La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 118 (Vulgate 117) : Confitemini Domino, voici le jour que le Seigneur a fait
Confitemini Domino
Le psaume 118 des bibles modernes, 117 de la Vulgate, est le grand chant pascal du Psautier : « Célébrez le Seigneur, parce qu’Il est bon », la pierre rejetée devenue pierre angulaire, « Voici le jour que le Seigneur a fait ». Vous trouverez ci-dessous son texte intégral dans la traduction de l’abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate, verset par verset, puis l’explication des versets les plus cherchés.
Vous cherchez le psaume 117 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 116.
1 Alleluja. Confitemini Domino, quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
1 Alleluia. Célébrez le Seigneur, parce qu’Il est bon, * parce que Sa miséricorde est éternelle.
2 Dicat nunc Israël : Quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
2 Qu’Israël dise maintenant qu’Il est bon, * et que Sa miséricorde est éternelle.
3 Dicat nunc domus Aaron : Quoniam in sæculum misericordia ejus.
3 Que la maison d’Aaron dise maintenant * que Sa miséricorde est éternelle.
4 Dicant nunc qui timent Dominum : Quoniam in sæculum misericordia ejus.
4 Que ceux qui craignent le Seigneur disent maintenant * que Sa miséricorde est éternelle.
5 De tribulatione invocavi Dominum, et exaudivit me in latitudine Dominus.
5 Du sein de la tribulation j’ai invoqué le Seigneur, * et le Seigneur m’a exaucé et mis au large.
6 Dominus mihi adjutor ; non timebo quid faciat mihi homo.
6 Le Seigneur est mon secours ; * je ne craindrai pas ce que l’homme pourra me faire.
7 Dominus mihi adjutor, et ego despiciam inimicos meos.
7 Le Seigneur est mon secours, * et je mépriserai mes ennemis.
8 Bonum est confidere in Domino, quam confidere in homine.
8 Il vaut mieux se confier au Seigneur * que de se confier dans l’homme.
9 Bonum est sperare in Domino, quam sperare in principibus.
9 Il vaut mieux espérer au Seigneur, * plutôt que d’espérer dans les princes.
10 Omnes gentes circuierunt me, et in nomine Domini, quia ultus sum in eos.
10 Toutes les nations m’ont entouré, * et au Nom du Seigneur je me suis vengé d’elles.
11 Circumdantes circumdederunt me, et in nomine Domini, quia ultus sum in eos.
11 Elles m’ont environné et assiégé, * et au Nom du Seigneur je me suis vengé d’elles.
12 Circumdederunt me sicut apes, et exarserunt sicut ignis in spinis : et in nomine Domini, quia ultus sum in eos.
12 Elles m’ont environné comme des abeilles, et elles se sont embrasées comme un feu d’épines ; * et au Nom du Seigneur je me suis vengé d’elles.
13 Impulsus eversus sum, ut caderem, et Dominus suscepit me.
13 J’ai été poussé, heurté et prêt à tomber, * et le Seigneur m’a soutenu.
14 Fortitudo mea et laus mea Dominus, et factus est mihi in salutem.
14 Le Seigneur est ma force et ma gloire, * et Il S’est fait mon salut.
15 Vox exsultationis et salutis in tabernaculis justorum.
15 Le cri de l’allégresse et de la délivrance * retentit dans les tentes des justes.
16 Dextera Domini fecit virtutem ; dextera Domini exaltavit me : dextera Domini fecit virtutem.
16 La droite du Seigneur a fait éclater Sa puissance, la droite du Seigneur m’a exalté ; * la droite du Seigneur a fait éclater Sa puissance.
