La Prière
Le Je vous salue Marie : texte, Ave Maria en latin et explication
Le texte complet du Je vous salue Marie et de l'Ave Maria en latin, l'origine des deux parties de la prière — l'Écriture et l'Église — son sens traditionnel, sa place dans le chapelet et l'Angélus.

Le Je vous salue Marie — en latin Ave Maria, que la tradition nomme la salutation angélique — est la prière que l'Église adresse à la sainte Vierge, après le Notre Père la plus récitée de toutes. Nous donnons d'abord le texte complet, en français puis en latin, avant d'expliquer d'où viennent ses paroles et comment la Tradition les entend.
Le texte du Je vous salue Marie (paroles complètes)
Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.
C'est le texte traditionnel, tel que les catéchismes français l'ont transmis de génération en génération. Il tient en deux phrases : la première loue, la seconde supplie. Quiconque veut l'imprimer ou le recopier peut le prendre ici tel quel ; il n'existe pas de version « abrégée » qui vaille, la prière entière se dit en quelques secondes.
L'Ave Maria : le Je vous salue Marie en latin
Le même texte dans la langue de l'Église, celle du bréviaire et de la messe traditionnelle :
Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Iesus. Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen.
Ave Maria et Je vous salue Marie ne sont pas deux prières, mais une seule : le latin est l'original liturgique, le français en est la traduction reçue. Apprendre l'Ave Maria en latin, c'est prier avec les mots exacts que l'Église chante depuis des siècles.
Les deux parties de la prière : l'Écriture et l'Église
Le Catéchisme de saint Pie X enseigne que la salutation angélique se compose des paroles de l'archange Gabriel, des paroles de sainte Élisabeth, et des paroles de l'Église. Deux parts d'Écriture, une part de prière ecclésiale.
La salutation de l'ange
Les premiers mots sont ceux de l'archange Gabriel à Nazareth, au jour de l'Annonciation : « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes » (Luc 1, 28, Bible Crampon). En redisant ces mots, le chrétien redit la salutation même que Dieu, par son ange, a adressée à Marie.
La parole d'Élisabeth
Vient ensuite la bénédiction de sainte Élisabeth, remplie de l'Esprit-Saint lorsque Marie entra chez elle : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni » (Luc 1, 42, Crampon). L'Église a seulement ajouté le saint nom de Jésus, pour nommer ce fruit béni. Cette bénédiction du fruit des entrailles fait du Je vous salue Marie la première prière de la femme enceinte, qui confie à Marie l'enfant qu'une mère porte.
La supplication de l'Église
La seconde partie — « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort » — n'est pas dans l'Évangile : c'est l'Église qui l'a composée. Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que l'Église de Dieu a très sagement ajouté à cette louange l'invocation de la très sainte Mère de Dieu, pour que nous recourions à son intercession. Le titre de Mère de Dieu y proclame la foi définie au concile d'Éphèse (431) : Marie est mère de Celui qui est Dieu. La formule complète fut fixée dans le Bréviaire romain de saint Pie V (1568). Les deux demandes — maintenant, et à l'heure de notre mort — embrassent toute la vie : le combat présent et le passage décisif. C'est cette confiance en l'intercession de Marie que développe le Souvenez-vous, où l'âme rappelle à la Vierge qu'elle n'a jamais laissé sans secours celui qui recourt à elle.
« Pleine de grâce » ou « comblée de grâce » ?
Le texte traditionnel dit « pleine de grâce », traduction exacte du latin de la Vulgate gratia plena, que suit la Bible Crampon. Des traductions récentes portent « comblée de grâce » ; le fond de la foi n'y change pas, mais la formule reçue, celle du chapelet, des catéchismes et de la liturgie traditionnelle, demeure « pleine de grâce ». Ces mots signifient que Marie, préservée de tout péché et enrichie de tous les dons, possède la grâce en plénitude — c'est le fondement scripturaire que la Tradition allègue pour l'Immaculée Conception, définie par Pie IX en 1854.
Le Notre Père et le Je vous salue Marie
Les deux prières vont ensemble dans toute la piété catholique : le Notre Père, enseigné par le Christ lui-même, s'adresse à Dieu ; le Je vous salue Marie s'adresse à la Mère de Dieu pour qu'elle prie pour nous. La prière du matin et celle du soir les unissent, le chapelet les entrelace, l'Angélus les suppose connues par cœur. Qui apprend à prier commence par ces deux textes, avec le Credo et le Gloria Patri.
Le Je vous salue Marie dans le chapelet et le rosaire
Le Je vous salue Marie est la trame même du chapelet : chaque dizaine se compose d'un Notre Père, de dix Je vous salue Marie et d'un Gloria Patri, et le chapelet s'ouvre par trois Je vous salue Marie pour demander la foi, l'espérance et la charité. Un chapelet de cinq dizaines en compte ainsi cinquante-trois ; le rosaire entier, cent cinquante — le psautier de Marie, selon le mot des anciens auteurs. C'est en méditant les mystères de la vie du Christ pendant cette récitation que la prière porte son fruit : les lèvres redisent la salutation, l'esprit contemple l'Évangile. La piété multiplie cette prière au mois de Marie, le mois de mai que l'Église consacre tout entier à la Sainte Vierge.
