La Foi
Les 7 péchés capitaux : liste, ordre et vertus opposées
La liste des sept péchés capitaux dans l'ordre du Catéchisme de saint Pie X — orgueil, avarice, luxure, colère, gourmandise, envie, paresse — avec la vertu opposée à chacun et la différence entre péché capital et péché mortel.

Les sept péchés capitaux sont, dans l'ordre du Catéchisme de saint Pie X : l'orgueil, l'avarice, la luxure, la colère, la gourmandise, l'envie et la paresse. On les appelle capitaux — du latin caput, la tête — non parce qu'ils sont nécessairement les plus graves, mais parce qu'ils sont la source, la tête d'où découlent tous les autres péchés. Nous donnons ici la liste et son ordre, l'explication de chaque péché avec la vertu qui lui est opposée, et la distinction, souvent confondue, entre péché capital et péché mortel.
La liste des sept péchés capitaux dans l'ordre traditionnel
Le Catéchisme de saint Pie X (1908) énumère les péchés capitaux ainsi :
- L'orgueil — l'estime désordonnée de soi-même.
- L'avarice — l'attachement désordonné aux biens de la terre.
- La luxure — le désir désordonné des plaisirs de la chair.
- La colère — le désir désordonné de la vengeance.
- La gourmandise — l'abus du boire et du manger.
- L'envie — la tristesse du bien d'autrui.
- La paresse — la négligence des devoirs et le dégoût des choses de Dieu.
La tradition place toujours l'orgueil en tête, parce qu'il est la racine de tous les autres : « L'orgueil précède la ruine, et avant la chute l'esprit devient superbe » (Proverbes 16, 18, Fillion). Pour la suite, l'ordre varie selon les livres : beaucoup de catéchismes français suivent celui que résume le vieux sigle latin SALIGIA (superbia, avaritia, luxuria, invidia, gula, ira, acedia : orgueil, avarice, luxure, envie, gourmandise, colère, paresse). Le nombre et les noms, eux, ne changent pas. Saint Thomas d'Aquin note encore que les péchés de la chair sont plus honteux, mais ceux de l'esprit plus graves.
Pourquoi « capitaux » : la différence entre péché capital et péché mortel
Les deux notions ne se recouvrent pas, et la confusion est fréquente. Un péché capital est une inclination-source : un vice qui engendre d'autres péchés, comme une tête commande un corps. Un péché mortel est un acte qui tue la vie de la grâce dans l'âme, parce qu'il réunit trois conditions : matière grave, pleine advertance, plein consentement.
Un péché capital n'est donc pas toujours mortel. Un mouvement de gourmandise ou d'impatience, sans matière grave, reste un péché véniel — tout en appartenant à un vice capital. Inversement, chaque péché capital devient mortel dès que les trois conditions sont réunies : la colère qui va jusqu'à la haine ou au désir grave de vengeance, l'avarice qui fait voler ou refuser le juste salaire, la paresse qui fait abandonner les devoirs essentiels envers Dieu. Le Catéchisme du concile de Trente rappelle que tout péché mortel doit être déclaré en confession ; c'est là que la distinction cesse d'être théorique.
De Cassien à saint Grégoire le Grand : l'origine de la liste
La liste des sept péchés capitaux n'est pas tombée du ciel toute faite ; elle est le fruit de l'expérience des moines. Au Ve siècle, Jean Cassien, dans ses Institutions cénobitiques, recense huit vices principaux contre lesquels le moine doit combattre : la gourmandise, la luxure, l'avarice, la colère, la tristesse, l'acédie, la vaine gloire et l'orgueil.
À la fin du VIe siècle, saint Grégoire le Grand, dans ses Moralia in Job (livre XXXI), réorganise ce combat : il met l'orgueil à part, comme reine et racine de tout mal — « le principe de tout péché, c'est l'orgueil » (Ecclésiastique 10, 15, Fillion) — et fait découler de lui sept vices capitaux : la vaine gloire, l'envie, la colère, la tristesse, l'avarice, la gourmandise et la luxure.
