La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 103 (Vulgate 102) : Benedic anima mea, Mon âme, bénis le Seigneur
Benedic, anima mea
Le psaume 103 des bibles modernes, psaume 102 de la Vulgate, est le grand cantique de la miséricorde divine : *Benedic, anima mea, Domino*, « Mon âme, bénis le Seigneur, et n'oublie jamais tous Ses bienfaits ». Le texte intégral de l'abbé Fillion et la Vulgate latine suivent, verset par verset, avec l'explication en dessous.
Vous cherchez le psaume 102 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 101.
1 Ipsi David. Benedic, anima mea, Domino, et omnia quæ intra me sunt nomini sancto ejus.
1 De David lui-même. Mon âme, bénis le Seigneur, * et que tout ce qui est au dedans de moi bénisse Son saint Nom.
2 Benedic, anima mea, Domino, et noli oblivisci omnes retributiones ejus.
2 Mon âme, bénis le Seigneur, * et n’oublie jamais tous Ses bienfaits.
3 Qui propitiatur omnibus iniquitatibus tuis ; qui sanat omnes infirmitates tuas :
3 C’est Lui qui pardonne toutes tes iniquités, * et qui guérit toutes tes maladies.
4 qui redimit de interitu vitam tuam ; qui coronat te in misericordia et miserationibus :
4 C’est Lui qui rachète ta vie de la mort, * qui te couronne de miséricorde et de grâces.
5 qui replet in bonis desiderium tuum ; renovabitur ut aquilæ juventus tua :
5 C’est Lui qui remplit tes désirs en te comblant de biens ; * ta jeunesse sera renouvelée comme celle de l’aigle.
6 faciens misericordias Dominus, et judicium omnibus injuriam patientibus.
6 Le Seigneur fait miséricorde, * et Il rend justice à tous ceux qui souffrent la violence.
7 Notas fecit vias suas Moysi ; filiis Israël voluntates suas.
7 Il a fait connaître Ses voies à Moïse, * et Ses volontés aux enfants d’Israël.
8 Miserator et misericors Dominus : longanimis, et multum misericors.
8 Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, * patient et très miséricordieux.
9 Non in perpetuum irascetur, neque in æternum comminabitur.
9 Il ne S’irritera pas perpétuellement, * et ne menacera pas sans fin.
10 Non secundum peccata nostra fecit nobis, neque secundum iniquitates nostras retribuit nobis.
10 Il ne nous a pas traités selon nos péchés, * et Il ne nous a pas punis selon nos iniquités.
11 Quoniam secundum altitudinem cæli a terra, corroboravit misericordiam suam super timentes se ;
11 Car autant le Ciel est élevé au-dessus de la terre, * autant Il a affermi Sa miséricorde sur ceux qui Le craignent.
12 quantum distat ortus ab occidente, longe fecit a nobis iniquitates nostras.
12 Autant l’orient est éloigné du couchant, * autant Il a éloigné de nous nos iniquités.
13 Quomodo miseretur pater filiorum, misertus est Dominus timentibus se.
13 Comme un père a compassion de ses enfants, ainsi le Seigneur a compassion de ceux qui Le craignent. *
14 Quoniam ipse cognovit figmentum nostrum ; recordatus est quoniam pulvis sumus.
14 Car Il sait de quoi nous sommes formés ; Il S’est souvenu que nous ne sommes que poussière. *
15 Homo, sicut fœnum dies ejus ; tamquam flos agri, sic efflorebit :
15 Les jours de l’homme passent comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs.
16 quoniam spiritus pertransibit in illo, et non subsistet, et non cognoscet amplius locum suum.
16 Qu’un souffle passe sur lui, et il n’est plus, * et le lieu qu’il occupait ne le reconnaît plus.
17 Misericordia autem Domini ab æterno, et usque in æternum super timentes eum. Et justitia illius in filios filiorum,
17 Mais la miséricorde du Seigneur s’étend de l’éternité à l’éternité * sur ceux qui Le craignent. Et Sa justice se répand sur les enfants des enfants *
18 his qui servant testamentum ejus, et memores sunt mandatorum ipsius ad faciendum ea.
18 de ceux qui gardent Son alliance, et qui se souviennent de Ses préceptes, * pour les accomplir.