17 Non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
17 Je ne mourrai point, mais je vivrai, * et je raconterai les œuvres du Seigneur.
18 Castigans castigavit me Dominus, et morti non tradidit me.
18 Le Seigneur m’a rudement châtié, * mais Il ne m’a pas livré à la mort.
19 Aperite mihi portas justitiæ : ingressus in eas confitebor Domino.
19 Ouvrez-moi les portes de la justice, afin que j’y entre et que je célèbre le Seigneur. *
20 Hæc porta Domini : justi intrabunt in eam.
20 C’est là la porte du Seigneur, et les justes entreront par elle.
21 Confitebor tibi quoniam exaudisti me, et factus es mihi in salutem.
21 Je Vous rendrai grâces de ce que Vous m’avez exaucé, * et que Vous Vous êtes fait mon salut.
22 Lapidem quem reprobaverunt ædificantes, hic factus est in caput anguli.
22 La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient * est devenue la pierre angulaire.
23 A Domino factum est istud, et est mirabile in oculis nostris.
23 C’est le Seigneur qui a fait cela, * et c’est une chose merveilleuse à nos yeux.
24 Hæc est dies quam fecit Dominus ; exsultemus, et lætemur in ea.
24 Voici le jour que le Seigneur a fait ; * passons-le dans l’allégresse et dans la joie.
25 O Domine, salvum me fac ; o Domine, bene prosperare.
25 O Seigneur, sauvez-moi ; ô Seigneur, faites-nous prospérer. *
26 Benedictus qui venit in nomine Domini : benediximus vobis de domo Domini.
26 Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur. Nous Vous bénissons de la maison du Seigneur. *
27 Deus Dominus, et illuxit nobis. Constituite diem solemnem in condensis, usque ad cornu altaris.
27 Le Seigneur est Dieu, et Il a fait briller sur nous Sa lumière. Rendez ce jour solennel en couvrant tout de feuillage, * jusqu’à la corne de l’autel.
28 Deus meus es tu, et confitebor tibi ; Deus meus es tu, et exaltabo te. Confitebor tibi quoniam exaudisti me, et factus es mihi in salutem.
28 Vous êtes mon Dieu, et je Vous célébrerai ; * Vous êtes mon Dieu, et je Vous exalterai. Je Vous célébrerai parce que Vous m’avez exaucé, * et que Vous Vous êtes fait mon salut.
29 Confitemini Domino, quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
29 Louez le Seigneur, parce qu’Il est bon, * parce que Sa miséricorde est éternelle.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 118 ou psaume 117 ?
Ce psaume est le 118 dans les bibles modernes, comme la Louis Segond, et le 117 dans la Vulgate, le bréviaire et cette liseuse. Le décalage d’une unité vient du psaume 9, que l’hébreu divise et que la Vulgate garde entier. Les livrets de chant de la liturgie actuelle suivent la numérotation grecque : le chant de Pâques annoncé comme « psaume 117 », avec le refrain Voici le jour que fit le Seigneur ou Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, est bien ce psaume.
À l’inverse, le chant De quel amour j’aime ta loi, Seigneur, souvent annoncé comme « psaume 118 » dans ces mêmes livrets, appartient au psaume suivant, le grand psaume 119, Beati immaculati. Pour retrouver un psaume dans les deux numérotations, consultez la page des Psaumes. Les numéros de versets, eux, sont les mêmes dans les deux bibles : le verset 8 de la Segond est notre verset 8.
Que signifie le psaume 118 ?
Le psaume clôt le Hallel (psaumes 113 à 118 de l’hébreu), la louange que l’on chantait au Temple aux grandes fêtes et à la fin du repas pascal. Selon une tradition largement reçue, c’est avec ces psaumes que Notre-Seigneur termina la Cène avant de sortir vers le mont des Oliviers. Le psaume ressemble à une liturgie d’action de grâces : un homme sauvé de la mort, peut-être le roi au retour de la victoire, monte au Temple avec la foule, se fait ouvrir les portes et rend grâces devant l’autel.
L’invitation (v. 1-4). Le psaume commence et finit par la même acclamation : « Célébrez le Seigneur, parce qu’Il est bon, parce que Sa miséricorde est éternelle » (v. 1). Trois chœurs y répondent : Israël, la maison d’Aaron, c’est-à-dire les prêtres, et « ceux qui craignent le Seigneur » (v. 4). Le même triple appel se lit dans le psaume 115 hébreu, Non nobis, et le refrain de la miséricorde éternelle revient à chaque verset du psaume 136, le grand Hallel.
