La Prière
Le Gloire au Père (Gloria Patri) : texte, latin et sens
Le texte complet du Gloire au Père en français et en latin, son sens trinitaire, son antiquité et son usage à chaque dizaine du chapelet comme à la fin des psaumes de l'Office.

Le Gloire au Père est la courte prière de louange à la Sainte Trinité que le chrétien répète plus que toute autre. En voici le texte : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. » On l'appelle en latin Gloria Patri, et la tradition la nomme la petite doxologie, pour la distinguer du grand Gloria in excelsis Deo de la Messe. Nous en donnons ci-dessous le texte français et latin, son sens, son âge et sa place au chapelet comme à l'Office.
Le texte du Gloire au Père
Voici les paroles, telles que l'Église les a fixées et telles qu'on les récite à la fin de chaque dizaine du chapelet :
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
et dans les siècles des siècles. Amen.
La prière tient en deux membres. Le premier rend gloire aux trois Personnes divines, nommées l'une après l'autre. Le second confesse que cette gloire n'a pas commencé et ne finira pas : elle était « au commencement », elle demeure « maintenant », elle durera « dans les siècles des siècles ». C'est une profession de foi autant qu'un chant de louange.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit : le sens de la doxologie
La première partie du Gloire au Père reprend l'ordre même que Notre-Seigneur a donné à ses apôtres. Après la Résurrection, il les envoie « baptiser toutes les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Matthieu 28, 19, Crampon). Le baptême nous plonge dans ce nom unique des trois Personnes ; la doxologie nous fait redire ce nom toute la vie durant, pour rapporter à Dieu la gloire qui n'appartient qu'à lui.
Nommer le Père, puis le Fils, puis le Saint-Esprit, ce n'est pas énumérer trois dieux, ni trois degrés d'un seul. C'est confesser un seul Dieu en trois Personnes égales et éternelles, ce mystère que l'Église adore sous le nom de la Sainte Trinité. Le Gloire au Père est donc le plus bref des actes de foi trinitaires. Chaque fois qu'il monte de nos lèvres, il redit ce que nous avons tracé sur nous en faisant le signe de croix : « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »
Le Gloire au Père en latin (Gloria Patri)
Dans la liturgie romaine, la prière se chante et se dit en latin. En voici le texte :
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio, et nunc, et semper,
et in saecula saeculorum. Amen.
Mot pour mot : Gloria Patri — Gloire au Père ; et Filio — et au Fils ; et Spiritui Sancto — et au Saint-Esprit ; Sicut erat in principio — comme il était au commencement ; et nunc, et semper — maintenant et toujours ; et in saecula saeculorum — et dans les siècles des siècles. Connaître ces mots aide à suivre l'Office et à chanter les psaumes avec l'Église, qui scelle chacun d'eux par cette même doxologie.
« Comme il était au commencement » : l'antiquité de la prière
La louange de la Trinité est aussi ancienne que la foi elle-même. Dès les premiers siècles, les chrétiens terminaient leurs psaumes et leurs hymnes en glorifiant le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le second membre — « comme il était au commencement, maintenant et toujours » — fut affermi en Occident au temps où l'hérésie arienne niait l'éternité du Fils et le prétendait créature. Contre cette erreur, l'Église a voulu que la voix des fidèles proclame sans cesse que la gloire du Fils « était au commencement », qu'elle est de toujours, comme celle du Père.
Ainsi le Gloire au Père n'est pas seulement une pieuse formule : c'est une confession de foi qui a traversé les combats de l'Église et qui, encore aujourd'hui, oppose à toute négation la même louange éternelle. Dom Guéranger, dans L'Année liturgique, y voit le refrain par lequel toute la prière de l'Église se ramène à son terme, qui est la glorification de la Trinité.
Le Gloire au Père au chapelet et à l'Office
C'est au chapelet que la plupart des fidèles rencontrent d'abord cette prière. Après les dix Je vous salue Marie de chaque dizaine, on dit un Gloire au Père : la louange des trois Personnes vient couronner la méditation du mystère et rendre à Dieu ce que Marie elle-même lui rapporte tout entier. Le Gloire au Père marque ainsi la fin d'une dizaine et le passage à la suivante, tout au long du Rosaire.
Sa place la plus ancienne est pourtant à l'Office divin. À chaque heure, les Vêpres comme les autres offices, l'Église conclut chaque psaume et chaque cantique — jusqu'au Magnificat que Marie chante chaque soir aux Vêpres — par le Gloire au Père. Le chœur s'incline à ces paroles, en signe d'adoration de la Trinité. Le psaume, quel qu'en soit le sujet, se termine toujours par la même gloire rendue à Dieu ; c'est l'âme de toute la prière liturgique. On la retrouve encore au début des heures, dans les litanies, et dans une foule d'exercices de piété, partout où le chrétien veut rapporter à Dieu la louange due à son seul nom.
Questions Fréquentes
Quel est le texte du Gloire au Père ?
« Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. » C'est le texte fixe, celui que l'on dit à la fin de chaque dizaine du chapelet et à la fin de chaque psaume de l'Office.
Comment dit-on le Gloire au Père en latin ?
En latin : « Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in saecula saeculorum. Amen. » C'est la forme employée dans la liturgie romaine et dans le chant des psaumes.
Que signifie « gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit » ?
C'est rendre gloire à un seul Dieu en trois Personnes égales et éternelles. La prière reprend l'ordre du baptême donné par Notre-Seigneur, « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Matthieu 28, 19), et confesse que cette gloire n'a ni commencement ni fin.
Quand récite-t-on le Gloire au Père au chapelet ?
À la fin de chaque dizaine, après les dix Je vous salue Marie et avant le mystère suivant. Certains y ajoutent, selon la coutume, l'invocation demandée à Fatima. Le Gloire au Père couronne ainsi chaque mystère médité.
Pourquoi dit-on « comme il était au commencement » ?
Ce second membre confesse l'éternité de la gloire divine, contre l'erreur ancienne qui faisait du Fils une créature. L'Église a voulu que les fidèles proclament sans cesse que la gloire du Fils est de toujours, comme celle du Père et du Saint-Esprit.
Quelle différence entre le Gloire au Père et le Gloria de la Messe ?
Le Gloire au Père (Gloria Patri) est la petite doxologie, une brève louange trinitaire. Le Gloria in excelsis Deo chanté à la Messe est la grande doxologie, un hymne plus développé. Les deux glorifient Dieu, mais ne se confondent pas.
L'application Iter Fidei donne le texte du Gloire au Père et des grandes prières en français et en latin, avec l'audio, le chapelet et le calendrier liturgique de 1962. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Évangile selon saint Matthieu 28, 19, Bible Crampon ; Dom Guéranger, L'Année liturgique ; ordonnance des psaumes et de la doxologie au Bréviaire romain.