19 Dominus in cælo paravit sedem suam, et regnum ipsius omnibus dominabitur.
19 Le Seigneur a préparé Son trône dans le Ciel, * et tout sera assujetti à Son empire.
20 Benedicite Domino, omnes angeli ejus : potentes virtute, facientes verbum illius, ad audiendam vocem sermonum ejus.
20 Bénissez le Seigneur, vous tous, Ses Anges, * qui êtes puissants et forts ; qui exécutez Sa parole, pour obéir à la voix de Ses ordres.
21 Benedicite Domino, omnes virtutes ejus ; ministri ejus, qui facitis voluntatem ejus.
21 Bénissez le Seigneur, vous toutes, Ses armées ; * vous, Ses ministres, qui faites Sa volonté.
22 Benedicite Domino, omnia opera ejus : in omni loco dominationis ejus, benedic, anima mea, Domino.
22 Bénissez le Seigneur, vous toutes, Ses œuvres, * dans tous les lieux de Sa domination. Mon âme, bénis le Seigneur.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 103 ou psaume 102 ?
Les deux numéros désignent le même cantique. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu (Louis Segond, Bible de Jérusalem), l'appellent psaume 103 ; la Vulgate, l'abbé Fillion et tous les livres liturgiques l'appellent psaume 102, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. C'est pourquoi le psaume 102, Le Seigneur est tendresse et pitié des feuilles de messe et le « psaume 103 » d'une bible moderne sont un seul et même texte.
Une seconde confusion s'ajoute : deux psaumes voisins commencent par les mêmes mots, Benedic, anima mea, Domino. Celui-ci chante la miséricorde de Dieu envers le pécheur ; le suivant, le psaume 104, cantique de la création, chante sa grandeur dans l'univers. Vous trouverez toutes les correspondances sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 103 ?
C'est un hymne d'action de grâces qui ne demande rien. L'âme y fait l'inventaire de ce qu'elle a reçu, et cet inventaire la conduit de sa propre histoire jusqu'aux dimensions du ciel. Le psaume s'ouvre et se ferme par le même refrain, « Mon âme, bénis le Seigneur », comme un cadre autour d'un tableau de la miséricorde.
L'âme se parle à elle-même (v. 1-2)
« Mon âme, bénis le Seigneur, et que tout ce qui est au dedans de moi bénisse Son saint Nom » (v. 1). Le psalmiste ne s'adresse pas d'abord à Dieu, ni à l'assemblée : il s'adresse à son âme, comme pour la réveiller. La louange n'est pas spontanée ; il faut la vouloir, et y engager « tout ce qui est au dedans de moi », l'intelligence, la mémoire, le cœur. Le deuxième verset nomme le danger : « Mon âme, bénis le Seigneur, et n'oublie jamais tous Ses bienfaits » (v. 2). L'ingratitude naît de l'oubli. La louange est un acte de mémoire.
Les cinq bienfaits (v. 3-5)
La mémoire se déroule aussitôt en une énumération où chaque verset commence, dans Fillion, par « C'est Lui qui » :
- « C'est Lui qui pardonne toutes tes iniquités, et qui guérit toutes tes maladies » (v. 3) ;
- « C'est Lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de miséricorde et de grâces » (v. 4) ;
- « C'est Lui qui remplit tes désirs en te comblant de biens ; ta jeunesse sera renouvelée comme celle de l'aigle » (v. 5).
L'ordre est voulu : le pardon vient en premier. Avant la santé du corps, Dieu guérit l'âme du péché, qui est la vraie maladie. Le même lien entre pardon et guérison se retrouve dans l'Évangile, quand Jésus dit au paralytique « tes péchés te sont remis » avant de lui ordonner de se lever (Évangile selon saint Marc, chapitre 2). Puis vient le rachat de la mort, la couronne, et enfin l'image de l'aigle, symbole d'une vigueur rendue.
Le Dieu de Moïse (v. 6-10)
Le psaume passe de l'histoire d'une âme à celle d'un peuple. « Il a fait connaître Ses voies à Moïse, et Ses volontés aux enfants d'Israël » (v. 7). Le verset suivant cite presque mot pour mot la révélation du Sinaï, quand Dieu passa devant Moïse en proclamant son Nom : « Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, patient et très miséricordieux » (v. 8). C'est la définition que Dieu a donnée de lui-même (Exode, chapitre 34), et c'est ce verset que les traductions liturgiques modernes rendent par Le Seigneur est tendresse et pitié.
