Les Saints
Saint Philippe Néri : vie, fête du 26 mai et prière
Saint Philippe Néri, l'apôtre de Rome et le saint de la joie : sa vie de Florence à l'Oratoire, son humour, ses miracles, sa fête du 26 mai au calendrier de 1962, l'oraison du Missel et ses prières.
Saint Philippe Néri (1515-1595) est un prêtre florentin devenu l'apôtre de Rome, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire et confesseur infatigable, que l'on appelle le saint de la joie. L'Église le fête le 26 mai, jour de sa mort, au calendrier traditionnel de 1962. On l'invoque pour obtenir un cœur pur et joyeux, l'humilité, la persévérance des jeunes gens et la grâce de la conversion.
Qui était saint Philippe Néri ?
« Philippe de Néri, né à Florence de parents pieux et honorables, donna dès son jeune âge de clairs indices de sa future sainteté » : ainsi commence la vie que lit le Bréviaire romain le 26 mai. Il naquit le 21 juillet 1515. Enfant, il était d'un naturel si doux et si gai qu'on l'appelait Pippo buono, le bon petit Philippe. Jeune homme, on l'envoya chez un parent de San Germano pour s'établir dans le commerce ; ce parent voulait faire de lui son héritier. Philippe renonça à cette succession et vint, vers dix-huit ans, se fixer à Rome, qu'il ne devait plus quitter.
La vie de saint Philippe Néri
L'apôtre laïc des rues de Rome
À Rome, il vécut d'abord en pauvre, gagnant sa vie comme précepteur ; il s'instruisit, dit le Bréviaire, « dans la philosophie et les saintes lettres » et « se donna tout à Jésus-Christ ». Le Bréviaire décrit cette vie cachée : « Son abstinence était telle qu'il passait souvent trois jours sans prendre aucun aliment. Adonné aux veilles, assidu à l'oraison, Philippe visitait fréquemment les sept basiliques de la Ville, et prit l'habitude de passer la nuit au cimetière de Calixte dans la contemplation des choses célestes. » Simple laïc, il abordait dans les rues, les boutiques et sur les places les jeunes gens et les oisifs, et les gagnait à Dieu par un mot, une plaisanterie, une sainte familiarité.
Le feu de l'Esprit Saint
C'est pendant ces années d'oraison, la veille de la Pentecôte 1544, que la tradition place le grand événement de sa vie : tandis qu'il priait dans les catacombes, il reçut un tel embrasement d'amour divin que son cœur en fut dilaté. Le Bréviaire le dit en ces termes : « Blessé de l'amour de Dieu, Philippe semblait en une continuelle langueur, et son cœur brûlait d'un feu si ardent que, sa poitrine étant devenue trop étroite pour le contenir, le Seigneur l'élargit en brisant et soulevant miraculeusement deux de ses côtes. » Toute sa vie, il ressentit dans la poitrine une chaleur et des battements extraordinaires.
La confrérie de la Très-Sainte-Trinité et les Quarante-Heures
En 1548, avec son confesseur, le prêtre Persiano Rosa, il fonda la confrérie de la Très-Sainte-Trinité, vouée au soin des pèlerins pauvres qui affluaient à Rome, surtout pour le jubilé de 1550, et des convalescents. Cette confrérie fit connaître à Rome la dévotion des Quarante-Heures, l'exposition prolongée du Saint-Sacrement, que Philippe propagea avec ardeur : il voulait ramener le peuple romain au tabernacle et à l'adoration eucharistique. Il lança aussi, à partir de 1553, le pèlerinage joyeux des sept églises, que l'on faisait à pied à travers Rome en chantant et en priant.
Le prêtre et le confesseur
Philippe ne voulait pas être prêtre. « Devenu prêtre par obéissance », dit le Bréviaire, il fut ordonné en 1551 et s'établit auprès de l'église Saint-Jérôme-de-la-Charité. Il se donna dès lors sans mesure au ministère de la confession : il y passait des heures chaque jour, jusqu'à son dernier jour, et « engendra à Jésus-Christ un nombre presque incalculable d'enfants ». Pauvres et cardinaux, artisans et artistes venaient à lui. Le Bréviaire lui reconnaît le don de prophétie et celui de pénétration des cœurs : il nommait au pénitent le péché qu'il n'osait avouer, et annonçait ce qui devait arriver.
