La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 121 (Vulgate 120) : Levavi oculos, le Seigneur te garde
Levavi oculos meos
Le psaume 121 des bibles modernes, 120 de la Vulgate, est le *Levavi oculos* : « J’ai élevé mes yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours », et « Mon secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre ». Huit versets sur la garde de Dieu, le jour et la nuit, au départ et au retour. Le texte intégral de l’abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l’explication, la place du psaume dans l’office et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 120 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 119.
1 Canticum graduum. Levavi oculos meos in montes, unde veniet auxilium mihi.
1 Cantique des degrés. J’ai élevé mes yeux vers les montagnes, * d’où me viendra le secours.
2 Auxilium meum a Domino, qui fecit cælum et terram.
2 Mon secours vient du Seigneur, * qui a fait le ciel et la terre.
3 Non det in commotionem pedem tuum, neque dormitet qui custodit te.
3 Qu’Il ne permette pas que ton pied chancelle, * et que Celui qui te garde ne S’endorme point.
4 Ecce non dormitabit neque dormiet qui custodit Israël.
4 Non, Il ne sommeille ni ne dort, * Celui qui garde Israël.
5 Dominus custodit te ; Dominus protectio tua super manum dexteram tuam.
5 Le Seigneur te garde, le Seigneur te protège, * Se tenant à ta droite.
6 Per diem sol non uret te, neque luna per noctem.
6 Pendant le jour le soleil ne te brûlera pas, * ni la lune pendant la nuit.
7 Dominus custodit te ab omni malo ; custodiat animam tuam Dominus.
7 Le Seigneur te garde de tout mal ; * que le Seigneur garde ton âme.
8 Dominus custodiat introitum tuum et exitum tuum, ex hoc nunc et usque in sæculum.
8 Que le Seigneur garde ton entrée et ta sortie, * dès maintenant et à jamais.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 121 ou psaume 120 ?
Le psaume que l’on cherche sous le nom de « psaume 121 » dans la Louis Segond ou la Bible de Jérusalem porte le numéro 120 dans la Vulgate, dans le bréviaire et dans cette liseuse. Les deux numérotations se décalent d’une unité à partir du psaume 9, que la Vulgate garde entier et que l’hébreu divise en deux. Les numéros de versets, eux, sont les mêmes : les versets 7 et 8 de la Segond sont nos versets 7 et 8.
Une confusion fréquente vient des livrets de chant de la liturgie actuelle, qui numérotent d’abord selon le grec. Le chant Psaume 121, Dans la joie nous irons à la maison du Seigneur est le Lætatus sum, le psaume suivant, que les bibles modernes numérotent 122 : vous le trouverez à la page du psaume 122, Lætatus sum. À l’inverse, le chant Psaume 120, le secours me viendra du Seigneur de ces livrets correspond bien au psaume de cette page. Toutes les correspondances sont sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 121 ?
Le psaume est un cantique des degrés, le deuxième des quinze psaumes graduels que les pèlerins chantaient en montant vers Jérusalem. On l’imagine sur la route : le voyageur aperçoit les montagnes de Judée, lieu des sanctuaires, mais aussi des embuscades et des périls. Il se demande d’où lui viendra l’aide. La réponse ouvre le psaume, puis une autre voix, celle d’un prêtre ou d’un compagnon de route, lui promet la garde de Dieu.
Tout le psaume tient en un mot, répété comme un battement de cœur : garder. Dans l’hébreu, le même verbe revient six fois en huit versets. La Vulgate le rend par custodire, et la Fillion par « garder » : Celui qui te garde, Celui qui garde Israël, le Seigneur te garde, il garde ton âme, ton entrée et ta sortie.
Le regard levé (v. 1-2). « J’ai élevé mes yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours » (v. 1). Le geste est celui de toute prière : lever les yeux. Mais le psalmiste ne s’arrête pas aux montagnes. Il monte plus haut, jusqu’à leur Créateur : « Mon secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre » (v. 2). Celui qui a tout fait peut tout garder. Ce verset est devenu, dans l’Église, l’une des formules de prière les plus familières.
