Les Saints
Saint Timothée, disciple de saint Paul : fête du 24 janvier
Saint Timothée, le disciple le plus cher de saint Paul, premier évêque d'Éphèse et martyr : sa vie d'après les Actes et les épîtres, les deux lettres de saint Paul à Timothée, son martyre, sa fête du 24 janvier au calendrier de 1962 (et non du 26), l'oraison du Missel.
Saint Timothée est le disciple que saint Paul appelait « mon cher fils dans la foi » : compagnon de ses voyages, envoyé de confiance auprès des Églises, puis premier évêque d'Éphèse, à qui l'Apôtre adressa deux lettres du Nouveau Testament. Selon la tradition que le Bréviaire romain a recueillie, il mourut martyr à Éphèse, lapidé pour avoir voulu détourner le peuple d'une fête païenne. Le calendrier traditionnel de 1962 le fête le 24 janvier, comme fête de IIIe classe, sous le titre d'évêque et martyr ; le calendrier réformé de 1969 l'a déplacé au 26 janvier, avec saint Tite.
Qui était saint Timothée ?
Timothée était originaire de Lystres, en Lycaonie, au cœur de l'actuelle Turquie. Son père était païen, sa mère juive. Saint Paul rend hommage à la foi de sa famille : « cette foi sincère qui est en toi, qui habita d'abord dans ton aïeule Loïse, et dans ta mère Eunice » (2 Timothée 1, 5, traduction Fillion). Dès l'enfance, il avait été nourri de l'Écriture : « depuis ton enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent t'instruire pour le salut » (2 Timothée 3, 15).
La rencontre avec saint Paul
Lorsque Paul repassa par Lystres, au cours de son deuxième voyage missionnaire, il trouva là « un disciple, nommé Timothée, fils d'une femme juive devenue croyante et d'un père gentil. Les frères qui étaient à Lystres et à Iconium rendaient de lui un témoignage favorable » (Actes 16, 1-2). L'Apôtre, qui venait de se séparer de Barnabé, le prit pour compagnon.
Paul le fit d'abord circoncire, « à cause des Juifs qui étaient en ces lieux-là ; car tous savaient que son père était gentil » (Actes 16, 3). Butler relève le contraste avec Tite, né de parents païens, que Paul refusa de circoncire pour affirmer la liberté de l'Évangile : Timothée, né d'une mère juive, fut circoncis pour être mieux reçu des Juifs. Saint Jean Chrysostome loue ici la prudence de l'Apôtre, et Butler ajoute l'obéissance volontaire du disciple. Paul lui imposa ensuite les mains ; Timothée reçut ainsi la grâce du ministère, que l'Apôtre l'exhortera plus tard à « rallumer » (2 Timothée 1, 6).
Le compagnon de l'Apôtre
À partir de là, la vie de Timothée se confond avec les voyages de saint Paul. Il le suit en Macédoine, à Philippes, Thessalonique et Bérée. Laissé à Bérée pour affermir les nouveaux convertis, il rejoint Paul à Athènes, qui l'envoie aussitôt soutenir les chrétiens persécutés de Thessalonique : « j'envoyai Timothée, notre frère et le ministre de Dieu dans l'Évangile du Christ, pour vous fortifier et vous exhorter relativement à votre foi » (1 Thessaloniciens 3, 2). C'est à son retour, à Corinthe, que Paul écrivit sa première lettre aux Thessaloniciens.
Plus tard, de passage à Éphèse, Paul l'envoie en Macédoine, puis à Corinthe, avec cette recommandation : « Si Timothée vient, veillez à ce qu'il soit sans crainte parmi vous ; car il travaille à l'œuvre du Seigneur, comme moi-même » (1 Corinthiens 16, 10). Il le présente aux Corinthiens comme « mon fils très cher et fidèle dans le Seigneur » (1 Corinthiens 4, 17).
Timothée semble être resté auprès de Paul pendant la plus grande partie de sa captivité à Césarée puis à Rome : son nom figure en tête des lettres aux Philippiens, aux Colossiens et à Philémon. Aux Philippiens, Paul écrit de lui l'éloge le plus fort qu'il ait fait d'un disciple : « je n'ai personne qui partage comme lui mes sentiments [...] il s'est mis avec moi au service de l'Évangile, comme un fils avec son père » (Philippiens 2, 20-22). Timothée connut lui-même la prison pour le Christ : « Sachez que notre frère Timothée a été mis en liberté » (Hébreux 13, 23).
Premier évêque d'Éphèse
Le Bréviaire romain dit simplement que Paul et Timothée vinrent à Éphèse et que l'Apôtre l'y ordonna évêque, « pour gouverner cette Église ». La première lettre le confirme : « Je t'ai recommandé, en partant pour la Macédoine, de demeurer à Éphèse, afin d'enjoindre à certaines personnes de ne pas enseigner une autre doctrine » (1 Timothée 1, 3). Il devait y combattre les faux docteurs, et y ordonner des prêtres et des diacres. Saint Jean Chrysostome et d'autres Pères, rapporte Butler, pensent que Paul lui avait confié le soin de toutes les Églises d'Asie ; la tradition l'a toujours appelé le premier évêque d'Éphèse.
