Les Saints
Saint Vincent de Paul, apôtre de la charité
Saint Vincent de Paul (1581-1660), apôtre de la charité : les galériens, les enfants trouvés, les Filles de la Charité, la Congrégation de la Mission, sa fête traditionnelle du 19 juillet et ses reliques à Paris.

Saint Vincent de Paul (1581-1660) est le prêtre gascon que l'Église a établi patron de toutes les œuvres de charité : apôtre des galériens, père des enfants trouvés, fondateur de la Congrégation de la Mission (les Lazaristes) et, avec sainte Louise de Marillac, des Filles de la Charité. Sa fête est célébrée le 19 juillet au calendrier traditionnel ; son corps repose à Paris, dans la chapelle des Lazaristes de la rue de Sèvres.
Qui était saint Vincent de Paul ?
Vincent de Paul naquit le 24 avril 1581 à Pouy, près de Dax, dans les Landes, troisième enfant d'une famille de paysans. Enfant, il garda les troupeaux de son père ; ses parents, voyant sa vivacité d'esprit, le confièrent aux Cordeliers de Dax, puis il poursuivit ses études à Toulouse. Il fut ordonné prêtre le 23 septembre 1600.
Selon le récit de ses propres lettres, rapporté par son premier biographe Louis Abelly, il fut capturé en 1605 par des corsaires barbaresques lors d'une traversée de Marseille vers Narbonne, vendu comme esclave à Tunis, et recouvra la liberté en 1607 après avoir ramené à la foi son maître, un chrétien renégat. Arrivé à Paris, il se plaça sous la direction de Pierre de Bérulle.
Curé de Clichy en 1612, puis précepteur dans la maison de Philippe-Emmanuel de Gondi, général des galères, il prêcha le 25 janvier 1617, à Folleville en Picardie, le sermon sur la confession générale que la tradition regarde comme le point de départ de la Mission. La même année, curé de Châtillon-les-Dombes, il fonda la première Confrérie de la Charité pour le soin organisé des pauvres malades. Sur la confession, qui fut ainsi à l'origine de toute son œuvre, il ne cessa d'insister auprès du peuple des campagnes.
Il mourut à Saint-Lazare, à Paris, le 27 septembre 1660, dans sa quatre-vingtième année. Benoît XIII le béatifia en 1729, Clément XII le canonisa en 1737, et Léon XIII, en 1885, le déclara patron de toutes les associations de charité.
L'apôtre de la charité : galériens et enfants trouvés
Nommé en 1619 aumônier réal des galères par Louis XIII, Vincent descendit dans les bagnes de Paris, de Marseille et de Bordeaux. Il y trouva les forçats entassés dans des caves, rongés de vermine et abandonnés de tous ; il obtint des locaux salubres, des soins, et surtout leur porta les sacrements. Abelly rapporte qu'il appelait les pauvres « nos maîtres et nos seigneurs », parce que le Christ lui-même se tient en eux, selon sa parole : « toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits d’entre Mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40, traduction Fillion).
Vers 1638, il entreprit l'œuvre des Enfants trouvés. Les nouveau-nés abandonnés de Paris mouraient alors presque tous, faute de soins ; Vincent les fit recueillir par les Filles de la Charité et soutint l'œuvre par les Dames de la Charité, qu'il avait réunies dès 1634. En cela, ces grandes dames renouaient avec l'exemple des reines chrétiennes qui, telle sainte Clotilde retirée à Tours, avaient visité de leurs mains les pauvres et les malades.
Il se faisait ainsi le protecteur des enfants abandonnés, comme l'avait été au IVe siècle saint Nicolas, qui dota en secret trois jeunes filles pauvres et que l'Église honore comme patron des enfants. Pendant les guerres qui ravagèrent la Lorraine, la Picardie et la Champagne, il organisa des secours d'une ampleur que la France n'avait jamais vue, envoyant ses missionnaires et des convois de vivres dans les provinces dévastées. Appelé au Conseil de Conscience sous la régence d'Anne d'Autriche, il y servit les intérêts de l'Église et s'opposa fermement au jansénisme naissant.
