Les Sacrements
Comment se confesser : la confession étape par étape
Ce qu'est la confession, comment s'y préparer par l'examen de conscience, quoi dire au prêtre, ce qu'il faut confesser et à quelle fréquence, selon la doctrine catholique traditionnelle.

La confession est le sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour remettre les péchés commis après le baptême ; l'Église la nomme aussi le sacrement de pénitence. Pour se confesser, on s'y prépare par un examen de conscience, on excite en soi la contrition, on accuse ses péchés au prêtre, on reçoit l'absolution et l'on accomplit la pénitence imposée. Cet article expose chacune de ces étapes selon la doctrine de toujours.
Qu'est-ce que la confession catholique
La confession est l'accusation de ses péchés faite à un prêtre approuvé, pour en recevoir l'absolution. Elle constitue, avec la contrition et la satisfaction, l'un des trois actes du pénitent dans le sacrement de pénitence, dont les sept sacrements institués par le Christ forment l'économie ordinaire de la grâce.
Le Christ a institué ce sacrement le soir de sa Résurrection, en donnant aux Apôtres le pouvoir de remettre et de retenir les péchés : « Recevez l’Esprit-Saint. Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez » (Jean 20, 22-23, Fillion). Le concile de Trente (session XIV) a défini que ce pouvoir s'exerce à la manière d'un jugement : le prêtre doit connaître la cause pour prononcer la sentence, et c'est pourquoi l'accusation des péchés est nécessaire.
Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que la confession doit être entière, simple et sincère : on n'y déguise rien, on n'y excuse rien, on n'y omet volontairement aucun péché mortel.
Pourquoi se confesser
Le péché mortel tue la vie de la grâce dans l'âme et ferme le ciel ; celui qui meurt en état de péché mortel se perd pour l'éternité. La confession est le moyen ordinaire, voulu par le Christ, de recouvrer la grâce perdue. Le Catéchisme de saint Pie X enseigne qu'elle est nécessaire au salut à quiconque a commis un péché mortel après le baptême.
La confession n'est pas une invention humaine ni une pratique récente : les Pères de l'Église attestent dès les premiers siècles la discipline de la pénitence, et le quatrième concile de Latran (1215) a précisé le précepte de la confession annuelle que reprennent les commandements de l'Église.
L'examen de conscience avant la confession
L'examen de conscience est la recherche attentive des péchés commis depuis la dernière bonne confession. On se met en présence de Dieu, on demande la lumière du Saint-Esprit, puis on passe en revue ses pensées, ses paroles, ses actions et ses omissions.
Le cadre traditionnel de cet examen est double : les dix commandements de Dieu, avec les commandements de l'Église, et les sept péchés capitaux, racines de nos fautes — orgueil, avarice, luxure, colère, gourmandise, envie, paresse. On examine aussi les devoirs de son état : devoirs de parent, d'époux, de travail. L'examen de conscience de l'application Iter Fidei suit ce plan, commandement par commandement, pour que rien d'important ne soit oublié.
Exemple de péchés pour la confession
Sans prétendre à une liste complète, l'examen porte notamment sur : l'omission de la messe dominicale sans raison grave ; les blasphèmes et jurements ; les manquements graves à la charité, à la justice, à la vérité ; les péchés contre la pureté en pensée, en parole ou en acte ; les haines et refus de pardon ; les vols et torts non réparés ; l'envie et la médisance. Pour chaque péché mortel, on cherche à se rappeler le nombre de fois, au moins approximativement, et les circonstances qui en changent l'espèce.
Comment se confesser étape par étape
Voici le déroulement traditionnel de la confession, tel que l'enseignent le Catéchisme du concile de Trente et le Catéchisme de saint Pie X.
- Se préparer : examen de conscience, puis acte de contrition — la douleur des péchés commis, avec la ferme résolution de ne plus pécher. Nous donnons le texte et l'explication de l'acte de contrition dans un article distinct.
- S'agenouiller au confessionnal et demander la bénédiction : « Bénissez-moi, mon Père, parce que j'ai péché. »
- Réciter le Confiteor, en entier ou jusqu'à « c'est ma très grande faute », selon l'usage du lieu (le texte est donné ci-dessous).
- Dire depuis quand : « Ma dernière confession remonte à... J'ai reçu l'absolution et accompli ma pénitence. »
- Accuser ses péchés : tous les péchés mortels, en nombre et en espèce, puis les péchés véniels que l'on veut accuser. On termine par : « Je m'accuse de tous ces péchés, de ceux que j'ai oubliés et de ceux de ma vie passée. »
- Écouter le prêtre, recevoir la pénitence et réciter l'acte de contrition pendant qu'il donne l'absolution : Ego te absolvo a peccatis tuis, in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.
- Accomplir la pénitence au plus tôt et remercier Dieu.
Le Confiteor du pénitent
Au confessionnal, le pénitent dit le Confiteor sous sa forme traditionnelle, en s'adressant au prêtre (« et à vous, mon Père ») :
Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints apôtres Pierre et Paul, à tous les saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché, en pensée, en parole et par action : c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute.
C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les saints apôtres Pierre et Paul, tous les saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Beaucoup s'arrêtent à « c'est ma très grande faute », accusent leurs péchés, puis achèvent la prière après l'accusation.
Que dire lors d'une confession
L'accusation est simple et directe : on nomme le péché, le nombre de fois, et la circonstance qui en change la gravité, sans récit inutile et sans nommer les tiers. Celui qui ne sait comment s'y prendre le dit simplement au prêtre, qui l'interroge et le guide ; personne n'est renvoyé pour maladresse.
