterre garde la mémoire de son enfance : l'actuelle cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice s'élève au lieu de sa naissance. Elle appartient à cette Gaule chrétienne du Ve siècle façonnée par les grands évêques, celle qu'avait labourée avant elle saint Martin de Tours.
Attila devant Paris (451)
En 451, Attila et les Huns traversèrent la Gaule. À l'annonce de leur approche, les Parisiens se préparaient à fuir avec leurs biens. Geneviève s'y opposa. Elle réunit les femmes de la ville dans le baptistère, les engagea au jeûne, à la veille et à la prière, à l'exemple de Judith et d'Esther, et déclara que Paris serait épargnée tandis que les villes où l'on cherchait refuge seraient dévastées. On la traita de fausse prophétesse ; certains voulurent la lapider ou la noyer. L'archidiacre d'Auxerre, survenant, rappela le témoignage que saint Germain avait rendu d'elle, et la fureur tomba.
L'événement lui donna raison : Attila se détourna de Paris et marcha sur Orléans, et la ville ne vit pas l'ennemi. L'Écriture donne la mesure de ce que l'Église a lu dans ce fait : « Si le Seigneur ne garde la cité, c'est en vain que veille celui qui la garde » (Psaume 126 (127), 1, traduction Fillion). La cité fut gardée parce qu'une vierge priait ; ceux qui demandent la garde de Dieu sur leur maison trouveront le même appui dans la prière de protection.
Le siège des Francs et le ravitaillement de Paris
Lorsque les Francs de Childéric tinrent Paris bloquée et que la famine s'installa, Geneviève prit la tête d'un convoi de bateaux, remonta la Seine jusqu'à Arcis-sur-Aube et Troyes, et ramena du blé qu'elle distribua d'abord aux plus pauvres. Childéric, quoique païen, la vénérait : la Vie rapporte qu'ayant résolu d'exécuter des prisonniers, il fit fermer les portes de la ville pour qu'elle ne pût venir intercéder — et qu'elle obtint néanmoins leur grâce. Clovis, après lui, relâcha plus d'une fois des captifs à sa demande.
C'est elle encore qui pressa l'édification d'une basilique sur le tombeau de saint Denis, et c'est à son instance que Clovis entreprit, sur la hauteur qui domine la rive gauche, l'église des Saints-Apôtres où il fut enseveli avec sainte Clotilde. Geneviève mourut vers 512, presque nonagénaire selon Butler, et fut inhumée dans cette même église.
La montagne Sainte-Geneviève et l'église Sainte-Geneviève
La colline où reposait son corps prit son nom : la montagne Sainte-Geneviève. L'église des Saints-Apôtres devint l'abbaye Sainte-Geneviève, l'un des grands sanctuaires de Paris, dont les chanoines gardèrent la châsse pendant des siècles. Au XVIIIe siècle, Louis XV, malade à Metz en 1744, fit vœu de relever l'église de la sainte ; l'édifice bâti par Soufflot sur la place Sainte-Geneviève fut achevé à la veille de la Révolution, qui le sécularisa en 1791 pour en faire le Panthéon. L'église Sainte-Geneviève voulue par le vœu royal n'a donc jamais servi durablement son culte : celui-ci s'est fixé dans l'église voisine, Saint-Étienne-du-Mont, ancienne paroisse de l'abbaye.
Le tombeau de sainte Geneviève à Saint-Étienne-du-Mont
Sa châsse fut pendant des siècles le recours de Paris. Dans les calamités publiques — inondations, épidémies, périls de guerre — on la descendait en procession, le clergé et la ville entière l'accompagnant. De même que les villes frappées par la peste imploraient saint Roch, Paris recourait à sa patronne dans ces épreuves. Le fait le plus célèbre est le miracle des Ardents : en 1129, une épidémie de mal des ardents ravageait Paris ; la châsse fut portée à Notre-Dame, et les malades qui la touchèrent furent guéris. Le pape Innocent II, venu à Paris l'année suivante, établit en mémoire de ce miracle la fête de Sainte-Geneviève-des-Ardents, fixée au 26 novembre.
En 1793, la Révolution détruisit la châsse et brûla publiquement les reliques en place de Grève, jetant les cendres à la Seine. La châsse actuelle, à Saint-Étienne-du-Mont, contient la pierre du sépulcre primitif de la sainte et des parcelles de reliques échappées à la destruction, données autrefois à d'autres églises. Le tombeau de sainte Geneviève demeure un lieu de pèlerinage vivant, et une neuvaine solennelle s'y tient chaque année autour du 3 janvier. Sur la vénération que l'Église rend aux corps des saints, nous renvoyons à ce que nous avons écrit sur les reliques. Depuis 1928, la statue de Paul Landowski, dressée sur le pont de la Tournelle, figure la sainte veillant sur le fleuve, tournée vers l'amont d'où vinrent jadis les invasions.