La confiance dans l’épreuve (v. 5-9). Le psalmiste raconte : « Du sein de la tribulation j’ai invoqué le Seigneur, et le Seigneur m’a exaucé et mis au large » (v. 5). De là viennent deux des versets les plus recherchés du Psautier. Le verset 6 : « Le Seigneur est mon secours ; je ne craindrai pas ce que l’homme pourra me faire » (v. 6).
L’Épître aux Hébreux le reprend pour fonder la confiance du chrétien qui renonce à l’amour de l’argent : « Le Seigneur est mon aide ; je ne craindrai point ce que l’homme peut me faire » (He 13, 6). Le verset 8 : « Il vaut mieux se confier au Seigneur que de se confier dans l’homme » (v. 8), prolongé par le verset 9, qui l’applique aux princes. Ce n’est pas du mépris pour les hommes : c’est l’ordre juste de l’espérance, qui ne repose en dernier ressort que sur Dieu.
L’assaut et la victoire (v. 10-18). Les ennemis se pressent de tous côtés : « Toutes les nations m’ont entouré » (v. 10), « Elles m’ont environné et assiégé » (v. 11), « comme des abeilles » (v. 12). Chaque fois le même refrain : « au Nom du Seigneur je me suis vengé d’elles ». La victoire n’est pas celle d’une force humaine mais celle du Nom.
« J’ai été poussé, heurté et prêt à tomber, et le Seigneur m’a soutenu » (v. 13). Le verset 14, « Le Seigneur est ma force et ma gloire, et Il S’est fait mon salut », reprend presque le cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge. Puis le cri triomphal : « Je ne mourrai point, mais je vivrai, et je raconterai les œuvres du Seigneur » (v. 17), car Dieu a châtié son serviteur sans le livrer à la mort (v. 18).
Les portes de la justice (v. 19-21). Le cortège arrive au Temple : « Ouvrez-moi les portes de la justice, afin que j’y entre et que je célèbre le Seigneur » (v. 19). On lui répond : « C’est là la porte du Seigneur, et les justes entreront par elle » (v. 20). Le Christ dira : je suis la porte.
La pierre angulaire et le jour du Seigneur (v. 22-29). Vient alors le cœur du psaume : « La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire » (v. 22), « C’est le Seigneur qui a fait cela, et c’est une chose merveilleuse à nos yeux » (v. 23). Puis l’acclamation pascale : « Voici le jour que le Seigneur a fait ; passons-le dans l’allégresse et dans la joie » (v. 24).
La foule crie : « O Seigneur, sauvez-moi » (v. 25), c’est le mot hébreu que l’Évangile a gardé sous la forme Hosanna. Les prêtres bénissent celui qui arrive : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur » (v. 26). La fête s’achève en procession, « en couvrant tout de feuillage, jusqu’à la corne de l’autel » (v. 27), et sur l’acclamation du début.
La lecture du Nouveau Testament et des Pères
Notre-Seigneur s’est appliqué ce psaume. Au terme de la parabole des vignerons homicides, il demande : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient, celle-là même est devenue la tête de l’angle » (Mt 21, 42). Saint Pierre, devant le Sanhédrin, le dit en face des chefs du peuple : « C’est Lui qui est la pierre rejetée par vous les constructeurs, et qui est devenu la pierre de l’angle » (Ac 4, 11), et il le redit dans sa première épître. Le Christ rejeté et crucifié est devenu, par sa résurrection, la pierre qui unit les deux murs de l’édifice : Israël et les nations.
Le jour des Rameaux, la foule qui accueille Jésus à Jérusalem chante les versets 25 et 26 : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Et le Seigneur annonce à Jérusalem qu’elle ne le verra plus jusqu’à ce qu’elle dise : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ». Le psaume encadre ainsi toute la Passion : l’entrée royale, le rejet, la résurrection.
