La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 28 (Vulgate 27) : Ad te, Domine, clamabo, du cri à l'action de grâces
Le psaume 28 des bibles modernes, psaume 27 de la Vulgate, est l'*Ad te, Domine, clamabo* : « Je crierai vers Vous, Seigneur ; mon Dieu, ne gardez pas le silence à mon égard ». Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication, le sens du verset 7 et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 27 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 26.
1 Psalmus ipsi David. Ad te, Domine, clamabo ; Deus meus, ne sileas a me : nequando taceas a me, et assimilabor descendentibus in lacum.
1 Je crierai vers Vous, Seigneur ; mon Dieu, ne gardez pas le silence à mon égard, * de peur que, si Vous ne me répondez pas, je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse.
2 Exaudi, Domine, vocem deprecationis meæ dum oro ad te ; dum extollo manus meas ad templum sanctum tuum.
2 Exaucez, Seigneur, la voix de ma supplication, quand je Vous prie, * quand je lève mes mains vers Votre saint temple.
3 Ne simul trahas me cum peccatoribus, et cum operantibus iniquitatem ne perdas me ; qui loquuntur pacem cum proximo suo, mala autem in cordibus eorum.
3 Ne m’entraînez pas avec les pécheurs ; * et ne me perdez pas avec ceux qui commettent l’iniquité ; qui parlent de paix avec leur prochain, * et qui ont la méchanceté dans leurs cœurs.
4 Da illis secundum opera eorum, et secundum nequitiam adinventionum ipsorum. Secundum opera manuum eorum tribue illis ; redde retributionem eorum ipsis.
4 Rendez-leur selon leurs œuvres, * et selon la malignité de leurs desseins. Traitez-les selon les œuvres de leurs mains ; * donnez-leur le salaire qu’ils méritent.
5 Quoniam non intellexerunt opera Domini, et in opera manuum ejus destrues illos, et non ædificabis eos.
5 Car ils n’ont pas compris les œuvres du Seigneur et les œuvres de Ses mains ; * Vous les détruirez, et ne les rétablirez pas.
6 Benedictus Dominus, quoniam exaudivit vocem deprecationis meæ.
6 Béni soit le Seigneur, * car Il a exaucé la voix de ma supplication.
7 Dominus adjutor meus et protector meus ; in ipso speravit cor meum, et adjutus sum : et refloruit caro mea, et ex voluntate mea confitebor ei.
7 Le Seigneur est mon aide et mon protecteur ; * mon cœur a espéré en Lui, et j’ai été secouru. Et ma chair a refleuri ; * aussi Le louerai-je de tout mon cœur.
8 Dominus fortitudo plebis suæ, et protector salvationum christi sui est.
8 Le Seigneur est la force de Son peuple, * et le protecteur qui ménage les délivrances à Son oint.
9 Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hæreditati tuæ ; et rege eos, et extolle illos usque in æternum.
9 Sauvez Votre peuple, Seigneur, et bénissez Votre héritage ; * conduisez-les, et exaltez-les à jamais.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 28 ou psaume 27 ?
Ce psaume porte deux numéros. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 28 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 27, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le verset 7, très cherché, porte le même numéro dans les deux traditions. La correspondance complète est sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 28 ?
Le titre de la Vulgate est simplement Psalmus ipsi David. Le psaume est court et se coupe en deux au verset 6 : avant, le cri d'un homme en danger ; après, l'action de grâces de l'homme exaucé.
La peur du silence de Dieu (v. 1-2). Le premier verset dit l'angoisse la plus profonde du croyant : non pas le danger, mais le silence de Dieu. « Je crierai vers Vous, Seigneur ; mon Dieu, ne gardez pas le silence à mon égard, de peur que, si Vous ne me répondez pas, je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse » (v. 1). La fosse est le tombeau, le séjour des morts : être sans réponse de Dieu, c'est déjà être comme mort. Le geste de la prière est décrit : « quand je lève mes mains vers Votre saint temple » (v. 2). C'est l'attitude que saint Paul demande aux chrétiens, « levant des mains pures » (I Timothée 2, 8).
Les hommes doubles (v. 3-5). Le danger a un visage : ceux « qui parlent de paix avec leur prochain, et qui ont la méchanceté dans leurs cœurs » (v. 3). Le juste demande de ne pas être entraîné avec eux, de ne pas partager leur sort. Les Pères ont reconnu dans ce portrait le baiser de Judas, qui salue son Maître en le livrant (Matthieu 26, 49). Les versets 4 et 5 remettent le jugement à Dieu : « Rendez-leur selon leurs œuvres » (v. 4). Le psalmiste ne se venge pas ; il laisse à Dieu la rétribution, car ces hommes « n'ont pas compris les œuvres du Seigneur » (v. 5).
Le retournement (v. 6). Sans transition, le ton change : « Béni soit le Seigneur, car Il a exaucé la voix de ma supplication » (v. 6). Le même mot, vocem deprecationis meæ, qui exprimait la demande au verset 2, exprime maintenant l'exaucement.