Les conséquences sont tirées sans détour : « Il ne S'irritera pas perpétuellement » (v. 9), et surtout : « Il ne nous a pas traités selon nos péchés, et Il ne nous a pas punis selon nos iniquités » (v. 10). Tout pécheur qui se convertit peut dire cette phrase en vérité.
Trois mesures de la miséricorde (v. 11-14)
Pour dire l'immensité du pardon, le psalmiste emprunte trois images. La hauteur : « Car autant le Ciel est élevé au-dessus de la terre, autant Il a affermi Sa miséricorde sur ceux qui Le craignent » (v. 11). La distance : « Autant l'orient est éloigné du couchant, autant Il a éloigné de nous nos iniquités » (v. 12) ; le péché pardonné n'est pas mis de côté, il est envoyé là où l'on ne peut plus le rejoindre. La tendresse enfin : « Comme un père a compassion de ses enfants, ainsi le Seigneur a compassion de ceux qui Le craignent » (v. 13). C'est déjà le père de la parabole, qui voit de loin le fils prodigue et « fut ému de compassion » (Lc 15, 20).
La raison de cette patience est la plus humble qui soit : « Car Il sait de quoi nous sommes formés ; Il S'est souvenu que nous ne sommes que poussière » (v. 14). Dieu ne pardonne pas malgré notre faiblesse, mais en tenant compte d'elle.
L'herbe et l'éternité (v. 15-18)
« Les jours de l'homme passent comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs » (v. 15). Il suffit d'un souffle « et il n'est plus » (v. 16). À cette brièveté s'oppose un seul verset : « Mais la miséricorde du Seigneur s'étend de l'éternité à l'éternité sur ceux qui Le craignent » (v. 17). L'homme passe, la miséricorde demeure, et la justice de Dieu se répand « sur les enfants des enfants » de ceux qui gardent l'alliance.
Toute la création bénit (v. 19-22)
Le psaume finit en élargissant le chœur. Le Seigneur règne au Ciel, et l'âme appelle à bénir avec elle les anges, « qui êtes puissants et forts » (v. 20), les armées célestes, puis toutes les œuvres de Dieu « dans tous les lieux de Sa domination » (v. 22). Le dernier mot revient au premier : « Mon âme, bénis le Seigneur. » La louange, commencée dans le secret d'un cœur, s'achève aux dimensions de l'univers, et l'âme y retrouve sa place, la plus petite et la plus aimée.
La lecture des Pères et du Nouveau Testament
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, s'attarde sur l'aigle du verset 5. Il rapporte la croyance ancienne selon laquelle l'aigle vieilli, dont le bec trop recourbé l'empêche de manger, le brise contre la pierre et retrouve ainsi sa force. Il y voit l'image du chrétien : la vieillesse du péché l'empêche de se nourrir, et il est renouvelé en se brisant sur la pierre, qui est le Christ. La jeunesse rendue est celle de la grâce, et finalement celle de la résurrection.
Le Nouveau Testament reprend plusieurs versets. La Vierge, dans le Magnificat, chante la miséricorde qui « se répand d'âge en âge sur ceux qui Le craignent » (Lc 1, 50), écho du verset 17. Saint Jacques conclut l'exemple de Job par la formule du verset 8 : « le Seigneur est miséricordieux et compatissant » (Épître de saint Jacques, chapitre 5). Le Père dont le psaume décrit la compassion est celui que Jésus a révélé. Notre article sur la miséricorde divine prolonge cette méditation.
Le psaume complète ainsi les grands psaumes du pardon : le psaume 51, Miserere, où le pécheur demande la miséricorde, et le psaume 130, De profundis, où il l'attend ; le psaume 103 est celui de la miséricorde reçue.
Le psaume 103 dans la liturgie
Dans le bréviaire romain de 1962, ce psaume est chanté aux Complies du samedi, à la suite du psaume 88, la prière du soir la plus sombre du Psautier. Au soir de la semaine, après la plainte de l'homme au bord de la tombe, l'Église fait monter l'action de grâces pour tous les bienfaits reçus, et entre dans le dimanche en bénissant le Seigneur. Vous le retrouverez dans le bréviaire du jour.
