La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 27 (Vulgate 26) : Dominus illuminatio mea, le Seigneur est ma lumière
Dominus illuminatio mea
Le psaume 27 des bibles modernes, psaume 26 de la Vulgate, est le *Dominus illuminatio mea* : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; qui craindrai-je ? » Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication de ce grand psaume de confiance, sa place dans l'office et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 26 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 25.
1 Psalmus David, priusquam liniretur. Dominus illuminatio mea et salus mea : quem timebo ? Dominus protector vitæ meæ : a quo trepidabo ?
1 Psaume de David, avant qu’il fût oint. Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; * qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; * devant qui tremblerai-je ?
2 Dum appropiant super me nocentes ut edant carnes meas, qui tribulant me inimici mei, ipsi infirmati sunt et ceciderunt.
2 Lorsque les méchants s’approchent de moi * pour dévorer ma chair, ces ennemis qui me persécutent * ont été eux-mêmes affaiblis et sont tombés.
3 Si consistant adversum me castra, non timebit cor meum ; si exsurgat adversum me prælium, in hoc ego sperabo.
3 Qu’une armée campe contre moi, * mon cœur ne craindra pas. Que le combat s’engage contre moi, * c’est alors même que j’espérerai.
4 Unam petii a Domino, hanc requiram, ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitæ meæ ; ut videam voluptatem Domini, et visitem templum ejus.
4 Il est une chose que j’ai demandée au Seigneur, et je la rechercherai uniquement ; * c’est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour contempler les délices du Seigneur * et visiter Son temple.
5 Quoniam abscondit me in tabernaculo suo ; in die malorum protexit me in abscondito tabernaculi sui.
5 Car Il m’a caché dans Son tabernacle ; * au jour de l’affliction Il m’a protégé dans le secret de Son tabernacle.
6 In petra exaltavit me, et nunc exaltavit caput meum super inimicos meos. Circuivi, et immolavi in tabernaculo ejus hostiam vociferationis ; cantabo, et psalmum dicam Domino.
6 Il m’a élevé sur la pierre, * et maintenant Il a élevé ma tête au-dessus de mes ennemis. J’ai entouré l’autel et j’ai immolé dans Son tabernacle une victime avec des cris de joie ; * je chanterai et je dirai une hymne au Seigneur.
7 Exaudi, Domine, vocem meam, qua clamavi ad te ; miserere mei, et exaudi me.
7 Exaucez, Seigneur, ma voix, qui a crié vers Vous ; * ayez pitié de moi, et exaucez-moi.
8 Tibi dixit cor meum : Exquisivit te facies mea ; faciem tuam, Domine, requiram.
8 Mon cœur Vous a dit : Mes yeux Vous ont cherché ; * Votre visage, Seigneur, je le chercherai.
9 Ne avertas faciem tuam a me ; ne declines in ira a servo tuo. Adjutor meus esto ; ne derelinquas me, neque despicias me, Deus salutaris meus.
9 Ne détournez pas de moi Votre face ; * ne Vous retirez pas de Votre serviteur, dans Votre colère. Soyez mon aide ; * ne m’abandonnez pas, et ne me méprisez pas, ô Dieu mon Sauveur.
10 Quoniam pater meus et mater mea dereliquerunt me ; Dominus autem assumpsit me.
10 Car mon père et ma mère m’ont abandonné ; * mais le Seigneur m’a recueilli.
11 Legem pone mihi, Domine, in via tua, et dirige me in semitam rectam, propter inimicos meos.
11 Seigneur, enseignez-moi Votre voie, * et conduisez-moi dans le droit sentier à cause de mes ennemis.
12 Ne tradideris me in animas tribulantium me, quoniam insurrexerunt in me testes iniqui, et mentita est iniquitas sibi.
12 Ne me livrez pas à la merci de ceux qui me persécutent ; * des témoins iniques se sont élevés contre moi, et l’iniquité a menti contre elle-même.
