Les Saints
Saint Thomas d'Aquin, le Docteur angélique
Saint Thomas d'Aquin, Docteur angélique de l'Église : sa vie, la Somme théologique, la synthèse de la foi et de la raison, ses hymnes eucharistiques, sa prière et sa fête le 7 mars.

Saint Thomas d'Aquin (vers 1225-1274) est le plus grand des docteurs de l'Église latine, religieux de l'Ordre des Prêcheurs, auteur de la Somme théologique, et l'on a de tout temps donné à ce maître le titre de Docteur angélique. Sa fête se célèbre le 7 mars au calendrier traditionnel, jour de sa mort à l'abbaye de Fossanova, et l'Église lui a confié plus qu'à tout autre le soin d'exposer la foi.
Qui était saint Thomas d'Aquin
Thomas naquit vers 1225 au château de Roccasecca, dans le royaume de Naples, de la famille des comtes d'Aquino. Offert enfant à l'abbaye du Mont-Cassin, puis envoyé à l'université de Naples, il y connut les frères de l'Ordre récemment fondé par saint Dominique et, malgré son rang, résolut de prendre l'habit des Prêcheurs.
Sa famille s'y opposa. Ses frères l'enlevèrent sur la route et le retinrent captif près de deux années dans le château paternel, pour lui faire quitter cet Ordre mendiant qu'ils jugeaient indigne de sa naissance. On raconte qu'ils firent entrer dans sa chambre une femme de mauvaise vie pour le tenter ; Thomas la chassa avec un tison enflammé et se jeta à genoux. Cette nuit-là, selon les anciens récits de sa vie, deux anges le ceignirent d'un cordon en signe de la chasteté qui lui était accordée pour toujours. De là vient le cordon de saint Thomas d'Aquin, que portent ceux qui se placent sous sa protection pour garder la pureté.
Rendu à la liberté, il alla étudier à Cologne et à Paris sous saint Albert le Grand, qui le premier discerna la profondeur de ce disciple silencieux. Il enseigna longtemps à Paris et en Italie, écrivit sans relâche, et mourut le 7 mars 1274 à l'abbaye cistercienne de Fossanova, alors qu'il se rendait au concile de Lyon. Il fut canonisé en 1323, et saint Pie V le déclara Docteur de l'Église en 1567.
Le Docteur angélique
On l'appelle le Docteur angélique pour deux raisons jointes : la pureté angélique de sa vie, gardée depuis la nuit du cordon, et la hauteur presque angélique de son intelligence, qui traite des choses divines avec une clarté que rien ne trouble. Sa marque est l'ordre : il pose la question, expose les objections, puis résout chaque difficulté, au service de la seule vérité.
La Somme théologique et les livres de saint Thomas
L'œuvre de saint Thomas est immense. Le plus connu de ses livres est la Somme théologique (Summa theologiae), qu'il composa dans les dernières années de sa vie et laissa inachevée : un exposé ordonné de toute la doctrine chrétienne, de Dieu et de la création jusqu'au Christ et aux sacrements, en passant par les vertus et la vie morale. Il écrivit aussi la Somme contre les Gentils, destinée à défendre la foi devant ceux qui ne la partagent pas, des commentaires sur l'Écriture et sur Aristote, et la Chaîne d'or, recueil des Pères sur les Évangiles. L'Église a fait siens ces livres et ordonne aux écoles catholiques de suivre saint Thomas comme maître.
La synthèse de la foi et de la raison
Le grand travail de saint Thomas fut de montrer que la foi et la raison ne se contredisent pas, parce qu'elles viennent du même Dieu. La raison, laissée à ses forces, peut connaître avec certitude qu'il existe un Dieu ; la foi, par-dessus, révèle ce que la raison seule n'atteindrait jamais, la Trinité, l'Incarnation, la vie éternelle. Cette connaissance du Dieu unique, ouverte à la raison, est celle que sainte Clotilde opposait aux idoles muettes de son époux Clovis avant de l'amener au baptême. Le pape Léon XIII, dans l'encyclique Aeterni Patris de 1879, donna cette doctrine en modèle à toute l'Église et ordonna qu'on revînt à la sagesse de saint Thomas contre les erreurs du temps.
Saint Thomas d'Aquin et l'Eucharistie
Le grand théologien fut aussi le chantre de l'Eucharistie. Lorsque le pape Urbain IV institua la fête du Saint-Sacrement, il chargea saint Thomas d'en composer l'office. De cette commande naquirent les hymnes que l'Église chante encore : le Pange lingua, dont les deux dernières strophes forment le Tantum ergo de la bénédiction, et le Lauda Sion, séquence de la Fête-Dieu. La tradition lui attribue aussi l'Adoro te devote, prière d'adoration devant l'hostie où la foi supplée aux sens défaillants, que le Missel range parmi les prières d'action de grâces après la messe.
