Les Saints
Saint Dominique de Guzman, fondateur des Frères Prêcheurs
Saint Dominique de Guzman, fondateur de l'Ordre des Prêcheurs (Dominicains) : sa vie, sa prédication contre l'hérésie albigeoise, le Rosaire reçu de la Vierge et sa fête le 4 août.

Saint Dominique de Guzman est le fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs, les Dominicains, et le grand apôtre du Rosaire face à l'hérésie albigeoise. Prêtre espagnol du treizième siècle, il consacra sa vie à la prédication de la vérité catholique, mourut à Bologne en 1221, et sa fête est célébrée le 4 août dans le calendrier liturgique traditionnel.
Qui était saint Dominique de Guzman
Dominique naquit vers 1170 à Caleruega, en Vieille-Castille, dans le diocèse d'Osma. Ses parents, Félix de Guzman et la bienheureuse Jeanne d'Aza, l'élevèrent dans la crainte de Dieu ; une tradition rapporte que sa mère, avant sa naissance, vit en songe un chien portant une torche enflammée qui embrasait le monde, image que les fidèles ont rattachée au nom même de son Ordre, Domini canes, les chiens du Seigneur.
Devenu chanoine régulier de la cathédrale d'Osma, Dominique menait une vie de prière, d'étude et de pénitence. Vers 1203, il accompagna son évêque Diègue d'Acebo dans une ambassade qui les conduisit à travers le Languedoc. Là, il découvrit l'étendue du ravage causé par l'hérésie des Albigeois, et il comprit que sa vocation serait de prêcher la foi à ceux que l'erreur avait égarés. Il ne quitta plus le Midi de la France, y fonda vers 1206 un monastère de moniales à Prouille, pour recueillir les femmes arrachées à la secte, et jeta les fondements de ce qui allait devenir son Ordre. Épuisé par ses travaux, il mourut le 6 août 1221 au couvent de Saint-Nicolas, à Bologne, et fut canonisé par le pape Grégoire IX le 3 juillet 1234.
La prédication contre l'hérésie albigeoise
L'hérésie albigeoise, ou cathare, professait que deux principes se partagent l'univers, l'un bon et l'autre mauvais ; elle tenait la matière et la chair pour l'œuvre du mal, niait ainsi l'Incarnation, les sacrements et la résurrection des corps, et minait par là toute la foi catholique. Dominique vit que les prédicateurs envoyés contre elle échouaient parce qu'ils s'y présentaient avec faste, tandis que les hérétiques séduisaient les peuples par une apparence d'austérité.
Sa réponse fut celle de l'Évangile : prêcher la vérité à pied, dans la pauvreté, sans or ni monture, appuyant la parole sur l'exemple. Selon la parole de Notre-Seigneur rapportée dans la version Crampon, « Le disciple n'est pas au-dessus du maître » (Matthieu, X, 24) ; Dominique voulut que la prédication portât d'abord sur celui qui prêche. Il disputa avec les docteurs cathares, veilla, jeûna, et gagna les âmes moins par la controverse que par la sainteté de sa vie. C'est de là qu'est né le dessein d'un Ordre tout entier voué à l'enseignement de la doctrine.
L'Ordre des Frères Prêcheurs (les Dominicains)
De ce combat naquit l'Ordre des Frères Prêcheurs, que l'on nomme aussi les Dominicains. Dominique lui donna la Règle de saint Augustin, y joignit des constitutions propres et le voua à trois choses : la prédication, l'étude sacrée et la pauvreté. Ses fils devaient être des religieux mendiants, libres des soucis de la richesse, formés dans la science théologique afin de réfuter l'erreur, et envoyés par le monde pour annoncer la vérité. Le pape Honorius III confirma l'Ordre en décembre 1216 par la bulle Religiosam vitam.
L'Ordre se répandit avec une rapidité qui étonna le siècle. Il donna à l'Église ses plus grands docteurs, au premier rang desquels saint Thomas d'Aquin, dont l'enseignement demeure la colonne de la théologie catholique. Dominique fut, avec saint François d'Assise, l'un des deux fondateurs des grands Ordres mendiants qui renouvelèrent la vie chrétienne au treizième siècle ; la tradition rapporte que les deux saints se rencontrèrent à Rome et se reconnurent en esprit comme deux ouvriers de la même moisson.
Le Rosaire reçu de la Vierge
La tradition la plus chère à l'Ordre attribue à saint Dominique la propagation du Rosaire, qu'il aurait reçu de la Sainte Vierge elle-même. Tandis qu'il luttait sans grand fruit contre les albigeois, Marie lui serait apparue à Prouille et lui aurait remis cette prière comme une arme, l'invitant à prêcher son Psautier, c'est-à-dire la répétition de l'Ave Maria entrecoupée de la méditation des mystères de la vie du Sauveur.