Il était encore jeune, peut-être une quarantaine d'années, estime Butler. Paul lui écrit : « Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois un modèle des fidèles dans les paroles, dans la conduite, dans la charité, dans la foi, dans la chasteté » (1 Timothée 4, 12).
« Use d'un peu de vin »
Timothée menait une vie austère et ne buvait que de l'eau, au point d'en ruiner sa santé. L'Apôtre dut le lui interdire : « Ne continue pas à ne boire que de l'eau, mais use d'un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes maladies » (1 Timothée 5, 23). Saint Jean Chrysostome commente avec finesse, cité par Butler : Paul ne dit pas « prends du vin », mais « un peu de vin », et il le dit moins parce que Timothée en avait besoin que parce que nous en avons besoin, nous. Le grand prédicateur d'Antioche et de Constantinople a beaucoup commenté ces lettres ; nous lui consacrons une page, saint Jean Chrysostome.
Les deux lettres de saint Paul à Timothée
Le Nouveau Testament contient deux lettres de saint Paul à Timothée, qui forment avec la lettre à Tite ce qu'on appelle les épîtres pastorales : elles enseignent comment gouverner une Église, choisir ses ministres, garder la saine doctrine.
La première lettre de saint Paul à Timothée
Écrite, selon Butler, de Macédoine, elle donne les règles de la prière publique, les qualités requises des évêques et des diacres, les devoirs envers les veuves et les prêtres, et met en garde contre les fausses doctrines. Elle se termine par un appel solennel que l'Église lit à la messe de saint Timothée : « Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur. Combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle » (1 Timothée 6, 11-12). Et cette injonction que la Tradition a toujours appliquée au dépôt de la foi : « O Timothée, garde le dépôt » (1 Timothée 6, 20).
La deuxième lettre de saint Paul à Timothée
Écrite de Rome, où Paul était enchaîné et attendait la mort, c'est, dit Butler, une effusion du cœur, pleine de tendresse pour ce « fils bien-aimé » (2 Timothée 1, 2). Paul se souvient de ses larmes, l'encourage dans ses épreuves, lui demande de raviver le feu de l'Esprit reçu à son ordination, et prédit des temps difficiles : « il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine » (2 Timothée 4, 3). C'est là que se trouve aussi le testament de l'Apôtre : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi » (2 Timothée 4, 7). Et il le presse de venir le rejoindre au plus tôt, pour le revoir avant de mourir.
Le Bréviaire, suivant une ancienne tradition, dit que l'Apôtre lui écrivit l'une de Laodicée, l'autre de Rome ; Butler situe la première en Macédoine. Les deux s'accordent sur la seconde, écrite de Rome. Pour lire ces lettres dans une traduction fidèle à la Vulgate, voyez nos conseils sur la Bible catholique à choisir.
Le martyre de saint Timothée
Les martyrologes anciens donnent à Timothée le titre de martyr. Le Bréviaire romain rapporte ainsi sa mort : affermi dans sa charge par les lettres de l'Apôtre, et ne pouvant souffrir qu'on offrît aux idoles le sacrifice dû au seul Dieu, il tenta d'arracher à cette impiété le peuple d'Éphèse qui sacrifiait à Diane un jour de fête ; il fut accablé de pierres, et, presque mort, emporté par les chrétiens sur une montagne voisine de la ville, il s'endormit dans le Seigneur le neuvième jour des calendes de février, c'est-à-dire le 24 janvier.
Butler cite une source plus détaillée, les Actes de saint Timothée, rédigés à Éphèse vers le IVe ou le Ve siècle : sous l'empereur Nerva, en 97, Timothée aurait été tué à coups de pierres et de bâtons alors qu'il s'opposait aux cérémonies d'une fête païenne appelée les Katagogia, où la foule défilait en portant d'une main une idole et de l'autre un bâton. Ces actes sont tardifs ; Butler les donne pour ce qu'ils sont. Il ajoute que ce qu'on tenait pour ses reliques fut transféré à Constantinople sous l'empereur Constance, et que saint Jean Chrysostome et saint Jérôme parlent comme d'une chose connue de tous des merveilles survenues à son tombeau.
La messe et la prière de saint Timothée
La messe du 24 janvier, au Missel de 1962, est celle du commun d'un martyr pontife, Statuit, avec une épître propre tirée de la première lettre à Timothée (6, 11-16). L'oraison est celle-ci :
Infirmitátem nostram réspice, omnípotens Deus: et, quia pondus própriæ actiónis gravat, beáti Timothei Mártyris tui atque Pontíficis intercéssio gloriósa nos prótegat. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum: qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Regardez notre faiblesse, Dieu tout-puissant ; et, parce que le poids de nos propres actions nous accable, que la glorieuse intercession du bienheureux Timothée, votre martyr et pontife, nous protège. Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Le latin pondus propriae actionis, littéralement « le poids de notre propre action », désigne nos péchés : nous avouons ne pas pouvoir porter seuls ce fardeau, et nous recourons à celui qui a porté avec Paul le poids de l'Évangile.