La Congrégation de la Mission : les Lazaristes
En 1625, avec le concours de la famille de Gondi, Vincent fonda la Congrégation de la Mission, société de prêtres voués à l'évangélisation des pauvres gens des champs, selon la parole d'Isaïe reprise par Notre-Seigneur : porter la bonne nouvelle aux pauvres (Luc 4, 18). Ces laboureurs et gens de la terre, dont saint Fiacre demeure le patron au ciel, étaient les plus dépourvus d'instruction religieuse de leur temps, et c'est à eux d'abord que le saint voulut porter la parole. Urbain VIII l'approuva en 1633 par la bulle Salvatoris Nostri. Installée en 1632 au prieuré de Saint-Lazare, à Paris, la compagnie reçut du peuple le nom de Lazaristes. Ces missions prolongeaient l'œuvre confiée aux apôtres, et d'abord à saint Pierre et saint Paul, envoyés porter l'Évangile jusqu'aux nations.
À l'œuvre des missions s'ajouta celle de la formation du clergé : retraites d'ordinands, conférences ecclésiastiques du mardi, et direction de séminaires, dont la congrégation fit l'une de ses fins propres. Par là saint Vincent de Paul fut, avec le concile de Trente qu'il appliquait, un des grands réformateurs du sacerdoce en France ; le clergé paroissial du siècle suivant, jusqu'au curé d'Ars, hérita de cette restauration.
Les Filles de la Charité et sainte Louise de Marillac
Le 29 novembre 1633, Vincent fonda avec sainte Louise de Marillac la Compagnie des Filles de la Charité, servantes des pauvres malades — celles que le peuple appelle les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, reconnaissables à leur habit gris-bleu. Nouveauté dans l'Église : ces filles ne furent pas des moniales cloîtrées, mais des servantes envoyées dans les rues, ayant, selon les mots que la tradition vincentienne a conservés, « pour monastère les maisons des malades, pour cellule une chambre de louage, pour chapelle l'église paroissiale, pour cloître les rues de la ville ». Louise de Marillac, qui gouverna la compagnie jusqu'à sa mort en 1660, fut canonisée par Pie XI en 1934.
C'est dans la chapelle de la maison-mère des Filles de la Charité, rue du Bac à Paris, que la Sainte Vierge apparut en 1830 à sainte Catherine Labouré, novice de la compagnie, pour lui confier la médaille miraculeuse ; la même année, la novice avait vu le cœur de saint Vincent lui être montré au-dessus de la châsse de ses reliques.
La Société de Saint-Vincent-de-Paul et les conférences
Il faut distinguer du saint lui-même la Société de Saint-Vincent-de-Paul, œuvre laïque postérieure : elle fut fondée à Paris en 1833 par Frédéric Ozanam et ses compagnons, qui placèrent sous le patronage du saint leurs conférences de charité. Chaque conférence de Saint-Vincent-de-Paul réunit des fidèles laïcs pour la visite des pauvres à domicile, le secours discret et personnel, selon l'esprit du patron : servir le Christ dans ses membres souffrants. L'association s'est répandue dans le monde entier et demeure l'une des grandes œuvres de charité issues de son école.
La fête de saint Vincent de Paul : le 19 juillet
Au calendrier traditionnel, la date de la Saint-Vincent-de-Paul est le 19 juillet ; c'est à ce jour que le missel de 1962 inscrit sa fête, en troisième classe. Il était pourtant mort le 27 septembre, à Saint-Lazare. La messe de sa fête, au propre des saints de la messe tridentine, le montre dans l'Évangile envoyé, comme son Maître, évangéliser les pauvres. Le calendrier réformé après 1969 a déplacé sa mémoire au 27 septembre, mais les fidèles attachés au rite traditionnel gardent le 19 juillet.
