Notre-Dame
Notre-Dame des Victoires : la basilique, l'archiconfrérie et la neuvaine
La basilique Notre-Dame des Victoires à Paris, fondée par Louis XIII, sanctuaire de l'archiconfrérie du Très Saint Cœur de Marie : histoire, ex-voto, prière et neuvaine.

Notre-Dame des Victoires est une basilique de Paris, place des Petits-Pères, dans le deuxième arrondissement, fondée par le roi Louis XIII en 1629 en action de grâces pour ses victoires. Elle est surtout le sanctuaire de l'archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs, fondée en 1836 par l'abbé Desgenettes, et l'un des lieux de pèlerinage marial les plus fréquentés de France : ses murs sont couverts de dizaines de milliers d'ex-voto.
La basilique Notre-Dame des Victoires à Paris
Le 9 décembre 1629, Louis XIII posa la première pierre d'une église destinée aux Augustins déchaussés, que les Parisiens appelaient les Petits-Pères — d'où le nom de la place. Le roi voulut qu'elle fût dédiée à la Sainte Vierge sous le titre de Notre-Dame des Victoires, en reconnaissance des victoires obtenues par son intercession, au premier rang desquelles la prise de La Rochelle en 1628. La construction, plusieurs fois interrompue, ne fut achevée qu'en 1740.
À la Révolution, l'église fut profanée et détournée de sa destination ; elle fut rendue au culte en 1809 et devint église paroissiale. Le pape Pie XI l'éleva au rang de basilique mineure en 1927. Le titre est donc antérieur de deux siècles à la dévotion qui rendit l'église célèbre : un titre royal et guerrier, devenu par la Providence celui d'une victoire plus haute, la victoire de la grâce sur le péché.
L'abbé Desgenettes et l'archiconfrérie du Très Saint Cœur de Marie
En 1832, l'abbé Charles Dufriche-Desgenettes fut nommé curé de Notre-Dame des Victoires. La paroisse était spirituellement morte : l'église restait vide, les hommes ne pratiquaient plus. Le 3 décembre 1836, pendant qu'il célébrait la messe, le curé entendit intérieurement ces mots : consacre ta paroisse au très saint et immaculé Cœur de Marie. Il obéit. Le dimanche 11 décembre 1836, il réunit la première assemblée de la confrérie ; les conversions commencèrent aussitôt, et d'abord celles de vieux pécheurs que rien n'avait pu toucher depuis des décennies.
Le 24 avril 1838, le pape Grégoire XVI érigea la confrérie en archiconfrérie, avec pouvoir d'agréger les confréries du monde entier. L'expansion fut immense : avant la fin du siècle, des millions d'associés étaient inscrits sur les registres. L'objet de l'œuvre est unique : prier le Cœur immaculé de Marie pour la conversion des pécheurs, en récitant chaque jour un Ave Maria avec l'invocation Refuge des pécheurs, priez pour nous — et conduire le pécheur là où la conversion s'achève, la confession.
Parmi les conversions obtenues dans le sanctuaire, la plus célèbre est celle du pianiste juif Hermann Cohen, touché par la grâce en mai 1847 pendant un salut du Très Saint Sacrement : baptisé, il devint carme sous le nom de père Augustin-Marie du Très Saint Sacrement et fut un apôtre de l'adoration nocturne. Cette floraison s'inscrit dans le grand mouvement marial du XIXe siècle français, ouvert en 1830 par les apparitions de la rue du Bac et la médaille miraculeuse, et qui vit encore, en 1866, la dévotion à Notre-Dame du Perpétuel Secours confiée aux Rédemptoristes par Pie IX.
La statue de Notre-Dame des Victoires et les ex-voto
Au-dessus du maître-autel se dresse la statue de Notre-Dame des Victoires : la Vierge debout portant l'Enfant Jésus. Le 9 juillet 1853, cette statue fut solennellement couronnée au nom du pape Pie IX, signe que le Saint-Siège reconnaissait les grâces obtenues dans le sanctuaire.
Les murs de la basilique portent la preuve visible de ces grâces : plus de trente mille ex-voto de marbre, offerts par les fidèles exaucés — conversions, guérisons, protections à la guerre et sur mer. L'ex-voto est la forme la plus ancienne de la gratitude chrétienne envers la Mère de Dieu, qui a chanté elle-même : « Le Puissant a fait pour moi de grandes choses » (Luc 1, 49, version Crampon). Aucun sanctuaire de Paris n'en présente une telle profusion.
Sainte Thérèse de Lisieux à Notre-Dame des Victoires
Un point d'histoire doit être établi avec précision. Ce n'est pas à Notre-Dame des Victoires que Thérèse Martin fut guérie : sa guérison eut lieu à Lisieux, le 13 mai 1883, lorsque la statue de la Vierge placée près de son lit lui sourit pendant que ses sœurs priaient.
Le lien avec la basilique vient ensuite. En novembre 1887, en route vers Rome avec son père et sa sœur Céline, Thérèse s'arrêta à Paris et vint prier à Notre-Dame des Victoires. Elle raconte dans l'Histoire d'une âme que c'est là que la Vierge des Victoires lui fit comprendre que c'était bien elle qui l'avait guérie et lui avait souri quatre ans plus tôt. Le sanctuaire ne fut donc pas le lieu du miracle, mais celui de sa confirmation intérieure. Nous renvoyons pour sa vie entière à notre article sur sainte Thérèse de Lisieux.