Saint Timothée : le 24 ou le 26 janvier ?
C'est la question que beaucoup se posent, et les deux dates sont justes, selon le calendrier qu'on suit.
- 24 janvier : c'est la date du calendrier traditionnel, celui du Missel et du Bréviaire de 1962 que suit Iter Fidei. Saint Timothée y est fêté seul, comme évêque et martyr, fête de IIIe classe, avec ornements rouges. C'est aussi, selon le Bréviaire, le jour de sa mort.
- 26 janvier : c'est la date du calendrier réformé de 1969, qui a réuni « saint Timothée et saint Tite », les deux disciples destinataires des épîtres pastorales, au lendemain de la Conversion de saint Paul.
Dans le calendrier de 1962, saint Tite a sa propre fête, le 6 février, et le 26 janvier est la fête de saint Polycarpe. Les jours qui entourent saint Timothée forment une belle suite : la Conversion de saint Paul le 25, puis Polycarpe, disciple de saint Jean, le 26. Sur la conversion de son maître, lisez notre page consacrée à la conversion de saint Paul, et sur l'autre évêque d'Asie fêté le lendemain, notre page sur saint Polycarpe de Smyrne.
Ce que saint Timothée nous enseigne
Timothée est le modèle du disciple qui ne cherche pas la première place. Il a passé sa vie à servir l'œuvre d'un autre, à porter ses lettres, à exécuter ses missions, à consolider ce que Paul avait fondé, avant de recevoir à son tour la charge d'une Église. Paul l'a pourtant mis au-dessus de tous ses collaborateurs, parce qu'il ne cherchait pas « ses propres intérêts », mais « ceux de Jésus-Christ » (Philippiens 2, 21).
Les lettres qu'il a reçues restent la charte des pasteurs : prêcher « à temps et à contretemps » (2 Timothée 4, 2), garder le dépôt, transmettre fidèlement ce qu'on a reçu. Elles parlent aussi aux fidèles, car l'Église lit encore la vie de ses deux colonnes, que nous présentons dans la page sur saint Pierre et saint Paul. La liste des saints catholiques du calendrier de 1962 permet de retrouver, mois par mois, les autres disciples des apôtres que l'Église vénère.
Questions Fréquentes
Qui était saint Timothée ?
Un disciple de saint Paul, né à Lystres d'un père païen et d'une mère juive convertie, compagnon de ses voyages missionnaires, puis premier évêque d'Éphèse. Saint Paul lui a adressé deux lettres du Nouveau Testament. La tradition le tient pour martyr.
Quel jour est la Saint-Timothée ?
Le 24 janvier au calendrier traditionnel de 1962. Le calendrier réformé de 1969 le fête le 26 janvier, avec saint Tite.
Pourquoi saint Timothée et saint Tite sont-ils fêtés ensemble ?
Seulement dans le calendrier réformé de 1969, qui les a réunis le 26 janvier parce que tous deux étaient disciples de saint Paul et destinataires des épîtres pastorales. Dans le calendrier de 1962, Timothée est fêté le 24 janvier et Tite le 6 février.
Combien de lettres saint Paul a-t-il écrites à Timothée ?
Deux : la première lettre à Timothée, sur le gouvernement de l'Église et la saine doctrine, et la deuxième, écrite de Rome peu avant le martyre de l'Apôtre, qui contient le fameux « J'ai combattu le bon combat ».
Comment saint Timothée est-il mort ?
Selon le Bréviaire romain, il fut lapidé par les Éphésiens alors qu'il tentait de les détourner d'un sacrifice à Diane, et mourut de ses blessures le 24 janvier. Des actes plus tardifs placent sa mort sous Nerva, en 97.
Saint Timothée est-il le patron de quelque chose ?
Le Missel et le Bréviaire de 1962 ne lui attribuent aucun patronage particulier. On l'invoque comme évêque et martyr, modèle des pasteurs et des disciples fidèles.
L'application Iter Fidei suit le calendrier traditionnel de 1962 : chaque jour la messe et l'office divin, avec la fête de saint Timothée le 24 janvier et la vie des saints. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Missel romain, 24 janvier, messe de saint Timothée, oraison Infirmitatem nostram. Bréviaire romain, 24 janvier, leçons historiques. Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (Actes 16, 1-3 ; 1 Corinthiens 4, 17 ; 16, 10 ; Philippiens 2, 19-22 ; 1 Thessaloniciens 3, 2 ; 1 Timothée 1, 3 ; 4, 12 ; 5, 23 ; 6, 11-20 ; 2 Timothée 1, 2-6 ; 3, 15 ; 4, 2-7 ; Hébreux 13, 23). Alban Butler, Vies des saints, au 24 janvier.