La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 29 (Vulgate 28) : Afferte Domino, la voix du Seigneur sur les eaux
Le psaume 29 des bibles modernes, psaume 28 de la Vulgate, est l'*Afferte Domino* : « Offrez au Seigneur la gloire et l'honneur », le psaume où retentit sept fois la voix du Seigneur dans l'orage. Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication, sa place aux Laudes et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 28 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 27.
1 Psalmus David, in consummatione tabernaculi. Afferte Domino, filii Dei, afferte Domino filios arietum.
1 Pour la fin de la fête des tabernacles. Offrez au Seigneur, enfants de Dieu, * offrez au Seigneur les petits des béliers.
2 Afferte Domino gloriam et honorem ; afferte Domino gloriam nomini ejus ; adorate Dominum in atrio sancto ejus.
2 Offrez au Seigneur la gloire et l’honneur ; offrez au Seigneur la gloire due à Son Nom ; * adorez le Seigneur dans Son saint parvis.
3 Vox Domini super aquas ; Deus majestatis intonuit : Dominus super aquas multas.
3 La voix du Seigneur est au-dessus des eaux ; le Dieu de majesté a tonné ; * le Seigneur est au-dessus des grandes eaux.
4 Vox Domini in virtute ; vox Domini in magnificentia.
4 La voix du Seigneur est puissante ; * la voix du Seigneur est majestueuse.
5 Vox Domini confringentis cedros, et confringet Dominus cedros Libani :
5 La voix du Seigneur brise les cèdres, * et le Seigneur brisera les cèdres du Liban.
6 et comminuet eas, tamquam vitulum Libani, et dilectus quemadmodum filius unicornium.
6 Il les mettrez en pièces comme un jeune taureau du Liban, * et le bien-aimé est comme le petit des licornes.
7 Vox Domini intercidentis flammam ignis ;
7 La voix du Seigneur fait jaillir des flammes de feu.*
8 vox Domini concutientis desertum : et commovebit Dominus desertum Cades.
8 La voix du Seigneur ébranle le désert, et le Seigneur fera tressaillir le désert de Cadès.
9 Vox Domini præparantis cervos : et revelabit condensa, et in templo ejus omnes dicent gloriam.
9 La voix du Seigneur prépare les cerfs, et découvre les lieux sombres ; * et dans Son temple, tous publieront Sa gloire.
10 Dominus diluvium inhabitare facit, et sedebit Dominus rex in æternum.
10 Le Seigneur fait persister le déluge, * et le Seigneur siège en Roi à jamais.
11 Dominus virtutem populo suo dabit ; Dominus benedicet populo suo in pace.
11 Le Seigneur donnera la force à Son peuple ; * le Seigneur bénira Son peuple dans la paix.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 29 ou psaume 28 ?
C'est le même psaume sous deux numéros. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 29 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 28, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le verset 11, souvent cherché, porte le même numéro dans la Vulgate et dans la plupart des bibles modernes. Le tableau des deux numérotations est sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 29 ?
C'est une théophanie, une manifestation de Dieu dans la tempête. Le titre latin, Psalmus David, in consummatione tabernaculi, que Fillion rend par « Pour la fin de la fête des tabernacles » (v. 1), le rattache, selon cette lecture, à la fête des Tentes. Le psaume a une forme très nette : une invitation à la louange (v. 1-2), la grande description de la voix du Seigneur (v. 3-9), puis le trône et la paix (v. 10-11).
L'invitation (v. 1-2). Le psaume commence par un ordre adressé aux « enfants de Dieu » : « Offrez au Seigneur la gloire et l'honneur ; offrez au Seigneur la gloire due à Son Nom ; adorez le Seigneur dans Son saint parvis » (v. 2). La répétition est voulue : avant de décrire la puissance de Dieu, le psalmiste rappelle que cette puissance appelle l'adoration. La Vulgate, d'après la Septante, ajoute au verset 1 l'offrande des « petits des béliers » : tout ce qui vit doit son tribut au Créateur.
Les sept voix (v. 3-9). Vient l'orage. On le voit monter de la mer, franchir les montagnes du Liban et courir jusqu'au désert du sud. Le psalmiste ne nomme qu'une chose dans le tonnerre, et la nomme sept fois : la voix du Seigneur. « La voix du Seigneur est au-dessus des eaux ; le Dieu de majesté a tonné » (v. 3).
Elle est « puissante » et « majestueuse » (v. 4) ; elle « brise les cèdres » du Liban (v. 5), les arbres les plus hauts et les plus solides de l'Orient ; elle « fait jaillir des flammes de feu » (v. 7), elle « ébranle le désert » de Cadès (v. 8). Pendant que la création tremble, une seule réponse s'élève : « dans Son temple, tous publieront Sa gloire » (v. 9). Dehors, la tempête ; dedans, la louange.
