La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 130 (Vulgate 129) : De profundis, du fond des abîmes
De profundis
Le psaume 130 des bibles modernes, psaume 129 de la Vulgate, est le *De profundis* : le cri du pécheur qui espère le pardon, l'un des sept psaumes de la pénitence et la prière de l'Église pour ses défunts. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication, la liturgie et la manière de le prier pour les morts viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 129 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 128.
1 Canticum graduum. De profundis clamavi ad te, Domine ;
1 Cantique des degrés. Du fond des abîmes je crie vers Vous, Seigneur ; *
2 Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ.
2 Seigneur, exaucez ma voix. Que Vos oreilles soient attentives * à la voix de ma supplication.
3 Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ?
3 Si Vous examinez nos iniquités, Seigneur, * Seigneur, qui subsistera devant Vous ?
4 Quia apud te propitiatio est ; et propter legem tuam sustinui te, Domine. Sustinuit anima mea in verbo ejus :
4 Mais auprès de Vous est la miséricorde, * et à cause de Votre loi j’ai espéré en Vous. * Mon âme s’est soutenue par Sa parole ; *
5 speravit anima mea in Domino.
5 Mon âme a espéré au Seigneur.
6 A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.
6 Depuis la veille du matin jusqu’à la nuit, * qu’Israël espère au Seigneur ;
7 Quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio.
7 car auprès du Seigneur est la miséricorde, * et on trouve en Lui une rédemption abondante.
8 Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus.
8 Il rachètera lui-même Israël * de toutes ses iniquités.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 130 ou psaume 129 ?
Le numéro 130 est celui de la numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes. La Vulgate latine et la Septante réunissent les psaumes hébreux 9 et 10 et comptent donc le De profundis comme le psaume 129. C'est sous ce numéro que le connaissent les livres liturgiques et les chants de funérailles. Le texte est le même, et toutes les correspondances sont rappelées sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 130 ?
Le De profundis est l'un des quinze cantiques des degrés (psaumes 119 à 133 de la Vulgate), et le sixième des sept psaumes de la pénitence (6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142 de la Vulgate). Huit versets suffisent à parcourir tout le chemin de la conversion : le cri, l'aveu, la confiance, l'attente et la promesse.
Le cri (v. 1-2)
« Du fond des abîmes je crie vers Vous, Seigneur ; […] Seigneur, exaucez ma voix » (Ps 129, 1-2). Les abîmes ne sont pas d'abord un lieu, mais un état : la détresse de l'âme accablée par le malheur et surtout par le péché. Le fidèle ne s'y résigne pas : il crie (v. 2).
L'aveu (v. 3)
« Si Vous examinez nos iniquités, Seigneur, Seigneur, qui subsistera devant Vous ? » (v. 3). C'est l'humilité du pénitent. Personne ne peut se présenter devant Dieu en comptant sur sa propre justice ; le dernier psaume de la pénitence le redira : « nul homme vivant ne sera trouvé juste devant Vous ».
La confiance (v. 4-5)
Le retournement vient aussitôt : « Mais auprès de Vous est la miséricorde, et à cause de Votre loi j'ai espéré en Vous » (v. 4). Le latin dit propitiatio, le pardon qui apaise. La Vulgate parle ici de la « loi » de Dieu, là où l'hébreu dit afin qu'on Vous craigne ; dans les deux cas, l'espérance s'appuie sur ce que Dieu a révélé de lui-même. « Mon âme s'est soutenue par Sa parole ; […] Mon âme a espéré au Seigneur » (v. 4-5).
L'attente et la promesse (v. 6-8)
« Depuis la veille du matin jusqu'à la nuit, qu'Israël espère au Seigneur » (v. 6). L'abbé Fillion suit ici la Vulgate ; les traductions faites sur l'hébreu parlent des veilleurs qui attendent l'aurore. Le psaume s'achève sur une promesse pour tout le peuple : « car auprès du Seigneur est la miséricorde, et on trouve en Lui une rédemption abondante. […] Il rachètera lui-même Israël de toutes ses iniquités » (v. 7-8).
La lecture des Pères : la rédemption abondante
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, entend les abîmes de la condition de l'homme en cette vie mortelle et de la profondeur du péché ; mais il remarque que celui qui crie du fond de l'abîme n'y est déjà plus tout à fait englouti, puisqu'il crie vers Dieu. Il rappelle Jonas, qui pria « dans le ventre du poisson » et dit : « du sein de l'enfer j'ai crié, et Vous avez entendu ma voix » (Jonas 2, 3).
