Les Psaumes
Psaume 65 : action de grâces pour les bienfaits de Dieu (texte complet)
Le psaume 65 (psaume 64 de la Vulgate) est le grand cantique d'action de grâces : Dieu pardonne les péchés et couvre la terre d'abondance. Texte intégral selon Fillion, sens des Pères, et place aux Laudes de l'Office des morts dans la liturgie de 1962.

Le psaume 65 est le grand cantique d'action de grâces du psautier : l'homme y bénit Dieu pour le pardon de ses péchés et pour l'abondance dont il couvre la terre — À toi est due la louange, ô Dieu, dans Sion. Ce que la plupart des Bibles appellent aujourd'hui psaume 65 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le psaume 64 de la Vulgate. Nous en donnons ici le texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, l'explication de la double numérotation, le sens qu'en ont donné les Pères, sa place dans la liturgie de 1962 et la manière de le prier.
Le texte complet du psaume 65 (traduction Fillion)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, la Bible catholique française classique qui porte l'une à côté de l'autre les deux numérotations.
Psaume 65 (Vulg. LXIV)
Pour la fin, psaume de David, cantique de Jérémie et d'Ézéchiel, pour le peuple de la captivité, lorsqu'il commençait à partir.
L'hymne de louange Vous est due, ô Dieu, dans Sion, et on Vous rendra des vœux dans Jérusalem.
Exaucez ma prière ; à Vous viendra toute chair.
Les paroles des méchants ont prévalu sur nous, mais Vous nous pardonnerez nos impiétés.
Heureux celui que Vous avez choisi et pris avec Vous ; il habitera dans Vos parvis. Nous serons remplis de biens de Votre maison ; Votre temple est saint,
il est admirable en équité. Exaucez-nous, ô Dieu, notre sauveur, espérance de tous les confins de la terre et des lointains rivages de la mer.
Vous affermissez les montagnes par Votre force, Vous qui êtes ceint de puissance,
qui troublez les profondeurs de la mer, et qui faites retentir le bruit de ses flots. Les nations seront troublées,
et ceux qui habitent les extrémités de la terre seront effrayés par Vos prodiges ; Vous réjouirez les contrées de l'orient et de l'occident.
Vous avez visité la terre, et Vous l'avez enivrée de Vos pluies ; Vous l'avez comblée de richesses. Le fleuve de Dieu a été rempli d'eaux ; Vous avez préparé la nourriture de Votre peuple ; car c'est ainsi que Vous préparez la terre.
Enivrez d'eau ses ruisseaux, multipliez ses germes ; sous ses ondées elle se réjouira, donnant ses fruits.
Vous bénirez la couronne de l'année de Votre bonté, et Vos champs seront remplis d'abondantes récoltes.
Les gracieux pâturages du désert seront engraissés, et les collines seront ceintes d'allégresse.
Les béliers des brebis se revêtiront, et les vallées seront pleines de blé ; tout chantera et fera entendre des hymnes.
En latin, le psaume s'ouvre par Te decet hymnus, Deus, in Sion, incipit sous lequel le bréviaire l'a toujours chanté.
Psaume 65 ou psaume 64 ? La double numérotation
Le psaume que vous cherchez sous le nom de « psaume 65 » porte, dans la Vulgate latine de saint Jérôme et dans la Septante grecque, le numéro 64. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux façons de compter les psaumes. La numérotation grecque et latine, celle dont l'Église s'est servie plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères, réunit en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Du psaume 10 au psaume 113, la Vulgate compte donc un numéro de retard sur l'hébreu.
Ainsi : psaume 65 (numérotation hébraïque) = psaume 64 (Vulgate). C'est le même psaume, qui commence en latin par Te decet hymnus, Deus, in Sion. Que la forme cherchée soit « psaume 65 » ou « psaumes 65 », il s'agit toujours de ce texte unique. Cette double numérotation traverse tout le psautier ; elle est la même qui fait du psaume voisin, le psaume 64, le psaume 63 de la Vulgate. Nous suivons ici la traduction catholique de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate.
Le sens traditionnel : saint Augustin et les Pères
La Vulgate et la Septante ajoutent au titre une mention absente de l'hébreu : cantique de Jérémie et d'Ézéchiel, pour le peuple de la déportation, quand il commençait à sortir. Les Pères y ont lu la prière du peuple qui revient de Babylone vers Sion. Saint Augustin, dans son commentaire des psaumes (Enarratio in Psalmum LXIV), fait de Sion la figure de la Jérusalem d'en haut, vers laquelle l'Église en marche est encore en chemin : la louange « est due dans Sion » parce qu'elle convient à ceux qui sont parvenus au repos de Dieu, et nous, qui peinons encore, nous la chantons par avance.
Toute la seconde moitié du psaume — la source divine « remplie d'eau », les sillons arrosés, l'année « couronnée de bienfaits » — il la lit comme la grâce de Dieu qui abreuve les âmes : la pluie est la doctrine des Apôtres, la moisson est le fruit des cœurs fertilisés par la parole. La générosité de Dieu envers la terre est l'image de sa générosité envers l'homme racheté, dont il « pardonne les transgressions » avant de le faire entrer dans sa maison.
