La Prière
Le Rosaire : définition, mystères et manière de le réciter
Le rosaire est la grande prière mariale de l'Église : 150 Je vous salue Marie en quinze dizaines, méditant quinze mystères de la vie du Christ. Définition, différence avec le chapelet, mystères, promesses et fête du 7 octobre.

Le rosaire est la grande prière mariale de l'Église : cent cinquante Je vous salue Marie, répartis en quinze dizaines, pendant lesquels l'âme médite quinze mystères de la vie de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge. Le chapelet que l'on tient en main n'en est que le tiers — cinq dizaines — et c'est là toute la différence entre chapelet et rosaire. Nous donnons ici la définition du rosaire, les quinze mystères traditionnels, la manière de le réciter, les promesses attachées à cette dévotion, et l'origine de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre.
Rosaire : définition
Le mot rosaire vient du latin rosarium, la couronne de roses : chaque Ave offert à Marie est une rose spirituelle, et le rosaire entier une couronne déposée à ses pieds. La tradition, transmise par le bienheureux Alain de la Roche au XVe siècle, rapporte que la Sainte Vierge enseigna cette forme de prière à saint Dominique pour la conversion des pécheurs et la défaite de l'hérésie albigeoise. Les papes ont constamment confirmé ce récit ; Léon XIII le rappelle dans l'encyclique Supremi apostolatus officio (1883), qui consacre le mois d'octobre au très saint rosaire.
On l'a appelé le psautier de Marie : ses cent cinquante Ave répondent aux cent cinquante psaumes du psautier de David — le grand livre de la louange, où le psaume 65 chante que « l'hymne de louange est due à Dieu dans Sion » — et donnaient aux fidèles qui ne savaient pas lire l'équivalent de l'office des moines. Le rosaire n'est donc pas une répétition mécanique : c'est un résumé de tout l'Évangile, contemplé sous le regard de celle qui « conservait toutes ces choses en son cœur » (Luc 2, 19, Crampon).
Différence entre chapelet et rosaire
C'est la question que pose le français, et la réponse est simple : le rosaire désigne la prière complète — quinze dizaines, quinze mystères, cent cinquante Ave — tandis que le chapelet en désigne le tiers, soit cinq dizaines, ainsi que l'objet de piété lui-même, le grain que l'on égrène. Réciter son chapelet, c'est prier un tiers du rosaire ; réciter le rosaire, c'est prier les trois chapelets — joyeux, douloureux et glorieux — dans la même journée.
Dans l'usage courant, on dit un rosaire pour la prière entière et un chapelet pour la prière quotidienne ordinaire. L'objet à quinze dizaines, plus rare, se nomme aussi rosaire. Nous exposons la structure du chapelet de cinq dizaines, grain par grain, dans notre article sur le chapelet.
Les 15 mystères du rosaire
Le rosaire traditionnel compte quinze mystères, répartis en trois séries de cinq. Chaque mystère est un événement de la vie du Christ ou de sa Mère, que l'on médite pendant la dizaine.
Les cinq mystères joyeux
- L'Annonciation de l'ange Gabriel à Marie
- La Visitation de Marie à sainte Élisabeth
- La Nativité de Notre-Seigneur à Bethléem
- La Présentation de Jésus au Temple
- Le Recouvrement de Jésus au Temple parmi les docteurs
Les cinq mystères douloureux
- L'Agonie de Jésus au jardin des Oliviers
- La Flagellation
- Le Couronnement d'épines
- Le Portement de la croix
- Le Crucifiement et la mort de Notre-Seigneur
Les cinq mystères glorieux
- La Résurrection
- L'Ascension
- La descente du Saint-Esprit sur les Apôtres à la Pentecôte
- L'Assomption de la Sainte Vierge
- Le Couronnement de Marie au ciel
Les mystères du rosaire selon les jours de la semaine
L'usage traditionnel répartit les trois chapelets sur la semaine : les mystères joyeux le lundi et le jeudi ; les mystères douloureux le mardi et le vendredi ; les mystères glorieux le mercredi, le samedi et le dimanche. Pendant l'Avent, le dimanche reprend les mystères joyeux ; pendant le Carême, les mystères douloureux. Ainsi l'année liturgique elle-même passe dans le rosaire.