La « rédemption abondante » du verset 7 est celle du Christ. Saint Paul écrit qu'il « S'est livré Lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité » (Tite 2, 14) : c'est presque mot pour mot le verset 8. L'ange l'avait annoncé à Joseph : « Il sauvera Son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Et l'Apôtre en donne la mesure : « là où la faute a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20).
Le psaume 130 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 129 de la Vulgate est le troisième des vêpres du mercredi, avec pour antienne ses premiers mots : De profundis clamavi ad te, Domine. Il y suit le psaume 129, Sæpe expugnaverunt et précède le psaume 131, Domine, non est exaltatum. L'office du jour se prie dans le bréviaire.
Il est surtout le psaume des défunts. À l'Office des morts, il se chante aux vêpres avec l'antienne Si iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis sustinebit ? Il accompagne les funérailles, la Commémoration de tous les fidèles trépassés du 2 novembre, et la prière privée des familles pour leurs morts.
Le Missel le fait entendre à plusieurs moments de l'année : il forme le trait du dimanche de la Septuagésime, qui ouvre le temps de préparation au Carême ; l'introït du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte commence par Si iniquitates observaveris ; l'alléluia et l'offertoire du vingt-troisième dimanche reprennent De profundis clamavi ad te, Domine.
Le De profundis et la prière pour les défunts
L'Église prie pour ses morts parce que l'Écriture le lui enseigne : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés » (II Maccabées 12, 46). Les âmes du purgatoire sont, au sens le plus vrai, dans les profondeurs : elles ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes, mais elles espèrent la délivrance. Dire pour elles le De profundis, c'est leur prêter notre voix.
L'usage le plus simple est de réciter le psaume en entier, puis d'ajouter : Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis : donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin luise pour eux. Vous trouverez les autres prières de l'Église dans notre page sur la prière pour les défunts.
Comment prier le psaume 130
- Pour un défunt. Le jour du décès, aux funérailles, aux anniversaires et pendant le mois de novembre, en terminant par le Requiem æternam.
- Avant la confession. Le verset 3 met l'âme dans la vérité, le verset 4 dans la confiance : c'est la meilleure préparation pour bien se confesser.
- Dans la détresse. Quand on se sent au fond de l'abîme, il donne des mots à l'angoisse et la tourne vers la miséricorde.
- En carême et le vendredi, avec les autres psaumes de la pénitence, en particulier le psaume 51, Miserere.
Questions Fréquentes
Quel est le texte du psaume 130, le De profundis ?
Il commence ainsi dans la traduction de l'abbé Fillion : « Du fond des abîmes je crie vers Vous, Seigneur ; […] Seigneur, exaucez ma voix. » Le texte complet, en français et en latin, se trouve plus haut sur cette page, verset par verset. En latin, il s'ouvre par De profundis clamavi ad te, Domine.
Pourquoi prie-t-on le psaume 130 pour les morts ?
Parce que l'Église en a fait le psaume de l'Office des défunts et des funérailles. Les âmes du purgatoire attendent cette délivrance, et la prière des vivants leur vient en aide.
Que veut dire le verset 5 du psaume 130 ?
Dans la Vulgate, le verset 4 s'achève par « Mon âme s'est soutenue par Sa parole » et le verset 5 ajoute : « Mon âme a espéré au Seigneur. » L'âme tient bon en s'appuyant sur la parole de Dieu, non sur ses forces.
Le psaume 130 fait-il partie des psaumes de la pénitence ?
Oui, c'est le sixième des sept psaumes pénitentiels, qui sont dans la Vulgate les psaumes 6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142. Le suivant est le psaume 143, Domine, exaudi.
Le chant Garde mon âme dans la paix est-il le psaume 130 ?
Non. Ce chant suit la numérotation liturgique de la Vulgate : son « psaume 130 » est l'humble Domine, non est exaltatum, l'âme apaisée comme un enfant sevré, qui est le psaume 131 des bibles modernes. Le De profundis, présenté ici, est le 129 de la Vulgate.
Le De profundis de la bible catholique est-il différent de la Louis Segond ?
C'est le même psaume, que la Louis Segond, traduction protestante sur l'hébreu, numérote 130. L'abbé Fillion a traduit la Vulgate : d'où le numéro 129 et des nuances, comme la « loi » du verset 4 ou l'attente « depuis la veille du matin jusqu'à la nuit » au verset 6.
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