Cette tradition, l'Église l'a tenue et honorée. Le pape Léon XIII, dans son encyclique Supremi apostolatus officio du 1er septembre 1883, rappelle que Dominique institua cette dévotion pour la répandre par tout l'univers, et qu'à cette arme l'Église dut la défaite de l'hérésie. Le Rosaire enseigne en effet, mystère après mystère, tout ce que les cathares niaient : l'Incarnation du Verbe, la Passion et la résurrection dans la chair de Jésus-Christ. Prier le Rosaire, c'est confesser dans l'humilité ce que l'hérésie rejetait dans l'orgueil. On retrouvera cette même arme confiée aux enfants de Notre-Dame de Fatima, à qui la Vierge redemanda la récitation quotidienne du chapelet.
Le chapelet dominicain
Ce que l'on appelle le chapelet dominicain est la forme reçue du Rosaire : quinze dizaines, réparties en trois chapelets de cinq mystères, joyeux, douloureux et glorieux, chaque dizaine étant faite de dix Je vous salue Marie précédés d'un Notre Père et suivis du Gloria Patri. La récitation du chapelet ordinaire, de cinq dizaines, en est le tiers.
Saint Dominique et ses fils établirent partout les Confréries du Rosaire, qui groupaient les fidèles dans la prière commune de la Vierge. L'Ordre des Prêcheurs garda de siècle en siècle le privilège d'y attacher les indulgences accordées par les Souverains Pontifes. Ainsi le plus humble des fidèles tient entre ses doigts la même arme que le fondateur opposa jadis à l'erreur.
La fête de saint Dominique, le 4 août
Dans le calendrier liturgique traditionnel de 1962, la fête de saint Dominique se célèbre le 4 août. Le saint mourut le 6 août 1221, mais comme ce jour est occupé par la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur, l'Église fixa sa mémoire au 4 août. Le calendrier civil français a, pour sa part, reporté le prénom Dominique au 8 août, ce qui explique la confusion des dates ; pour le fidèle attaché à la liturgie ancienne, la fête demeure au 4 août.
Dom Guéranger, dans L'Année liturgique, place à ce jour l'éloge du saint patriarche et le montre comme l'homme suscité par Dieu pour éclairer un âge de ténèbres. L'office de sa fête chante son zèle pour le salut des pécheurs et sa dévotion envers la Mère de Dieu.
Questions Fréquentes
Quand est la saint Dominique ?
Dans le calendrier liturgique traditionnel de 1962, la saint Dominique se célèbre le 4 août. Le saint étant mort le 6 août, jour de la Transfiguration, sa fête fut fixée deux jours plus tôt. Le calendrier civil français a déplacé le prénom Dominique au 8 août, mais la fête liturgique du fondateur des Prêcheurs reste au 4 août.
Existe-t-il une sainte Dominique ?
Il n'y a pas de figure majeure distincte nommée « sainte Dominique » dans le calendrier traditionnel. Le prénom féminin Dominique se rattache à saint Dominique de Guzman, dont il est la forme féminine, et ceux qui le portent l'honorent comme patron le 4 août selon la liturgie ancienne.
Faut-il confondre saint Dominique de Guzman et saint Dominique Savio ?
Non, ce sont deux saints distincts. Saint Dominique Savio, mort en 1857 et élève de saint Jean Bosco, fut un jeune garçon d'une piété remarquable. Saint Dominique de Guzman, dont traite cet article, est le fondateur de l'Ordre des Prêcheurs au treizième siècle. Ils partagent le prénom mais non l'époque ni la mission.
Est-il vrai que saint Dominique a reçu le Rosaire de la Vierge ?
Telle est la tradition constante de l'Église, rappelée notamment par le pape Léon XIII dans son encyclique Supremi apostolatus officio. La Sainte Vierge aurait remis à saint Dominique le Rosaire comme une arme contre l'hérésie albigeoise, et le saint le répandit par sa prédication. L'Ordre des Prêcheurs en demeura le grand propagateur.
Où saint Dominique est-il enterré ?
Saint Dominique mourut à Bologne, en Italie, le 6 août 1221, au couvent Saint-Nicolas de son Ordre. Son corps y repose dans la basilique Saint-Dominique, sous un tombeau orné par les plus grands artistes. Il fut canonisé par le pape Grégoire IX en 1234.
De quoi saint Dominique est-il le patron ?
Saint Dominique est invoqué comme patron des prédicateurs, des théologiens et de tous ceux qui enseignent la foi catholique, ainsi que des astronomes selon une ancienne tradition. On le prie surtout pour obtenir la fidélité à la vérité et la ferveur dans la prière du Rosaire, qu'il a laissée en héritage à l'Église.
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Sources. Bible Crampon, Évangile selon saint Matthieu, X, 24. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, au 4 août, saint Dominique. Alban Butler, Vies des Pères, Martyrs et autres principaux Saints, au 4 août. Léon XIII, encyclique Supremi apostolatus officio, 1er septembre 1883. Martyrologe romain, 4 août.