Les Sacrements
Acte de contrition : le texte traditionnel et son sens
Le texte traditionnel de l'acte de contrition en français, l'ancienne version, la doctrine du concile de Trente sur la contrition parfaite et imparfaite, et les moments où le dire : confession, prière du soir, danger de mort.

L'acte de contrition est la prière par laquelle le pécheur dit à Dieu son regret de l'avoir offensé et sa résolution de ne plus pécher. En voici le texte traditionnel en français, tel que les catéchismes l'ont enseigné à des générations de fidèles :
Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
Cette prière n'est pas une formule parmi d'autres. Elle exprime l'acte intérieur sans lequel aucun péché n'est jamais pardonné : la contrition. Nous donnons ici le texte et ses variantes anciennes, la doctrine du concile de Trente sur la contrition parfaite et imparfaite, et les moments où l'Église veut que nous le disions.
Qu'est-ce qu'un acte de contrition ? Définition
Le concile de Trente définit la contrition : « une douleur de l'âme et une détestation du péché commis, avec la résolution de ne plus pécher à l'avenir » (session XIV, chapitre 4). L'acte de contrition est donc d'abord un mouvement du cœur ; la prière récitée n'en est que l'expression. Réciter les mots sans le regret intérieur n'est pas faire acte de contrition.
Trois éléments le composent, et le texte traditionnel les contient tous :
- le regret — « j'ai un très grand regret de vous avoir offensé » : la douleur d'avoir offensé Dieu, qui doit être souveraine, c'est-à-dire l'emporter sur toute autre douleur ;
- le motif — « parce que vous êtes infiniment bon » : le regret est surnaturel, fondé sur Dieu et non sur les suites humaines du péché ;
- la résolution — « de ne plus vous offenser et de faire pénitence » : le propos ferme d'éviter le péché et ses occasions.
Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que ce repentir a toujours été nécessaire pour obtenir le pardon : avant la venue du Christ comme après, nul péché n'est remis sans la détestation du péché. C'est pourquoi cette prière accompagne toute la vie chrétienne, et non le seul confessionnal.
L'ancienne version de l'acte de contrition
Ceux qui cherchent « l'ancienne version » de l'acte de contrition cherchent presque toujours le texte donné ci-dessus : celui qui vouvoie Dieu, appris au catéchisme avant les années 1970. Les manuels anciens en connaissent quelques variantes de détail, toutes de même substance : « j'ai un extrême regret » au lieu de « un très grand regret », ou, pour la résolution, « de me corriger à l'avenir et de faire pénitence ». Les livres récents ont introduit le tutoiement et des formules nouvelles ; aucune formule n'est imposée sous peine de nullité, mais la forme traditionnelle a pour elle la précision doctrinale : elle nomme le motif parfait (« parce que vous êtes infiniment bon ») et la double résolution (ne plus offenser Dieu, faire pénitence).
Le latin usuel des manuels de piété développe les deux motifs du regret — les châtiments mérités et surtout l'offense faite à Dieu :
Deus meus, ex toto corde paenitet me omnium meorum peccatorum, eaque detestor, quia peccando, non solum poenas a te iuste statutas promeritus sum, sed praesertim quia offendi te, summum bonum, ac dignum qui super omnia diligaris. Ideo firmiter propono, adiuvante gratia tua, de cetero me non peccaturum peccandique occasiones proximas fugiturum. Amen.
Nous conseillons d'apprendre la forme française traditionnelle par cœur, mot pour mot, afin qu'elle vienne d'elle-même aux lèvres au moment où l'on en a le plus besoin.
Contrition parfaite et imparfaite : ce qu'enseigne le catéchisme
Le concile de Trente distingue deux degrés de contrition, et le Catéchisme de saint Pie X (1908) les enseigne à tout fidèle.
La contrition parfaite est le regret d'avoir offensé Dieu parce qu'il est infiniment bon et digne d'être aimé par-dessus tout. Elle procède de la charité. Trente enseigne qu'elle réconcilie l'homme avec Dieu avant même la réception du sacrement — mais non sans le désir du sacrement, qui est inclus en elle : celui qui a la contrition parfaite d'un péché mortel doit encore le soumettre à la confession.
La contrition imparfaite, ou attrition, est le regret conçu par la laideur du péché ou par la crainte de l'enfer et des châtiments. Trente déclare qu'elle est un don de Dieu et une impulsion du Saint-Esprit ; elle ne justifie pas par elle-même, mais elle dispose à obtenir la grâce dans le sacrement de pénitence. Elle suffit donc pour recevoir validement l'absolution.
La formule traditionnelle exprime la contrition parfaite : c'est elle qu'il faut viser, en demandant à Dieu la grâce d'un regret fondé sur son amour et non sur la seule crainte. Le roi David en a laissé le modèle dans le Miserere : « Ayez pitié de moi, ô Dieu, selon Votre grande miséricorde ; et selon la multitude de Vos bontés, effacez mon iniquité » (Psaume 50, 3, Fillion) — le grand psaume de la pénitence, que nous donnons en entier avec son commentaire dans le Miserere, psaume 51 (50 de la Vulgate).