Comment prier le rosaire
La prière du rosaire s'ouvre et se déroule toujours de la même manière. Voici comment réciter le rosaire — ou l'un de ses chapelets :
- Le signe de la croix, puis le Credo sur la croix du chapelet ; nous en donnons le texte complet dans notre article sur le Credo.
- Un Pater, sur le premier gros grain, pour honorer Dieu ; le texte et le sens de cette prière sont exposés dans le Notre Père.
- Trois Ave, pour demander la foi, l'espérance et la charité, suivis d'un Gloria Patri.
- Pour chaque dizaine : on annonce le mystère, on récite un Pater, dix Ave et un Gloria Patri, en tenant l'esprit fixé sur le mystère annoncé.
- On achève par le Salve Regina et, selon l'usage, les litanies de la Sainte Vierge, ou l'une des grandes hymnes mariales comme l'Ave Maris Stella, l'antique salut à l'Étoile de la mer.
L'Ave Maria qui revient dix fois par dizaine unit la salutation de l'ange Gabriel (Luc 1, 28) à celle de sainte Élisabeth (Luc 1, 42), avant la supplication ajoutée par l'Église ; son texte et son histoire sont donnés dans le Je vous salue Marie.
L'âme du rosaire n'est pas la récitation, mais la méditation. Réciter les Ave en laissant l'esprit vagabonder, c'est tenir le corps de la prière sans son âme. Le remède traditionnel est simple : avant chaque dizaine, se représenter la scène du mystère — la crèche, le prétoire, le tombeau vide — et y demeurer pendant les dix Ave. Léon XIII enseigne que c'est par cette contemplation des mystères que le rosaire nourrit la foi et réforme les mœurs (Octobri mense, 1891).
Les promesses du rosaire
La tradition dominicaine, transmise par le bienheureux Alain de la Roche, rapporte les promesses faites par la Sainte Vierge à ceux qui récitent fidèlement son rosaire : une protection singulière, l'abondance des grâces, la défense contre l'enfer, la destruction du vice et la croissance des vertus, le secours de Marie à l'heure de la mort. L'Église n'impose pas ces promesses comme articles de foi ; mais elle a fait sienne leur substance en enrichissant le rosaire de nombreuses indulgences et en le recommandant sans relâche. Sixte IV, saint Pie V, Grégoire XIII, Léon XIII surtout — qui lui consacra douze encycliques — ont vu dans le rosaire le remède des temps mauvais et l'arme du chrétien. La promesse la plus sûre reste celle de toute prière persévérante : « Demandez, et l'on vous donnera » (Matthieu 7, 7, Crampon).
Lépante et la fête de Notre-Dame du Rosaire (7 octobre)
Le 7 octobre 1571, la flotte chrétienne rassemblée par saint Pie V arrêtait à Lépante la puissance ottomane qui menaçait la chrétienté. Pendant la bataille, les confréries du rosaire priaient à Rome, mettant leur confiance non dans les vaisseaux mais dans le secours de Dieu, comme le peuple du psaume 20 : « ceux-ci comptent sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux ; nous, nous invoquons le nom du Seigneur ». Le saint pape attribua la victoire à l'intercession de la Mère de Dieu et institua en mémoire une fête de Notre-Dame de la Victoire ; il y avait là de quoi reprendre le cantique des rachetés « de la main de l'ennemi » qu'est le psaume 107. Grégoire XIII la fixa en 1573 au premier dimanche d'octobre sous le titre de fête du Saint Rosaire ; Clément XI l'étendit à l'Église universelle en 1716, après la victoire de Peterwardein ; saint Pie X la fixa au 7 octobre. Dom Guéranger, dans L'Année liturgique, montre en cette fête la reconnaissance de l'Église pour la puissance du rosaire dans l'histoire.