Le fondateur de l'Oratoire
Autour de lui se forma un cercle de fidèles qui, après la messe, se réunissaient pour lire l'Écriture et les vies des saints, entendre de courts entretiens spirituels, prier et chanter les louanges de Dieu. Ces réunions se tenaient dans un oratoire, une salle de prière au-dessus de l'église : elles donnèrent leur nom à la Congrégation de l'Oratoire, que le pape Grégoire XIII approuva par une bulle du 15 juillet 1575. Ce n'était pas un ordre religieux à vœux solennels, mais une communauté de prêtres séculiers unis par la seule charité. Elle s'établit à l'église Sainte-Marie in Vallicella, que les Romains appellent la Chiesa Nuova. Le Bréviaire résume le but de cette fondation : nourrir les âmes de « l'aliment quotidien de la parole de Dieu, la fréquentation des sacrements, l'assiduité à la prière ».
Sa mort au jour de la Fête-Dieu
Philippe vécut jusqu'à près de quatre-vingts ans, entouré de ses fils spirituels. Le Bréviaire raconte sa fin : « l'an du salut mil cinq cent quatre-vingt-quinze, le huitième jour des calendes de juin, en la fête du Saint-Sacrement, Philippe, ayant célébré la Messe avec les plus grands transports de joie spirituelle, et s'étant acquitté des autres fonctions de son ministère, s'endormit dans le Seigneur, après minuit, à l'heure qu'il avait prédite ». Il mourut ainsi dans la nuit de la Fête-Dieu, aux premières heures du 26 mai 1595. Ses reliques reposent à la Chiesa Nuova.
Grégoire XV le canonisa à Rome le 12 mars 1622, le même jour qu'Ignace de Loyola, François Xavier, Thérèse d'Avila et Isidore le Laboureur.
Le saint de la joie : humour et humilité
Ce qui frappe le plus chez saint Philippe Néri, c'est l'allégresse. Il tenait la tristesse pour l'ennemie de la vie spirituelle et voulait que l'on servît Dieu le cœur joyeux. Mais sa gaieté avait une autre fonction : elle cachait ses dons. Pour échapper à la réputation de sainteté, il se livrait en public à des gestes bizarres et à de saintes facéties, plaisantant au moment même où l'on venait admirer un saint. Ses biographes y ont vu une ascèse : se rendre ridicule pour rester humble.
« Voué à l'humilité, il eut toujours de l'aversion pour les honneurs ; et des dignités ecclésiastiques, même très élevées, lui ayant été offertes à différentes reprises, il les refusa invariablement », dit encore le Bréviaire. On lui offrit le chapeau de cardinal ; il le refusa. La devise qu'on lui prête, Amare nesciri, « aimer à être ignoré », résume cette humilité joyeuse.
Les miracles de saint Philippe Néri
L'office de sa fête énumère les grâces extraordinaires de sa vie : on le vit élevé de terre et environné de lumière pendant qu'il célébrait la messe ; un ange vint, sous les traits d'un pauvre, lui demander l'aumône ; « parfois il apparut à des personnes absentes et leur vint en aide dans le danger » ; « à sa parole, beaucoup de malades et de mourants revinrent à la santé, un mort même fut rappelé à la vie ». La Vierge Marie et les anges, ajoute le Bréviaire, l'honorèrent souvent de leurs apparitions. Ce sont ces « miracles éclatants », dit la dernière leçon, qui portèrent Grégoire XV à le mettre au nombre des saints.
Fête de saint Philippe Néri : le 26 mai
Au calendrier de 1962, la fête de saint Philippe Néri, confesseur, se célèbre le 26 mai, comme fête de IIIe classe, avec la commémoraison du pape saint Éleuthère, martyr. Ce pape du IIe siècle est celui auprès duquel saint Irénée, alors prêtre de Lyon, porta la lettre des martyrs de cette ville. Les Oratoriens du monde entier, et Rome qui le vénère comme son apôtre, gardent ce jour avec une solennité particulière.
Prière à saint Philippe Néri
L'oraison de sa fête au Missel romain
Deus, qui beátum Philíppum Confessórem tuum Sanctórum tuórum glória sublimásti : concéde propítius ; ut, cujus sollemnitáte lætámur, ejus virtútum proficiámus exémplo. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum : qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Dieu, qui avez élevé le bienheureux Philippe, votre Confesseur, à la gloire de vos Saints, accordez-nous, dans votre miséricorde, que, célébrant avec joie cette solennité, nous mettions à profit l'exemple de ses vertus. Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Prière à saint Philippe Néri pour un cœur pur et joyeux
Cette invocation est celle que l'application Iter Fidei fait dire chaque jour de la neuvaine à saint Philippe Néri, du 18 au 26 mai.