Les reliques de saint Vincent de Paul à Paris
Lors de l'exhumation de 1712, préparatoire à sa béatification, le corps du saint fut trouvé entier. Ses reliques furent solennellement transférées en 1830 dans la chapelle des Lazaristes, au 95 de la rue de Sèvres, à Paris, où elles reposent depuis dans une châsse d'argent élevée au-dessus du maître-autel ; le visage et les mains sont recouverts de cire. Son cœur est conservé dans la chapelle de la rue du Bac, chez les Filles de la Charité. La vénération de ces restes n'est pas une curiosité : l'Église honore les reliques des saints comme les instruments dont Dieu s'est servi et dont il se sert encore pour opérer des grâces.
Le berceau de Saint-Vincent-de-Paul, près de Dax
Le village natal du saint, Pouy, dans les Landes, a pris son nom : Saint-Vincent-de-Paul. On y vénère le Berceau de Saint-Vincent-de-Paul, sanctuaire élevé au XIXe siècle autour de la maison familiale reconstruite et du vieux chêne sous lequel, selon la tradition locale, le jeune berger priait. Tout proche se trouve le sanctuaire de Notre-Dame de Buglose, pèlerinage marial des Landes, où le saint se rendit lors de son dernier passage au pays, en 1623.
Saint Vincent de Paul figure, avec les autres saints présentés sur Iter Fidei, dans notre liste des saints catholiques par mois de fête.
Questions Fréquentes
Quelle est la date de la fête de saint Vincent de Paul ?
Au calendrier traditionnel, saint Vincent de Paul est fêté le 19 juillet ; c'est la date que retient le missel de 1962. Le 27 septembre, jour de sa mort en 1660, est la date où le calendrier réformé après 1969 a déplacé sa mémoire.
Qu'est-ce que la Société de Saint-Vincent-de-Paul ?
C'est une association de fidèles laïcs fondée à Paris en 1833 par Frédéric Ozanam et ses compagnons, près de deux siècles après la mort du saint, dont elle a pris le patronage. Ses membres, réunis en conférences, visitent les pauvres à domicile et les secourent personnellement.
Qui sont les sœurs de saint Vincent de Paul ?
On appelle ainsi les Filles de la Charité, compagnie fondée en 1633 par saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac pour le service corporel et spirituel des pauvres malades. Elles ne furent pas des moniales cloîtrées mais des servantes envoyées dans les rues, ce qui était alors une nouveauté dans l'Église.
Où se trouvent les reliques de saint Vincent de Paul ?
Son corps repose depuis 1830 dans une châsse d'argent, au-dessus du maître-autel de la chapelle des Lazaristes, 95 rue de Sèvres, à Paris. Son cœur est conservé dans la chapelle des Filles de la Charité, rue du Bac, où la Sainte Vierge apparut à sainte Catherine Labouré.
Qu'est-ce que le berceau de Saint-Vincent-de-Paul ?
C'est le sanctuaire élevé au XIXe siècle sur le lieu de naissance du saint, à Pouy près de Dax, village qui porte aujourd'hui son nom. On y voit la maison familiale reconstruite et le vieux chêne de la tradition locale, non loin du pèlerinage de Notre-Dame de Buglose.
De quoi saint Vincent de Paul est-il le patron ?
Léon XIII l'a déclaré en 1885 patron de toutes les associations et œuvres de charité. On l'invoque en particulier pour les prisonniers, les enfants abandonnés, les hôpitaux et tous ceux qui servent les pauvres.
L'application Iter Fidei donne les prières catholiques, les psaumes, le calendrier liturgique de 1962 avec les fêtes des saints, et l'audio pour prier chaque jour. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Bible, traduction Fillion (Matthieu 25, 40 ; Luc 4, 18). Louis Abelly, La Vie du Vénérable Serviteur de Dieu Vincent de Paul (1664). Missel romain de 1962, au 19 juillet. Urbain VIII, bulle Salvatoris Nostri (1633). Bulle de canonisation de Clément XII (1737) ; bref de Léon XIII déclarant saint Vincent de Paul patron des œuvres de charité (1885).