13 Credo videre bona Domini in terra viventium.
13 Je crois que je verrai les biens du Seigneur * dans la terre des vivants.
14 Expecta Dominum, viriliter age : et confortetur cor tuum, et sustine Dominum.
14 Attends le Seigneur, agis avec courage ; * que ton cœur soit ferme, et espère au Seigneur.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 27 ou psaume 26 ?
C'est un seul psaume sous deux numéros. Les bibles modernes suivent l'hébreu et l'appellent psaume 27 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 26, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Les recueils de chants catholiques l'annoncent donc souvent comme le psaume 26, Le Seigneur est ma lumière et mon salut, et une bible faite sur l'hébreu le place au 27. Pour retrouver un psaume sous l'un ou l'autre numéro, consultez la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 27 ?
Le psaume porte le titre « Psaume de David, avant qu'il fût oint », priusquam liniretur. La tradition y entend David traqué par Saül, déjà choisi de Dieu mais pas encore reconnu roi par tout Israël. Le psaume a deux visages : une profession de confiance presque triomphante (v. 1-6), puis une supplication inquiète (v. 7-14). Les deux ne se contredisent pas. La foi qui chante sa sécurité est la même qui crie dans l'épreuve ; le psaume apprend à passer de l'une à l'autre sans rien perdre.
Verset 1 : la lumière et le salut. Le premier verset donne son nom au psaume : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; devant qui tremblerai-je ? » (v. 1). Dieu n'est pas dit donner la lumière : il est la lumière. Celui qui est éclairé et sauvé par Dieu même n'a plus de motif raisonnable de trembler devant les hommes. La question « qui craindrai-je ? » n'est pas une bravade, c'est une conclusion. Le Christ reprendra le mot pour lui-même : « Je suis la lumière du monde ; celui qui Me suit ne marche pas dans les ténèbres », dit-il en saint Jean, chapitre 8.
Versets 2 et 3 : l'armée qui campe. La confiance est mise à l'épreuve aussitôt. Les méchants s'approchent « pour dévorer ma chair », et ce sont eux qui tombent (v. 2). Le verset suivant pousse la logique jusqu'au bout : « Qu'une armée campe contre moi, mon cœur ne craindra pas. Que le combat s'engage contre moi, c'est alors même que j'espérerai » (v. 3). L'espérance ne grandit pas malgré le combat, mais à son heure même.
Verset 4 : une seule chose. C'est le cœur du psaume. « Il est une chose que j'ai demandée au Seigneur, et je la rechercherai uniquement ; c'est d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour contempler les délices du Seigneur et visiter Son temple » (v. 4). Au milieu des dangers, David ne demande ni la victoire, ni la couronne, ni même la vie sauve : il demande Dieu.
La tradition a rapproché ce verset de la parole du Seigneur à Marthe : « Or une seule chose est nécessaire » (Luc 10, 42). Saint Augustin, qui commente longuement ce verset dans ses Enarrationes in Psalmos, y voit l'unique demande qui contient toutes les autres : la vie éternelle, la contemplation de Dieu dont le temple de pierre n'est que la figure.
Versets 5 et 6 : caché dans la tente. La raison de cette sécurité est donnée : « Car Il m'a caché dans Son tabernacle ; au jour de l'affliction Il m'a protégé dans le secret de Son tabernacle » (v. 5). La tente de Dieu est un abri, et la pierre sur laquelle il élève le juste est un roc que l'ennemi ne peut atteindre. Le premier mouvement s'achève sur le sacrifice et le chant : « je chanterai et je dirai une hymne au Seigneur » (v. 6).
Versets 7 à 9 : chercher la face. Le ton change brusquement : « Exaucez, Seigneur, ma voix, qui a crié vers Vous » (v. 7). Puis vient l'un des plus beaux versets du Psautier : « Mon cœur Vous a dit : Mes yeux Vous ont cherché ; Votre visage, Seigneur, je le chercherai » (v. 8). Chercher la face de Dieu, c'est toute la vie spirituelle : le juste ne se contente pas de ses dons, il veut le voir. Le verset 9 en est l'envers : « Ne détournez pas de moi Votre face ».