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, lit tout le psaume comme la voix du Christ et de son Église : le Christ, assailli mais vainqueur de la mort, et l’Église qui entre avec lui par la porte de la justice. Le « jour que le Seigneur a fait » est pour toute la tradition le jour de la Résurrection, et, à travers lui, chaque dimanche.
Le psaume 118 dans la liturgie
À Pâques. Le graduel de la messe du jour de Pâques est tiré de ce psaume : Hæc dies quam fecit Dominus : exsultemus, et lætemur in ea, avec le verset Confitemini Domino, quoniam bonus : quoniam in sæculum misericordia ejus. Le Hæc dies revient pendant toute l’octave : comme graduel jusqu’au vendredi, puis comme verset de l’Alleluia le samedi. Voyez Pâques.
À chaque messe. Le Sanctus s’achève par le verset 26 : Benedictus qui venit in nomine Domini. Hosanna in excelsis. L’Église acclame ainsi le Christ qui vient sur l’autel. Le dimanche des Rameaux, la procession reprend le même cri ; voyez les Rameaux.
À l’office. Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 117 de la Vulgate est récité à Prime du dimanche, et aux Laudes du dimanche dans le schéma des temps de pénitence. Chaque semaine s’ouvre ainsi sur le jour que le Seigneur a fait. Vous pouvez suivre ces heures avec le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 118
- Dans la peur : le verset 6, « je ne craindrai pas ce que l’homme pourra me faire », se dit comme une oraison jaculatoire.
- Avant une décision : le verset 8 rappelle de mettre sa confiance en Dieu avant les appuis humains.
- Dans la maladie : le verset 17, « Je ne mourrai point, mais je vivrai », est une prière d’espérance, que l’on peut dire pour soi ou pour un malade, en s’en remettant à la volonté de Dieu.
- Le dimanche et au temps pascal : le verset 24 sanctifie le jour du Seigneur.
- Avant la messe : les versets 19 et 26 préparent à entrer dans la maison de Dieu et à accueillir celui qui vient.
On peut le prier avec le psaume 117, Laudate Dominum, omnes gentes, qui le précède, et avec le psaume 107, Confitemini Domino, qui s’ouvre par la même acclamation.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 118, verset 8 ?
« Il vaut mieux se confier au Seigneur que de se confier dans l’homme. » Le verset suivant ajoute qu’il vaut mieux espérer au Seigneur que dans les princes. C’est l’ordre de l’espérance chrétienne : les appuis humains sont bons, mais Dieu seul ne déçoit pas.
Que dit le psaume 118, verset 6 ?
« Le Seigneur est mon secours ; je ne craindrai pas ce que l’homme pourra me faire. » L’Épître aux Hébreux le cite pour encourager les chrétiens à la confiance. Le verset 7 poursuit : « Le Seigneur est mon secours, et je mépriserai mes ennemis ».
Que signifie « Voici le jour que le Seigneur a fait » ?
C’est le verset 24. Il désigne le jour du salut, que la tradition reconnaît dans le jour de la Résurrection du Christ. L’Église le chante au graduel de Pâques, Hæc dies, et le reprend pendant l’octave.
Que dit le psaume 118, verset 17 ?
« Je ne mourrai point, mais je vivrai, et je raconterai les œuvres du Seigneur. » C’est le cri de celui que Dieu a sauvé de la mort. Les Pères l’entendent de la Résurrection du Christ, et le chrétien le reprend dans la maladie comme dans l’espérance de la vie éternelle.
Qui est la pierre rejetée du psaume 118 ?
C’est le Christ. Notre-Seigneur s’applique lui-même le verset 22 en Matthieu 21, 42, et saint Pierre le redit devant le Sanhédrin. Rejeté par les chefs du peuple, il est devenu par sa résurrection la pierre d’angle de l’Église.
Le psaume 118 est-il celui de De quel amour j’aime ta loi ?
Non. Ce chant suit la numérotation grecque et renvoie au psaume 119 des bibles modernes, le plus long du Psautier, Beati immaculati. Le psaume de cette page est le Confitemini Domino, le chant pascal.
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