La messe traditionnelle lui emprunte plusieurs chants. Le trait du mercredi des Cendres, repris à la plupart des messes fériales des lundis, mercredis et vendredis du Carême, Domine, non secundum peccata nostra quae fecimus nos, s'ouvre sur le verset 10 : le peuple pénitent fait de la confiance du psaume une supplication. L'introït de la fête de saint Michel, le 29 septembre, Benedicite Dominum, omnes Angeli ejus, est pris du verset 20, avec pour psaume Benedic, anima mea, Domino.
Hors du rite de 1962, ce psaume est aussi l'un des plus choisis dans les célébrations de funérailles actuelles, sous le refrain Le Seigneur est tendresse et pitié : les versets sur l'herbe qui passe et la miséricorde qui demeure s'y prêtent naturellement.
Comment prier le psaume 103
- Après la confession. Il dit exactement ce que le pénitent vient de recevoir : « C'est Lui qui pardonne toutes tes iniquités. » C'est la plus belle action de grâces après le sacrement, que présente notre article sur la confession.
- Le samedi soir, avec l'Église aux Complies, pour clore la semaine en comptant les bienfaits reçus.
- Dans la maladie et la convalescence, à cause du verset 3, en demandant la guérison de l'âme avant celle du corps.
- Dans le deuil. Les versets 15 à 17 opposent la brièveté de la vie à l'éternité de la miséricorde ; ils accompagnent bien la prière pour les défunts.
- Chaque matin, au moins le verset 2. « N'oublie jamais tous Ses bienfaits » : une seule phrase suffit pour commencer la journée sans ingratitude.
Priez-le lentement. Le psaume se prête à une pratique simple : à chaque « C'est Lui qui », nommer en silence un bienfait précis de votre propre vie.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 103 est-il aussi appelé psaume 102 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, que suivent la liturgie et l'abbé Fillion, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. À partir de là, leurs numéros ont un rang de retard. Le psaume 103 des bibles modernes est le psaume 102 de la Vulgate, Benedic, anima mea, Domino.
Le psaume 103 est-il le psaume Le Seigneur est tendresse et pitié ?
Oui. Le Seigneur est tendresse et pitié est la traduction liturgique moderne du verset 8, que Fillion rend par « Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, patient et très miséricordieux ». Les livres de chant numérotent ce psaume 102, selon la Vulgate ; c'est le même texte.
Que disent les versets 2 et 3 du psaume 103 ?
Le verset 2 dit : « Mon âme, bénis le Seigneur, et n'oublie jamais tous Ses bienfaits. » Le verset 3 nomme les deux premiers : « C'est Lui qui pardonne toutes tes iniquités, et qui guérit toutes tes maladies. » Le pardon des péchés vient avant la guérison du corps, car le péché est la maladie la plus grave.
Peut-on lire le psaume 103 à des funérailles ?
Oui, et c'est l'un des psaumes les plus choisis aujourd'hui pour les obsèques. Il dit la fragilité de l'homme, qui passe « comme l'herbe », et la miséricorde de Dieu, qui s'étend « de l'éternité à l'éternité ». Il convient aussi à la prière personnelle pour les défunts.
Le psaume 103 de Louis Segond est-il le même ?
Oui. La Segond suit la numérotation hébraïque, et son psaume 103, Mon âme, bénis l'Éternel, est ce même cantique. Fillion le traduit sur la Vulgate, sous le numéro 102, et rend le nom divin par « le Seigneur », comme la liturgie.
Qui a écrit le psaume 103 ?
Le titre porte « De David lui-même ». La tradition l'attribue donc au roi David, qui avait éprouvé le pardon de Dieu après sa faute. Comme toute l'Écriture, il a pour auteur principal l'Esprit-Saint.
Pourquoi deux psaumes commencent-ils par Mon âme, bénis le Seigneur ?
Les psaumes 103 et 104 des bibles modernes, 102 et 103 de la Vulgate, s'ouvrent par le même Benedic, anima mea, Domino. Le premier bénit Dieu pour sa miséricorde envers l'homme pécheur, le second pour sa sagesse dans la création. On les a souvent priés ensemble, comme les deux volets d'une même action de grâces.
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