L'acte de contrition dans la confession
C'est à la confession que la prière est le plus connue. Après l'accusation des péchés, quand le prêtre a donné la pénitence, le pénitent récite l'acte de contrition pendant que le prêtre prononce l'absolution. La contrition est en effet, avec l'accusation et la satisfaction, l'un des trois actes du pénitent requis pour le sacrement — et le premier de tous : sans regret, l'absolution ne remet rien.
Il faut donc savoir la formule par cœur avant d'entrer au confessionnal, et surtout la penser en la disant. Celui qui prépare sa confession fera bien d'exciter d'abord sa contrition — en considérant la bonté de Dieu offensée, la Passion de Notre-Seigneur, les fins dernières — avant d'examiner sa conscience sur les commandements et les sept péchés capitaux et leurs vertus opposées. Nous détaillons le Confiteor, l'accusation et l'absolution dans comment se confesser, étape par étape ; l'examen de conscience de l'application aide à préparer cet aveu.
Quand faire un acte de contrition en dehors de la confession
L'Église veut que cette prière déborde le confessionnal. Trois moments s'imposent.
Chaque soir. L'examen de conscience quotidien se conclut par un acte de contrition : on repasse sa journée devant Dieu, on reconnaît ses fautes, on en demande pardon. C'est le cœur de la prière du soir traditionnelle, avec les autres prières rassemblées dans les prières catholiques indispensables. Celui qui s'endort ainsi réconcilié ne craint pas la nuit.
Aussitôt après un péché. Le chrétien tombé ne doit pas attendre la prochaine confession pour se relever : il fait sur-le-champ un acte de contrition, parfaite s'il le peut, et prend la résolution de se confesser. Saint Luc met les mots dans la bouche de l'enfant prodigue : « Mon père, j’ai péché contre le Ciel et contre toi » (Luc 15, 18, Fillion).
En danger de mort. Quand aucun prêtre ne peut être appelé, la contrition parfaite, avec le désir de la confession, est l'unique voie du pardon des péchés mortels. C'est pourquoi les catéchismes anciens ordonnent d'apprendre cette prière par cœur dès l'enfance et de la redire souvent : au moment décisif, on ne trouve que ce que l'on possède déjà. Auprès d'un mourant, on la suggère doucement, phrase par phrase, avec les saints noms de Jésus et de Marie. Le soir, on peut l'unir au De profundis, psaume 130, que l'Église dit aussi pour les défunts.
Acte de contrition à imprimer (PDF)
Nous ne proposons pas de fichier PDF : le texte complet de l'acte de contrition, en français et en latin, est donné ci-dessus et s'imprime tel quel depuis votre navigateur. Mieux encore, l'application Iter Fidei le garde toujours sous la main, avec l'examen de conscience et les prières de la confession, hors ligne, en latin et en français. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Questions Fréquentes
Qu'est-ce qu'un acte de contrition ?
C'est la prière par laquelle le pécheur exprime à Dieu la douleur d'avoir péché et la résolution de ne plus l'offenser. Le concile de Trente définit la contrition comme « une douleur de l'âme et une détestation du péché commis, avec la résolution de ne plus pécher à l'avenir ». L'essentiel est le regret intérieur ; la formule n'en est que l'expression.
Quel est le texte de l'acte de contrition catholique ?
Le texte traditionnel français est : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence. » Il faut le savoir par cœur.
Quelle est l'ancienne version de l'acte de contrition ?
C'est la forme qui vouvoie Dieu : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé… ». Les manuels anciens en donnent des variantes de détail (« un extrême regret », « de me corriger à l'avenir ») ; toutes contiennent les mêmes éléments — regret, motif surnaturel, résolution — et aucune formule particulière n'est imposée par l'Église.
Quand dit-on l'acte de contrition pendant la confession ?
Après l'accusation des péchés, quand le prêtre a donné la pénitence : le pénitent le récite pendant que le prêtre prononce l'absolution. La contrition est le premier des actes du pénitent requis pour le sacrement ; sans regret véritable, l'absolution ne remet aucun péché.
La contrition parfaite pardonne-t-elle les péchés sans confession ?
Le concile de Trente enseigne que la contrition parfaite, jaillie de la charité, réconcilie l'homme avec Dieu avant la réception du sacrement — mais elle inclut nécessairement le désir de la confession. Celui qui a obtenu ainsi le pardon d'un péché mortel garde l'obligation de le confesser avant de communier.
Que faire en danger de mort sans prêtre ?
Faire un acte de contrition parfaite : regretter ses péchés parce que Dieu est infiniment bon, avec le désir de se confesser si c'était possible. C'est pour ce moment que l'Église fait apprendre la formule par cœur dès l'enfance ; auprès d'un mourant, on la lui suggère phrase par phrase.
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Sources. Concile de Trente, session XIV, chapitre 4 et canons sur la pénitence (1551) ; Catéchisme du concile de Trente (1566), de la pénitence ; Catéchisme de saint Pie X (1908) ; Psaume 50, 3 et Luc 15, 18, Sainte Bible, traduction Fillion.