Léon XIII consacra tout le mois d'octobre au rosaire (1883) et fit ajouter aux litanies de Lorette l'invocation Reine du très saint Rosaire. La piété des fidèles a multiplié les sanctuaires sous ce vocable : à Lourdes, la basilique Notre-Dame du Rosaire, dont les chapelles figurent les quinze mystères, accueille chaque année en octobre le pèlerinage du Rosaire conduit par les Dominicains, ces pèlerins qui montent vers la maison de Dieu avec le désir du psaume 84, « Que tes demeures sont aimables » ; nous racontons les apparitions de 1858 dans Notre-Dame de Lourdes. Et à Fatima, le 13 octobre 1917, la Sainte Vierge se nomma elle-même : Notre-Dame du Rosaire — récit que nous donnons dans Notre-Dame de Fatima.
Le rosaire n'est donc pas une dévotion parmi d'autres : c'est la prière que la Mère de Dieu a demandée, que les papes ont armée d'indulgences, et que les siècles ont éprouvée. Un chapelet chaque jour, le rosaire entier quand on le peut : voilà la règle simple des âmes fidèles. Pour préparer sa fête du 7 octobre ou porter une intention particulière, on peut aussi prier la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire, neuf jours de chapelet confiés à la Reine du très saint Rosaire. Récité en famille, il prend sa place parmi les prières qui sanctifient la journée, comme le bénédicité avant le repas.
Questions Fréquentes
Qu'est-ce que le rosaire ?
Le rosaire est la prière mariale complète de l'Église : cent cinquante Je vous salue Marie répartis en quinze dizaines, chacune précédée d'un Pater et suivie d'un Gloria, pendant lesquelles on médite les quinze mystères de la vie du Christ et de la Sainte Vierge. On l'appelle le psautier de Marie, ses cent cinquante Ave répondant aux cent cinquante psaumes.
Quelle est la différence entre le chapelet et le rosaire ?
Le rosaire est la prière entière : quinze dizaines et quinze mystères. Le chapelet en est le tiers — cinq dizaines, cinq mystères — et désigne aussi l'objet que l'on tient en main. Réciter trois chapelets, joyeux, douloureux et glorieux, c'est réciter un rosaire complet.
Comment prier le rosaire ?
On commence par le signe de la croix, le Credo, un Pater, trois Ave et un Gloria ; puis, pour chaque dizaine, on annonce le mystère, on récite un Pater, dix Ave et un Gloria en méditant la scène annoncée. On conclut par le Salve Regina. L'essentiel est la méditation des mystères, qui est l'âme du rosaire.
Comment faire un rosaire complet ?
On récite les trois chapelets dans la journée : les cinq mystères joyeux, puis les cinq douloureux, puis les cinq glorieux. Il n'est pas nécessaire de les dire d'un seul trait ; l'usage est de les répartir aux heures libres — matin, milieu du jour, soir — pourvu que chaque dizaine soit accompagnée de son mystère.
Quel est le mois du rosaire ?
Le mois d'octobre. Léon XIII l'a consacré au très saint rosaire par l'encyclique Supremi apostolatus officio (1883), demandant que le chapelet soit récité chaque jour dans les églises pendant tout le mois. La fête de Notre-Dame du Rosaire s'y trouve, le 7 octobre, en mémoire de la victoire de Lépante.
Qu'est-ce que le pèlerinage du Rosaire ?
C'est le grand pèlerinage conduit chaque année début octobre à Lourdes par l'ordre des Dominicains, gardien traditionnel de la dévotion du rosaire. Les pèlerins y prient les quinze mystères dans la basilique Notre-Dame du Rosaire, dont les chapelles représentent chacun des mystères.
L'application Iter Fidei donne le rosaire complet et les prières qui le composent, les psaumes, le calendrier liturgique traditionnel de 1962 et l'audio pour prier chaque dizaine. Télécharger ici.
Sources. Sainte Bible, traduction Crampon (Luc 1 ; Luc 2, 19 ; Matthieu 7, 7) ; Léon XIII, encycliques Supremi apostolatus officio (1883) et Octobri mense (1891) ; Dom Guéranger, L'Année liturgique, fête du Très Saint Rosaire (7 octobre) ; tradition dominicaine transmise par le bienheureux Alain de la Roche sur l'origine et les promesses du rosaire.