Verset 10 : quand tout appui manque. « Car mon père et ma mère m'ont abandonné ; mais le Seigneur m'a recueilli » (v. 10). Le verset est très cherché, et l'on comprend pourquoi : il parle à ceux qui ont perdu leurs parents, à ceux qui ont été rejetés par les leurs, à ceux qui se sentent seuls au monde. L'amour de Dieu n'est pas une affection parmi d'autres ; il demeure quand les plus naturelles se retirent. Isaïe le disait déjà : une mère peut oublier son enfant, « Moi Je ne t'oublierai pas ».
Versets 11 et 12 : les faux témoins. Le psalmiste demande d'être conduit « dans le droit sentier » (v. 11), car « des témoins iniques se sont élevés contre moi, et l'iniquité a menti contre elle-même » (v. 12). Les Pères ont reconnu dans ce verset les faux témoins de la Passion, que les princes des prêtres cherchaient contre Jésus (Matthieu 26, 60).
Versets 13 et 14 : voir les biens du Seigneur. Le psaume finit dans la foi et l'espérance : « Je crois que je verrai les biens du Seigneur dans la terre des vivants » (v. 13). La terre des vivants, pour la lecture chrétienne, c'est le Ciel, où l'on verra enfin la face cherchée au verset 8. Le dernier verset est un ordre que l'âme se donne à elle-même : « Attends le Seigneur, agis avec courage ; que ton cœur soit ferme, et espère au Seigneur » (v. 14). L'espérance chrétienne n'est pas une humeur ; c'est une vertu qui se commande et qui se garde.
La lecture des Pères : le psaume des baptisés
Le titre de la Vulgate, « avant qu'il fût oint », a beaucoup retenu les Pères. David fut oint trois fois : par Samuel dans la maison de son père, puis à Hébron par Juda, enfin par tout Israël. Saint Augustin, dans son commentaire, applique ce titre au chrétien : le Christ est l'Oint par excellence, et ceux qui s'avancent vers l'onction sacramentelle de l'initiation chrétienne deviennent ses membres. Le psaume est alors la prière de celui qui marche vers son onction ou qui en vit déjà, au milieu des ennemis, en attendant de voir la face de Dieu.
Saint Augustin entend aussi dans ce psaume la voix du Christ total, la tête et le corps. Le Christ a connu les faux témoins et l'abandon des siens ; l'Église, son corps, les connaît après lui. Le chrétien persécuté ne prie donc jamais seul ce psaume : il le prie dans le Christ, qui l'a prié avant lui.
La demande du verset 4 a nourri toute la tradition contemplative. Habiter la maison du Seigneur « tous les jours de ma vie » rejoint la finale du psaume 23, Le Seigneur est mon berger : « pour que j'habite dans la maison du Seigneur durant de longs jours » (Ps 22, 6). Le même désir brûle dans le psaume 42, Quemadmodum desiderat cervus, où l'âme a soif du Dieu vivant comme le cerf des sources d'eau, et dans le psaume 84, Quam dilecta, qui chante l'amour des tabernacles du Seigneur.
Le psaume 27 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 26 est récité à Tierce du lundi, divisé en deux sections : les versets 1 à 6, puis les versets 7 à 14. Il ouvre ainsi la petite heure du milieu de matinée, au premier jour de travail de la semaine, et il est suivi à la même heure du psaume 28, Ad te, Domine, clamabo. Vous pouvez le prier à son heure dans le bréviaire du jour.
L'Église le chante aussi dans l'Office des morts : avec le psaume 23 et le psaume 25 (22 et 24 de la Vulgate), il forme le deuxième nocturne des Matines des défunts, sous l'antienne Credo videre bona Domini in terra viventium, « Je crois que je verrai les biens du Seigneur dans la terre des vivants ». Le verset 13 y devient la profession de foi de l'Église en la résurrection.
La Semaine sainte le fait entendre deux fois aux Ténèbres : le Vendredi saint au premier nocturne, avec l'antienne Insurrexerunt in me testes iniqui, et mentita est iniquitas sibi, tirée du verset 12, et le Samedi saint au deuxième nocturne, de nouveau avec l'antienne Credo videre bona Domini.