Le chapelet de la miséricorde divine, dévotion plus récente, s'ouvre lui aussi sur un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Credo, récités sur les grains d'un chapelet ordinaire.
Le Je vous salue Marie dans l'Angélus
Trois fois par jour — le matin, à midi, le soir — la cloche de l'Angélus rappelle le mystère de l'Incarnation. À chacun des trois versets (« L'ange du Seigneur annonça à Marie… ») répond un Je vous salue Marie. Dom Guéranger voit dans cette prière rythmant la journée chrétienne l'écho perpétuel de l'Annonciation : le peuple entier redit à Marie, aux heures fixes, la salutation de l'ange.
Le Je vous salue Marie chanté : l'Ave Maria
La prière est aussi un chant. La liturgie traditionnelle chante l'Ave Maria en grégorien — notamment l'offertoire du quatrième dimanche de l'Avent et les pièces de la fête de l'Annonciation — sur les seules paroles scripturaires. Les maîtres de la musique sacrée l'ont mise en polyphonie et en mélodie : citons parmi les plus connus l'Ave Maria de Franz Schubert (1825) et celui de Charles Gounod (1859), composé sur un prélude de Jean-Sébastien Bach, ainsi que le cantique populaire de Lourdes. Le chant n'ajoute rien au texte ; il en soutient la méditation.
Le Je vous salue Marie en d'autres langues
La même prière monte vers Marie dans toutes les langues de la chrétienté. En anglais : « Hail Mary, full of grace, the Lord is with thee; blessed art thou amongst women, and blessed is the fruit of thy womb, Jesus. Holy Mary, Mother of God, pray for us sinners, now and at the hour of our death. Amen. » En italien : « Ave, o Maria, piena di grazia, il Signore è con te. Tu sei benedetta fra le donne e benedetto è il frutto del tuo seno, Gesù. Santa Maria, Madre di Dio, prega per noi peccatori, adesso e nell'ora della nostra morte. Amen. » En espagnol : « Dios te salve, María, llena eres de gracia, el Señor es contigo. Bendita tú eres entre todas las mujeres, y bendito es el fruto de tu vientre, Jesús. Santa María, Madre de Dios, ruega por nosotros, pecadores, ahora y en la hora de nuestra muerte. Amén. » En portugais : « Ave Maria, cheia de graça, o Senhor é convosco. Bendita sois vós entre as mulheres e bendito é o fruto do vosso ventre, Jesus. Santa Maria, Mãe de Deus, rogai por nós, pecadores, agora e na hora da nossa morte. Amém. » Le latin, donné plus haut, demeure la langue commune qui unit toutes les autres.
Questions Fréquentes
Quel est le texte du Je vous salue Marie ?
« Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen. » C'est le texte traditionnel complet, en deux parties : la louange puis la supplication.
Quel est le Je vous salue Marie en latin ?
« Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Iesus. Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen. » L'Ave Maria est la même prière que le Je vous salue Marie, dans la langue liturgique de l'Église.
D'où viennent les paroles du Je vous salue Marie ?
De trois sources, selon le Catéchisme de saint Pie X : les paroles de l'archange Gabriel à l'Annonciation (Luc 1, 28), les paroles de sainte Élisabeth à la Visitation (Luc 1, 42), et la supplication ajoutée par l'Église, fixée dans le Bréviaire romain de saint Pie V en 1568.
Faut-il dire « pleine de grâce » ou « comblée de grâce » ?
Le texte traditionnel dit « pleine de grâce », traduction du latin gratia plena de la Vulgate, que suit la Bible Crampon. « Comblée de grâce » appartient à des traductions récentes ; pour le chapelet et la prière traditionnelle, on garde la formule reçue.
Combien de Je vous salue Marie dans un chapelet ?
Un chapelet de cinq dizaines compte cinquante-trois Je vous salue Marie : trois au début pour demander la foi, l'espérance et la charité, puis dix par dizaine. Le rosaire entier, de quinze dizaines, en compte cent cinquante.
Quand récite-t-on le Notre Père et le Je vous salue Marie ensemble ?
Dans presque toute la prière catholique : la prière du matin et du soir, chaque dizaine du chapelet, l'Angélus du matin, de midi et du soir, et l'ouverture du chapelet de la miséricorde divine. Ce sont les deux prières que tout catholique sait par cœur.
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Sources. Évangile selon saint Luc 1, 28 et 1, 42 (Bible Crampon) ; Catéchisme du concile de Trente (quatrième partie, sur la prière) ; Catéchisme de saint Pie X ; Bréviaire romain de saint Pie V (1568) ; concile d'Éphèse (431) ; Pie IX, bulle Ineffabilis Deus (1854) ; Dom Guéranger, L'Année liturgique.