Le Roi et la paix (v. 10-11). Le fracas s'apaise sur une image de stabilité : « Le Seigneur fait persister le déluge, et le Seigneur siège en Roi à jamais » (v. 10). Le Dieu qui domine l'orage domine aussi les eaux du déluge : rien n'échappe à son règne. Le dernier verset donne le sens de tout : « Le Seigneur donnera la force à Son peuple ; le Seigneur bénira Son peuple dans la paix » (v. 11). La puissance qui brise les cèdres est la même qui protège les siens. La dernière parole du psaume n'est pas la foudre, mais la paix.
La lecture des Pères : la voix de l'Évangile
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, entend dans ce psaume la voix du Christ et de l'Évangile. Les grandes eaux, dans l'Écriture, figurent souvent les peuples ; la voix du Seigneur « au-dessus des grandes eaux » est donc la prédication des Apôtres, portée au-dessus des nations. Les cèdres du Liban qu'elle brise sont l'orgueil du siècle, abattu par l'humilité de la croix. Les flammes de feu sont la charité allumée dans les cœurs, comme au jour où les Apôtres virent paraître « des langues séparées les unes des autres, qui étaient comme de feu » (Actes 2, 3). Le psaume accompagne ainsi naturellement la méditation de la Pentecôte.
Plusieurs commentateurs anciens ont aussi entendu dans « La voix du Seigneur est au-dessus des eaux » la voix du Père au baptême du Christ, quand une voix du ciel disait sur le Jourdain : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui Je Me suis complu » (Matthieu 3, 17). Saint Jean rapporte un autre jour où la voix du Père se fit entendre au Christ, et où la foule « disait que c'était un coup de tonnerre » (Jean 12, 29). Le tonnerre du psaume devient la parole de Dieu sur son Fils.
Le roi qui siège « à jamais » est, pour la tradition, le Christ ressuscité, dont le règne n'aura pas de fin ; et la paix donnée au peuple est celle que le Seigneur laisse aux siens.
Le psaume 29 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 28 est récité aux Laudes du lundi, dans les deux schémas de Laudes : celui de l'année ordinaire et celui des temps de pénitence. L'Église ouvre ainsi chaque semaine, à l'aube, par l'adoration de la majesté de Dieu. Notre article sur les Laudes présente cet office du matin, et vous pouvez le prier dans le bréviaire du jour.
À la messe de la fête du Christ-Roi, le chant de la communion est tiré des deux derniers versets : Sedebit Dominus Rex in æternum : Dominus benedicet populo suo in pace. Le règne et la paix que chantait le psaume sont reconnus dans le Christ, roi de l'univers.
Comment prier le psaume 29
Le matin. C'est son heure à l'office. Le dire au lever, c'est reconnaître d'abord que toute puissance appartient à Dieu, avant de commencer sa propre journée.
Pendant l'orage. C'est l'usage le plus simple : quand le tonnerre gronde, réciter ce psaume transforme la crainte en adoration. L'orage du ciel est dans la main de celui qui « siège en Roi à jamais ».
Dans la tempête intérieure. Quand tout tremble dans une vie, le verset 11 est une prière de paix : la force et la bénédiction viennent de celui qui domine les grandes eaux.
Avec les autres psaumes de la royauté divine. Il se prie avec le psaume 93, Dominus regnavit, où le Seigneur est plus admirable que « la voix des grandes eaux », et le psaume 96, Cantate Domino, qui reprend presque mot pour mot l'invitation : « Offrez au Seigneur, familles des nations, offrez au Seigneur la gloire et l'honneur » (Ps 95, 7). Il fait aussi suite au psaume 28, Ad te, Domine, clamabo, dont il partage la bénédiction finale sur le peuple de Dieu.
On le conclut par le Gloria Patri, comme à l'office.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 29 est-il aussi appelé psaume 28 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 29 des bibles modernes est donc le psaume 28 de la Vulgate, l'Afferte Domino. C'est le même texte.
Que dit le psaume 29, verset 11 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Le Seigneur donnera la force à Son peuple ; le Seigneur bénira Son peuple dans la paix. » C'est la conclusion du psaume : la puissance qui brise les cèdres protège et bénit le peuple de Dieu. L'Église en a fait le chant de communion de la fête du Christ-Roi.
Que signifie « la voix du Seigneur » dans le psaume 29 ?
C'est d'abord le tonnerre de l'orage, image de la puissance de Dieu sur la création. Saint Augustin y entend la voix de l'Évangile portée par les Apôtres sur les nations, qui brise l'orgueil et allume la charité. D'autres y ont reconnu la voix du Père au baptême du Christ.
Qui a écrit le psaume 29 ?
Le titre latin l'attribue à David : Psalmus David. La tradition le reçoit comme l'œuvre du roi-prophète, inspirée par le Saint-Esprit. Le titre le relie aussi à la fin de la fête des Tabernacles.
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