Le verset 7. C'est le cœur du psaume et son verset le plus cherché : « Le Seigneur est mon aide et mon protecteur ; mon cœur a espéré en Lui, et j'ai été secouru. Et ma chair a refleuri ; aussi Le louerai-je de tout mon cœur » (v. 7). Les bibles faites sur l'hébreu disent le Seigneur est ma force et mon bouclier. L'ordre du verset est un enseignement : d'abord l'espérance, puis le secours, enfin la louange. Le cœur s'appuie sur Dieu avant d'être exaucé, et le secours vient couronner cette confiance. La Vulgate ajoute une image saisissante : refloruit caro mea, « ma chair a refleuri », comme un arbre mort qui reverdit.
Le peuple et son oint (v. 8-9). La prière s'élargit : « Le Seigneur est la force de Son peuple, et le protecteur qui ménage les délivrances à Son oint » (v. 8). Puis vient une supplication pour tout le peuple : « Sauvez Votre peuple, Seigneur, et bénissez Votre héritage ; conduisez-les, et exaltez-les à jamais » (v. 9).
La lecture des Pères
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, entend dans ce psaume la voix du Christ et de son corps, l'Église. Celui qui redoute de descendre dans la fosse et d'être compté avec les méchants, c'est d'abord le Christ dans sa Passion, crucifié entre deux larrons ; c'est ensuite chaque membre de l'Église, qui demande à ne pas partager le sort des impies. La chair qui refleurit, la tradition y a vu la résurrection : celle du Christ au matin de Pâques, puis celle des fidèles au dernier jour.
« Son oint », au verset 8, est en latin christi sui. Le roi d'Israël recevait l'onction ; mais la tradition y lit le Christ, l'Oint par excellence, que le Père a délivré de la mort et qui est devenu la force de son peuple.
Le verset 9 a eu une fortune singulière : l'Église l'a fait entrer presque mot pour mot dans le Te Deum, Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hæreditati tuæ, et rege eos, et extolle illos usque in æternum. La supplication de David pour Israël est devenue celle de l'Église pour le peuple chrétien, chaque fois qu'elle rend grâce solennellement. La même bénédiction conclut le psaume suivant, le psaume 29, Afferte Domino : « Le Seigneur donnera la force à Son peuple ; le Seigneur bénira Son peuple dans la paix » (Ps 28, 11).
Le psaume 28 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 27 est récité à Tierce du lundi, avec le psaume 27, Dominus illuminatio mea, qui occupe la même heure. Vous pouvez le prier à son heure dans le bréviaire du jour.
Le Missel en tire l'introït du sixième dimanche après la Pentecôte : Dominus fortitudo plebis suæ, et protector salutarium Christi sui est : salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hereditati tuæ, c'est-à-dire les versets 8 et 9.
Comment prier le psaume 28
Quand Dieu semble se taire. Le verset 1 est la prière des heures de sécheresse, quand on prie sans rien sentir et que le ciel paraît fermé. Le psaume n'invite pas à se taire, mais à crier encore, et il promet que le silence ne durera pas.
En action de grâces. Lorsque le secours est venu, les versets 6 et 7 donnent les mots de la reconnaissance. Ils s'accordent avec la prière de remerciement et avec le psaume 30, Exaltabo te, Domine, où l'homme tiré de la fosse change ses larmes en allégresse.
Le matin, pour l'Église. À l'exemple de Tierce, on peut le prier au milieu de la matinée, en terminant par le verset 9 pour tout le peuple de Dieu. Le geste des mains levées rejoint le psaume 141, Domine, clamavi : « que l'élévation de mes mains Vous soit comme le sacrifice du soir ».
On le conclut par le Gloria Patri, comme à l'office.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 28 est-il aussi appelé psaume 27 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 28 des bibles modernes est donc le psaume 27 de la Vulgate, l'Ad te, Domine, clamabo. Le psaume 27 des bibles modernes est le Dominus illuminatio mea, psaume 26 de la Vulgate.
Que dit le psaume 28, verset 7 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Le Seigneur est mon aide et mon protecteur ; mon cœur a espéré en Lui, et j'ai été secouru. » Les traductions faites sur l'hébreu, comme la Louis Segond, disent L'Éternel est ma force et mon bouclier. Le verset enseigne que la confiance précède le secours, et que le secours appelle la louange.
Que signifie « ceux qui descendent dans la fosse » ?
La fosse désigne le tombeau et le séjour des morts. Le psalmiste redoute que le silence de Dieu le laisse semblable aux morts, privé de toute réponse. Saint Augustin y lit aussi la ruine de l'âme séparée de Dieu, dont le psaume demande d'être préservé.
Qui a écrit le psaume 28 ?
Le titre de la Vulgate l'attribue à David, Psalmus ipsi David. La tradition le reçoit comme la prière du roi menacé par des ennemis perfides, inspirée par le Saint-Esprit. Les Pères y entendent aussi la voix du Christ dans sa Passion.
Le psaume 28 est-il une prière de protection ?
C'est d'abord une prière de supplication et de confiance : l'appel d'un homme menacé qui trouve en Dieu son aide et son protecteur. Il se prie dans le danger comme dans l'action de grâces, et il se termine par une prière pour tout le peuple de Dieu. Sa force est celle d'un acte de foi, non d'une formule.
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