Ce qu'il faut confesser : péché mortel et péché véniel
La confession de tous les péchés mortels non encore accusés est obligatoire : nombre, espèce et circonstances qui changent l'espèce. En cacher un volontairement rend la confession sacrilège et nulle ; il faut alors la refaire entièrement. Un péché mortel oublié de bonne foi est pardonné indirectement, mais doit être accusé à la confession suivante.
La confession des péchés véniels n'est pas obligatoire — ils se remettent aussi par la contrition, la prière, la communion — mais elle est très utile et recommandée : le concile de Trente la déclare bonne et profitable, et les âmes qui tendent à la perfection s'accusent régulièrement de leurs fautes vénielles avec un vrai regret.
« Confessez-vous les uns aux autres » : que signifie ce verset
Saint Jacques écrit : « Confessez-vous donc réciproquement vos péchés, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris » (Jacques 5, 16, Fillion). Ce verset, parfois invoqué contre la confession au prêtre, vient immédiatement après le passage où saint Jacques prescrit d'appeler « les prêtres de l'Église » auprès du malade pour l'onction et le pardon des péchés (Jacques 5, 14-15). La tradition catholique l'a toujours lu dans ce contexte sacerdotal : l'aveu mutuel des fautes nourrit l'humilité et la prière réciproque, mais la rémission sacramentelle des péchés passe par ceux qui ont reçu le pouvoir des clefs (Jean 20, 23). Une « confession de foi », au sens de proclamation publique de la doctrine, est encore autre chose : le mot désigne alors l'acte de professer sa foi, non l'accusation des péchés.
Le secret de la confession
Le secret de la confession, ou sceau sacramentel, est absolu. Le prêtre ne peut jamais révéler ce qu'il a appris en confession, ni directement ni indirectement, pour quelque motif que ce soit, fût-ce au prix de sa vie ; le droit de l'Église frappe des peines les plus graves le confesseur qui violerait ce sceau. La tradition vénère saint Jean Népomucène comme martyr du secret de la confession. Le pénitent peut donc tout dire sans crainte : rien de ce qui est confié au tribunal de la pénitence n'en sort.
À quelle fréquence se confesser
Le précepte de l'Église oblige à se confesser au moins une fois l'an, et avant de communier quiconque a conscience d'un péché mortel. Mais la pratique traditionnelle va bien au-delà du minimum : la confession fréquente — chaque mois, voire chaque semaine ou chaque quinzaine pour les âmes ferventes — est le régime ordinaire d'une vie chrétienne sérieuse, avec la prière quotidienne que rassemblent les prières catholiques indispensables. Saint Pie X, en encourageant la communion fréquente, a rendu d'autant plus précieuse la confession régulière, qui purifie l'âme et la fortifie contre les rechutes.
Les grands confesseurs, comme saint Philippe Néri, l'apôtre de Rome, qui passait chaque jour des heures au confessionnal, en ont fait le cœur de leur apostolat. Les temps de pénitence, comme le carême, sont des occasions privilégiées de revenir au confessionnal ; l'Église y fait prier les sept psaumes de la pénitence, dont le Miserere, psaume 51, et le psaume 32 du pécheur pardonné, qui préparent bien l'aveu.
Questions Fréquentes
Peut-on communier sans confession ?
Celui qui a conscience d'un péché mortel doit se confesser avant de communier ; le concile de Trente (session XIII) l'exige, et communier en état de péché mortel est un sacrilège. Celui qui n'a que des péchés véniels peut communier sans confession préalable, après un acte de contrition.
Comment se confesser seul, sans prêtre ?
On ne peut pas recevoir l'absolution sans prêtre : le sacrement requiert le ministre. En cas d'impossibilité réelle, la contrition parfaite — la douleur d'avoir offensé Dieu parce qu'il est infiniment bon — remet les péchés, avec la résolution de se confesser dès que possible. Elle ne dispense pas de la confession.
Où se confesser ?
Dans toute église catholique où un prêtre approuvé entend les confessions, ordinairement au confessionnal, aux heures indiquées ou sur demande. Les églises desservies par des prêtres célébrant la messe traditionnelle offrent habituellement des confessions avant les messes.
Comment se passe une confession ?
Elle dure ordinairement quelques minutes : bénédiction, Confiteor, accusation des péchés, conseils du prêtre, pénitence, acte de contrition et absolution. Le prêtre est tenu au secret absolu sur tout ce qu'il entend.
Que dire lors d'une confession quand on a oublié comment faire ?
On dit simplement au prêtre que l'on ne sait plus comment s'y prendre et depuis combien de temps on ne s'est pas confessé. Il pose les questions nécessaires et conduit lui-même la confession ; une longue absence n'est jamais un obstacle.
Pourquoi se confesser à un prêtre et non à Dieu directement ?
Parce que le Christ lui-même a confié aux Apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés (Jean 20, 23) : pour remettre ou retenir, il faut connaître, donc entendre l'accusation. Se confesser au prêtre, c'est obéir à l'institution du Christ, non à une invention des hommes.
La confession efface-t-elle aussi la peine due au péché ?
L'absolution remet la faute et la peine éternelle ; il peut rester une peine temporelle, que l'on acquitte par la pénitence imposée, les bonnes œuvres et les indulgences, ou bien après la mort, comme l'enseigne la doctrine sur le purgatoire.
Pour préparer votre confession, l'application Iter Fidei met à votre disposition l'examen de conscience, l'acte de contrition et les prières traditionnelles, les psaumes de la pénitence et le calendrier liturgique de 1962, avec audio. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Bible, traduction Fillion : Jean 20, 22-23 ; Jacques 5, 14-16. Concile de Trente, sessions XIII et XIV. Catéchisme du concile de Trente (1566), partie II, du sacrement de pénitence. Catéchisme de saint Pie X (1908). Quatrième concile de Latran (1215). Mgr de Ségur, La Confession (1862).