Il garde donc la vaine gloire et la tristesse, ajoute l'envie, et absorbe l'acédie dans la tristesse. Saint Thomas d'Aquin (Somme théologique, Ia-IIae, q. 84, a. 4) reprend le schéma de Grégoire mais nomme l'acédie à la place de la tristesse ; l'enseignement commun, enfin, compte l'orgueil lui-même parmi les sept, à la place de la vaine gloire. Ainsi se fixe la liste que les catéchismes transmettent aux fidèles.
Chaque péché capital et sa vertu opposée
La tradition n'enseigne pas les vices pour eux-mêmes, mais pour le combat. À chaque péché capital elle oppose une vertu contraire : on ne déracine pas un vice en le regardant, mais en pratiquant la vertu opposée.
L'orgueil et l'humilité
L'orgueil est l'estime désordonnée de soi, qui rapporte à soi ce qui vient de Dieu. Il est le péché de Lucifer — la faute par laquelle les anges déchus se sont perdus — et le premier péché de l'homme. Sa vertu opposée est l'humilité, qui reconnaît que tout bien vient de Dieu et que nous ne tenons rien de nous-mêmes. Pour la demander chaque jour, la piété a reçu la litanie de l'humilité, attribuée au cardinal Merry del Val.
L'avarice et la libéralité
L'avarice est l'attachement désordonné à l'argent et aux biens : « l’amour de l’argent est une racine de tous les maux » (1 Timothée 6, 10, Fillion). Sa vertu opposée est la libéralité, qui use des biens selon Dieu et donne aux pauvres.
La luxure et la chasteté
La luxure est la recherche désordonnée du plaisir charnel, hors de l'ordre voulu par Dieu. Sa vertu opposée est la chasteté, qui règle ce domaine selon l'état de chacun. « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu », proclame Notre-Seigneur parmi les Béatitudes (Matthieu 5, 8, Fillion).
L'envie et la charité fraternelle
L'envie s'attriste du bien d'autrui, comme s'il diminuait le nôtre ; « la mort est entrée dans le monde par l’envie du diable », dit l'Écriture (Sagesse 2, 24, Fillion). Sa vertu opposée est la charité fraternelle, qui se réjouit du bien du prochain comme du sien propre.
La gourmandise et la tempérance
La gourmandise est l'abus du boire et du manger, recherchés pour eux-mêmes et sans mesure. Sa vertu opposée est la tempérance, ou sobriété, qui use de la nourriture pour servir Dieu et non pour s'y asservir. Le jeûne et l'abstinence de l'Église en sont l'école.
La colère et la patience
La colère, comme vice, est le désir désordonné de la vengeance — à distinguer de la juste indignation contre le mal. Sa vertu opposée est la patience, ou douceur, qui supporte l'injure et remet la justice à Dieu.
La paresse et la diligence
La paresse — l'acédie des anciens — n'est pas d'abord l'oisiveté du corps, mais le dégoût des choses de Dieu et la négligence de ses devoirs. Sa vertu opposée est la diligence, la ferveur qui accomplit chaque jour son devoir d'état et sa prière sans se relâcher.
Les sept péchés capitaux et les dix commandements
Les deux listes ne font pas double emploi. Les dix commandements disent ce qu'il faut faire et éviter : ils mesurent les actes. Les péchés capitaux disent d'où viennent les chutes : ils désignent les sources. L'avarice pousse au vol que défend le septième commandement ; la luxure aux péchés que défendent le sixième et le neuvième ; l'envie et la colère au meurtre et à la médisance. L'examen de conscience traditionnel se fait sur les deux : les commandements pour les actes, les péchés capitaux pour les racines. C'est ce plan que suit l'examen de conscience de l'application Iter Fidei.
Les sept péchés capitaux et les quatre fins dernières
La tradition associe volontiers les sept péchés capitaux aux quatre fins dernières — on pense au tableau de Jérôme Bosch qui les réunit — : la mort, le jugement, l'enfer, le paradis. L'association n'est pas décorative : le souvenir des fins dernières est le remède le plus ancien contre les vices capitaux. « Dans toutes tes œuvres souviens-toi de ta fin, et tu ne pécheras jamais » (Ecclésiastique 7, 40, Fillion).