Patronne de Paris et de la gendarmerie
L'Église honore Geneviève comme patronne principale de Paris ; les papes ont enrichi son culte, et la ville lui a attribué, siècle après siècle, sa préservation dans les périls. Elle partage avec sainte Jeanne d'Arc ce trait propre aux protectrices de la France : une femme sans armes tenant tête aux armées, par la seule force de la prière et d'une mission reçue de Dieu.
La gendarmerie nationale l'honore comme sa patronne céleste, patronage officialisé en 1962. Le choix se fonde sur son histoire même : elle veilla sur la cité, protégea les habitants, maintint la subsistance et la paix publique dans le désordre des invasions — l'office même de ceux qui gardent l'ordre et les personnes. Les gendarmes célèbrent sa fête patronale autour du 26 novembre, mémoire du miracle des Ardents.
La fête de sainte Geneviève : le 3 janvier
Le martyrologe romain inscrit sainte Geneviève au 3 janvier, jour de sa mort. Le calendrier traditionnel des diocèses de France célèbre sa fête ce jour-là, dans le temps de Noël, entre l'octave de la Nativité et l'Épiphanie ; à Paris, elle est fête patronale. Dom Guéranger lui consacre ce jour dans L'Année liturgique : la vierge de Nanterre y paraît près de la crèche comme un fruit de la Nativité, la virginité chrétienne gardant la cité des hommes parce qu'elle s'est donnée tout entière à Dieu.
Sainte Geneviève figure, avec les autres saints présentés sur Iter Fidei, dans notre liste des saints catholiques par mois de fête.
Questions Fréquentes
Quelle est la date de la fête de sainte Geneviève ?
Le 3 janvier, jour de sa mort, inscrit au martyrologe romain. Le calendrier traditionnel des diocèses de France la célèbre ce jour-là, et une neuvaine se tient chaque année à Saint-Étienne-du-Mont autour de cette date. Une seconde mémoire, Sainte-Geneviève-des-Ardents, se fait le 26 novembre.
Pourquoi sainte Geneviève est-elle la patronne de Paris ?
Parce que la ville lui a attribué sa préservation dans les grands périls : en 451, sa prière et le jeûne qu'elle imposa détournèrent Attila de Paris ; pendant le blocus des Francs, elle ravitailla la ville affamée par la Seine. Après sa mort, sa châsse fut portée en procession dans les calamités publiques, avec des effets dont le miracle des Ardents de 1129 est le plus célèbre.
Où se trouve le tombeau de sainte Geneviève ?
À l'église Saint-Étienne-du-Mont, à Paris, sur la montagne Sainte-Geneviève. La châsse actuelle contient la pierre de son sépulcre primitif et des parcelles de reliques sauvées de la destruction de 1793, lorsque la Révolution brûla ses restes en place de Grève.
Pourquoi sainte Geneviève est-elle la patronne de la gendarmerie ?
Ce patronage, officialisé en 1962, se fonde sur sa vie : elle garda la cité, protégea les habitants, assura leur subsistance et obtint la grâce de prisonniers — l'image même de la mission de ceux qui veillent sur l'ordre et les personnes. Les gendarmes la fêtent autour du 26 novembre.
Où est née sainte Geneviève ?
À Nanterre, près de Paris, vers 422. C'est là que saint Germain d'Auxerre la consacra à Dieu en 429, alors qu'elle avait environ sept ans. L'actuelle cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre s'élève au lieu de sa naissance.
Que sont devenues les reliques de sainte Geneviève ?
Elles furent brûlées publiquement en 1793 par les révolutionnaires, et les cendres jetées à la Seine. Subsistent la pierre de son tombeau primitif et des fragments donnés avant la Révolution à d'autres églises, réunis dans la châsse de Saint-Étienne-du-Mont, où son culte se poursuit.
Qu'est-ce que la montagne Sainte-Geneviève ?
La colline de la rive gauche de Paris où Clovis bâtit, à l'instance de la sainte, l'église des Saints-Apôtres, dans laquelle elle fut ensevelie avec lui et sainte Clotilde. L'église devint l'abbaye Sainte-Geneviève, qui donna son nom à la colline ; l'édifice élevé au XVIIIe siècle sur le vœu de Louis XV fut sécularisé en 1791 et devint le Panthéon.
L'application Iter Fidei donne les prières traditionnelles, les psaumes, le calendrier liturgique de 1962 et les offices en audio — de quoi fêter sainte Geneviève le 3 janvier comme l'Église l'a toujours fait. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Vie de sainte Geneviève (Vita sanctae Genovefae, Ve-VIe siècle). Martyrologe romain, au 3 janvier. Alban Butler et Godescard, Vies des Pères, des Martyrs et des autres principaux saints, au 3 janvier, sainte Geneviève, vierge. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Le Temps de Noël, 3 janvier. Psaume 126 (127), traduction de l'abbé Fillion, sur la Vulgate.