Ô glorieux saint Philippe Néri, apôtre de Rome et maître de la sainte allégresse, vous qui avez brûlé d'un si grand amour de Dieu que vous méritâtes de recevoir dans votre cœur le feu de l'Esprit Saint : abaissez sur nous votre regard paternel. Obtenez-nous un cœur pur et joyeux, libre de la tristesse du péché ; apprenez-nous, comme à vos jeunes gens, à être bons et gais au service du Seigneur ; et je vous prie instamment de m'obtenir aussi, s'il plaît à Dieu et si cela est bon pour mon âme, la grâce que je sollicite dans cette neuvaine.
(Exprimez ici, simplement et clairement, l'intention que vous confiez à saint Philippe.)
Saint Philippe Néri, apôtre de Rome, priez pour nous. Ainsi soit-il.
La prière du matin de saint Philippe
Saint Alphonse de Liguori rapporte que saint Philippe, dès son réveil, disait à Dieu :
Seigneur, protégez bien Philippe aujourd'hui ; sinon, Philippe va vous trahir.
C'est la plus célèbre de ses oraisons jaculatoires : une prière d'humilité, de celui qui se sait capable de tout mal si Dieu retire sa main, et qui commence chaque journée en s'en remettant à lui.
Le verset et la conclusion
℣. Priez pour nous, saint Philippe.
℟. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
Neuvaine à saint Philippe Néri
La neuvaine se prie traditionnellement du 18 au 26 mai. Chaque jour, on médite une étape de sa vie (l'héritage refusé, l'apostolat des rues, la Pentecôte de 1544, la joie, l'Oratoire, le confessionnal, l'amour du Saint-Sacrement, l'humilité, la mort), on dit l'invocation ci-dessus et la prière du jour, puis un Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père, avant l'oraison du Missel. Sur la manière de prier une neuvaine, voyez notre page qu'est-ce qu'une neuvaine ; le texte des neuf jours est dans l'application Iter Fidei.
Saint Philippe Néri figure, avec les autres saints présentés sur Iter Fidei, dans notre liste des saints catholiques par mois de fête.
Questions Fréquentes
Quelle est la date de la fête de saint Philippe Néri ?
Saint Philippe Néri est fêté le 26 mai, jour de sa mort en 1595. Au calendrier de 1962, c'est une fête de IIIe classe, avec la commémoraison du pape saint Éleuthère.
Pourquoi saint Philippe Néri est-il appelé l'apôtre de Rome ?
Parce qu'il passa à Rome toute sa vie d'adulte, de dix-huit ans à sa mort, et qu'il renouvela la vie chrétienne de la ville par la confession, la prédication familière, la communion fréquente, les Quarante-Heures et le pèlerinage des sept églises.
Qu'est-ce que l'Oratoire de saint Philippe Néri ?
C'est la Congrégation de l'Oratoire, approuvée par Grégoire XIII en 1575 : une communauté de prêtres séculiers, sans vœux, unis par la charité, qui se consacrent à la prédication, à la confession et à la prière. Son nom vient de la salle de prière où se tenaient les réunions de Philippe.
Quels sont les miracles de saint Philippe Néri ?
Le Bréviaire mentionne ses extases à la messe, où on le vit élevé de terre, ses apparitions à des personnes éloignées, la guérison de nombreux malades et mourants, et un mort rappelé à la vie. Il lisait aussi dans les cœurs de ses pénitents.
Quelle est la citation la plus connue de saint Philippe Néri ?
Sa prière du matin, rapportée par saint Alphonse de Liguori : « Seigneur, protégez bien Philippe aujourd'hui ; sinon, Philippe va vous trahir. » On lui prête aussi la devise Amare nesciri, « aimer à être ignoré ».
Pourquoi parle-t-on de l'humour de saint Philippe Néri ?
Parce que sa sainteté était joyeuse et qu'il se servait de plaisanteries et d'excentricités voulues pour cacher ses dons extraordinaires et fuir les louanges. Sa gaieté n'était pas légèreté mais humilité.
Quand saint Philippe Néri a-t-il été canonisé ?
Le 12 mars 1622, par le pape Grégoire XV, en même temps que saint Ignace de Loyola, saint François Xavier, sainte Thérèse d'Avila et saint Isidore le Laboureur.
L'application Iter Fidei donne le calendrier traditionnel de 1962, la messe et l'office de saint Philippe Néri au 26 mai, sa neuvaine complète, les vies des saints et l'office divin. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Bréviaire romain, 26 mai, leçons du deuxième nocturne de saint Philippe Néri, confesseur. Missel romain, 26 mai, oraison Deus, qui beatum Philippum. Saint Alphonse de Liguori, Du grand moyen de la prière, IIIe partie, chapitre III. Calendrier romain de 1962.