Les Neuvaines
Neuvaine à Notre-Dame du Rosaire
Le texte complet de la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire : la prière quotidienne, les neuf jours de méditation, la manière de la réciter et le texte à imprimer, avec l'essentiel sur la neuvaine de 54 jours de Pompéi. Du 28 septembre au 6 octobre.

La neuvaine à Notre-Dame du Rosaire est une prière de neuf jours par laquelle nous confions nos intentions à la Vierge Marie sous le titre qui lui est le plus cher, celui de Reine du très saint Rosaire. On la récite d'ordinaire pour préparer la fête du Rosaire, le 7 octobre, en la commençant le 28 septembre ; mais elle convient en tout temps, et particulièrement lorsque nous avons une grâce pressante à demander, une famille à protéger ou une cause qui semble désespérée. Chaque jour, on médite les mystères du chapelet et l'on présente à Marie, avec la couronne de roses de nos Ave, une même intention, tenue avec confiance jusqu'au neuvième jour.
Le texte de la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire
Cette neuvaine repose tout entière sur le chapelet : chaque jour, on récite au moins une partie du Rosaire (cinq dizaines) en méditant les mystères, puis l'on ajoute la prière quotidienne ci-dessous et l'intention du jour. Rien n'est plus simple ni plus efficace, car c'est la prière même que Notre-Dame n'a cessé de recommander.
La prière quotidienne
On la récite chaque jour, après le chapelet. C'est l'oraison de la fête du très saint Rosaire, telle que la donne le missel :
Ô Dieu, dont le Fils unique, par sa vie, sa mort et sa résurrection, nous a mérité les récompenses du salut éternel : accordez-nous, nous vous en supplions, qu'en méditant ces mystères du très saint Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, nous imitions ce qu'ils contiennent et obtenions ce qu'ils promettent. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
On termine par le Salve Regina et l'énoncé de son intention :
Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre consolation, notre espérance, salut. Enfants d'Ève, de cette terre d'exil nous crions vers vous ; vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Ô vous, notre Avocate, tournez vers nous vos regards compatissants ; et, après cet exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein. Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie !
V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les neuf jours
Aucun texte ancien ne fixe une intention propre à chacun des neuf jours. Pour soutenir la méditation, nous proposons ci-dessous, pour chaque jour, une intention et une série de mystères : ce découpage est celui de notre rédaction, non une règle. On peut tout aussi bien garder la même intention les neuf jours et suivre les mystères habituels de chaque jour de la semaine. On récite le chapelet du jour, la prière quotidienne, puis on s'arrête un instant sur la pensée proposée.
Jour 1
Apprendre à prier. Nous demandons à Marie de nous enseigner à réciter le chapelet non des lèvres seulement, mais du cœur, en méditant avec elle les mystères de son Fils. Mystères joyeux.
Jour 2
Lui remettre nos fardeaux. Nous déposons entre ses mains nos soucis, nos peurs et le poids qui nous accable, comme un enfant confie tout à sa mère. Mystères joyeux.
Jour 3
Le pardon de nos péchés. Nous implorons, par les mérites de la Passion, la grâce d'un cœur contrit et la force de rompre avec le péché. Mystères douloureux.
Jour 4
Pour ceux qui souffrent. Nous portons devant elle les malades, les affligés, les mourants et tous ceux qui n'ont personne pour prier. Mystères douloureux.
Jour 5
La lumière dans le doute. Nous demandons la foi qui ne chancelle pas, afin que, dans les moments d'obscurité, nous nous appuyions sur la main de notre Mère. Mystères glorieux.
Jour 6
Pour la sainte Église et le Souverain Pontife. Nous prions pour l'Église militante, pour le Pape, pour les prêtres et pour la conversion des pécheurs. Mystères glorieux.
Jour 7
Pour nos familles. Nous confions nos parents, nos enfants, nos amis et nos défunts à la Reine du Rosaire, afin qu'aucun des nôtres ne se perde. Mystères joyeux.
Jour 8
Notre intention particulière. Nous présentons enfin, avec une confiance sans réserve, la grâce précise que nous sollicitons dans cette neuvaine. Mystères douloureux.
Jour 9
Action de grâces. Nous rendons grâce à Marie de nous avoir écoutés, et nous lui demandons de nous conduire jusqu'au ciel par le chemin de la sainteté. Mystères glorieux.
Les variantes de la neuvaine
La neuvaine du Rosaire de 54 jours (neuvaine de Pompéi)
Lorsque la grâce demandée paraît difficile à obtenir, beaucoup se tournent vers la neuvaine de 54 jours, rattachée au sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi : 27 jours de demande, puis 27 jours d'action de grâce, sans interruption — six neuvaines enchaînées.