Le Missel romain lui emprunte enfin plusieurs introïts. Celui du quatrième dimanche après la Pentecôte commence par Dominus illuminatio mea et salus mea, quem timebo ? ; celui du dimanche après l'Ascension par Exaudi, Domine, vocem meam, tiré des versets 7 à 9, quand l'Église, privée de la présence visible de son Seigneur, cherche sa face ; le cinquième dimanche après la Pentecôte reprend le même début.
Comment prier le psaume 27
Dans la peur. Le psaume s'adresse d'abord à celui qui a peur : d'un examen, d'un diagnostic, d'un procès, d'une hostilité déclarée. On le dit en entier, lentement, en s'arrêtant sur la question du premier verset. Elle ne nie pas le danger ; elle le compare à Dieu.
Le matin. C'est son heure à l'office. Récité au début de la journée, il la place sous la lumière de Dieu, et s'accorde bien avec la prière du matin.
Devant le Saint-Sacrement. Le verset 4 est une prière d'adoration toute faite : demander « une seule chose », habiter dans la maison du Seigneur et contempler ses délices. Dans l'adoration eucharistique, le tabernacle où Dieu cache le juste prend un sens littéral.
Dans l'abandon et le deuil. Le verset 10 se prie seul, comme une oraison jaculatoire : Quoniam pater meus et mater mea dereliquerunt me : Dominus autem assumpsit me. Il convient à l'orphelin, à l'enfant rejeté, à celui que les siens ont quitté. Le verset 13, que l'Église chante pour les défunts, le prolonge en espérance.
Avec les autres psaumes de confiance. On peut le joindre au psaume 91, Qui habitat, la prière de protection : l'un et l'autre parlent de l'abri de Dieu, la tente secrète ici, l'ombre des ailes là.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 27 est-il aussi appelé psaume 26 ?
À cause des deux numérotations du Psautier. La Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, le comptent comme psaume 26 ; l'hébreu et les bibles modernes, comme psaume 27. C'est le même texte, le Dominus illuminatio mea, que les recueils de chant appellent souvent « psaume 26 ».
Qui a écrit le psaume 27 ?
Le titre l'attribue à David : « Psaume de David, avant qu'il fût oint », selon la Vulgate traduite par l'abbé Fillion. La tradition le situe au temps où David, déjà choisi par Dieu, était persécuté par Saül. L'Église le reçoit, comme toute l'Écriture, comme inspiré par le Saint-Esprit.
Que dit le psaume 27, verset 1 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; devant qui tremblerai-je ? » La Louis Segond, protestante et faite sur l'hébreu, écrit L'Éternel est ma lumière et mon salut. Le sens est le même : Dieu étant lui-même la lumière du fidèle, la crainte des hommes n'a plus de prise.
Que signifie le verset 4, la seule chose demandée au Seigneur ?
Le psalmiste ne demande qu'une chose : habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de sa vie pour contempler ses délices. Saint Augustin y voit le désir de la vie éternelle, qui contient toutes les autres demandes. C'est le verset de la vie intérieure et de l'adoration.
Que veut dire « mon père et ma mère m'ont abandonné » ?
Le verset 10 enseigne que la fidélité de Dieu dépasse tout appui humain, même le plus naturel. Quand les plus proches se retirent, « le Seigneur m'a recueilli ». Il console les orphelins et tous ceux qui ont connu l'abandon.
Quelle est la puissance du psaume 27 ?
Sa force n'est pas celle d'une formule : c'est celle d'un acte de foi et d'espérance que l'Église met sur les lèvres des fidèles depuis des siècles. Il oppose à la peur la lumière de Dieu, aux faux témoins le refuge de son tabernacle, à l'abandon sa fidélité. Le prier de tout son cœur, c'est déjà poser l'acte de confiance qu'il décrit.
Que dit le psaume 27, verset 14 ?
« Attends le Seigneur, agis avec courage ; que ton cœur soit ferme, et espère au Seigneur. » C'est la conclusion du psaume : l'âme s'exhorte elle-même à l'espérance et à la force. Ce verset se garde en mémoire pour les jours d'attente, quand la réponse de Dieu tarde.
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