Ces textes enseignent en priant : ils confessent la présence réelle du Christ sous les espèces, la transsubstantiation, l'adoration due au Sacrement. Qui veut comprendre ce que l'Église croit de l'Eucharistie trouve dans ces hymnes une catéchèse chantée, et qui pratique l'adoration eucharistique reprend souvent les mots mêmes du Docteur angélique.
« Tout m'a paru comme de la paille »
Le 6 décembre 1273, tandis qu'il célébrait la messe, saint Thomas reçut une lumière intérieure telle qu'à partir de ce jour il cessa d'écrire. À son compagnon qui le pressait d'achever la Somme, il répondit : « Je ne peux plus ; tout ce que j'ai écrit me paraît comme de la paille au regard de ce que j'ai vu. » Ce n'était pas mépris de son œuvre, mais aveu d'un homme qui, ayant tant parlé de Dieu, l'avait enfin entrevu. Trois mois plus tard il mourait. Ce mot est le sceau de sa vie : la plus haute science n'est rien auprès de la vision de Dieu.
Patron des écoles catholiques et sa prière
Léon XIII, en 1880, déclara saint Thomas d'Aquin patron céleste de toutes les écoles et universités catholiques : nul n'a mieux uni l'étude et la sainteté. Les étudiants l'invoquent avant leurs examens et leurs travaux, non pour être dispensés de l'effort, mais pour que leur intelligence serve la vérité ; on peut joindre à cette dévotion la prière avant un examen.
Saint Thomas a lui-même laissé une supplique célèbre à réciter avant l'étude, le Creator ineffabilis : il y prie le « Créateur ineffable », source de la lumière et de la sagesse, de répandre sur les ténèbres de son intelligence un rayon de sa clarté. Il y demande la mémoire pour retenir, la pénétration pour comprendre, la grâce de commencer et d'achever. Cette prière convient à tout travail entrepris sous le regard de Dieu. Son texte intégral, en latin et en français, se trouve avec ses autres oraisons dans notre page sur les prières de saint Thomas d'Aquin.
La fête de saint Thomas d'Aquin
La fête de saint Thomas d'Aquin se célèbre le 7 mars au calendrier traditionnel de 1962, jour anniversaire de sa mort à Fossanova en 1274. C'est à cette date que l'Église honore le Docteur angélique, qu'il ne faut pas confondre avec saint Thomas apôtre, fêté le 21 décembre.
Les autres saints honorés au fil de l'année sont rassemblés dans notre calendrier des saints catholiques, mois par mois.
Questions Fréquentes
Quelle est la pensée de saint Thomas d'Aquin ?
Sa pensée tient en un principe : la foi et la raison, venant du même Dieu, ne se contredisent pas. La raison peut connaître par elle-même l'existence de Dieu et les fondements de la loi morale ; la foi révèle par-dessus les mystères que la raison seule n'atteint pas. Saint Thomas met ainsi la philosophie au service de la théologie, ordonnant toute connaissance vers Dieu.
Quand est la fête de saint Thomas d'Aquin ?
Sa fête est fixée au 7 mars dans le calendrier traditionnel, jour de sa mort à l'abbaye de Fossanova en 1274, date où l'Église latine a de tout temps honoré le Docteur angélique.
Quels sont les principaux livres de saint Thomas d'Aquin ?
Son livre le plus connu est la Somme théologique, exposé ordonné de toute la doctrine chrétienne, laissé inachevé. Il faut y ajouter la Somme contre les Gentils, ses commentaires sur l'Écriture et sur Aristote, la Chaîne d'or sur les Évangiles, et les hymnes de la Fête-Dieu comme l'Adoro te devote.
Qu'est-ce que le cordon de saint Thomas d'Aquin ?
C'est un cordon que portent les fidèles placés sous la protection du saint pour garder la chasteté. Il rappelle la nuit où, selon les anciens récits de sa vie, deux anges ceignirent Thomas d'un cordon après qu'il eut chassé une tentation.
De quoi saint Thomas d'Aquin est-il le patron ?
Il est le patron céleste des écoles et universités catholiques, déclaré tel par Léon XIII en 1880. On l'invoque comme patron des étudiants et des théologiens, ainsi que pour la pureté, sous le signe de son cordon.
L'application Iter Fidei porte l'Adoro te, le Pange lingua, la prière avant l'étude et le calendrier traditionnel de 1962 où la fête de saint Thomas se garde au 7 mars. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Dom Guéranger, L'Année liturgique, au 7 mars, saint Thomas d'Aquin. Alban Butler, Vies des Pères, Martyrs et autres principaux Saints, au 7 mars. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique et hymnes de la Fête-Dieu (Pange lingua, Lauda Sion, Adoro te devote). Léon XIII, encyclique Aeterni Patris (1879).