Celui qui pense à la mort tient l'orgueil en bride ; celui qui pense au jugement retient sa colère et son avarice. C'est pourquoi les prédicateurs et les peintres anciens ont mis côte à côte les sept vices et les quatre fins : ce que le péché promet, l'enfer le paie ; ce que la vertu coûte, le paradis le rend au centuple. Celui qui meurt en grâce mais sans avoir achevé d'expier passe par le purgatoire, doctrine et prières.
Le remède : la confession et le combat quotidien
L'Église ne montre pas les sept péchés capitaux pour décourager, mais pour armer. Le combat est simple et de tous les jours : l'examen de conscience chaque soir, la vertu opposée pratiquée à chaque occasion, la confession régulière, préparée étape par étape, qui rend la grâce et affaiblit le vice, et le texte traditionnel de l'acte de contrition dit dès que la faute est commise, sans attendre. L'Eucharistie, que le Christ institua à la Cène, est le pain des forts qui soutient cette lutte quotidienne. Aucun des sept n'est invincible : la grâce de Dieu, demandée avec persévérance, a fait des saints avec des orgueilleux, des avares et des coléreux.
Questions Fréquentes
Quels sont les sept péchés capitaux ?
Ce sont l'orgueil, l'avarice, la luxure, la colère, la gourmandise, l'envie et la paresse, selon la liste du Catéchisme de saint Pie X. On les appelle capitaux parce qu'ils sont la source des autres péchés.
Quel est l'ordre des sept péchés capitaux ?
L'orgueil vient toujours en tête, parce qu'il est la racine de tous les autres. Le Catéchisme de saint Pie X donne ensuite : avarice, luxure, colère, gourmandise, envie, paresse ; beaucoup de catéchismes français suivent l'ordre du sigle latin SALIGIA : orgueil, avarice, luxure, envie, gourmandise, colère, paresse.
Un péché capital est-il toujours un péché mortel ?
Non. Un péché capital est une inclination-source qui engendre d'autres péchés ; un péché mortel est un acte grave commis avec pleine advertance et plein consentement. Un mouvement de gourmandise ou d'impatience reste véniel ; mais chaque vice capital produit des péchés mortels dès que la matière est grave.
Pourquoi dit-on péchés « capitaux » ?
Du latin caput, la tête : ils sont la tête d'où découlent les autres péchés, selon l'image de saint Grégoire le Grand dans les Moralia in Job, que reprend saint Thomas d'Aquin. Le mot ne signifie pas qu'ils sont les plus graves en eux-mêmes, mais qu'ils sont les plus féconds en fautes.
Quelles sont les vertus opposées aux sept péchés capitaux ?
L'humilité contre l'orgueil, la libéralité contre l'avarice, la chasteté contre la luxure, la charité fraternelle contre l'envie, la tempérance contre la gourmandise, la patience contre la colère, la diligence contre la paresse. La tradition enseigne qu'on déracine un vice en pratiquant la vertu contraire.
Quel est le plus grave des sept péchés capitaux ?
L'orgueil, selon toute la tradition : il est le péché de Lucifer, la racine des autres vices, et il s'attaque directement à Dieu en rapportant à soi ce qui vient de Lui. « Le principe de tout péché, c'est l'orgueil » (Ecclésiastique 10, 15, Fillion).
L'examen de conscience sur les péchés capitaux se fait bien avec un livre de prières sous la main : l'application Iter Fidei donne les prières traditionnelles, les psaumes, le calendrier liturgique de 1962 et l'audio, en latin et en français. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Catéchisme de saint Pie X (1908) ; Catéchisme du concile de Trente (1566) ; saint Grégoire le Grand, Moralia in Job, livre XXXI ; Jean Cassien, Institutions cénobitiques ; saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia-IIae, q. 84, a. 4 ; saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia-IIae, q. 73, a. 5 ; Sainte Bible, traduction Fillion (Proverbes 16, 18 ; Sagesse 2, 24 ; 1 Timothée 6, 10 ; Matthieu 5, 8 ; Ecclésiastique 7, 40 et 10, 15).