Le gardien qui ne dort pas (v. 3-4). « Qu’Il ne permette pas que ton pied chancelle, et que Celui qui te garde ne S’endorme point » (v. 3). Puis l’affirmation, plus forte encore : « Non, Il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël » (v. 4). Les dieux des nations dorment, se moquait Élie sur le Carmel ; le Dieu d’Israël veille. Le voyageur peut dormir sous la tente : un Autre veille pour lui. Les disciples dans la barque, pendant la tempête, croyaient le Seigneur endormi ; c’était leur foi qui dormait.
L’ombre à la droite (v. 5-6). « Le Seigneur te garde, le Seigneur te protège, Se tenant à ta droite » (v. 5). La droite est la place du défenseur au combat et au tribunal. Le verset 6 précise la garde : « Pendant le jour le soleil ne te brûlera pas, ni la lune pendant la nuit » (v. 6). Pour le pèlerin, le soleil brûlant de la route était un danger réel ; la lune, dans la croyance commune, passait pour nuire au dormeur. Le psaume couvre donc le jour et la nuit, toutes les heures et tous les périls.
La garde de toute la vie (v. 7-8). Les deux derniers versets, les plus cherchés, élargissent tout : « Le Seigneur te garde de tout mal ; que le Seigneur garde ton âme » (v. 7). Ce n’est pas la promesse d’une vie sans épreuve, mais celle d’une vie qui ne sort jamais de la main de Dieu ; et ce qu’il garde avant tout, c’est l’âme. Puis : « Que le Seigneur garde ton entrée et ta sortie, dès maintenant et à jamais » (v. 8). Dans la langue de la Bible, entrer et sortir désignent toute l’activité de l’homme : partir au travail et rentrer chez soi, commencer et achever. Le dernier mot, « à jamais », porte la garde au-delà de la mort.
La lecture des Pères et de la tradition
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, s’attache au premier verset. Les montagnes vers lesquelles on lève les yeux peuvent figurer les grands serviteurs de Dieu, prophètes et apôtres, par qui la lumière de l’Écriture nous arrive ; mais ces montagnes ne sont éclairées que par une lumière qu’elles reçoivent. Il ne faut donc pas mettre en elles son espérance : le secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. C’est la juste place des saints dans la prière : on s’appuie sur eux, mais pour monter jusqu’à Dieu.
Le psaume rappelle la promesse faite à Jacob fuyant vers Haran, la nuit de l’échelle : « Je serai votre protecteur partout où vous irez » (Gn 28, 15). Il s’accomplit dans le Christ, bon pasteur, qui dit au Père dans sa prière sacerdotale : « Lorsque J’étais avec eux, Je les gardais en Votre nom » (Jn 17, 12). La garde de Dieu s’exerce aussi par les anges, comme le dit le psaume 91, Qui habitat : « Il a commandé pour toi à Ses Anges de te garder dans toutes tes voies ». C’est pourquoi le psaume se prie si naturellement avec la prière à l’ange gardien.
Il appartient à la grande famille des psaumes de confiance, avec le psaume 23, Dominus regit me, le psaume du bon berger. Là où le psaume 91 couvre la nuit et le psaume 23 le pâturage, le psaume 121 couvre la route. Et il prépare le psaume graduel suivant, où le même regard s’élève plus haut encore : le psaume 123, Ad te levavi oculos meos, « J’ai élevé mes yeux vers Vous, ô Dieu, qui habitez dans les cieux ».
Qui a écrit le psaume 121 ?
Le titre de ce psaume ne porte pas le nom de David : il dit seulement « Cantique des degrés ». Dans l’hébreu, quelques psaumes graduels portent son nom en titre ; celui-ci n’en fait pas partie. Une partie de la tradition, avec saint Augustin, rapporte cependant l’ensemble du Psautier à David, son premier chantre et son modèle, et beaucoup de lecteurs parlent pour cette raison du « psaume 121 de David ». L’auteur premier, enfin, est l’Esprit-Saint, qui a inspiré toute l’Écriture.
Dans le texte hébreu, le psaume est fait de vers courts, fondés sur la reprise du même mot. Le latin de la Vulgate, Levavi oculos meos in montes, unde veniet auxilium mihi, a gardé cette simplicité, qui le rend facile à retenir.
Le psaume 121 dans la liturgie
Aux vêpres du lundi. Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 120 de la Vulgate est chanté aux vêpres du lundi, avec le Dilexi, le Credidi, l’Ad Dominum cum tribularer, psaume 120, et le Lætatus sum. Chaque semaine, au soir du premier jour de travail, l’Église lève les yeux vers les montagnes. Pour prier l’office du jour, voyez le bréviaire en ligne.