Son origine est rattachée à Fortuna Agrelli, jeune Napolitaine gravement malade. Le 3 mars 1884, la Reine du Rosaire lui serait apparue et lui aurait dit : « Prie trois neuvaines et tu obtiendras tout. » Elle fut guérie le 8 mai 1884. La demande complète — trois neuvaines de demande, puis trois d'action de grâce — est rapportée à une apparition suivante ; saint Bartolo Longo, lui, la rattache à l'apparition de mars 1884. Il s'agit d'une révélation privée, que l'Église laisse à la piété des fidèles sans en garantir l'origine.
Sous ce même nom, on rencontre plusieurs formes :
- la forme courante, avec les prières abrégées en usage en Pologne : les quinze dizaines du Rosaire chaque jour, suivies d'une courte prière de demande ou d'action de grâce ;
- la forme originale de saint Bartolo Longo : ses deux neuvaines, de demande (1879) et d'action de grâce (1889), de cinq prières chacune, que publie le sanctuaire de Pompéi ;
- la forme « couronne de roses », publiée en 1926 par Charles V. Lacey dans Rosary Novenas to Our Lady : un seul chapelet de cinq dizaines par jour, les mystères joyeux, douloureux et glorieux se succédant de jour en jour à partir du premier, chaque dizaine étant offerte à la Vierge comme un bouquet de roses.
Quant à l'action de grâce, saint Bartolo Longo la voulait « pendant 27 jours après avoir obtenu la grâce demandée ». La pratique moderne — et déjà le livret de 1926 — enchaîne au contraire les deux moitiés sans attendre, que la grâce ait été obtenue ou non.
L'ordre exact de chaque journée, le texte des prières et le calendrier des 54 jours sont donnés dans notre article sur la neuvaine de Pompéi.
Le texte en PDF et à imprimer
Beaucoup cherchent la neuvaine du Rosaire « en PDF » ou « à imprimer » pour la porter sur soi ou la prier en famille. Le texte complet de cette page — la prière quotidienne et les neuf jours — peut être copié et imprimé librement pour votre usage de prière.
Comment réciter cette neuvaine
Quand la commencer ? Pour la faire aboutir à la fête, on commence la neuvaine ordinaire le 28 septembre, afin que le neuvième jour tombe le 6 octobre, veille de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre. Mais une neuvaine peut se commencer n'importe quel jour de l'année dès que le besoin s'en fait sentir ; l'essentiel est de prier neuf jours de suite, sans en manquer aucun. Pour comprendre le sens et les fruits de cette pratique, voyez notre article sur la neuvaine et ce qu'est une neuvaine.
Les neuf jours. Chaque jour, dans le calme, on récite le chapelet du jour, la prière quotidienne et l'intention correspondante. On peut prier seul, en famille ou en paroisse ; la prière du soir est un moment tout indiqué.
La neuvaine de 54 jours. Elle demande davantage de constance : cinquante-quatre jours sans interruption. Aucune règle de l'Église ne dit que faire si l'on manque un jour ; pour la forme courante, ceux qui la propagent en Pologne conseillent de la reprendre à son commencement, sauf empêchement tout à fait indépendant de la volonté. Son déroulement dépend de la forme choisie ; tout est expliqué dans la neuvaine de Pompéi.
La fête. Le 7 octobre, il est beau de couronner sa neuvaine par la messe, la communion et un chapelet médité, en union avec toute l'Église qui célèbre ce jour-là la Reine des Victoires.
L'histoire de la dévotion au Rosaire
Le Rosaire est un abrégé de l'Évangile : en récitant quinze fois le Notre Père et cent cinquante fois la Salutation angélique, le fidèle honore le Rédempteur en méditant les principaux mystères de sa vie et de celle de sa Mère. La tradition de l'Ordre des Prêcheurs, reçue dans le bréviaire romain, attribue cette forme de prière à saint Dominique, à qui Notre-Dame l'aurait révélée pour combattre l'hérésie albigeoise. Si les historiens discutent la part exacte du saint dans un usage dont les éléments se sont formés lentement, il demeure que ce sont ses fils, les Dominicains, qui ont donné au Rosaire sa forme et l'ont répandu par tout l'univers.
La fête, elle, est née d'une victoire. Le 7 octobre 1571, tandis que les confréries du Rosaire de Rome priaient en procession, la flotte chrétienne remportait à Lépante, contre les Turcs, une victoire qui parut la réponse directe du Ciel à leurs supplications. Le pape saint Pie V, dominicain, institua une commémoraison annuelle de Notre-Dame de la Victoire ; son successeur Grégoire XIII lui donna le nom de fête du Rosaire. En 1716, une nouvelle défaite des Turcs à Peterwardein, obtenue elle aussi pendant des processions mariales, décida Clément XI à étendre la fête à toute l'Église latine. Elle se célèbre depuis au jour de Lépante, le 7 octobre. On mesure ici pourquoi Marie est saluée comme Reine des Victoires : voyez à ce sujet Notre-Dame des Victoires.