Le psaume 65, action de grâces pour les bienfaits de Dieu
Peu de psaumes respirent une telle gratitude. Il s'ouvre sur la louange due à Dieu, passe par l'aveu du péché pardonné, et s'achève dans un tableau de la terre comblée : le blé préparé, les sillons abreuvés, l'année couronnée, les vallées « parées d'épis ». C'est le psaume de l'homme qui, ayant reçu, se retourne pour bénir Celui qui donne, et convie avec lui la terre entière à la même louange, comme le psaume 66, le Jubilate Deo omnis terra.
À ce titre il tient une place naturelle dans la prière de remerciement : il met des mots sur la double libéralité de Dieu, celle qui pardonne les fautes et celle qui nourrit les corps. Là où l'homme moderne ne voit que le cours des saisons, le psaume voit la main qui « visite la terre » et la « couronne de bienfaits » — le même regard qui, au psaume 67, reconnaît que « la terre a donné ses produits » pour que Dieu en soit béni.
Le psaume 65 dans la liturgie de 1962 : les Laudes de l'Office des morts
L'Église a donné à ce psaume une place solennelle : il est le deuxième psaume des Laudes de l'Office des morts, chanté après le Miserere (psaume 50) et avant le psaume 62. Le bréviaire de 1962 conserve cet usage antique, et le choix est d'une grande justesse : en priant pour ses défunts, l'Église reprend l'aveu du psaume — « un amas d'iniquités pesait sur moi : tu pardonnes nos transgressions » — et son espérance la plus haute — « Heureux celui que tu choisis et que tu rapproches de toi, pour qu'il habite dans tes parvis ».
Ainsi, chaque fois qu'elle chante l'Office des morts, l'Église confie à ce cantique de pardon et de repos ceux qu'elle recommande à Dieu. Le fidèle qui l'unit à sa prière pour les défunts demande, avec elle, que les iniquités soient effacées et que l'âme habite enfin dans les parvis du Seigneur.
Quand et comment prier le psaume 65
Ce psaume est la prière de l'action de grâces et de la confiance. La tradition l'emploie de plusieurs manières :
- Pour rendre grâce des bienfaits reçus. Après une délivrance, une récolte, un don obtenu, il donne à la reconnaissance sa forme la plus juste : reporter à Dieu la louange qui lui « est due ».
- Devant le pardon des péchés. Son verset central — « tu pardonnes nos transgressions » — en fait une prière d'après la confession, quand l'âme allégée revient vers la maison de Dieu.
- Pour les défunts. À la suite de l'Église, on le prie aux Laudes de l'Office des morts, ou simplement pour une âme aimée, en lui appliquant l'espérance d'habiter dans les parvis du Seigneur.
Priez-le sans hâte, et terminez comme le fait l'Église, par le Gloire au Père (Gloria Patri). La force du psaume n'est pas dans les mots, mais en Celui à qui ils s'adressent : le Catéchisme de saint Pie X enseigne que Dieu, par sa Providence, veille sur toutes choses, les conserve et les gouverne. Le psaume 65 est cette foi faite louange.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 65 est-il aussi appelé psaume 64 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque — suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles — le comptent comme psaume 64, parce qu'elles réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. La numérotation hébraïque, reprise par la plupart des Bibles modernes, le compte comme 65. C'est le même psaume, Te decet hymnus.
Qui a écrit le psaume 65 ?
Le titre l'attribue à David : « Au maître de chant. Psaume de David. Cantique. » C'est la lecture constante de l'Église. Comme pour tout psaume, l'auteur humain n'est que l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
De quoi parle le psaume 65 ?
C'est un cantique d'action de grâces. Il bénit Dieu qui écoute la prière, pardonne les péchés et comble la terre de ses bienfaits — la pluie, le blé, « l'année couronnée de bienfaits ». Le don du corps et le pardon de l'âme s'y répondent d'un bout à l'autre.
Où trouver le psaume 65 dans la Bible ?
Dans le livre des Psaumes (le Psautier), à l'Ancien Testament. Dans les Bibles de numérotation hébraïque — Fillion moderne, Louis Segond — c'est le psaume 65 ; dans les Bibles de numérotation traditionnelle et au bréviaire, c'est le psaume 64 de la Vulgate, qui commence par Te decet hymnus, Deus, in Sion.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 65 ?
Il est le deuxième psaume des Laudes de l'Office des morts, après le Miserere et avant le psaume 62. Le bréviaire de 1962 garde cet usage. C'est le psaume que l'Église fait sien pour prier ses défunts, à cause de son aveu du péché pardonné et de son espérance d'habiter dans la maison de Dieu.
Le psaume 65 est-il une prière d'action de grâces ?
Oui. D'un bout à l'autre il rend grâce : pour la prière exaucée, pour les fautes remises, pour l'abondance dont Dieu couvre la terre. C'est l'un des grands cantiques de reconnaissance du psautier, la louange de l'homme qui reporte à Dieu tout ce qu'il a reçu.
L'application Iter Fidei contient la Bible de Fillion, les psaumes, les prières et le calendrier de 1962, avec l'audio pour prier. Télécharger l'application.
Sources. Texte français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 64 (Vulg. LXIV), versets 1-14 (corpus Iter Fidei). Incipit et titre latins : Vulgate Clémentine, Psalmus 64, Te decet hymnus, Deus, in Sion. Sens traditionnel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Enarratio in Psalmum LXIV. Usage liturgique : Breviarium Romanum, Office des morts (Officium Defunctorum), Laudes, psautier conservé dans les livres de 1962. Doctrine de la Providence : Catéchisme de saint Pie X.