Aux vêpres des défunts. Le psaume est aussi le troisième des vêpres de l’office des morts, avec l’antienne Dominus custodit te ab omni malo : custodiat animam tuam Dominus, tirée du verset 7. L’Église chante ainsi pour le défunt la garde de Dieu sur son âme, au moment de son dernier passage, de son ultime « sortie ».
Dans la Règle de saint Benoît. Au chapitre 18 de sa Règle, saint Benoît assigne les psaumes 119 à 127 de la Vulgate aux petites heures de Tierce, Sexte et None, du mardi au samedi. Les moines qui suivent cet usage de la Règle redisent ainsi le Levavi presque chaque jour, au milieu du travail.
Comment prier le psaume 121
Ce psaume convient à toutes les heures, mais la tradition chrétienne lui reconnaît des moments privilégiés.
- Avant un voyage ou un pèlerinage. C’est son usage le plus naturel : on le récite en quittant la maison, en confiant la route à Dieu avec le verset 8.
- Le soir et dans l’insomnie. Le verset 4, « Il ne sommeille ni ne dort », remet le souci entre les mains de Celui qui veille. On peut le joindre à la prière de protection.
- Pour ceux qu’on aime et qui sont loin. Enfants, malades, voyageurs, soldats : on demande pour eux la garde des versets 7 et 8, en remplaçant « te » par leur nom.
- Dans l’inquiétude du lendemain. Le psaume est une prière de confiance en la Providence, qui conserve et gouverne toutes choses ; il ne promet pas l’absence d’épreuve, mais la présence du Gardien.
- Pour un mourant ou un défunt. À la suite de l’office des morts, on le prie pour celui qui fait son dernier voyage.
On le dit lentement, verset par verset, et l’on conclut par le Gloria Patri. Sa brièveté permet de l’apprendre par cœur, en français ou en latin, pour le redire sur la route. Pour l’avoir toujours sur soi, avec le reste de la Bible en français et en latin, vous pouvez utiliser l’application Bible catholique d’Iter Fidei.
Questions Fréquentes
Que signifient les versets 7 et 8 du psaume 121 ?
« Le Seigneur te garde de tout mal ; que le Seigneur garde ton âme. » Puis : « Que le Seigneur garde ton entrée et ta sortie, dès maintenant et à jamais. » Dieu garde la vie entière du fidèle, et d’abord son âme ; entrer et sortir désignent toutes ses actions, et « à jamais » porte cette garde jusqu’à l’éternité.
Le psaume 121 est-il un psaume de David ?
Son titre ne porte pas le nom de David : il dit seulement « Cantique des degrés ». Il appartient aux quinze psaumes graduels chantés par les pèlerins. Une partie de la tradition rapporte l’ensemble du Psautier à David, d’où l’expression courante de « psaume 121 de David » ; l’auteur premier reste l’Esprit-Saint.
Que signifie « J’ai élevé mes yeux vers les montagnes » ?
C’est le geste du pèlerin qui voit les montagnes de Jérusalem et se demande d’où viendra son secours. Le verset suivant répond : de Dieu seul, qui a fait le ciel et la terre. Saint Augustin y voit une leçon : les montagnes, figures des saints, nous aident, mais l’espérance doit monter jusqu’au Seigneur.
Le psaume Dans la joie nous irons est-il le psaume 121 ?
Non. Ce chant, annoncé comme psaume 121 dans les livrets qui suivent la numérotation grecque, est le Lætatus sum, « Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur ». C’est le psaume 122 des bibles modernes, 121 de la Vulgate, présenté sur la page suivante de cette liseuse.
Où lire le psaume 121 dans la Bible catholique ?
Dans une Bible catholique qui suit la Vulgate, comme celle de l’abbé Fillion, il porte le numéro 120. Son texte complet, versets 1 à 8, en français et en latin, se trouve en haut de cette page.
Quand prier le psaume 121 ?
Avant un voyage, le soir, dans l’inquiétude, pour un proche éloigné ou pour un défunt. L’Église le chante chaque lundi aux vêpres et aux vêpres de l’office des morts.
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