Au XIXᵉ siècle, cette dévotion connut un nouvel élan à Pompéi. Un avocat converti, saint Bartolo Longo, y éleva un sanctuaire à la Reine du Rosaire et composa en 1883 la célèbre Supplique — « Ô Auguste Reine des Victoires, ô Souveraine du ciel et de la terre… » — que l'on récite encore chaque année le 8 mai et le premier dimanche d'octobre. C'est de ce sanctuaire que rayonna la neuvaine de 54 jours rattachée à la guérison de Fortuna Agrelli (1884), et c'est pourquoi tant de fidèles cherchent aujourd'hui la « neuvaine à Notre-Dame du Rosaire de Pompéi ». Dans le même temps, le pape Léon XIII consacra au Rosaire, à partir de 1883, une longue suite d'encycliques et voulut que le mois d'octobre lui fût dédié.
Note honnête. La cause de saint Bartolo Longo (1841-1926) est postérieure aux livres de 1962 : « l'avocat de la Reine du Rosaire » fut béatifié par Jean-Paul II en 1980, puis canonisé le 19 octobre 2025 par le pape Léon XIV. L'Église le vénère aujourd'hui comme saint ; en 1962, il n'était encore honoré d'aucun culte public.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine du Rosaire ?
On récite chaque jour, pendant neuf jours consécutifs, au moins cinq dizaines du chapelet en méditant les mystères, puis la prière quotidienne et l'intention du jour. L'essentiel est la fidélité : ne manquer aucun des neuf jours et présenter chaque jour la même demande avec confiance.
Comment prier la neuvaine du Rosaire de 54 jours ?
On prie cinquante-quatre jours de suite : vingt-sept jours de demande, puis vingt-sept jours d'action de grâce. Dans la forme courante, on récite chaque jour les quinze dizaines du Rosaire, puis une courte prière de demande (jours 1 à 27) ou d'action de grâce (jours 28 à 54), et trois fois « Reine du très saint Rosaire, priez pour nous ». La forme « couronne de roses » de 1926 ne demande qu'un chapelet par jour. Le détail de chaque forme est donné dans la neuvaine de Pompéi.
Quand commencer la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire ?
Pour la terminer à la fête, commencez le 28 septembre, le neuvième jour tombant le 6 octobre, veille du 7 octobre. En dehors de cette période, on peut la commencer n'importe quel jour, dès qu'un besoin se présente.
Quelle est la différence entre la neuvaine de neuf jours et celle de 54 jours ?
La neuvaine ordinaire dure neuf jours et convient à toute intention. La neuvaine de 54 jours, propre à Notre-Dame de Pompéi, est d'ordinaire choisie pour les demandes graves ou les causes qui semblent désespérées ; elle unit trois neuvaines de demande et trois neuvaines d'action de grâce.
Qu'est-ce que la neuvaine de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi ?
C'est la neuvaine de 54 jours rattachée au sanctuaire de Pompéi fondé par saint Bartolo Longo et à la guérison de Fortuna Agrelli en 1884 : vingt-sept jours de demande, puis vingt-sept d'action de grâce. On la tient pour particulièrement puissante dans les situations sans issue, sans qu'aucune neuvaine oblige Dieu. Elle se prie sous plusieurs formes, expliquées dans la neuvaine de Pompéi.
Faut-il réciter le chapelet entier chaque jour ?
Pour cette neuvaine de neuf jours, non : cinq dizaines (un chapelet) suffisent chaque jour, et ceux qui le peuvent récitent les quinze mystères. Pour la neuvaine de 54 jours, cela dépend de la forme : la forme courante et celle de saint Bartolo Longo s'appuient sur le Rosaire entier, la forme « couronne de roses » sur un chapelet par jour.
Peut-on faire cette neuvaine en famille ?
Oui, et c'est un usage très recommandé. Le chapelet récité en famille attire des grâces particulières sur le foyer ; voyez notre prière pour la famille. Chacun peut y ajouter en silence son intention propre.
Que faire si l'on oublie un jour ?
Aucune règle de l'Église ne le fixe. Une neuvaine n'est pas une formule magique, et un oubli involontaire n'est pas une faute : pour la neuvaine de neuf jours, chacun peut en paix la poursuivre ou la recommencer. Pour la neuvaine de 54 jours, faite de jours consécutifs, ceux qui propagent la forme courante en Pologne conseillent de recommencer au premier jour, sauf empêchement tout à fait indépendant de la volonté ; voir la neuvaine de Pompéi.
L'application Iter Fidei propose une neuvaine à Notre-Dame du Rosaire. Téléchargez-la ici.
Sources. Missel romain de 1962, oraison de la fête du très saint Rosaire (7 octobre) ; Bréviaire romain et Martyrologe romain, leçons de la fête ; Alban Butler, Lives of the Saints (Our Lady of the Rosary, 7 octobre) ; Léon XIII, encycliques sur le Rosaire ; antienne Salve Regina ; saint Bartolo Longo, neuvaine pour obtenir des grâces (1879), neuvaine d'action de grâces (1889) et Supplique à la Reine du Rosaire de Pompéi (1883) ; Charles V. Lacey, Rosary Novenas to Our Lady (New York, Benziger, 1926). Les intentions proposées pour les neuf jours sont de notre rédaction.