Prière et neuvaine à Notre-Dame des Victoires
La prière à Notre-Dame des Victoires par excellence est celle-là même que l'abbé Desgenettes donna à l'archiconfrérie : un Ave Maria offert chaque jour au Cœur immaculé de Marie pour la conversion des pécheurs, suivi de l'invocation tirée des litanies de Lorette : Refuge des pécheurs, priez pour nous. On y joint volontiers le Souvenez-vous de saint Bernard.
La neuvaine à Notre-Dame des Victoires suit la forme commune de toute neuvaine : neuf jours de suite, pour une intention précise — le retour d'un pécheur, une cause désespérée, une famille en péril —, on récite cette prière avec un acte de confiance au Cœur immaculé de Marie, en s'approchant si possible de la confession et de la communion. La neuvaine n'est pas un procédé qui force le Ciel : elle est l'école de la persévérance que l'Évangile demande à la prière. Ceux qui veulent aller plus loin trouveront dans la consécration à Marie l'acte même que le curé de Notre-Dame des Victoires posa pour toute sa paroisse.
L'origine du titre : de Lépante aux victoires de la grâce
Le titre de Notre-Dame des Victoires, ou de la Victoire, est plus ancien que l'église de Paris. Après la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, où la flotte chrétienne détruisit la puissance navale turque pendant que les confréries récitaient le rosaire, saint Pie V institua une fête de Notre-Dame de la Victoire, que Grégoire XIII transforma en fête du Saint Rosaire. Dom Guéranger expose dans L'Année liturgique que l'Église attribue à l'intercession de Marie les victoires de la chrétienté.
Le titre s'est répandu partout. À Bruxelles, l'église Notre-Dame des Victoires au Sablon, joyau gothique élevé par la guilde des arbalétriers, abrite depuis 1348 une statue de la Vierge apportée d'Anvers, honorée chaque année par la procession de l'Ommegang. De nombreuses paroisses de France portent le même vocable ; toutes se rattachent à la même doctrine : les victoires de Dieu passent par Marie.
Questions Fréquentes
Où se trouve la basilique Notre-Dame des Victoires ?
La basilique Notre-Dame des Victoires se trouve à Paris, place des Petits-Pères, dans le deuxième arrondissement, près de la place des Victoires. C'est une église paroissiale, élevée au rang de basilique mineure par Pie XI en 1927.
Qui a construit l'église Notre-Dame des Victoires ?
Louis XIII en posa la première pierre le 9 décembre 1629, pour le couvent des Augustins déchaussés, dits les Petits-Pères. Il la dédia à Notre-Dame des Victoires en action de grâces, notamment pour la prise de La Rochelle en 1628. L'édifice fut achevé en 1740.
Qu'est-ce que l'archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires ?
C'est l'archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs, fondée le 11 décembre 1836 par l'abbé Desgenettes, curé du lieu, et érigée en archiconfrérie par Grégoire XVI le 24 avril 1838. Les associés récitent chaque jour un Ave Maria avec l'invocation Refuge des pécheurs, priez pour nous.
Comment faire la neuvaine à Notre-Dame des Victoires ?
Pendant neuf jours de suite, on récite pour une intention précise l'Ave Maria offert au Cœur immaculé de Marie, l'invocation Refuge des pécheurs, priez pour nous, et le Souvenez-vous. La neuvaine se fait de préférence avec la confession et la communion, et se recommence avec persévérance si la grâce n'est pas encore obtenue.
Sainte Thérèse de Lisieux a-t-elle été guérie à Notre-Dame des Victoires ?
Non. Sa guérison eut lieu à Lisieux, le 13 mai 1883, par le sourire de la statue de la Vierge placée près de son lit. C'est en novembre 1887, de passage à Paris, qu'elle pria à Notre-Dame des Victoires et y reçut, comme elle l'écrit dans l'Histoire d'une âme, la certitude intérieure que la Sainte Vierge elle-même l'avait guérie.
Qu'est-ce que l'église Notre-Dame des Victoires au Sablon ?
C'est une église gothique de Bruxelles, élevée par la guilde des arbalétriers, qui abrite depuis 1348 une statue de la Vierge apportée d'Anvers. Elle porte le même vocable que la basilique parisienne, mais son histoire est distincte et bien antérieure.
Y a-t-il des messes à Notre-Dame des Victoires ?
Oui, la basilique est une église paroissiale de Paris où la messe est célébrée chaque jour, et le sanctuaire demeure un lieu de pèlerinage au Cœur immaculé de Marie. Pour les horaires des messes, il faut s'adresser à la paroisse, les heures variant selon les temps de l'année.
La basilique Notre-Dame des Victoires enseigne une seule chose, écrite trente mille fois sur ses murs : la prière confiante au Cœur immaculé de Marie obtient ce que rien d'autre n'obtient, à commencer par la conversion des pécheurs.
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Sources. La Sainte Bible, traduction Crampon (Luc 1, 49). Manuel de l'Archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie, refuge des pécheurs, établie à Notre-Dame des Victoires (Paris, XIXe siècle). Bref de Grégoire XVI érigeant l'archiconfrérie, 24 avril 1838. Dom Guéranger, L'Année liturgique, fête du Très Saint Rosaire (7 octobre). Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme (1898), chapitre VI.